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EAN : 9782070135172
224 pages
Éditeur : Gallimard (16/02/2012)
3.27/5   11 notes
Résumé :
" Je cracherai dans ta bouche quand tu seras morte " : tel est le mot d'adieu écrit par Fadi à sa soeur jumelle, Lila, qui nous raconte leur histoire. Unis par une relation exclusive et passionnelle qui semblait impossible à détruire, ils ont quitté le Liban et ses ravages dès qu'ils ont eu 18 ans, comme ils se l'étaient promis. Ils arrivent dans le Paris des années quatre-vingt-dix, secoué par une vague d'attentats terroristes. Les jumeaux tentent dès lors de trouv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Cath36
  21 septembre 2012
Sniper de l'écriture, Yasmine Char écrit comme on ôte le cran de sécurité d'une arme, par petites phrases sèches qui claquent avant la détonation. Elle écrit dans l'urgence, et son langage, d'une rare efficacité, fait progresser son récit à la manière d'un combat : "Je ne voulais pas de ce monde sauvage. Je voulais que le bien triomphe." Yasmine Char se bat, contre les mots, contre la guerre, contre la violence, contre les fanatisme, contre l'embrigadement, contre le rejet, contre le racisme. Yasmine Char se bat, désespérément, rageusement, -et ce depuis son premier roman "la main de Dieu"- en faveur de la vie, de l'amour et du droit de vivre ensemble dans la paix malgré les déchirures et les conflits. Démontrant de manière magistrale comment un frère jumeau aimé se retrouve peu à peu pris dans les filets de l'engagement islamique, comment une femme libanaise (dont le mari français et la fille ont été pris en otage) parvient à survivre à travers le lien qui se crée entre elle et l'héroïne, elle ne cesse d'entremêler les fils du bien et du mal pour en faire jaillir la volonté de vivre, le courage de lutter et d'espérer, tout en dénonçant cette peur qui paralyse et conduit quelquefois l'être humain aux pires extrémités. C'est une belle leçon de vie que ce livre, en ces temps de violence et d'obscurantisme.
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brigittelascombe
  04 avril 2012
Le palais des autres jours est un émouvant roman d'amour doux comme les gestes de jumeaux rattachés l'un à l'autre pour survivre à l'horreur de la guerre à Beyrouth,à l'abandon de leur mère française et au décés de leur père libanais mais un amour impossible car sans partage.
Une dure quête d'identité pour Lila (fière et possessive) et Fadi ("solaire" mais "glacé de l'intérieur") qui partent (le jour de leurs dix-huit ans) rejoindre à Nancy cette "femme incommode" qu'il n'ont pas vue depuis 10 ans.
Un douloureux passage initiatique avec fêlure qui passe par la question: "Pourquoi es-tu partie?" Dont la réponse "Prends-ton sac et va-t-en" de l' incompréhension commune accélère le processus.
Nouvelle rage, nouveau départ pour un Paris plein de dangers,de racisme et... d'attentats.
Un double récit relaté par Lila,femme-enfant aimante, amante pudique (on pense à La pluie d'été de Marguerite Duras dont l'inceste est juste effleuré) qui, plus forte saura s'entourer d'ondes positives, celles du doux Yvan (étudiant et réceptionniste de l'hôtel où elle loge) dont le "Mazel Tov!"paternel tirera un trait sur leurs fiançailles et celles de Nour, commerçante du XVI "au visage défait"; en alternance avec la vie de cette dernière ("femme triste" libanaise dont la fille et le mari ont été pris en otages et qui projette sur Lila son amour maternel). Fadi, lui, filera "sur la mauvaise pente" nommée Alain (son prénom français de naissance qu'il finira par haïr).
Qu'il est donc dur d'être soi, de s'aimer malgré TOUT, de s'entendre lorsque les cultures(la discrétion libanaise face à l'extraversion française) et religions (musulmane,juive et chrétienne) diffèrent ou même entre frère et soeur trop passionnés!
Le palais des autres jours (celui de "la reine" Nour puis de "la princesse Lila) est écrit de main de maître par Yasmine Char (écrivain et dramaturge dont le premier roman "La main de Dieu" a connu un franc succés) née à Beyrouth d'un père libanais et d'un mère française.A lire+++++
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pilyen
  24 mars 2012
Il y a des livres que je découvre sans rien connaître de l'histoire comme celui dont je vous parle aujourd'hui. "Le palais des autres de jours" de Yasmine Char a tout de suite évoqué pour moi une épopée orientale, un récit envoutant comme un conte de Shéhérazade mâtiné de poésie (Char sans doute). Un parfum d'orient pouvait s'échapper de sous la célèbre couverture beige des éditions Gallimard.
Pour l'Orient, on s'en approche puisque le récit débute au Liban, où, le jour de leurs dix-huit ans, Lila et Fadi, jumeaux, quittent le domicile de leur oncle et tuteur pour retrouver leur mère qui les a abandonnés enfants pour suivre un nouvel amour.
Très vite, on quitte les rivages ensoleillés bien qu'en guerre de Beyrouth pour la froidure de Nancy. La rencontre avec la mère se révélant un fiasco, les deux héros décident de fuir à Paris, confrontant leur jeunesse à la dure réalité de la capitale. Lila est très attachée à son frère, l'aimant d'une manière quasi incestueuse. Lorsque celui-ci part à l'armée pour une année, l'héroïne doit prendre sa vie en main. Elle se fait embaucher dans une boutique de fringues de luxe tenue par Nour, libanaise attendant le retour d'une fille et d'un mari kidnappés par quelques guerriers à la cause obscure. Elle sera aimée sans grand retour par Yvan, le réceptionniste blond péroxydé de l'hôtel où elle habite.
Le roman va dresser le portrait de Lila et de sa lente séparation d'avec son jumeau. Ca démarre très fort par une phrase terrible : "...il avait écrit qu'il cracherait dans ma bouche lorsque je serai morte." J'ai tout de suite était séduit par l'écriture fluide et évidente de Yasmine Char. La mise en place des personnages est rapide, j'ai très vite été pris par l'histoire et le vent de jeunesse qu'elle dégage.
Seulement, petit à petit, l'ennui commence à poindre, le récit patine un peu.
La fin sur le blog
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Caro44
  09 août 2017
Années 90. Fadi et Lila sont jumeaux. Ils vivent à Beyrouth, au Liban, avec leur oncle. Leur père est mort de maladie et leur mère, française, est repartie en France quand ils étaient jeunes.
Le jour de leurs 18 ans, ils décident de partir pour la France, rejoindre leur mère. Celle-ci les attend à Nancy, avec son conjoint. Mais la rencontre ne se passe pas comme ils l'avaient imaginé et ils fuient de nouveau, et s'installent à Paris.
Après quelques semaines de vie fusionnelle à l'hôtel, Lila décide son frère à faire son service militaire, pour valider sa nationalité française. La jeune fille commence alors une vie solitaire, toujours dans l'attente des permissions de Fadi, prenant néanmoins doucement ses marques dans ce nouveau pays. Elle s'inscrit à la Sorbonne, sympathise avec Ivan le veilleur de nuit de l'hôtel, et rencontre Nour, une femme libanaise également, venue vivre à Paris suite à un drame : l'enlèvement de son mari français et de sa fille à Beyrouth il y a plusieurs années.
Navigant entre acceptation et rébellion, entre joie et tristesse, la vie de Lila passe, rythmée par les visites, de moins en moins fréquentes, de son frère, et une sourde angoisse depuis que celui-ci ne vient plus qu'accompagné d'un « ami » qui attire et révulse Lila tour à tour.
Alors que Fadi semble sombrer dans la haine de l'autre, et jusqu'à la haine de sa soeur, Lila mûrit et s'émancipe, petit à petit, un long chemin l'attend, mais l'espoir l'accompagne.
J'ai beaucoup aimé ce roman bien écrit, malgré le sujet difficile. Les sentiments ambivalents de Lila sont évoqués avec finesse, ses douleurs et ses failles aussi, sans être édulcorées. on navigue entre espoir et abattement, entre surprise et espoir. C'est un livre tout à fait actuel, qui fait réfléchir aussi.
Lien : https://mesmotsmeslivres.wor..
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Jacline
  16 février 2018
Dans ce "Palais des autres jours" des thèmes très forts habitent les caractères: la gémellité, l'exil, le rejet maternel, la double culture... Beaucoup de difficultés qui en font un roman un peu âpre, aux personnages en quête d'identité, de repères, de bonnes raisons pour continuer à vivre. Je ne parle que du fond, l'écriture est précise, alerte, agréable.
C'est un roman poignant, on ne peut qu'être en empathie avec tous ces personnages qui font face à une vie aux handicaps multiples.
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critiques presse (2)
Lexpress   23 mai 2012
Voilà un roman murmuré et dansé, au phrasé tantôt élancé, tantôt alangui, sans rien de téléphoné et qui fait sentir le miraculeux de certaines rencontres.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   22 mars 2012
Quête identitaire, trouver sa place dans le monde: autant de thèmes centraux au programme de ce roman bouleversant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Cath36Cath36   20 septembre 2012
Je le berce dans mes bras, je répète "c'est pas grave". On en a vu d'autres. Les obus qui tombaient comme de la pluie pendant que nous zigzaguions entre les trous, tu les as oubliés ? Et la fois où nous sommes restés bloqués une semaine dans la cave ? Pas grave, essuie ton visage. La ville plongée dans le noir quadrillée par des tanks. L'oncle qui gueulait sans cesse après nous. Et quand la moto a dérapé sous un camion et que nous étions à un centimètre des roues. Qu'est-ce que c'est comparé à ce qu'on a déjà vécu, tu peux me dire hein ? Tu peux me dire monsieur Alain ?
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PiertyMPiertyM   14 avril 2014
D'après Einstein, il n'y a que deux façons de vivre sa vie: l'une en faisant comme si rien n'était un miracle, l'autre en faisant comme si tout était un miracle. Je préférais nettement la deuxième version.
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Cath36Cath36   20 septembre 2012
Tuer la mère. Creuser un trou dans le jardin de Nancy et l'y jeter le visage contre terre pour que sa bouche se taise. Maintenant, mon frère était obligé de traîner ces mots terribles, "prends ton sac et va-t-en", comme une malédiction qui le condamnait à errer sans fin.
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brigittelascombebrigittelascombe   04 avril 2012
D'après Einstein,il n'y a que deux façons de vivre sa vie:l'une en faisant comme si rien n'était un miracle,l'autre en faisant comme si tout était un miracle.Je préférais nettement la deuxième version.
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brigittelascombebrigittelascombe   04 avril 2012
"Tu es heureuse? a dit Fadi.
-Je ne sais pas.
-Moi je suis heureux.
-De quoi?"
Je me suis aussitôt reproché cette question mais j'avais besoin qu'il m'entraîne dans son bonheur.
Fadi a ri franchement.
"Que la vie m'offre une deuxième chance,a-t-il répliqué.
-Ce n'est pas la vie,c'est toi qui t'offres cette chance.
-Alors je suis heureux parce que je suis capable de me l'offrir."
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Payot - Marque Page - Yasmine Char - Le palais des autres jours
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