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ISBN : 2070314987
Éditeur : Gallimard (13/05/2005)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 124 notes)
Résumé :
Prix du roman Fnac 2003.

Rompre avec sa vie conjugale au bout du rouleau et comment y parvenir ? !... Gabriel a trouvé une idée originale : une station de RER dans la proche banlieue parisienne pour un rendez-vous hypothétique fatal. Lui sur le quai, et Sandrine dans la troisième voiture. Si elle est là, elle descendra, ils s'embrasseront et tout recommencera. Sinon... Tout pourrait donc se jouer dans les quelques secondes qui séparent l'ouverture des... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  18 juillet 2013

Ce petit livre est étonnant, on s'attend à une histoire d'amour qui se délite entre un homme Gabriel et une femme Sandrine (ceci pourrait être n'importe lequel d'entre nous). Ils se fixent un challenge car ils sentent que l'amour entre eux ne ressemble plus à celui des premiers jours afin de faire le bilan, voir s'il faut continuer à vivre ensemble, s'ils peuvent encore partager des choses. Ils se donnent rendez-vous dans une station de métro(Zeus), lui attend sur le quai et elle doit se trouver dans le troisième wagon. Si elle descend comme prévu à cette station, leur couple sera sauvé sinon ce sera la séparation.
La décision doit se prendre en 19 secondes, c'est le temps que mettent les portent à se refermer. Chaque chapitre est en fait une seconde qui s'écoule donc 19 chapitres, durant lesquels vont se passer des tas de choses, car l'auteur fait intervenir d'autres personnages : un homme bizarre en blouson jaune qui aide une jeune fille Sophie à monter in extremis dans la wagon pour aller trouver son copain Ludo en cachette de ses parents, Emmanuel qui enseigne le Français à la faculté de Vincennes, homosexuel plus ou moins bien dans sa peau, Gilbert, photographe, Chrystelle qui fait le trajet tous les jours pour le travail (elle est la seule à travailler dans son couple, son mari devenu alcoolique.
Pierre CHARRAS nous expose tantôt les cogitations des deux héros Sandrine avec sa tache de vin sur le cou (« son Gorbatchew » comme elle dit, qu'elle assume sans problème) et Gabriel, tantôt, il nous décrit les autres personnages. de ce fait, il y a un rythme saccadé, oppressant qui s'installe au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture. On se pressent que quelque chose de grave va se passer, on le devine même. La vie de tous va être bouleversée…

Ce que j'en pense :
Ce livre prend possession de nous, l'angoisse monte à peine suggérée au début et on se laisse entraîner avec fascination. Pierre CHARRAS essaie de nous démontrer que la vie peut basculer d'une seconde à l'autre, que chaque instant est fragile, que le bonheur est fragile et s'en va si on ne le cultive pas. C'est aussi une illustration du papillon et du cyclone.
(On trouve aussi l'idée que le hasard n'existe pas.)
C'est bien écrit, les phrases sont percutantes et on s'immerge complètement dans ce petit livre. Tous les personnages sont attachants, certains plus sympathiques que d'autres, bien sûr, et la chute est bien….
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Ambages
  18 septembre 2016
Une séparation sur un quai de gare. Une séparation mûrie, pensée, réfléchie de part et d'autre. C'est long dix-neuf secondes à la réflexion. Il s'en passe des choses sur le quai du RER pendant ce tout petit laps de temps. On dirait même que le temps est suspendu entre deux portes. Un homme en descend, une jeune fille vole pour attraper son RER (être à l'heure Garde de Lyon pour saluer son amoureux) et puis dans ce troisième wagon, elle... elle n'est pas là. La fin est proche alors. Si elle était là, tout pourrait peut-être repartir, comme sur des rails. Mais quand ça déraille...
Une écriture qui touche, qui brise le son et fait pleuvoir une poudre comme un voile qui rend aveugle, puis atone et furieux. Et on se met à suivre ce passant comme son ombre car il nous ressemble ? non pas vraiment mais il est perdu dans les couloirs de la fin de station et ça je peux le comprendre. Un roman qui ne peut laisser indifférent.
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diablotin0
  19 février 2017
Si le thème de ce petit livre est malheureusement banal puisqu'il s'agit d'une rupture amoureuse suite à une lassitude d'une vie commune, le livre nous surprend non seulement par la façon dont est traitée cette rupture mais aussi par la tournure que le livre prend.
Ainsi, durant 19 secondes, on va suivre ce qui se passe dans la tête de Gabriel sur le quai d'une station de métro, de Sandrine son amie dans la rame de métro ainsi que de plusieurs passagers. Il s'en passe des choses dans la tête des gens en 19 secondes !!!! Ce compte à rebours va prendre alors rapidement sens et nous mettre sous pression. Ce livre est prenant et vraiment bien mené.
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horline
  05 janvier 2012
Dans ce roman déroutant, Pierre Charras scrute et infiltre les consciences d'anonymes que le RER va réunir pour un trajet glaçant. Dans cet espace clos, propice aux voyages intérieurs, on s'observe, on imagine, on réfléchit, on se remémore … dans un flot de paroles intimes, certains essaient de retenir les fantômes du passé, d'autres choisissent la fuite en avant. Et parmi eux, un couple usé par la banalité du quotidien tente de sublimer leur rupture par « un rendez-vous de désamour. Un coup de foudre à l'envers. Un adieu, peut-être ».
Temps suspendus, intensité douce qui annonce une tragédie à venir, dans ce récit le lecteur est irrémédiablement pris par une fébrilité face à la torpeur de ces voyageurs repliés sur eux-mêmes. Accompagné d'un compte à rebours entêtant, le récit magnifie ces dix-neuf secondes durant lesquelles les sentiments de joie, de résignation ou encore d'espérance ne sont jamais si intenses que lorsqu'on les devine fragiles et fugaces.
La mécanique est efficace, il n'y a pas de répit, ni de pesanteur, la tension est permanente.
Si l'auteur s'accomplit dans cette littérature de l'éphémère forte de rendez-vous manqués, on peut malgré tout regretter qu'il ait porté moins d'attention à la polyphonie. le lecteur arrive à caractériser les différents personnages grâce au contenu de leurs pensées mais pas par leur langage, leurs expressions, leurs mots.
Ce livre n'en demeure pas moins un texte intense émotionnellement voué à hanter l'esprit de n'importe quel lecteur.
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Lybertaire
  09 décembre 2012

Dix-neuf secondes, c'est le temps qu'il faut pour bouleverser des dizaines de vies. Cent quarante pages, c'est l'espace qui suffit à Pierre Charras pour entremêler les histoires de Gabriel, Sandrine, Sophie, Ludo, Christelle, Francis, Emmanuel, Gilbert… qui ont en commun d'avoir pris la rame de RER à Nation.
Gabriel et Sandrine se séparent lors d'un dernier rendez-vous ; Sophie retrouve son premier amour, Ludo ; quant à Christelle, elle ne sait plus où se trouve son amour : au début ou à la fin ?
Et si c'était la fin ?
Dix-neuf chapitres pour sauter d'une histoire à l'autre, le pied dans la rame de Sophie, l'autre sur le quai où Gabriel attend. On entre et sort dans les pensées de chacun, on aperçoit du coin de l'oeil celui qu'on vient de quitter. Les points de vue se recoupent, et progressivement tous les éléments de mettent en place autour d'un blouson jaune et noir réversible, que certains ont vu, d'autres pas. Les dix-neuf secondes sont bientôt écoulées…
Véritable prouesse, Dix-neuf secondes capte les esprits de nombreux personnages, à la fois des intimes et des inconnus des transports en commun. Comme dans un fait divers, on se trouve au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais pas pour tous. le hasard arrache la chance aux individus ; les bonnes étoiles s'assoupissent un instant, et tout bascule pour toujours. N'importe où, n'importe quand ; une incertitude qui dure une vie entière. Et pas seulement : si Pierre Charras raconte ce hasard, il raconte aussi les choix qui, aussi infimes soient-ils, influent sur notre avenir.
Une lecture courte mais puissante !
http://www.bibliolingus.fr/dix-neuf-secondes-pierre-charras-a80136624
Lien : http://www.bibliolingus.fr/d..
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   22 juillet 2013
Personne ne semble avoir remarqué le sac. Emmanuel pense, amusé, qu’il pourrait bien contenir une bombe et il a presque envie de crier « attention » … mais il imagine la suite, lorsqu’on s’apercevra que le sac ne renferme que des chaussures de course et un short. Comme ils auront honte, tous, d’avoir eu peur et comme ils chercheront à noyer leur malaise en se retournant contre le messager.

Oui, comme ils se moqueront de lui, alors ! La moquerie, c’est bien ce qui le terrifie le plus. Comme tous les enseignants sans doute. Lorsqu’ils montent sur l’estrade, gagnent leur bureau et affrontent leur auditoire, ils préfèreraient n’importe quoi à une moquerie. Un coup de feu, de couteau. Une bombe, oui, justement. Plutôt mourir qu’avoir honte.
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Eve-YesheEve-Yeshe   18 juillet 2013

« Malgré son jean, ses grosses chaussures militaires, son blouson de cuir, ses cheveux courts, elle avait une grâce que rien ne peut entamer, qui dure quelques années, entre quatorze et dix-huit ans, le plus souvent. Avant, ce sont des enfants, ensuite ce sont des femmes, mais pendant la parenthèse, elles sont invincibles, inaltérables. Des sortes de déesses antiques. Ou, pour le moins, des Terriennes privilégiées qui auraient reçu des cieux ce cadeau hors de prix : plaire à tout le monde »
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Eve-YesheEve-Yeshe   19 juillet 2013
« Il a beaucoup de mal à classer les adolescents entre quatorze et dix-neuf ans. Comme si, au sortir de l’enfance, ils basculaient tous d’un bloc dans un âge commun. C’est à cause de cette dureté qu’ils ont aujourd’hui, indépendamment de leur milieu social, de l’entente de leurs parents, de leurs expériences intimes. Pendant quelques temps, après qu’ils ont quitté les rêves des premières années et qu’ils échappent encore aux illusions auxquelles les adultes sont bien obligés de se raccrocher pour survivre, ils sont durs, tout droits, héroïques, pourrait-on dire. Ils font bravement face à un avenir menaçant, désespérant, menacé. »
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MorgouilleMorgouille   14 juin 2009
En admettant que je rencontre quelqu’un très bientôt ; que nous décidions de faire du chemin ensemble ; que nous avancions du même pas… Combien de temps faudrait-il pour rebâtir une complicité comme la nôtre ? Combien de chances avais-je de trouver une femme qui, au cours des jours sans sexe qui sont tellement plus nombreux que les autres, à nos âges, s’amuserait des mêmes travers de l’humanité que moi, s’arrêterait dans les mêmes paysages, les mêmes vitrines, partagerait mes indignations, mes colères ? Une femme qui saurait, au cinéma, sans avoir besoin de me regarder, que je pleure et qui me prendrait la main dans le noir, comme pour me murmurer qu’il n’y a pas de honte à ça ? Une femme qui ne s’enfermerait pas à double tour dans la salle de bains, qui pourrait s’habiller devant moi, avec qui je bavarderais en me rasant ?
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Eve-YesheEve-Yeshe   20 juillet 2013
Il sent chez lui, parfois, une carence en haine. Car c’est reposant la haine, c’est naturel, c’est la plus grande pente. Comment expliquer, sinon, qu’elle soit si répandue ? Emmanuel ne hait personne. Cela ne veut pas dire qu’il a de la sympathie pour tout le monde, mais, enfin, il y a de quoi s’inquiéter.
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Video de Pierre Charras (1) Voir plusAjouter une vidéo

Pierre Charras : Bonne nuit doux prince
A la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT reçoit Pierre CHARRAS sur son livre intitulé "Bonne nuit, doux prince". Il y fait le portrait de son père regretté et parle de son remords du "non-dit" entre son père et lui.
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