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EAN : 9782253935001
288 pages
Le Livre de Poche (04/01/2023)
4.17/5   101 notes
Résumé :
Europe centrale - Années trente. Après avoir fui la révolution russe, les jumeaux Sylvin et Maria Rubinstein se découvrent un talent fulgurant pour le flamenco. Très vite, Varsovie, Berlin et même New York sont à leurs pieds. Lorsque le Continent sombre dans la guerre, les danseurs sont séparés, et Maria disparaît. Pour venger sa soeur tant aimée, Sylvin ira jusqu'à se glisser dans la peau d'une femme.
Et c'est ainsi travesti qu'il s'engage dans la Résistance... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
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Ladybirdy
  20 juin 2021
Difficile parfois de comprendre et d'expliquer un rendez-vous manqué avec un livre alors qu'on lui trouve multitude de qualités. Les danseurs de l'aube aussi beau soit-il m'a laissé pantelante au-dessus de ses pages.
Pourtant, la plume de Marie Charrel est divine, dansante, charnelle et pleine. Elle nous parle de flamenco mais aussi de résistance durant la seconde guerre mondiale, d'acceptation de soi et toujours de corps épris de liberté et d'élan vital.
Quelques deux cents pages à double temporalité bien écrites mais dont j'ai eu un mal fou à m'approprier l'histoire, les deux histoires. Il m'a manqué un fil conducteur plus solide et débarbouillé de descriptions, aussi jolies soient-elles, qui ne servent à mon sens que peu l'histoire. Ça parle beaucoup de danse, de flamenco, de duende, d'osmose entre le corps et la musique. le tout est livré de manière très onirique, sibylline. C'est aussi un livre qui mérite une attention particulière pour y cerner les subtilités comparatives des deux histoires. Ce n'est pas simple à suivre, ce n'est pas évident d'être en phase. J'ai donc été ici charmée par la plume mais totalement hermétique à l'histoire manquant d'émotions, d'attachement, de ce petit plus qui fait battre le coeur comme devant ces livres où le fond et la forme s'accouplent dans le plus simple ravissement.
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berni_29
  27 janvier 2022
« Pour chercher le duende, il n'existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu'il brûle le sang comme une pommade d'éclats de verre, qu'il épuise, qu'il rejette toute la douce géométrie apprise, qu'il brise les styles, qu'il s'appuie sur la douleur humaine qui n'a pas de consolation. »
[ Jeu et théorie du duende de Federico Garcia Lorca ]
Le flamenco s'appuie et s'enrichit sur ce duende qu'évoque ici Federico Garcia Lorca. J'ai adoré cette citation qui introduit ce roman en préambule, presque comme un incipit. Car venir à la rencontre de l'univers du flamenco, c'est aussi cerner le mystérieux pouvoir du duende, impossible à le définir avec des mots, sauf à le vivre...
Les danseurs de l'aube est un étrange roman turbulent, étourdissant, où l'auteure, Marie Charrel, a posé sa trame narrative à partir de l'histoire vraie de Sylvin Rubinstein, danseur juif de flamenco, résistant farouche contre les nazis durant la seconde guerre mondiale, puis égérie des cabarets du nord de l'Allemagne d'après-guerre.
Mais on ne peut parler de Sylvin Rubinstein et de sa fascinante destinée, sans parler de sa soeur jumelle Maria, son alter ego, son double ; ils venaient tous deux d'un shtetl d'Europe centrale et rêvait de danser le flamenco jusqu'au bord du monde...
L'originalité du roman est cette histoire qu'a inventée Marie Charrel pour la mettre en résonnance avec celle de Sylvin et Maria Rubinstein, venus de cette Europe qui sera bientôt à feu et à sang, comme un écho d'un passé pas forcément si lointain ni différent que cela du présent...
Entrent alors dans la danse, - si j'ose dire, Lukas jeune homme à l'identité trouble et la sulfureuse Iva sur la même scène où justement Sylvin et Maria dansaient presque un siècle plut tôt... Ils partagent eux aussi de manière fusionnelle l'art du flamenco, un flamenco incandescent et métissé dont le tourbillon est comme une mèche prête à embraser le ciel et la terre.
Ils sont à Hambourg, dans les coulisses alternatives du G20 de 2017 parmi ceux qui protestent contre ceux qu'on désigne comme étant les « grands » de la planète. Leur flamenco comme cela presque improvisé parmi les manifestants sur une grande place de Hambourg devient brusquement comme un cri, un cri de rébellion, un cri de ralliement, ils dansent, ils ne font plus qu'un, quelqu'un immortalise cette flamme, ces deux atomes en fusion, et cette photo fera aussitôt le tour du monde...
Ils vont devenir Imperio et Dolores.
D'un chapitre à l'autre, Marie Charrel nous invite à tanguer entre deux rives de l'Histoire qui ne sont pas si éloignées que cela. Je ne parle pas de ce presque siècle qui les sépare. L'auteure nous donne à voir ici un subtil effet miroir dont la trame se construit autour du flamenco, du moins cela est le prétexte initial...
Ces deux couples qui se ploient et se déploient à près d'un siècle de distance sont en effet animés par la même ferveur.
Mais le flamenco, qui transcende leurs rêves et leurs douleurs, leurs espoirs aussi, est un prétexte pour dire autre chose.
Marie Charrel a inventé deux personnages contemporains qui sont eux aussi à leur manière des proscrits par leur différence. Puisque Iva est Rom venant de Hongrie, fuyant la violence des brutes patibulaires qui veulent interdire l'accès aux logements sociaux des personnes de la communauté à laquelle appartient Iva et sa famille. Puisque Lukas est un garçon non binaire et que cela déplaît parfois aux mêmes personnes qui détestent qu'on ne leur ressemble pas...
Le bruit des bottes noires a-t-il changé en un siècle ? La barbarie a-t-elle changé de visage ?
En dansant, Iva et Lukas ont l'impression d'appartenir encore au monde, ont l'impression de se sentir libres, tout comme le pensaient et le vivaient Maria et Sylvin Rubinstein...
Ici danser, et qui plus est danser le flamenco, est vécu comme un acte transcendant, un geste politique... Nous traversons ce siècle de bruits et de fureurs où des pans de l'Europe s'écroulent, la révolution russe, la montée du nazisme, le ghetto de Varsovie, l'après-guerre, le régime soviétique, le tumulte des Balkans, l'effondrement du régime soviétique, le capitalisme financier...
Iva et Lukas eux aussi traversent l'Europe : Riga, Varsovie, Berlin, Budapest, Paris, Londres, Lisbonne, autant de destinations où ils enflamment les passions, poussant leurs corps jusqu'à l'extrême.
Ils dansent pour terrasser la peur, la leur, mais celle des autres aussi...
Ils sont rebelles et invitent tous les coeurs épris de liberté, à se lever contre les hommes en noir.
N'y a-t-il pas de meilleure manière de se révolter, de dire non à la barbarie humaine, qu'en venant danser sur le brasier du monde ?
Parfois ils se demandent si la fin du monde ne ressemblerait pas justement à cela.
J'ai aimé ce texte écrit d'une plume frénétique. C'est comme si nous dansions avec eux sur une poudrière prête à exploser. Quand je dis « eux », c'est autant Sylvin et Maria qu'Iva et Lukas...
Marie Charrel explore de jolis thèmes comme l'altérité, la différence, l'alchimie des corps mais aussi des âmes, les belles dualités qui nous déchirent parfois entre ces instants féériques et l'horreur brutale de la vie.
Je ressors de ce texte à la fois ébloui par la très belle écriture de Marie Charrel, cette puissance narrative, mais aussi un peu frustré par une émotion que je n'ai pas ressentie suffisamment pour être en totale empathie avec chacun des personnages.
Il y a de la grâce, de la vie, une intelligence vive dans ce roman.
Je guettais le récit qui a captivé mon attention sur des thèmes historiques et géopolitiques très forts qui ont touché ma vie personnelle. D'un côté il y a la seconde guerre mondiale durant laquelle ma mère perdit son fiancé fusillé par la Gestapo et dont l'événement fut un long et douloureux retentissement durant les générations qui suivirent.
De l'autre, il y a cette Europe centrale que j'ai découverte par l'histoire de ma belle-famille ukrainienne, aujourd'hui effroyablement inquiète de ce qui peut se passer d'un jour à l'autre, face au risque d'invasion russe... L'Histoire n'est qu'un éternel recommencement... Nos histoires aussi, celles que nous lisons, racontons...
Cependant, en vous écrivant, je sens que cela réveille des choses en moi, alors peut-être que l'effet se fait comme une très longue onde de choc... Il fallait donc que j'écrive ce billet.
Sur ce thème de la différence qui est traité avec beaucoup de sensibilité, là aussi je ne suis pas totalement parvenu à traverser le miroir. Je ne sais pas pourquoi. Ce sont pourtant des sujets sociétaux qui ne me laissent pas indifférents.
L'approche romanesque est-elle la meilleure manière de les aborder ?
Je vous encourage cependant à lire ce roman virevoltant par son écriture et sa narration, afin que nous puissions confronter notre duende, telle que la définissait Federico Garcia Lorca, autre figure martyre de la barbarie humaine...
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oran
  03 février 2021
J'AI AIME !
J'ai aimé ce croisement , cette rencontre spatio-temporelle de personnages qui se font écho : Sylvin et Maria, Lukas et Iva qui se confondent, se fondent en Imperio et Dolorès .
- Des personnages ayant existé Sylvin (1914-2011) et Maria Rubinstein ( qui disparaitra à Treblinka) , des jumeaux nés de l'amour fou d'un russe blanc, Pietr Dodorov Nicolaï, duc , officiel du tsar Nicolas II et de Rachel , juive polonaise, danseuse à l'opéra de Moscou. Leur père sera fusillé par les Bolcheviques, la mère devra fuir et s'installer avec ses enfants à Brody, en Galicie (Ukraine)
- Des personnages de fiction mais combien réels, Lukas et Iva et sa mère Katalin, toutes deux Roms de Hongrie.
Lukas et Iva vont se rencontrer , animés, exaltés, tous deux, par le flamenco et partiront , comme pour un pèlerinage, sur les pas de Sylvin, un mythe, un dieu. Sylvin et Maria iront à Budapest, Bucarest, Prague, Berlin... Lukas et Iva se produiront à Paris, Londres, Madrid, Rome, Lisbonne, Grenade , Düsseldorf, Hambourg.
Sylvin et Maria devront affrontés les Nazis, Lukas, l'androgyne, ni parfaitement garçon, ni tout à fait fille, subira la discrimination, l'intolérance, Iva, le racisme, la persécution millénaire qui poussent toujours les Tziganes à l'exode.
J'ai aimé le style de Marie Charrel, son vocabulaire riche, coloré.
J'ai aimé découvrir un pan de l'Histoire grâce à Sylvin, le rôle qu'il tint pendant la guerre, sous le nom de Turski, j'ai découvert avec intérêt l'anti nazi Kurt Werner, l'officier de la Wehrmacht .
J'ai aimé aussi la grâce et la rudesse du flamenco, qui porte les personnages, qui donne feu au récit. Et par cette lecture j'ai retrouvé un souvenir pittoresque : en me promenant à une heure indue ( en plein midi, un jour d'été) dans les ruelles de Grenade, j'ai été attirée par le toque ardent d'une guitare et les taconeados trépignants, une fenêtre ornée d'une magnifique ferronnerie, était entrouverte, celle d'une académie de flamenco, alors je suis restée tapie à écouter, captivée, médusée, attisée par le rythme et la grâce s'échappant de l'embrasure, je n'ai pas entendu la porte qui s'ouvrait , un danseur qui m'avait repérée , m'a invitée à assister au cours, une démonstration endiablée, inoubliable.
Oui, j'ai aimé ce roman plein de grâce et de ferveur.
Merci aux éditions de l'Observatoire, Merci à Babelio, un grand merci Marie Charrel ! . Ce roman pourrait être parfaitement étudié au collège et au lycée, pour parler, évoquer l'intolérance , le racisme ordinaire...
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visages
  31 juillet 2021
Très beau roman qui m'a permise de faire la connaissance de deux personnes admirables dont j'ignorais l'existence : Sylvin Rubinstein,superbe danseur de flamenco mais aussi résistant téméraire contre les nazis, et Kurt Werner, dirigeant d'un réseau de résistants au sein de la Wehrmarcht.
C'est un roman qui vibre de passion,celle du flamenco et celle de la liberté,les deux étant peut-être indissociables ?!
Marie Charrel mêle deux histoires et deux époques : l'enfance puis la vie de Sylvin Rubinstein et sa soeur jumelle jusqu'en 1958 ; et l'épopée dans l'Europe de l'est et Grenade de Lukas et Iva en 2017. Lukas est en quête d'identité,Iva fuit la Pologne devenue trop dangereuse pour les Roms. Leur destin se croise à Hambourg lors des manifestations contre le G20. Leur point commun? le flamenco ! Lukas est sur les traces de son idole,Sylvin Rubinstein. Sous les cendres et la fureur de la manifestation,ils entament une danse passionnée qu'un journaliste va photographier à leur insu. Cette photo deviendra emblématique de la lutte pour un monde meilleur,l'espoir " des danseurs de l'aube". Lukas va raconter à Iva l'histoire fabuleuse de Sylvin. Ainsi,dans un jeu de miroirs dans lesquels se reflètent ces deux " couples",Syvin et sa jumelle Maria, Lukas et Iva ,l'auteur mêle deux passions identiques et deux confrontations à la violence politique et l'intolérance poussée à son paroxysme.
Elle a réussi par son écriture à me transmettre toute la fougue de la " duende", la vibration unique du flamenco " celle qui ne s'épanouit que lorsque la vie rencontre la mort, à l'endroit précis où les deux entrent en lutte."
L'épisode à Grenade m'a littéralement transportée dans l'ambiance unique de l'Albayzin et l'envoûtement de sa musique.
Ce livre est un vibrant hommage à deux résistants magnifiques dont je m'étonne qu'ils soient si peu connus. C'est une belle invitation à l'audace et à la liberté.
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diablotin0
  14 août 2021
Marie Charrel répare l'injuste oubli de Sylvain Rubinstein en racontant son histoire de vie. C'est avec beaucoup de sensibilité et d'habiletés qu'elle nous fait connaître ce talentueux danseur de flamenco et résistant très actif durant les années de guerre. Il combattra avec force les nazis et se grimera en femme pour certaines de ses actions .
Pour nous faire part de son histoire,Marie Charrel fait un bond dans l'histoire. Nous nous retrouvons en 2017. C'est Lukas,jeune homme à l'identité double et trouble qui va raconter à Iva, jeune fille fuyant son pays, la Hongrie, l'histoire troublante et passionnante de Silvin Rubinstein.
Ces deux jeunes gens vont reprendre à leur compte les personnages de Dolorès et Imperio joués par Sylvain Rubinstein et sa soeur jumelle Maria tant aimée. Ils les feront revivre à travers une tournée en Europe.
Tout ce roman est un savant mélange entre la danse et l'écriture, la sensualité et la révolte,le féminin et le masculin.
La dernière scène de danse de flamenco de Lukas et Iva et de toute beauté, envoûtante. L'effet miroir de ces deux "couples" est extrêmement bien rendu et suscite mon admiration.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Nanako-MaiNanako-Mai   25 janvier 2023
Cette douceur mêlée de violence, le rire et la gravité, la lumière côtoyant les ténèbres jusqu'à l'extase, ces éclats jetés à la Voie lactée sont ceux du flamenco.

P. 40
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LadybirdyLadybirdy   19 juin 2021
Les angelots, l’océan agité et les rêves miraculeux sont des contes destinés aux esprits crédules : l’inspiration ne tombe jamais du ciel, elle est enfantée par un travail acharné, des années de quête, une vie à creuser en soi, autour de soi, à racler la montagne à mains nues jusqu’à déterrer la pépite grâce à laquelle naîtra l’oeuvre.
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BazartBazart   26 janvier 2021
Lui, Sylvin Rubinstein, ni juif, ni catholique, ni russe, ni polonais, a survécu à la révolution de 1917, au ghetto de Varsovie, à Krosno ; il survivra au bombardement de Berlin, il est immortel. Là, sur le toit de l' immeuble, il danse pour piétiner sa peur. Pour fêter la victoire. Il frappe furieusement le zinc, accélère, fouette la fumée des bras, il hurle, frappe encore comme un enfant fou. Berlin tombera mais lui tiendra encore debout, la vie pulse en lui comme jamais car Maria l' accompagne, Hannah, Rachel valsent avec lui sur le toit ; pour elles, il ne cessera jamais de danser.
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LadybirdyLadybirdy   18 juin 2021
Sa danse est celle d’une solitude hantée. Autour d’elle virevoltent des séraphins refusant de dévoiler leurs mystères au monde des hommes. Ses mouvements sont un défi à l’espace et au temps.
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berni_29berni_29   24 janvier 2022
L'agent leur choisit un nom de scène : Imperio et Dolores.
- Il sera plus facile de voyager avec un nom espagnol qu'avec un patronyme juif, les enfants, assure-t-il.
D'ailleurs, ils auront à peine besoin de mentir. Lorsqu'ils racontent venir de Galicie, la plupart de ceux qu'ils croisent comprennent qu'ils parlent de Galice espagnole. Longtemps, ce nom de scène hispanisant les protègera. Longtemps, les jumeaux imagineront que cela suffira à les sauver.
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