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Martine Reid (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070347729
Éditeur : Gallimard (28/02/2008)

Note moyenne : 1/5 (sur 1 notes)
Résumé :
« Mon fils, je vous enverrai à l'heure même tout ce gros cahier. Lisez, méditez ; c'est à vous d'achever de corriger, de perfectionner votre éducation. Nul homme ne peut réunir tous les talents, tous les succès, toutes les jouissances. D'après votre capacité la plus marquée et vos goûts les plus chers, il faut choisir ce qui vous convient le mieux, puis renoncer au reste. »
Isabelle de Charrière (1740-1805) a grandi en Hollande dans une famille de l'aristoc... >Voir plus
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
genougenou   01 mars 2016
SIR WALTER FINCH ET SON FILS WILLIAM.
Vous êtes né à Ivy Hall, Westmoreland, le premier Juin de l’année mille sept cent quatre-vingt. Il y a quatre jours que vous vîntes au monde.
Votre mère était si bien résolue à vous nourrir elle-même qu’elle n’a pas voulu se pourvoir d’une nourrice. Je l’en avais pourtant bien instamment priée, et même un jour je lui amenai une pauvre femme avec l’enfant qu’elle avait au sein. La femme était belle quoique fort maigre, l’enfant était gras, vif et très bien portant. C’était une quinzaine de jours avant celui où votre mère devait être à son terme. Au nom du ciel, lui dis-je, laissez cette femme demeurer dans un coin du château, ou, si vous le voulez, dans l’étable, auprès des vaches. En même temps que nous ferons un acte de charité, nous nous mettrons l’esprit en repos sur le compte de l’enfant à naître. Si vous n’aviez pas tout de suite une abondance de lait, l’enfant trouverait en attendant de quoi se nourrir. – Votre mère ne le voulut pas. – Elle a une fièvre qui pourrait bien devenir miliaire ou putride, et point de lait du tout. Mon pauvre enfant ! on vous nourrit comme on peut. Hé-las ! je tremble pour vous. Que n’ai-je fait cacher la pauvre femme dans quelque chaumière du voisinage ! Il est bien sûr que si votre mère était venue à le savoir elle ne me l’aurait jamais pardonné, mais j’aurais pu faire en sorte qu’elle ne le sût
de sa vie. Au pis aller, j’aimerais mieux avoir à supporter sa colère que votre mort. Mon fils ! serez-vous un composé de l’entêtement un peu vindicatif de votre mère et de la loyauté timide et souvent mal raisonnée de votre père ? J’espère mieux de vous. Vous êtes si joli ! Ô vivez, mon fils ! ô Dieu, conservez mon fils ! – J’écris ceci pour que mon fils, s’il peut vivre, sache un jour dans quelle anxiété je suis aujourd’hui pour lui. C’est le quatrième de sa naissance. Supposé qu’il lui reste un peu de faiblesse de tempérament de ce manque d’une bonne nourriture pendant quatre jours, il n’en voudra pas, je pense, à son père. En tout cas, il saura sur quoi doit porter son chagrin. Trop de condescendance pour une femme. – Elle était grosse, presque à son terme, assez incommodée. Mariée fort jeune, elle m’a apporté, avec un bien assez considérable, de la chasteté, de la décence, de l’ordre, de l’économie. – La pauvre femme ! elle a soupçonné la mendiante d’être ma maîtresse, et son enfant d’être mon fils ! – Je vais auprès d’elle et la veillerai cette nuit avec une garde. Sa tante, lady C., l’a veillée la nuit dernière. Lady C. est venue assister à ses couches. – Si tu perds ta mère, mon cher fils, sois persuadé que ce n’est pas manque de soins. Elle a eu le meilleur accoucheur de la Comté. Actuellement un médecin qui est en possession de toute sa confiance et de celle de sa famille, demeure ici et ne la quitte presque pas. Elle n’a pas voulu faire ses couches à Londres.
Ce 11 Juin.
Ta mère est plus mal. Sa tante ne cesse encore de vanter son excellent tempérament, et prétend qu’il doit nous ôter toute crainte ; mais le médecin est alarmé. On ne te néglige pas, et tu te portes assez bien. J’ai parlé de te donner une chèvre pour nourrice, et, malgré les clameurs des femmes qui prennent soin de toi, je le ferai très assurément. – On l’a fait ailleurs avec succès d’après les conseils de Cagliostro. – Mais je n’y pourrais avoir l’œil. Je suis trop agité, trop occupé de ta mère.
Ce 13 Juin.
William, vous n’avez plus de mère. Je reste chargé seul de la tâche de veiller sur vous.
Ce 18 Juin.
Il se présente assez de nourrices, mais pas une n’annonce à la fois de la santé, de la douceur et des mœurs honnêtes.
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genougenou   01 mars 2016
Mon fils, je vous enverrai à l’heure même tout ce gros cahier. Lisez, méditez ; c’est à vous d’achever de corriger, de perfectionner votre éducation. Me demandez-vous comment vous devez vous y prendre, je vous dirai : passez cet été et s’il se peut un temps plus long à Ivy Hall, seul ou avec Tom. Là, reposez votre âme, et repassez lentement vos souvenirs. Revivez à Lone Banck, à Saint-Cloud, à Paris, à Londres, à Eaton, à Cambridge, à Édimbourg : puis étudiant votre jeune expérience, voyez ce que vous êtes et ce que vous voudriez et pourriez être, de quelle manière les hommes et les choses influent sur vous, comment vous pouvez tirer le meilleur parti de vos facultés, ce que vous pouvez faire de mieux pour votre bonheur et pour votre réputation, qui, à ce que je crois, ne vous sera pas indifférente. Nul homme ne peut réunir tous les talents, tous les succès, toutes les jouissances. D’après votre capacité la plus marquée et vos goûts les plus chers, il faut choisir ce qui vous convient le mieux, puis renoncer au reste.
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genougenou   01 mars 2016
« Vous n’avez pas besoin Monsieur de me faire souvenir de mes engagements je ne pouvais pas plus les oublier que je ne puis vous oublier vous même. »
Des engagements, Monsieur Finch ! Ma tante ne m’avait parlé d’aucun engagement. Ah oui pourtant, elle avait pris celui de vous écrire et de vous donner des nouvelles de sa fille. Cela n’était pas bien nécessaire ce me semble mais passe, elle avait reçu un billet de cinquante pièces. Sot que je suis de ne m’être jamais informé avec détail du sort de ma tante. Mais je suis jeune, à peine vingt ans et revenu d’Oxford seulement depuis six mois. « Quand du matin au soir je jouis de votre bienfaisance tantôt en payant de petites sommes que je devais, tantôt en m’accordant certaines distractions etc. »
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genougenou   01 mars 2016
Je trouve que trop souvent, les hommes dans leurs pensées et leurs paroles se remettent à une époque passée, et que cela les empêche de se mettre promptement à l’époque où ils en sont pour ne plus voir que celle là et tout ce qui actuellement doit être fait et dit. Ils se décideraient assez bien aujourd’hui sur ce qu’il fallait faire hier et demain ils jugeront ce qu’il faudrait faire aujourd’hui. Ils sont toujours trop tard dans leurs pensées tantôt d’un jour, tantôt d’une heure, tantôt d’une minute et c’est souvent être beaucoup trop tard car une minute a pu porter les plus grands changements dans notre situation
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