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Critique de KRISS45


KRISS45
  17 février 2018
En parcourant les propositions de Masse critique, j'ai retenu "la virginienne" qui me donne l'occasion de revenir à des souvenirs vieux de cinquante ans, lors de ma visite à la propriété de Thomas Jefferson, à Monticello.
A l'époque, je m'étais peu intéressée à l'histoire de ce domaine et à son propriétaire qui a régné sur d'immenses étendues de plantations et sur une cohorte d'esclaves.
C'est par le biais de "la virginienne", Sally Hemmings, sa jeune maîtresse-esclave que Barbara Chase-Riboud nous entraine dans le sillage de cet homme de pouvoir, célèbre auteur de la Déclarations d'Indépendance.
B.C.R. nous le présente à partir de 1787 alors qu'il est Ambassadeur à Paris, qu'il quitte au moment de la Révolution. L'Histoire nous a appris qu'il a ensuite assumé les fonctions de Secrétaire d'Etat puis est devenu le troisième Président américain.
Lorsqu'il quitte la France, en 1789, Sally, quinze ans est déjà à ses côtés, (et dans son lit), officiellement au service de Martha et Maria, les deux filles du Maître, veuf depuis 1782.
La famille de Jefferson est une mosaïque assez complexe, composée de maîtres et serviteurs, blancs et métis, à une époque où une douzaine d'enfants par couple n'était pas rare, auxquels s'ajoutaient les petits bâtards. L'arbre généalogique qui figure en tête du roman est indispensable pour s'y retrouver.
Outre la vie privée, Barbara Chase-Riboud dresse un vivant et "étonnant tableau de l'Amérique esclavagiste à la fin du XVIIIe siècle" et approfondit avec finesse la relation d'un couple hors normes, fonctionnant sur les notions contradictoires de dépendance, de soumission, d'admiration, d'attirance irrésistible, avec des sentiments forts et réciproques.
D'après les informations que j'ai pu glaner, l'Amérique puritaine a longtemps considéré cette liaison comme un sujet tabou. Par ailleurs, les spécialistes contemporains sont assez critiques vis à vis de Jefferson, aussi bien sur sa vie privée que sur l'évidente contradiction entre ses principes libéraux et leur non application pratique.
Pour rappel : alors qu'il décède en 1826, l'abolition de l'esclavage ne sera votée qu'en 1865.
Merci à Babelio et aux éditions Archi-poche pour cette révision d'une page d'Histoire.
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