AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Denis-Armand Canal (Traducteur)
ISBN : 2253115975
Éditeur : Le Livre de Poche (15/02/2006)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 9 notes)
Résumé :

A partir de la vraie vie de Sarah Baartman, la “Vénus Hottentote”, Barbara Chase-Riboud a écrit entre histoire et légende, un roman d’une force d’évocation et de persuasion rares. Issue d’un peuple nomade d’Afrique du Sud, orpheline, Sarah est vendue comme esclave à un missionnaire anglican du Cap. A la mort de ce dernier, la petite revient dans sa tribu pour y subir incision de la vulve et autres rit... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
jeunejane
  13 octobre 2017
Barbara Chase Riboud nous raconte la vie de Saartje Baartman dite"La Venus hottentote".
Sarah naît en Afrique du Sud en 1789.
Orpheline, elle sera vendue à deux reprises et exhibée comme objet de foire à cause de ses particularités physiques : des organes génitaux protubérants.
Elle vécut en Angleterre, à Londres de 1810 à 1814.
Ensuite, elle termina ses jours à Paris où elle mourut, probablement de pneumonie en 1816 à l'âge de 27 ans ,après avoir été exhibée dans les foires, dans les cirques, après s'être livrée à la prostitution, après avoir succombé à l'alccol, à la morphine. Elle était bafouée de tous côtés et désespérée.
La dernière partie du livre est très intéressante car elle nous livre les débats qui existaient à cette époque entre scientifiques au sujet de la reconnaissance en tant qu'hommes des nègres, des sauvages comme ils les appelaient.
C'est ainsi que l'auteure reproduit une correspondance de Georges Cuvier qui aura le droit de disséquer le cadavre de Sarah.
Barbara Chase-Riboud fait succéder autour de Sarah un nombre incalculable de personnalités comme Charles Darwin qui réféchissent chacun à leur tour en tant que scientifiques ou viennent la regarder comme Jane Austen..., Napoléon Ier...
Les restes de Sarah furent exhibés à Paris. Le dernier endroit où son squelette a été montré a été le musée de l'Homme.
En 2002, finalement, Sarah Baartman est officiellement rendue à l'Afrique du Sud pour y être incinérée.
Les dernières pages sont frappantes : c'est Sarah qui prend la parole derrière la vitrine où ses restes sont exposés comme si son âme planait encore.
Un roman parmi les plus marquants que j'aie lus sur la reconnaissance de l'humain au 18ème et 19ème siècle !
Je l'ai lu en 2006 en version poche et redécouvert à plusieurs reprises en relisant des chapitres grâce à mes petites fiches qui me guident.
Une très belle lecture qui nous en apprend sur la bizarrerie et la supériorité subjective de l'homme blanc.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4110
kuroineko
  02 juin 2019
S'inspirant d'une histoire vraie, l'Américaine Barbara Chase-Riboud retrace la vie de Saartjie - Sarah - Baartman, de son véritable prénom Ssehoura. Née chez les Khoekhoe, des pasteurs nomades de l'Afrique du Sud, en 1789, la fillette voit ses parents et son peuple massacré par les colonisateurs hollandais puis anglais. Il est en effet de "bon goût" d'avoir une tête empaillée de ces autochtones, qu'ils appelleront par mépris Hottentots (bègue en hollandais), à côté des autres trophées de chasse...
Tour à tour vendue comme esclave, puis exploitée comme bonne d'enfants, Sarah est emportée vers l'Angleterre pour être exhibée en tant que Vénus hottentote, aux formes callypiges, marque de beauté des femmes khoekhoe et devenues sources de fascination mêlée de moqueries pour les curieux londoniens. Réduite à l'état de caricature dans une cage, Sarah endure les flots de haine, de mépris, de propos graveleux et de sarcasmes du public. Parfois, un éclat de compassion dans l'oeil d'un quidam, qui l'atteint d'autant plus dans sa dignité mortifiée.
Montrée aux côtés d'autres "monstres", très en vogue alors, il apparaît que les véritables monstres sont devant la cage, ou à ses côtés pour exploiter la jeune femme.
Barbara Chase-Riboud construit son récit en ouvrant en prologue sur l'épilogue de l'existence de Sarah. Celle-ci meurt de tuberculose à Paris le 1er janvier 1816, à seulement 27 ans, le corps et l'esprit minés par les épreuves, la morphine, l'alcool - pour tenir pendant ses expositions et oublier les humiliations -, la prostitution et la maladie.
Comme si ça ne suffisait pas, son cadavre est vendu au célèbre naturaliste Cuvier pour dissection et appuyer sa thèse du Hottentot en tant que chaînon manquant entre "l'orang-otan et le nègre", dans la chaîne de la création des espèces. L'auteure nous fait assister à une conférence démonstration entre tenants de la phrénologie, naturalistes, anatomistes et autres scientifiques de l'époque. Les arguments volent autour du cas Sarah, les spécialités se contrecarrent et s'affrontent. Pourtant tous se rejoignent sur la suprématie physique, morale et intellectuelle de l'homme blanc occidental.  C'était dans les années 1810 et il est navrant de constater qu'en dépit des progrès éthiques et scientifiques, deux cents ans après, encore trop de personnes restent ancrés sur cette aberrations pour prôner leur racisme.
L'histoire de Sarah est, on s'en doute, très douloureuse à lire. Même si l'héroïne fait preuve d'une dignité qui la grandit face aux hordes moqueuses et viles qui se pressent au spectacle. La lecture de cette biographie romancée m'a fait penser à une précédente lecture : Cannibales de Didier Daenninckx. Ainsi qu'au très beau et très dur film Elephant Man avec John Huston dans le rôle de John Merrick.
J'ai trouvé ce volume par hasard dans une Boîte à Livres. J'avais déjà lu La Grande Sultane de Barbara Chase-Riboud, quand j'étais adolescente. Je suis contente d'avoir pu lire sa Vénus hottentote, même si les sentiments qui m'ont agitée au fil des pages ont oscillé entre compassion, admiration pour Sarah et indignation, colère et dégoût pour ces êtres qui osent se revendiquer d'humanité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          252
jaunay
  20 décembre 2010
passionnant ouvrage
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
jeunejanejeunejane   13 octobre 2017
Mon cercueil sortit du ventre de la machine.
Etonnée, je vis des milliers de gens de couleur...Ils se levèrent tous pour m'acclamer.
"Maman Sarah...Maman Sarah...
Un océan de sons...
Moi, Sarah Baartman, la non-humaine, devenue un symbole de toute humanité.
...Je découvris que mon squelette sans larmes pouvait quand même en verser...
Commenter  J’apprécie          160
kuroinekokuroineko   01 juin 2019
Les livres parlent à tout le monde, sans tenir compte de la couleur. C'est toute l'idée d'un livre. Un livre est un pays tout entier. Un livre te sort de la prison de ton esprit. Et lire, c'est écrire. Et écrire, c'est s'appartenir.
Commenter  J’apprécie          140
jeunejanejeunejane   13 octobre 2017
Maître Darwin émit un discret et courtois grognement.
" J'ai une confession à vous faire. J'ai vu la Vénus hottentote lorsque j'étais petit garçon...Elle est aussi fascinante pour moi aujourd'hui qu'elle l'était alors...à mes yeux d'enfant...
...Et puis la retrouver ici, dans cette cage de verre...naturalisée...Pauvre créature...
Commenter  J’apprécie          20
Video de Barbara Chase-Riboud (1) Voir plusAjouter une vidéo

L'histoire et le roman font bon ménage
Ce numéro d'Apostrophes est consacré au roman historique. Barbara CHASE RIBOUD présente son livre :"La Virginienne", relation des amours de Thomas JEFFERSON, un président sudiste des Etats Unis et d'une esclave Sally HEMINGS ; Maurice DENUZIERE pour son livre : "Bagatelle"; Marguerite GURGAND pour :"Les Demoiselles de Beaumoreau"; à l'époque napoléonienne, trois demoiselles venues de...
autres livres classés : abolitionnismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
798 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre