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Maurice Levaillant (Éditeur scientifique)Georges Moulinier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070101274
Éditeur : Gallimard (01/06/1947)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Formidable témoin de son temps, spectateur actif d'une époque tourmentée, Chateaubriand traverse le siècle, le fixe et le transfigure dans ces Mémoires. Mémoires ou fiction ? À bien des moments on hésite, tant il met en scène sa vie comme on écrit un roman, tant ses incroyables aventures font de lui un véritable personnage, dont rêveraient les plus grands romanciers. Des brumes bretonnes aux rives am&#... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
claudine42
03 février 2015

C'est souvent l'appréhension qui fait basculer la préhension en renoncement. le Général de Gaulle les a saisies à pleines paluches, lui, ces mémoires, et tout agrippé qu'il était, a déclaré résolument , en 1947 : « Tout m'est égal, je suis plongé dans les « Mémoires d'outre-tombe » (…). C'est une oeuvre prodigieuse. »

Alors oui, se plonger dans ces mémoires là, ne fût-ce que dans le premier tome, c'est accepter d'y passer un laps de temps conséquent. Je suis courageuse, mais pas téméraire, je me suis limitée à la lecture de ce premier tome, croyez-moi c'est déjà un nombre de pages considérable, d'une infinie richesse je l'avoue !

Oui la lecture peut être par moments un peu fastidieuse, du fait des innombrables notes (pratiquement en bas de chaque page, quand ça ne mange pas une bonne moitié de page..) sur lesquelles on ne peut pas toujours faire l'impasse, quoique l'on passe finalement assez souvent dessus quand même sans que ça n'entrave la compréhension du texte (et tant pis si on passe outre l'historique d'un vague cousin).
Oui la structure narrative est parfois ambiguë, avec des va-et-vient entre le temps de la narration et le temps raconté.
Oui la structure même du livre est complexe, puisqu'on découvre dans un premier temps l'ébauche d'une première version (« Histoire de ma vie », vite avortée puisque Chateaubriand, par soucis d'argent, a été contraint d'étoffer sa petite histoire personnelle en la diluant dans la grande), et que dans la version définitive, qui débute juste après, on retrouve certains passages déjà lus.
Doit-on pour autant reposer cette main qui s'était peut-être tendue un jour ?
Non. Non parce que c'est un témoignage immensément riche sur une époque, sur cette transition « entre deux siècles, comme au confluent de deux fleuves » qui est dressé ici, à coups d'anecdotes (la présentation à la Cour et à Louis XVI est cocasse) et de grands faits marquants (la Terreur).
Un monde s'effondre (« je suis comme le dernier témoin des moeurs féodales »), un autre naît, péniblement, Chateaubriand s'exile à Londres, revient, repart, cahin caha dans le tumulte des grands bouleversements, et on tangue avec lui, tant cette instabilité est palpable.
Non parce que le tempérament De Chateaubriand, souvent décrié, est terriblement attachant.
Sombre, complexé, avec la désillusion comme alter ego, il n'en est pas moins volontaire et déterminé.
Il est mélancolique sans être pleurnichard.
Son enfance dans le château de Combourg ne peut qu'engendrer l'empathie de la part du lecteur tant elle est sombre et solitaire.
Rêveur, il s'est inventé une femme idéale, la Sylphide, dans laquelle s'incarneraient toutes les autres.
le temps qui passe le terrorise : « Je n'avais vécu que quelques heures, et la pesanteur du temps était déjà marqué sur mon front. »
Non, enfin et surtout, pour la richesse de la langue, pour cette prose poétique qui donne au livre une vraie musicalité et une envie irrépressible de relire encore et toujours certains passages.
Les aphorismes foisonnent , les archaïsmes aussi : on « balle », on se fait « gourmander », quand les mots ne sont pas carrément inventés (« déshabité » par exemple).
Ce premier tome couvre les années 1774/1799, soit la jeunesse, la carrière de soldat et de voyageur De Chateaubriand.
Pour celles et ceux qui ne les connaissent pas et qui sont tentés par "Ces mémoires .... " offrez-vous ce vrai moment de plaisir.


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vincentf
01 juillet 2010
Marathon de lecture, plus d'un an, à petites doses, arrivé au bout, un livre que l'on lit pour l'avoir lu, pour l'inscrire à son palmarès. Lues à l'armée et à la piscine, pour le fun, les élucubrations De Chateaubriand ont-elles valu la peine qui j'y consacre tant de temps ? Tentation de répondre non, l'homme, trop sûr de lui et trop enclin à la plainte, énerve. Voilà, un coup dans l'eau ? Pas tout à fait. Lire Chateaubriand est sans doute nécessaire pour comprendre le début du 19ème siècle, le romantisme, la fascination critique pour Napoléon, les enjeux politiques de cette période troublée, etc. C'est l'historien plus que le littéraire en moi qui a apprécié cette lecture, qui s'est plongé dans la restauration et la monarchie de juillet, périodes d'apparence si barbante que l'on préfère les aborder par la bande, où Chateaubriand, dont le rôle politico-diplomatique est sans doute exagéré par ses propres soins, se trouve.
Homme dans son siècle, pris dans la tourmente d'années qui changent tout, Chateaubriand est un précieux témoin, mais il n'est, à mon sens, rien de plus. Constatons que son écriture ne nous parle plus, qu'on s'y emmerde souvent, que les élans pré-proustiens sont vite brisés par un orgueil un peu lourd et un sens de l'honneur un peu rigide. Chateaubriand est encore un auteur ancien et aristocrate, il assiste à son propre crépuscule, s'en rend compte, voit ses rêves de gloire tomber avec ce qu'il nomme la "légitimité" et se doute un peu que deux siècles plus tard, le lire tiendra de l'exercice scolaire ou du défi sportif des lecteurs de fond. Refermons le livre. J'y ai sans doute déjà perdu trop de temps.
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tynod
09 août 2017
J'avais pensé ouvrir, quotidiennement, quelques pages, des Mémoires d'Outre -Tombe, et, continuer à lire des ouvrages plus récents.
L écriture De Chateaubriand m'a envoûtée, et, je me suis plongée, dans ce chef-d'oeuvre, avec passion.
Son enfance bretonne, ses voyages, ses analyses historiques, son amour de la nature, sa merveilleuse prose.....Un régal.
ce livre, un des grands de la littérature française, n'a pas pris une ride.
Grâce à François -René, j'ai passé des heures enchantées, en ce mois de juillet 2017.
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Henri-l-oiseleur
21 octobre 2015
Je n'ai pas lu les Mémoires dans cette édition, mais dans celle que Garnier a publiée, l'édition du Centenaire. Le texte n'est pas exactement le même, car l'éditeur a rassemblé un grand nombre de pages rejetées, de brouillons ou de réécritures qui ne figurent pas dans la Pléiade. Cette remarque aura sa place ici pour rappeler que les Mémoires de Chateaubriand sont tout, sauf une confession relâchée et l'aveu chuchoté d'une vie secrète : c'est une oeuvre littéraire, très consciemment écrite, composée, limée, rabotée par un artisan soigneux, qui prépare son dernier monument pour le regard des siècles à venir. Donc, il déploiera tout son art à varier les tons, les styles et les registres, du sublime au comique, du grand style officiel à celui de la confession, et transforme des extraits choisis de sa vie en livre, en les replaçant dans le courant du temps objectif de l'Histoire. Qu'on ne se scandalise pas s'il ment, omet, réécrit, invente : il n'a jamais rencontré Washington, il n'a pas jeté sa démission à la face de Napoléon le lendemain de l'exécution du duc d'Enghien, ... Mais seuls les disciples de Rousseau et de la transparence à tout crin lui en tiendront rigueur : de Rousseau, il a retenu le lyrisme, mais non l'obsession de la sincérité transparente. On lira donc ces Mémoires comme une oeuvre d'art inégalable élaborée sur un matériau biographique, mais si l'on cherche la vérité, il faudra lire des biographies de professionnels, comme Painter ou d'autres.
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Pirouette0001
09 juin 2013
Lu lorsque j'étais jeune adulte à une époque où je lisais tout ce que je trouvais dans le 19e siècle français. Et c'est un incontournable méconnu. En raison de sa longueur sans doute. Mais je vous recommande au moins d'en lire des extraits, que dis-je, lisez-en l'intégralité et vous verrez, lecture qui laisse sa trace.
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Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
mouette_liseusemouette_liseuse02 juin 2016
Pourquoi suis-je venu à une époque où j'étais si mal placé ? Pourquoi ai-je été royaliste contre mon instinct dans un temps où une misérable race de cour ne pouvait ni m'entendre ni me comprendre ? Pourquoi ai-je été jeté dans cette troupe de médiocrités qui me prenaient pour un écervelé, quand je parlais courage; pour un révolutionnaire, quand je parlais liberté ?
Livre 23 §3 page 923
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ay_guadalquiviray_guadalquivir14 février 2017
Telle fut ma rencontre avec le soldat citoyen, libérateur d’un monde. Washington est descendu dans la tombe avant qu’un peu de bruit se soit attaché à mes pas ; j’ai passé devant lui comme l’être le plus inconnu ; il était dans tout son éclat, moi dans toute mon obscurité ; mon nom n’est peut-être pas demeuré un jour entier dans sa mémoire : heureux pourtant que ses regards soient tombés sur moi ! je m’en suis senti échauffé le reste de ma vie : il y a une vertu dans les regards d’un grand homme.
VI,8 (p222)
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ay_guadalquiviray_guadalquivir03 mars 2017
Shakespeare est au nombre des cinq ou six écrivains qui ont suivi au besoin et à l'aliment de la pensée ; ces génies-mères semblent avoir enfanté et allaité tous les autres. Homère a fécondé l'Antiquité : Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, Horace, Virgile, sont ses fils. Dante a engendré l'Italie moderne, depuis Pétrarque jusqu'au Tasse. Rabelais a créé les lettres françaises ; Montaigne, La Fontaine, Molière, viennent de sa descendance. L'Angleterre est toute Shakespeare, et, jusque dans ces derniers temps, il a prêté sa langue à Byron, son dialogue à Walter Scott.
XII, 1 (p 408)
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur07 octobre 2015
M. Guizot avait fait nommer Procureur Général à la Cour royale de Rennes un M. Hello, écrivain, et par conséquent envieux et irritable, comme tout ce qui barbouille du papier dans un parti triomphant.

Tome IV de l'édition du Centenaire, p. 92
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ceanothusceanothus03 décembre 2014
Mon auberge, l'hôtel de l'Europe, est placée à l'entrée du Grand Canal, en face de la Douane de mer, de la Giudecca et de Saint-Georges-Majeur. Lorsqu'on remonte le Grand Canal entre les deux files de ses palais, si marqués de leurs siècles, si variés d'architecture, lorsqu'on se transporte sur la Grande et la Petite Place, que l'on contemple la basilique et ses dômes, le Palais des Doges, les Procurazie nuove, la Zecca, la Tour de l'horloge, le beffroi de Sait-Marc, la colonne du Lion, tout cela mêlé aux voiles et aux mâts des vaisseaux, au mouvement de la foule et des gondoles, à l'azur du ciel et de la mer, les caprices de la mer ou les jeux d'une imagination orientale n'ont rien de plus fantastique. Quelquefois Cicéri peint et rassemble sur une toile, pour les prestiges du théâtre, des monuments de toutes les formes, de tous les temps, de tous les pays, de tous les climats : c'est encore Venise.
Pléiade Tome II p 770
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François René De CHATEAUBRIAND– Les Malheurs De La Révolution- Poème
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