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Jean-Claude Berchet (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253160892
671 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (15/05/2002)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Ce troisième volume s'ouvre sur la Restauration et nous conduit jusqu'à la Révolution de 1830 : après la carrière du voyageur puis de l'écrivain, voici venu le temps du politique.

Nommé pair de France en 1815, Chateaubriand devient ambassadeur dans plusieurs capitales d'Europe, et surtout ministre des Affaires étrangères de 1822 à 1824. Mais comme frappé de mutisme au moment d'évoquer le véritable exercice du pouvoir, le mémorialiste reste silencieux ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
NMTB
  02 mai 2017
Après le premier volume qui s'intéressait davantage à sa vie personnelle, le deuxième à la vie publique de Napoléon, Chateaubriand a consacré l'essentiel de ce troisième volume à sa carrière politique qui s'est déroulée sous la Restauration, principalement pendant le règne de Louis XVIII. Il était un monarchiste convaincu, mais la monarchie était elle-même divisée en multiples factions, parfois en concurrence. Chateaubriand faisait partie des monarchistes constitutionnalistes et légitimistes, prit entre deux feux, celui des ultra-royalistes et celui des libéraux. Pour faire simple, il voulait l'application de la Charte de 1814 dans toute son étendue, elle lui convenait parfaitement. Pour lui, la Restauration était l'alliance de l'ancienne monarchie et des nouvelles libertés.
Voici les principaux tournants de sa carrière mouvementée : Il est nommé ministre de l'intérieur par intérim pendant les Cent-Jours et l'exil de Louis XVIII à Gand. Après la chute de Napoléon, il entre à la chambre des pairs mais il est écarté du pouvoir exécutif en 1816 pour avoir critiqué la dissolution de la Chambre introuvable. Il recommence à avoir de l'influence en 1820 après l'assassinat du duc de Berry. Il est d'abord ambassadeur à Berlin, puis à Londres. Il est ensuite ministre des affaires étrangères pendant l'intervention française pour rétablir le roi d'Espagne en 1823, son grand fait d'arme : il était très fier d'avoir redoré le blason de l'armée royale française. Mais cette guerre était impopulaire et il est mis à l'écart. Après le sacre de Charles X, il prend des positions qui le rapprochent des libéraux, notamment sur la liberté de la presse. Il est ensuite nommé ambassadeur à Rome en 1827. Enfin, il démissionne de cette dernière fonction lorsque Polignac, un ultra-royaliste, arrive au pouvoir en 1829.
La fin de sa carrière politique coïncide avec la révolution de juillet 1830. Evidemment, Chateaubriand ne donne jamais à cette révolution le nom des Trois Glorieuses mais simplement « les trois journées ». Il en fait un récit plus captivant que celui de la Révolution de 1789. Entre reportage sur le terrain et article d'investigation, il suit de près l'organisation et le développement de la révolte dans les rues de Paris ainsi que ses conséquences politiques et réunions des différentes factions. C'est très instructif. Avec une certaine ambiguïté, il parait moins critique sur le déroulement de cette révolution que celle de 1789, les mouvements populaires lui paraissent plus sages, il est même acclamé par les révolutionnaires comme le défenseur de la liberté de la presse. Quand il arrive à Paris le 28 juillet, après avoir pris connaissances des ordonnances qui ont déclenchées les émeutes, il écrit : « J'aperçus le drapeau tricolore flottant ; je jugeai qu'il ne s'agissait pas d'une émeute, mais d'une révolution. J'eus le pressentiment que mon rôle allait changer : qu'étant accouru pour défendre les libertés publiques, je serais obligé de défendre la royauté », ce qui résume à peu près toute sa carrière entre défense de la liberté et de la monarchie. A nouveau, après la parenthèse de la Restauration, il se place du côté des perdants, toujours par fidélité aux Bourbons, sans occulter non plus la responsabilité de Charles X et en prévoyant un avenir républicain à la France.
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Papyriri
  03 septembre 2019
Oui le phrasé est parfait .La vie SA vie contée avec art, sensibilité , enthousiasme , son âme couchée sur le papier c est beau comme l'antique Sauf que la plupart du temps M.de Chateaubriand fait comme radio Paris il ment, comme celui qu il détestait et admirait à la fois qui est avec lui co-fondateur du romantisme politico littéraire Napoléon 1°Mais c est si bien fait que l on ne demande qu'a y croire , de plus pour sa postérité il le faut car soyons honnête à part "Les Mémoires " le reste de son oeuvre est devenu illisible .J ai essayé "les Natchez"et Atala ça vous tombe des mains
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AmandineMM
  12 août 2011
Cette 3e partie relate sa période politique de son début, comme parlementaire, puis ambassadeur à Berlin et à Rome, à sa fin quand il se retire après les évènements de juillet 1830. Il voulait initialement que cette période constitue la totalité des Mémoires, ou au moins la plus grande partie, mais ce n'est heureusement pas le cas. Si cette période m'a semblé particulièrement intéressante d'un point de vue historique, les précédentes l'étaient aussi du point de vue de sa vie et de ses sentiments. Comme dans le tome précédent, j'ai apprécié me remettre en mémoire tous ces évènements de l'après-Révolution et en apprendre plus sur le déroulement de la révolution de Juillet à travers le regard d'un contemporain des faits relatés. J'ai préféré ce tome-ci au second, car Chateaubriand intervient davantage dans les évènements politiques dont il parle et car il mêle davantage sa vie privée à ce récit par ses lettres à madame Récamier, sa maîtresse de l'époque.
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Birguitou
  06 août 2012
Quelle merveille !
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
NMTBNMTB   02 mai 2017
Fasse le ciel que ces intérêts industriels, dans lesquels nous devons trouver une prospérité d'un genre nouveau, ne trompent personne, qu'ils soient aussi féconds, aussi civilisateurs que ces intérêts moraux d'où sortit l'ancienne société ! Le temps nous apprendra s'ils ne seraient point le songe infécond de ces intelligences stériles qui n'ont pas la faculté de sortir du monde matériel.
Bien que mon rôle ait finit avec la légitimité, tous mes vœux sont pour la France, quels que soient les pouvoirs à qui son imprévoyant caprice la fasse obéir. Quant à moi, je ne demande plus rien ; je voudrais seulement ne pas trop dépasser les ruines écroulées à mes pieds. Mais les années sont comme les Alpes : à peine a−t−on franchi les premières, qu'on en voit d'autres s'élever. Hélas ! ces plus hautes et dernières montagnes sont déshabitées, arides et blanchies.
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NMTBNMTB   28 avril 2017
Sans doute les ministres depuis 1814, à quelque opinion qu'ils aient appartenu, ont été harcelés par les journaux ; sans doute la presse tend à subjuguer la souveraineté, à forcer la royauté et les Chambres à lui obéir ; sans doute, dans les derniers jours de la Restauration, la presse, n'écoutant que sa passion, a, sans égard aux intérêts et à l'honneur de la France, attaqué l'expédition d'Alger, développé les causes, les moyens, les préparatifs, les chances d'un non−succès ; elle a divulgué les secrets de l'armement, instruit l'ennemi de l'état de nos forces, compté nos troupes et nos vaisseaux, indiqué jusqu'au point de débarquement. Le cardinal de Richelieu et Bonaparte auraient−ils mis l'Europe aux pieds de la France, si l'on eût révélé ainsi d'avance le mystère de leurs négociations, ou marqué les étapes de leurs armées ?
Tout cela est vrai et odieux ; mais le remède ? La presse est un élément jadis ignoré, une force autrefois inconnue, introduite maintenant dans le monde, c'est la parole à l'état de foudre ; c'est l'électricité sociale. Pouvez−vous faire qu'elle n'existe pas ? Plus vous prétendrez la comprimer, plus l'explosion sera violente. Il faut donc vous résoudre à vivre avec elle, comme vous vivez avec la machine à vapeur. Il faut apprendre à vous en servir en la dépouillant de son danger, soit qu'elle s'affaiblisse peu à peu par un usage commun et domestique, soit que vous assimiliez graduellement vos moeurs et vos lois aux principes qui régiront désormais l'humanité.
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NMTBNMTB   24 avril 2017
J'ai peur maintenant des sensations : le temps, en m'enlevant mes jeunes années, m'a rendu semblable à ces soldats dont les membres sont restés sur le champ de bataille ; mon sang, ayant un chemin moins long à parcourir, se précipite dans mon coeur avec une affluence si rapide que ce vieil organe de mes plaisirs et de mes douleurs palpite comme prêt à se briser. Le désir de brûler ce qui regarde Charlotte, bien qu'elle soit traitée avec un respect religieux, se mêle chez moi à l'envie de détruire ces Mémoires : s'ils m'appartenaient encore, ou si je pouvais les racheter, je succomberais à la tentation. J'ai un tel dégoût de tout, un tel mépris pour le présent et pour l'avenir immédiat, une si ferme persuasion que les hommes µ désormais, pris ensemble comme public (et cela pour plusieurs siècles), seront pitoyables, que je rougis d'user mes derniers moments au récit des choses passées, à la peinture d'un monde fini dont on ne comprendra plus le langage et le nom.
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NMTBNMTB   25 avril 2017
Mais je m'évertue à démontrer l'honneur de la Restauration ; eh ! qui s'inquiète de ce qu'elle a fait, surtout qui s'en inquiétera dans quelques années ? Autant vaudrait m'échauffer pour les intérêts de Tyr et d'Ecbatane : ce monde passé n'est plus et ne sera plus. Après Alexandre, commença le pouvoir romain ; après César, le christianisme changea le monde ; après Charlemagne, la nuit féodale engendra une nouvelle société ; après Napoléon néant : on ne voit venir ni empire, ni religion, ni barbares. La civilisation est montée à son plus haut point mais civilisation matérielle, inféconde, qui ne peut rien produire, car on ne saurait donner la vie que par la morale ; on n'arrive à la création des peuples que par les routes du ciel : les chemins de fer nous conduiront seulement avec plus de rapidité à l'abîme.
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NMTBNMTB   21 avril 2017
Des évènements nous séparent du monde ; la politique fait des solitaires comme la religion fait des anachorètes. Quand l'homme habite le désert, il trouve en lui quelque lointaine image de l'être infini qui, vivant seul dans l'immensité, voit s'accomplir les révolutions des mondes.
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Videos de François-René de Chateaubriand (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François-René de Chateaubriand
Un essai d'Edhem ELDEM, professeur au Collège de France, à retrouver en librairie et sur : https://www.lesbelleslettres.com/livre/4460-l-alhambra
L'Alhambra, ensemble palatial fondé aux XIIIe et XIVe siècles par les souverains arabes de Grenade, est resté dans l'ombre pendant plusieurs siècles après la fin de la Reconquista. Les Espagnols furent les premiers à « redécouvrir » l'Alhambra au XVIIIe siècle, alors que ses visiteurs étrangers en firent l'une des premières destinations touristiques du XIXe siècle. Beaucoup ont laissé de précieuses traces de leur passage : des écrits, des photographies et, surtout, des commentaires dans le livre des visiteurs de l'Alhambra, tenu depuis 1829. L'historien Edhem Eldem a analysé ce document fascinant pour proposer une vision tout à fait nouvelle de l'Alhambra et de ce qu'il représentait. De Chateaubriand à Owen Jones et de Washington Irving à Jean-Léon Gérôme, les Occidentaux ont bâti une image de l'Andalousie toute empreinte de romantisme et d'orientalisme. Mais l'engouement occidental ne doit pas faire oublier les visiteurs « orientaux » du monument : des Maghrébins, nombreux mais peu loquaces ; des diplomates et voyageurs ottomans, parfois plus orientalistes que les Européens ; des Arabes du Machrek, de plus en plus influencés par le nationalisme arabe prôné par la Nahda, la « renaissance arabe ». Autant de regards croisés que le registre des visiteurs, la presse de l'époque, les mémoires et les récits de voyage ont permis à l'auteur de reconstituer pour en tirer une histoire culturelle des rapports entre Orient et Occident, Nord et Sud, islam et chrétienté, centre et périphérie.
Ouvrage publié avec le soutien de l'Académie du Royaume du Maroc.
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