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Jean-Claude Berchet (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253160504
Éditeur : Le Livre de Poche (01/12/1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.89/5 (sur 267 notes)
Résumé :
Achevés pour l’essentiel en 1841, les Mémoires d’outre-tombe entrecroisent superbement le récit d’une existence qui va bientôt finir – celle du jeune chevalier breton d’Ancien Régime, devenu voyageur, diplomate et ministre –, et le récit de l’Histoire marquée par le séisme de la Révolution qui éloigna le monde ancien pour toujours.
« Cette voix, dira Julien Gracq, cette voix, qui clame à travers les deux mille pages des Mémoires que le Grand Pan est mort, et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
CDemassieux
  03 août 2014
Bien sûr c'est long, très long ! Et à notre époque, où la concentration semble aussi fragile qu'un verre en cristal, voire rare comme un edelweiss, lire les Mémoires d'outre-tombe relève du défi impossible ! Et pourtant…
Ni roman, ni essai, encore moins fidèle autobiographie, cette oeuvre monumentale – celle de toute une vie – vaut pour son souffle épique, ses pauses romantiques et enfin sa prose poétique, qui atteint là des sommets d'excellence.
Ces Mémoires sont le testament d'un homme, qui a traversé l'Histoire autant qu'il a été traversé par elle. Ils oscillent entre le récit des grandes choses et l'introspection mélancolique, laquelle fait de leur auteur un archétype romantique.
Le souhait initial De Chateaubriand était de ne les faire publier que plusieurs années après sa mort. Des complications financières l'obligèrent à céder les droits ; ils seront publiés juste après son décès, survenu le 4 juillet 1848.
Ainsi, au pied de son lit de mort, dans un coffre, se trouvait le manuscrit original de ce pilier de la littérature. Venu lui rendre un dernier hommage, Victor Hugo, qui se voyait en « Chateaubriand ou rien », se souviendra plus tard : « Aux pieds de M. Chateaubriand, dans l'angle que faisait le lit avec le mur de la chambre, il y avait deux caisses de bois blanc posées l'une sur l'autre. La plus grande contenait, me dit-on, le manuscrit complet de ses Mémoires, divisé en quarante-huit cahiers. »
Voilà donc une oeuvre qui ne se lit certes pas sur une plage, mais qui, pour peu qu'on s'y laisse prendre, nous fait accomplir un voyage extraordinaire au cours duquel nous rencontrerons l'une des époques les plus turbulentes de l'Histoire, orchestrée par des personnages tels que Napoléon, auquel Chateaubriand consacre d'ailleurs de nombreuses pages, sans doute quelques-unes des plus remarquables sur ce titan de notre roman national.
Et puisque Chateaubriand a mis si longtemps à écrire ces Mémoires, prenez le temps nécessaire, savourez-les : la lecture est un espace de liberté où l'on a encore le droit d'être lent !
Juste pour le plaisir, écoutons la musique de cet extrait, connu jadis de tous les enfants de France : « le calme morne du château de Combourg était augmenté par l'humeur taciturne et insociable de mon père. Au lieu de resserrer sa famille et ses gens autour de lui, il les avait dispersés à toutes les aires de vent de l'édifice. Sa chambre à coucher était placée dans la petite tour de l'est, et son cabinet dans la petite tour de l'ouest. Les meubles de ce cabinet consistaient en trois chaises de cuir noir et une table couverte de titres et de parchemins. Un arbre généalogique de la famille des Chateaubriand tapissait le manteau de la cheminée, et dans l'embrasure d'une fenêtre on voyait toutes sortes d'armes depuis le pistolet jusqu'à l'espingole. L'appartement de ma mère régnait au-dessus de la grande salle, entre les deux petites tours : il était parqueté et orné de glaces de Venise à facettes. Ma soeur habitait un cabinet dépendant de l'appartement de ma mère. La femme de chambre couchait loin de là, dans le corps de logis des grandes tours. Moi, j'étais niché dans une espèce de cellule isolée, au haut de la tourelle de l'escalier qui communiquait de la cour intérieure aux diverses parties du château. Au bas de cet escalier, le valet de chambre de mon père et le domestique gisaient dans des caveaux voûtés, et la cuisinière tenait garnison dans la grosse tour de l'ouest. »
Mon père se levait à quatre heures du matin, hiver comme été : il venait dans la cour intérieure appeler et éveiller son valet de chambre, à l'entrée de l'escalier de la tourelle. On lui apportait un peu de café à cinq heures ; il travaillait ensuite dans son cabinet jusqu'à midi. Ma mère et ma soeur déjeunaient chacune dans leur chambre, à huit heures du matin. Je n'avais aucune heure fixe, ni pour me lever, ni pour déjeuner ; j'étais censé étudier jusqu'à midi : la plupart du temps je ne faisais rien. »
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gouelan
  02 juillet 2015
J'attendais beaucoup de cette lecture. La découverte d'un auteur breton et le témoignage d'un homme de l'aristocratie sur le passage de la vieille France à la nouvelle France.
Certains passages m'ont plu, notamment les descriptions maritimes assez poétiques, la narration de l'enfance d'un pauvre petit gentilhomme Malouin, sa vision de Bonaparte.
Par contre je me suis trop souvent ennuyée. Je n'ai pas trouvé ce personnage très attachant, il se donne un peu trop d'importance.
Ma lecture s'est donc terminée au livre trentième, je ne peux vraiment pas aller plus loin. Il manque un je ne sais quoi à ces mémoires... de l'humilité, de la simplicité ?
Mémoires d'outre-tombe ou comment "tomber de sommeil"...
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mariech
  05 août 2012
Les Mémoires d'Outre-tombe sont bien sûr une autobiographie De Chateaubriand , une oeuvre pthétorique , magistrale , romantique .
Le célèbre écrivain , considéré comme un des meilleurs de son époque voulait que ses mémoires soient publiées après sa mort mais des raisons financières l'ont obligé à les publier de son vivant .
C'est une lecture que j'ai faite quand j'étais adolescente donc je n'en n'ai pas beaucoup de souvenirs mais je rappelle très bien que j'aimais beaucoup le style de l'auteur , j'ai d'ailleurs dévoré les autre livres De Chateaubriand : le génie du christianisme , René ...
Sans doute que le style s'est démodé mais il reste avec cette oeuvre un témoignage magnifique de cette époque troublée , en effet l'auteur a vécu la Révolution française , il raconte merveilleusement bien ses souvenirs d'enfance .
Si un jour je m'achète une liseuse , je pense que c'est une oeuvre que je relirai avec plaisir , les classiques parfois ça me manque .
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madameduberry
  20 janvier 2014
Six étoiles pour René à Combourg.
Trois pour le politicien et l'homme de lettre pontifiant. Moyenne: quatre et demi.
Mais je promets de réévaluer tout quand j'aurai lu la totalité des Mémoires.
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pierre31
  22 septembre 2016
Moui... C'est long, 1 an pour lire les 4 tomes en livre de poche, et très souvent ennuyeux. C'est certes bien écrit mais c'est un style trop lyrique, grandiloquent et pompeux pour moi. J'ai préféré la partie sur l'enfance: elle me semble plus sincère, plus sensible, moins affecté. L'épisode napoléonien m'a aussi pas mal plu; pour le coup, le style lyrique De Chateaubriand s'accorde bien avec le personnage de Napoléon et la tragédie de son épopée pitoyable en Russie. Certains des jugement De Chateaubriand sur Napoléon et plus généralement sur l'histoire ou son époque sont vraiment pertinents.
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Citations et extraits (151) Voir plus Ajouter une citation
HelenkerrHelenkerr   15 juillet 2019
Les parlements avaient leur cause à venger : la monarchie absolue leur avait ravi une autorité usurpée
sur les Etats−Généraux. Les enregistrements forcés, les lits de justice, les exils, en rendant les magistrats
populaires, les poussaient à demander des libertés dont au fond ils n'étaient pas sincères partisans. Ils
réclamaient les Etats−Généraux, n'osant avouer qu'ils désiraient pour eux−mêmes la puissance législative et
politique ; ils hâtaient de la sorte la résurrection d'un corps dont ils avaient recueilli l'héritage, lequel, en
reprenant la vie, les réduirait tout d'abord à leur propre spécialité, la justice. Les hommes se trompent presque
toujours dans leur intérêt, qu'ils se meuvent par sagesse ou passion : Louis XVI rétablit les parlements qui le
forcèrent à appeler les Etats−Généraux ; les Etats−Généraux, transformés en Assemblée nationale et bientôt en Convention, détruisirent le trône et les parlements, envoyèrent à la mort et les juges et le monarque de qui émanait la justice. Mais Louis XVI et les parlements en agirent de la sorte, parce qu'ils étaient, sans le savoir, les moyens d'une révolution sociale. L ( Chap 1
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HelenkerrHelenkerr   15 juillet 2019
" Mais, sans contredit, le plus bilieux des gens de lettres que je connus à Paris à cette époque était Chamfort ; atteint de la maladie qui a fait les Jacobins, il ne pouvait pardonner aux hommes le hasard de sa naissance.
Il trahissait la confiance des maisons où il était admis ; il prenait le cynisme de son langage pour la peinture des moeurs de la cour. On ne pouvait lui contester de l'esprit et du talent mais de cet esprit et de ce talent qui n'atteignent point la postérité. Quand il vit que sous la Révolution il n'arrivait à rien, il tourna contre lui−même les mains qu'il avait levées sur la société.
Le bonnet rouge ne parut plus à son orgueil qu'une autre
espèce de couronne, le sans−culottisme qu'une sorte de noblesse, dont les Marat et les Robespierre étaient les
grands seigneurs. Furieux de retrouver l'inégalité des rangs jusque dans le monde des douleurs et des larmes,
condamné à n'être encore qu'un vilain dans la féodalité des bourreaux, il se voulut tuer pour échapper aux
supériorités du crime ; il se manqua : la mort se rit de ceux qui l'appellent et qui la confondent avec le néant. (L4 Chap 12)
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HelenkerrHelenkerr   15 juillet 2019
Les rois de France furent substitués aux droits des ducs de Bretagne. Le contrat de mariage de la duchesse Anne, de l'an 1491, n'apporta pas seulement la Bretagne en dot à la couronne de Charles VIII et de Louis XII mais il stipula une transaction, en vertu de laquelle fut terminé un différend qui remontait à Charles de Blois et au comte de Montfort. La Bretagne prétendait que les filles héritaient au duché ; la France soutenait que la succession n'avait lieu qu'en ligne masculine ; que celle−ci venant de s'éteindre, la Bretagne, comme grand fief faisait retour à la couronne. Charles VIII et Anne, ensuite Anne et Louis XII, se cédèrent mutuellement leurs droits ou prétentions. Claude, fille d'Anne et de Louis XII, qui devint femme de François ler, laissa en mourant le duché de Bretagne à son mari. François Ier, d'après la prière des Etats assemblés à Vannes unit, par édit publié à Nantes en 1532, le duché de Bretagne à la couronne de France, garantissant à ce duché ses libertés et privilèges. L 5 Chap 2
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HelenkerrHelenkerr   15 juillet 2019
Notre existence est d'une telle fuite, que si nous n'écrivons pas le soir l'événement du matin, le travail nous encombre et nous n'avons plus le temps de le mettre à jour. Cela ne nous empêche pas de gaspiller nos années, de jeter au vent ces heures qui sont pour l'homme les semences de l'éternité. (L4. Chap 12)
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HelenkerrHelenkerr   15 juillet 2019
A cette époque, tout était dérangé dans les esprits et dans les mœurs, symptôme d'une révolution prochaine.... Le prêtre, en chaire, évitait le nom de Jésus−Christ et ne parlait que du législateur des chrétiens ; les ministres tombaient les uns sur les autres ; le pouvoir glissait de toutes les mains. Le suprême bon ton était d'être Américain à la ville, Anglais à la cour, Prussien à l'armée ; d'être tout, excepté Français. Ce que l'on faisait, ce que l'on disait, n'était qu'une suite d'inconséquences. L 4 - Chap 13
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Videos de François-René de Chateaubriand (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François-René de Chateaubriand
Le «Forum du Livre» de Rennes a le plaisir de recevoir Joy Raffin, samedi 17 novembre 2018 dans son Café Littéraire. A l'issue de cette rencontre animée par Nicolas Roberti et les élèves de la section littéraire du lycée Chateaubriand de Rennes, l'auteur a dédicacé son dernier livre « Atlantic City », paru aux éditions NiL.
autres livres classés : autobiographieVoir plus
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