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ISBN : 2246110637
Éditeur : Grasset (16/10/1985)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 20 notes)
Résumé :

Pour éviter la nationalisation des étangs de Brière, il faut retrouver des lettres patentes qui en donnent la jouissance aux riverains.

La mission est confiée à l'Aoustin, don Quichotte brutal traversé par une énergie sacrée. Le lyrisme sensuel du bocage breton.

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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  25 octobre 2013
Un magnifique roman, poétique, très bien rédigé, riche en vocabulaire. L'auteur possède une très belle plume et nous offre de superbes descriptions des paysages de la Brière. Alphonse de Chateaubriant est un de ces auteurs maudits, déclassé à la suite de ses idées et montré du doigt parce que rangé du côté des collaborateurs proches des Allemands (voir la belle liste constituée par Moravia : "Les écrivains et la collaboration".) Ceci étant, je pense qu'il est bon de tout lire, de tout découvrir sans à priori ni préjugé. Dans cette oeuvre écrite bien avant la seconde guerre mondiale, il n'est pas question de politique. Alphonse de Chateaubriant nous offre simplement son talent d'écrivain et de conteur, et force est de constater que ce livre est une réussite et que l'auteur fut un grand littérateur.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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PiertyM
  21 mars 2018
Un roman magnifique!
Les mots prennent des tournures un peu complexes pour parvenir à notre compréhension, ça reflète toute la beauté de la langue française, on est charmé par la description de la Brière, de ses matins et ses nuits calmes qui consolent l'âme solitaire de Aoustin, de ses petits vents qui apaisent l'esprit téméraire de Aoustin, de sa tourbe qui fait en même temps sa fierté et son calvaire. On est marqué par les coutumes des différents villages de la Brière, s'ils partagent la même beauté de la nature, ils ne s'acceptent pas pour autant, de sorte, l'amour entre Theotiste de Fedrun et Jeanine de Mayun va en subir un grand coup. Le personnage de Aoustin m'a beaucoup impressionné par son caractère complexe, intransigeant, il m'a fasciné par sa perspicacité, sa force de se révéler de ses cendres...sa capacité de fléchir, et à exprimer encore de l'amour devant un naufrage...
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DocIdoine
  28 janvier 2019
La Brière est indiscutablement l'oeuvre littéraire d'un grand écrivain français quant au style, d'ailleurs - comme chacun sait - couronnée par le Grand prix du roman de l'Académie française du temps où ça signifiait encore quelque chose.
Mais Alphonse de Châteaubriant est un proto-nazi, un vrai, un pur et dur, nazi avant que ce mot n'existe, nazi déjà du temps de La Brière. 200% nazi. Et ceci infuse absolument toute son oeuvre dès l'entre-deux-guerres. Germaniste accompli, vétéran de 14-18 qui n'a pas supporté cette "guerre civile européenne", cette "boucherie fratricide" organisée par la "finance cosmopolite", il porte comme une culpabilité personnelle les conditions (inhumaines, c'est vrai) imposées à l'Allemagne par l'armistice de 1918.
Dès 1925, c'est à dire à peine deux ans après la parution de La Brière (Châteaubriant a 48 ans), il est déjà l'un des très rares lecteurs de Hitler dans le texte, et c'est une révélation. Le "Führer", ce nouveau roi Arthur, est devenu pour lui le foyer qui concentre tous les rayons de sa vie, l'accomplissement de toutes ses aspirations profondes depuis toujours. Châteaubriant se signalera rapidement comme le prototype du fanatique hitlérien. Seulement, il présente cette petite idiosyncrasie, cette coquetterie par rapport à ses collègues issus de la veine völkisch incarnée dans les SS allemands de Himmler: c'est un nazi catholique. Ce sera en effet l'"originalité" des nazis francophones, et notamment des SS belges (28e division, "Wallonie", dirigée par Degrelle, le "fils spirituel de Hitler") et français (22e division, "Charlemagne", dont l'aumônier combattant est Mgr Jean de Mayol de Lupé).
Pourquoi tout ceci est-il crucial? Mais parce que La Brière reflète effectivement la pensée proto-hitlérienne d'un écrivain qui sera l'un des plus engagés dans le national-socialisme militant, et qu'elle l'illustre à fond. Même si Châteaubriant attend la "lumière" de "Dieu" au terme de l'épopée hitlérienne du Graal, contrairement aux nationaux-socialistes ultrarhénans qui font dans le matérialisme historique et mettent au centre la technologie industrielle, militaire et biologique, c'est exactement la même vision de l'homme: l'homme est mauvais, il est intérieurement laid, tous ses mouvements naturels sont détestables.
La solution? Himmler répond: l'homme nouveau par la sélection raciale et la grande forge de l'héroïsme guerrier. Châteaubriant répond: la rédemption par "Dieu" au terme d'un parcours moral qui s'apparente à une quête du Graal, à une purification de l'âme par le fer, le feu et l'eau bénite. Mais la vision est la même: elle est d'un pessimisme et d'un cynisme noirs.
Dans La Brière, tout le monde est sale, lâche, sournois, retors, méchant et moche: les habitants de Fédrun, les habitants de Mayun, Aoustin, sa femme, sa fille, son gendre indésiré Jeanin, le syndic... Seuls un ou deux personnages caricaturaux évidemment censés illustrer l'idéologie de Châteaubriant échappent à cette règle générale: Julie, parangon de vertu chrétienne, et Ulric - un nom super-bretonnant et au-dessus de tout soupçon (Ulrich, ach! Mont a ra paotr?) - qui rachètent toute cette boue humaine.
Au-dessus de la Brière, comme une obligation de noblesse, plane le souvenir de la duchesse Anne de Bretagne incarnant la volonté triomphante, la pureté ("Plutôt la mort que la souillure"!), l'identité, l'honneur et la fidélité.
Non, vraiment. D'une part les ficelles sont trop grosses, d'autre part la noirceur forcée, la viscosité de cette histoire rendent la lecture trop pénible, et ce roman à thèse - car c'en est un - est vraiment lourd à digérer. Zola pouvait faire passer les Rougon-Macquart grâce au rythme formidable de sa grosse machine. Saint-Simon ou Daudet, bien qu'ils ne prennent jamais de loisir dans la vindication, arrivent à nous faire rire aux éclats des imperfections des autres (ou des nôtres) grâce à leur génie comique. Mais là, c'est de l'enlisement désespéré. Et un enlisement qui trop souvent sent l'artifice.
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claudeparis
  07 février 2014
Prix du roman de l'Académie 1923
La Brière, près du pays nantais, est une terre inconnue. Là où la terre et l'eau s'emmêlent, naissent des hommes d'une race sauvage. A travers l'histoire d'Aoustin, un garde-chasse qui n'accepte pas le mariage de sa fille avec un homme originaire de Mayun, un petit village méprisé, Châteaubriant nous dresse en réalité un portait romantique de cette petite patrie reculée.
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Yourievitch
  01 janvier 2011
Pris par mégarde pour son ancètre, je me demandais comment un si magnifique roman, si attaché à sa terre, si protecteur se retrouve oublié. Puis j'ai su que l'auteur étais collabo. Savoir différencier les idées et les oeuvres doit être appliqué.
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   25 octobre 2013
C'était un dimanche bien doux, tout émaillé dans les chemins de la fleur blanche des coiffes et de la tranche dorée des missels. La Brière ensoleillée ressemblait à une plaine de froments mûrs. Partout, sur l'eau bleue bordée de ses bouquets d'iris, se promenaient les canards. Un mâle, ça et là, coulait sous le ressort de son beau cou d'émeraude sa petite femelle grise, ensuite se baignait, et l'eau brillante qu'il se renvoyait dans un rapide plongeon glissait en gouttes de cristal sur le vernis de ses ailes.
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araucariaaraucaria   25 octobre 2013
Parfois, le soir, quand le moulin allait son train, il se mettait à la lucarne, d'où la vue embrassait l'étendue des tourbières, et là, comme du haut d'un nuage, il regardait au loin les prairies, les nappes d'eau, toutes les îles dans la ceinture des chalandières. Il reconnaissait Fédrun à ses lumières, sans éprouver nulle envie de dérober un chaland pour s'y rendre en fraude, croyant toujours voir là-bas un jet de feu jaillir d'une touffe de tamaris, et sentir l'odeur de poudre qui de ce souvenir lui remontait mêlée à d'ignominieux relents de vase putride.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   03 octobre 2018
Cette fin de jour était froide, mais belle; on entendait le doux cri des courbejeaux; des bancs de brume s'élevaient le long des curées, tandis que dans le ciel mourant passait le frisselis des volées du soir.
Les vieux étaient plongés dans la contemplation de leur Brière, où rien ne bougeait, où, sous le grand ciel rose, tout baissait vers le crépuscule, suivaient du regard, sans se parler , un petit point noir qui s'éloignait dans le sud, qui cheminait du côté de Rozé, qui peu à peu disparaissait.

I. Chapitre IV
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AuroraeLibriAuroraeLibri   03 octobre 2018
...Les flamèches de son feu de tourbe avaient des ondulations étranges...elles se transportaient sur les objets comme les feux follets sur le nez des chalands...c'était même une danse mouvementée, capricieuse, qui s'élevait dans les airs et jusqu'au plafond...les murs de la chaumière ne leur faisaient plus obstacle, elles se répandaient par toute l'étendue de la nuit; elles cabriolaient par les vastitudes d'un marais de ténèbres, parmi des troncs d'arbres noircis, roulés dans une eau morte...Il leur poussait un visage de feu, des mains de feu...elles étaient tout un peuple de minuscules génies grouillant par milliers, qui s'emparaient des arbres, les enfouissaient au plus profond de la vase, et de tous côtés, oeuvrant de leurs doigts diligents, reproduisaient en un éclair le lent travail des siècles.

I. Chapitre III
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AuroraeLibriAuroraeLibri   27 septembre 2018
A part le bruit que faisait Aoustin en avalant sa soupe, la chambre plongeait dans le silence.
C'était une grande pièce basse, à une seule fenêtre, au sol de terre battue, semé d'aspérités, et toujours, plus ou moins, vers le soir, de tout ce que les canards y avaient déposé pendant le jour. Contre la muraille, noircie des fumées du foyer allumé en toute saison, s'appuyait le mobilier du patrimoine, la maie puissante taillée en plein bois de forêt, la vieille armoire de cerisier, en sa tenue, rehaussée de cuivres, de paysanne à l'ancienne mode, et dans le fond, en pendant des rideaux de laine gros vert du lit bâti en bois de châtaigne, la branlante boîte peinte où respirait l'âme du temps, la pleine lune de balancier.

I. Chapitre I
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