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ISBN : 2246682819
Éditeur : Grasset (02/02/2005)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 27 notes)
Résumé :

Ici, une ancienne actrice défigurée par la foudre s'offre à l'éclair qui viendra la reprendre... Là, un homme accumule chez lui, jusqu'à vivre un enfer, les fantômes pourtant bien paisibles de ses proches décédés... Ailleurs encore, un chauffeur de taxi découvre au cœur de la ville qu'il parcourt depuis des années une rue inconnue, où le goût de l'existence devient bouleversant... ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Arakasi
  20 octobre 2014
Si je n'avais déjà eu une excellente expérience de lecture avec le magnifique « L'autre rive » de Châteaureynaud, le titre de ce recueil de nouvelles aurait probablement suffi à m'appâter. « Singe savant tabassé par deux clowns »… Est-ce que ça ne vous vend pas du rêve, un titre pareil ? Est-ce que ça ne vous promet pas du rire, de l'absurde, de la poésie, du culot, de la magie, de la bizarrerie ? Châteaureynaud appartient à cette caste jamais suffisamment applaudie des écrivains qui tiennent leurs promesses et chacun de ses courts récits est un petit rêve brumeux, angoissant, cruel ou loufoque au sein duquel le lecteur est invité à s'immiscer.
Au hasard de ces déambulations oniriques, il croisera une foule de personnages, pour la plupart des pauvres diables, des loosers attachants ou agaçants qu'un faux pas va soudain propulser au-delà des frontières de la réalité. Dans son appartement luxueux, un milliardaire dépressif écoute, fasciné, le récit d'une prostituée qui prétend avoir côtoyé des immortels. Guidé par une souriante fillette à la peau blême, un jeune garçon fait une pêche miraculeuse dans une masure abandonnée sur la plage. Un soigneur d'éléphants tente de sauver une belle écuyère des atteintes d'équilibristes libidineux. Un producteur ruiné et abandonné par sa femme se laisse séduire par trois soeurs répondant aux noms de Clotho, Lachésis et Atropos. Tous ces récits ne sont pas fantastiques, mais tous possèdent cette étincelle de magie, cette aura d'étrangeté ténébreuse qui rendent l'univers de Châteaureynaud si singulier et si subtilement inquiétant. Certains personnages réapparaissent d'un récit à l'autre, parfois dans des circonstances très surprenantes, renforçant le sentiment du lecteur d'aborder un nouveau monde, un peu en marge du notre.
Si je ne termine pas ce recueil aussi ravie qu'à la lecture de « L'autre rive », c'est probablement parce que la nouvelle est un format qui peine généralement à me satisfaire complétement : je ressors toujours d'un recueil avec un petit sentiment de trop-peu, l'impression d'avoir seulement barboté dans un bain où j'aurais préféré me prélasser plus longuement. Captivant et charmant donc, mais trop bref à mon goût. Heureusement, je n'ai fait qu'effleurer pour le moment la bibliographie de Châteaureynaud et j'espère bien y débusquer encore quelques pépites.
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MarianneL
  28 décembre 2013
Onze nouvelles oniriques, subtilement fantastiques et durablement marquantes.
Depuis plus de trente-cinq ans, Georges-Olivier Châteaureynaud écrit des nouvelles au fil de l’eau et au fil de ses rêves, une centaine à ce jour.
La première des nouvelles de ce recueil (publié en 2005 aux éditions Grasset, et en poche chez Zulma en 2013), «La seule mortelle» est à mon goût un chef d’œuvre du genre. Le narrateur a passé sa petite enfance dans un camp de refugiés avant d’hériter d’une immense fortune. Solitaire éternel protégé par son argent, il reste hanté par l’histoire inoubliable que lui a conté une nuit, Mathilde, une prostituée de palace au front dissimulé sous un turban, un conte magnifique sur les illusions cruelles d’une vie de mortel.
La suite sur mon blog ici :
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Ys
  05 novembre 2014
Il a fallu une excellente chronique d'Arakasi pour que je me décide à ressortir de son étagère ce recueil de nouvelles qui y dormait depuis bien trop longtemps. J'étais à peu près certaine de l'aimer, pourtant - l'Autre Rive, acheté en même temps, m'avait enchantée et j'étais bien décidée à explorer tous les autres écrits de l'auteur.
Mais voilà, les recueils de nouvelles, ce n'est pas ma tasse de thé : si certaines histoires m'ont marquée autant que certains romans, j'en ressors souvent avec le sentiment de quelque chose de trop court, d'un peu accessoire, vite oublié. Et puis j'ai besoin de laisser maturer une histoire après lecture - dans un recueil, tout s'enchaîne trop vite et finit par s'embrouiller, ou alors il faudrait que je m'arrête de lire, mais s'arrêter de lire au milieu d'un trajet en RER peut vite tourner au drame. Et je lis beaucoup dans le RER.
Bref.
Point de drame en l'occurrence, ni même de déception. Tout en donnant à chaque texte une puissance particulière, l'auteur conserve de l'un à l'autre une certaine unité qui permet de se laisser captiver sans réelles ruptures : unité thématique, la plupart des nouvelles tournant autour d'une rencontre, d'un basculement. Unité, surtout, d'univers : un monde qui ressemble au nôtre, qui est le nôtre, mais comme posé au bord d'un abîme, au bord d'un miroir derrière lequel il peut passer à chaque instant. Un monde où tout devient possible, surtout le plus étrange.
Il y a un soupçon d'absurde, là-dedans. Plus qu'un soupçon de cruauté aussi, parfois. Mais aussi, et surtout, beaucoup de poésie.
Pas de canard boiteux, dans ce recueil; même si certaines nouvelles m'ont plus séduite que d'autres, même si la fin de quelques unes m'a paru sur le coup un peu frustrante. Celles-là mêmes, au fond, ouvrent sur trop d'interrogations, de possibles, de rêve, pour laisser réellement à désirer.
Mais de quoi ça cause, tout ça, me demanderez-vous peut-être à ce stade. le titre ne vous suffit pas, vraiment ?
Cela parle d'une femme qui put se croire un jour immortelle. de pêche fabuleuse dans une vieille maison libérée un instant de la mer. de promiscuité étouffante entre morts et vivants. D'un jeune homme découvrant les douceurs fallacieuses et les cruautés de la vie au coeur très secret d'un sanatorium. Pour mes préférées. Mais on y croise aussi trois soeurs aux allures de destin, un perroquet trop savant, des acrobates libidineux poursuivant une belle écuyère, d'ingénieuses machines à fusiller, un chauffeur de taxi bibliovore, et bien d'autres choses, bien d'autres êtres encore. Tous plus improbables et fascinants les uns que les autres, à l'image de ce titre si délicieusement tourné.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Christw
  11 juin 2017
Le fantastique trimbale généralement avec lui un attirail de clichés et d'angoisses dont Georges-Olivier Châteaureynaud n'a que faire. Vous entrez confiant dans ses récits, les deux pieds fermement ancrés au sol et insensiblement le terrain devient spongieux, les repères mutent, une brume opaque enveloppe les choses, et c'est trop tard, le mystérieux vous a confondu, qui ressemble tellement à la réalité et vous la fait voir mieux, sans que le sourire soit jamais loin.
Châteaureynaud cite volontiers Georges Bataille : "La littérature est l'essentiel, ou n'est rien". La sienne est insolite, métaphorique, poétique et donc précieuse. Que vous puissiez ramener chez vous, à la carte, des chers disparus à peu près vivants (qui pèsent des tonnes), que l'espace public dispose d'une machine automatique à fusiller (et qui ne rend pas la monnaie) ou que le perroquet d'une gitane vous prédise le temps qu'il vous reste à vivre (juste une fourchette, rassurez-vous), qu'en feriez-vous, qu'en ferions-nous ?
Boum ! une jeune fille lancée à toute vitesse sur une trottinette heurte Ringo, producteur de cinéma : sonné, le pauvre est soigné et amoureusement câliné par la jolie qui dit s'appeler Clotho. Quand elle entraîne son cavalier chez ses deux soeurs, dont l'une porte un bijou en forme de ciseaux (couper la vie), on n'en doute plus, ce sont les Moires (les Parques) et la mythologie prend corps à travers "Les soeurs Ténèbre", ma nouvelle préférée, sans doute parce que c'est la plus inquiétante.
Celle qui m'a le mieux déridé est "Civils de plomb", bien qu'elle ne soit pas foncièrement drôle. C'est tout le procédé de l'auteur de nous tenir dans un no man's land où les choses ne sont plus tout à fait ce qu'elles sont, jamais vraiment drôles, ni tangiblement graves.
Tant d'imagination et d'esprit [*], le conteur de Palaiseau était sur un nuage en 2005 avec ce "Singe tabassé par deux clowns" ; il l'était encore en 2013 avec "Jeune vieillard assis sur une pierre en bois" qui m'avait autant enchanté (c'est vraiment le mot). J'espère en venir à son récent roman "Aucun été n'est éternel".
[*] Tant d'imagination et d'esprit : un manque de finesse, pourtant, dans la confection des titres... Est-ce moi ? J'ai du mal avec "L'attraction sensationnelle", "Dans la cité venteuse", "Civils de plomb", ... Est-ce le même homme qui écrit ces beaux textes et qui les dénomme aussi platement ? (Il fallait bien reprocher quelque chose à ce magnifique recueil).
Lien : http://christianwery.blogspo..
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becassine84
  03 mars 2015
Je ne connaissais pas du tout cet écrivain, j'ai découvert un nouvelliste formidable, des histoires ciselées, loufoques, vaguement fantastiques, un régal.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ZalvecZalvec   05 décembre 2019
... sa carrière brisée net. Elle n'aura pas connu de déclin.
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ArakasiArakasi   24 octobre 2014
Le roi habite la plus vaste de ces maisons. Les rares provinciaux de passage déposent devant sa porte des offrandes qui tiennent lieu d'impôts : un couffin de légumes, une volaille, un quartier de viande, un carré de tissu… C'est ce qui fait qu'il est le roi. On le laisse régner pourvu qu'il ne se mêle pas des affaires de ses sujets. De temps en temps, au fil des siècles, un roi parle de tracer des routes, de dresser les cadastres des propriétés, de recenser la population. Alors on l'égorge et on assied sur le trône de jonc tressé un villageois connu pour son indolence ou sa pusillanimité. On place entre ses mains un spectre en moelle de sureau, et on lui dit : "Ne trouble pas la paix du royaume, sinon gare à toi !"
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ArakasiArakasi   22 octobre 2014
Signez, et mourrez comme bon vous semble ! Mieux encore, faites de votre fin une apothéose, une "performance", dirait-on outre-Atlantique. Est-on coupable de mourir ? Non, bien sûr ! Alors il faut rompre avec des pudeurs d'un autre âge comme avec les pratiques misérables qu'elles éternisent : l'attente angoissée du dernier souffle, le lit d'hôpital et le paravent des agonies, tout cela est inconfortable et indigne. De plus en plus on vit et on aime au grand jour. Pourquoi ne mourrait-on pas sous les feux de la rampe ?
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ArakasiArakasi   21 octobre 2014
Savez-vous que les seins d'Aïda sont parmi les plus belles choses que j'aie vues au monde, à égalité avec les tigres adultes et les petits chiens ?
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So67So67   01 septembre 2017
Il faisait nuit. Nuit noire avec quelques étoiles jetées ici et là, pour dire que c'était le ciel puisqu'il y avait des étoiles, mais il s'agissait peut-être d'autre chose.
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