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Chatelus claudia (Autre)Stéphane Loignon (Autre)
EAN : 9782849907993
Éditeur : Editions des Equateurs (10/06/2020)

Note moyenne : 2.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Dans la foulée du rassemblement évangélique de Mulhouse, mi-février, les hôpitaux du Haut-Rhin sont les premiers en France à connaître un afflux de patients atteints du Covid-19. Cette vague épidémique, tant redoutée, s’abat dès le début du confinement sur l’hôpital Pasteur de Colmar, dont les capacités sont vite débordées. Au service des urgences, la Dr Claudia Chatelus, 49 ans, se retrouve en première ligne. Jour après jour, un nombre de plus en plus important de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
SantiagoP
  04 juillet 2020
On ne sait pas trop ce qu'on a en main avec ce petit livre bleu publié par les éditions des Equateurs, tout de suite après la période de confinement imposée par le gouvernement républicain de la section française de l'ONU. Sur la forme, c'est essentiellement le journal de bord d'un médecin urgentiste colmarien, qui a vécu au sein du service des urgences de l'hôpital local, la « guerre » contre un virus étrange, pendant deux mois. Vu ce que le livre fait ressortir de la personnalité de ce docteur, on l'imagine mal aller démarcher les éditeurs pour tirer la couverture à elle, ce qu'elle ne fait jamais, pas même en réalisant un subtil numéro de fausse pudeur. Et en cas elle aurait d'ailleurs écrit elle-même, pour en maîtriser les effets – mais à quel moment ? On conçoit donc – a minima – que la maison d'édition a voulu avoir son propre livre sur ce qui est (jusqu'à nouvel ordre …mondial) l'événement de l'année 2020 , le plus rapidement possible avant que les autres n'arrivent et que le lectorat ne se lasse, et qu'elle puisse se faire un peu de trésorerie en publiant une femme de terrain ayant opéré dans un des centres – un Klüßter comme on dit par chez-nous – les plus touchés par le virus. Elle aura mis en contact l'actrice et le narrateur, en la personne du journaliste Stéphane Loignon, qui se sera chargé de la rédaction. Ou est-ce lui qui, lors d'un reportage, a découvert ce personnage à la vocation si évidente – son grand-père et elle-même furent soignés à l'hôpital de Colmar quand elle fut jeune, et elle décida qu'elle le ferait à son tour sans savoir que ce serait au même endroit – et qui mène la bataille – peut-être – de sa vie, dans sa ville natale, où elle est de retour depuis quelques années ; on aurait vendu ce personnage pour un roman qu'on nous aurait dit c'est trop gros… Mais qu'importe, l'un ou l'autre a dû obtenir de cette dame valeureuse l'accord pour publier son récit, et elle d'y voir une occasion de témoigner, pour elle et ses collègues, de leur travail.
Il n'y a pas à s'étonner de la rapidité de cette publication puisque le journaliste, ayant très bien pu récupérer des bandes-son envoyées par la travailleuse de terrain, ou des carnets à mettre en forme, vu qu'il n'y raconte rien de spécial, ne prend aucune hauteur philosophique ou ne dénonce rien, elle ne présentait aucune difficulté. le livre aurait donc pu être sorti aux lendemains du confinement, le plus long étant de l'imprimer et de le distribuer en librairie.
Lu en deux jours, et si je reconnais volontiers la valeur et la grandeur du travail des urgentistes, des pompiers ou du personnel impliqué en général (aurais-je pu en faire autrement ?), autant dire avec un peu de gêne mais franchement que le texte n'a que très peu d'intérêt pour le lecteur. Il raconte les jours de travail dans un service d'urgence pris par une épidémie, les gestes routiniers, les imprévus, la fatigue d'une équipe déjà en sous-effectif avant le pic d'activité, les doutes, les petits moments de joie, le prosaïque. C'est raconté par M. Loignon comme on ferait un reportage télévisé, mais sans rien de la profondeur que l'écrit peut ajouter à la superficialité de l'image (qu'on doit combler par du montage et de la musique mensongères pour la rendre efficace). [...]
Ici, quelques considérations sur la transformation du service des urgences en stand de « bobologie », là, la pénurie de médecins savamment organisée par le numerus clausus ou encore des remarques amènes les bienfaits de l'Europe. [...] M. Loignon et Dr Chatelus restent dans la description de protocoles, de sigles, de gens rencontrés et qui font du bon travail. Dr Chatelus râle sur l'absence de masques, s'éreinte, poursuit sa tâche stoïquement sans n'arriver à penser rien de plus haut que les clichés que le système républicain lui a mis dans la tête pour qu'elle soit gentille. [...]
Dans tout ce récit, Mme Chatelus est un peu l'âne de la Ferme des animaux, le bon bougre que les cochons de dirigeants populaires utilisent jusqu'à l'os, et qui meurt à la tâche, sûr d'avoir agi pour le bien du peuple, quand il n'aura fait qu'engraisser les cochons. [...] Peut-être est-ce pour ça que Stéphane Loignon et les éditions des Equateurs ont choisi le personnage attachant et sympathique de Mme Chatelus pour raconter le quotidien des soignants. Elle pourra servir de caution républicaine, montrer à la foule qu'on a le droit de raconter et de mettre quelques bémols dans ce pays, regardez on est en démocratie libérale, vous voyez ? On a même le droit de défiler les samedis de 13h à 18h dans quelque parcours routinier, avec drapeaux et pancartes, pour faire reculer de six mois un pouvoir qui avait déjà prévu dans son plan le “retard” et le surcoût de “concessions” à donner aux syndicats (eux-mêmes corrompus et vivant de ce théâtre …financés par l'UE, d'ailleurs).
Elle pourra même peut-être être invitée par les médias pluralistes qui disent tous la même chose en toute liberté d'un ton conditionné et standardisé au besoin de l'oligarchie qui les paye. Si reconfinement il y a, si vaccination obligatoire il y a, on n'imagine pas Mme Chatelus faire autre chose que d'enfiler ses blouses et repartir au charbon. Mais jusqu'à quand suivra-t-elle sa tâche sans se poser des questions sur les intentions des gens qui sont au-dessus d'elle ? Combien de temps encore s'interdira-t-elle d'avoir une position politique sur ces sujets ? Est-elle finalement la bonne technicienne douée, efficace, naïve et sans aucune conscience politique donc terriblement malléable dont avait besoin un système arrivé à maturité ?
On me dira que je suis injuste, que Mme Chatelus voulait juste ouvrir les portes de son service, parler du SMUR, du SDIS68, des DIRMED, des FFP2, des DGSCGC, des ARM, du CUMP, de l'UHCD, du SBOOB et du SPAF, et nous faire serrer les mains des Leslie, Nicolas, Yannick, Kasarra, Mélanie, Etienne… qui évoluent dans tout ça comme ils peuvent, du mieux qu'ils peuvent et avec un grand amour de ce qu'ils font et pour qui ils le font. Et puis évoquer un peu les Jérôme ou les Louis qui gravitent autour de tout ça. Qu'il n'y avait pas plus de prétention que ça. Que je cherche trop loin, que tout le monde n'a pas une petite idée de comment fonctionne l'hôpital Pasteur (...) et qu'il fallait bien raconter un peu ce qu'ont vécu ces gens. [...] J'ai donc terminé le livre un jeudi à 19h45. Moi qui ai refusé de me prêter à ces minutes de l'amour idiotes inspirées de 1984, pendant le confinement, à 20h, ce soir-là, je suis sorti sur ma fenêtre et j'ai applaudi.

Lien : http://karl.polanyi.fr/ma-gu..
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Babelivres
  11 juillet 2020
Un livre écrit comme un journal de bord qui raconte l'épidémie vécue par une urgentiste de l'hôpital pasteur à Colmar.
On lit l'angoisse des soignant(e)s avec la montée de l'épidémie et le manque de lits.
Elle parle de la « bobologie » mais on peut penser que ce qu'on a n'est pas grave alors que ça peut avoir des graves conséquences de ne pas être allé aux urgences. Elle l'écrit pour les signes d'AVC (page 152) mais ça peut l'être pour beaucoup de choses. Elle accuse aussi le manque de médecins généralistes qui fait que les gens se rendent aux urgences. (Pages 14 - 15)
Quand on ne connaît pas le fonctionnement de l'hôpital, on est surpris(e) de savoir qu'elle s'occupe parfois des urgences à Mulhouse, il y a même un chirurgien qui répondra aux appels.
On lit évidemment de la solidarité entre les médecins, pour tenir, pour réconforter ceux et celles qui ont un proche atteint par la maladie.
On aurait aimé plus de détails de cette période mais elle n'avait pas le temps de tout décrire. Ecrire un livre (avec un journaliste) ne l'a pas empêché de soigner les patients. Les médecins qui passait beaucoup à la télé aurait mieux fait de diminuer leur temps de présence et se reposer à la place.
Elle est choquée par le manque d'anticipation des autorités françaises alors que l'épidémie faisait beaucoup de dégâts en Italie.
Je suis choquée du manque d'anticipation de mon pays. En province, on se sent parfois bien seul. J'ai l'impression que tant que les choses n'arrivent pas à Paris, elles ne sont pas importants. Qu'elles ne comptent pas. (Page 40)
Certaines choses mettent mal à l'aise, on a l'impression qu'il y a une manipulation. de l'infirmière ? du journaliste et de l'éditeur ?
- Les remarques sur la « bobologie » qui sont principalement des remarques de droite pour ne pas parler du manque de lits.
- Un de ses fils qui regrette qu'Emmanuel Macron n'ait pas remercié les employés de banques. (Pages 124 - 125)
- Ses remerciements à Jean Rottner, président de la région grand-est qui a alerté de la gravité de l'épidémie et à Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental du haut-rhin, qui a participé à ce qu'il y ait des transfert de malades vers l'Allemagne.
Jean Rottner est un politique ump/lr, qui était d'accord avec les politiques de destruction des services publics. le voir se plaindre des conséquences de sa politique faisait sourire. On espère qu'il a compris.
Brigitte Klinkert voulait que les gens travaillent une certaine durée pour pouvoir toucher le rsa. Elle a récemment rejoint le gouvernement. Ce qui montre sa pensée politique, incompatible avec l'aide pour l'hôpital.
- Ce qu'elle écrit sur l'union européenne.
[...] je suis très attachée à celle-ci. J'aime rappeler que je suis née un 9 mai, journée de l'Europe [...] (Page 12)
Je me suis surprise, alors, à relire la déclaration Schuman du 19 mai 1950, en déplorant ce recul sur le terrain des valeurs fondatrices de l'union européenne, peut-être plus inquiétant encore que la pandémie qui nous accable. (Page 168)
L'esprit européen a toutefois fini pas se manifester (Page 169)
Elle parle d'une Europe de la santé. (A partir de la page 167.)
Or c'est l'union européenne qui veut une politique d'austérité dans les états; c'est l'union européenne qui veut que le gouvernement français fasse la contre-réforme des retraites (réforme est synonyme de progrès) pour détruire notre modèle social.
Cette union européenne est incompatible avec ce qu'attend Claudia Chatelus.
Je finirai cette critique en remerciant le personnel hospitalier, Claudia Chatelus, pour ce qu'ils (et elle) ont fait durant cette période. Je ne les oublie pas comme les journalistes les ont oubliés.







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legoergosum
  03 juillet 2020
Colmar, début mars 2020, nous sommes tout près de l'épicentre d'un séisme inédit : l'épidémie de COVID 19.
C'est là que débute le récit de Claudia Chatelus, médecin urgentiste, plus précisément à l'hôpital Pasteur, qui voit déferler aux urgences une vague de malades qui présentent des symptômes assez semblables . Les personnels de l'hôpital se rendent vite à l'évidence : le coronavirus, après la Chine, l'Italie, après l'Oise quelques jours plus tôt, frappe l'Alsace de plein fouet.
Les équipes, bien qu'en effectif limité, s'organisent très rapidement, mais doivent faire face aux conséquences de l'incurie des instances sanitaires et politiques : le matériel médical et paramédical, les lits dédiés au COVID , les masques , le gel hydroalcoolique sont largement insuffisants.
Reste la volonté de tout le personnel hospitalier, que Claudia Chatelus souligne constamment, elle-même est un maillon de cette chaîne d'énergie qui ne cède jamais, ni au découragement, ni à la fatigue, ni à la menace constante de contracter le redoutable virus.
Quand, plus d'un mois après le début de la crise, la tension baisse d'un cran et que l'hôpital reprend peu à peu sa respiration, Claudia Chatelus s'inquiète du drame qui se joue dans les EHPAD, où la mortalité s'accélère, et chez les soignants , nombreux à être à leur tour contaminés.
Tout au long du récit, l'auteur insiste sur le travail d'équipe, avec le SMUR, les pompiers, mais aussi l'armée qui collabore en évacuant des malades vers des hôpitaux moins saturés. Cela semble être la clé de la sortie de crise de l'hôpital Pasteur, et sans doute de beaucoup d'autres, tous ceux qui ont été au bord du gouffre.
A la fin du livre, et pour que cette crise, qui a révélé les faiblesses de notre système de santé, ait quelque utilité, Claudia Chatelus fait des propositions, et elle garde espoir :
"A l'issue de ces mois sur le front du Covid, je décèle dans notre réaction collective des forces qui, je l'espère, permettront de bâtir l'hôpital public de demain [...] et grâce auxquelles nous pourrons à nouveau être fiers de notre système de santé."
Merci à l'auteur, à Stéphane Loignon, aux Editions des Equateurs, et à Babelio pour Masse Critique.
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Bookdelirium
  04 juillet 2020
Le covid-19! 5 lettres, 2 chiffres qui sont dans toutes les conversations. 6 mois que notre monde ne tourne qu'autour de ce virus qui aura mis en lumière non seulement des milliers de morts, mais surtout le dysfonctionnement de notre système de gestion de crise. Quand les métiers les moins considérés par l'état se révèlent être les plus indispensables à notre survie.
Le Dr Chatelus se retrouve au coeur d'une des premières régions les plus durement touchés. C'est dans cette absence de conviction et de savoir qu'elle et ses collègues avancent tant bien que mal pour faire front comme un seul homme. Avec tous leurs doutes, et leurs courages.
Même si je continue de penser que ce genre d'ouvrage ne s'apprécie que quand on connait le sujet je ne peux m'empêcher d'émettre un MAIS. Ok c'est une autobiographie, ok cela représente son vécue, son ressenti... mais...
Est ce que le sujet est évoqué trop tôt? Trop personnel? Trop donneur de leçon? Trop "Nous on a vécu çà donc les autres ne peuvent pas comprendre?" Chaque région et chaque personne ont vécu ces moments à leur façon et ne peuvent donc pas comparer son voisin. Petite déception donc dans la manière donneuse de leçon et comparaison que se livre l'auteur. Après digestion de l'épreuve je pense qu'on pourra apprécier pleinement ce livre.
Merci à l'opération Masse Critique de Babelio et aux éditions Équateurs pour l'envoi de ce livre qui m'a fait de l'oeil dans les rayons de librairie.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BabelivresBabelivres   11 juillet 2020
Je suis choquée du manque d'anticipation de mon pays. En province, on se sent parfois bien seul. J'ai l'impression que tant que les choses n'arrivent pas à Paris, elles ne sont pas importants. Qu'elles ne comptent pas.
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BookdeliriumBookdelirium   04 juillet 2020
Ce serait un signal fort, par lequel les Etats membres prendraient de manière tangible le virage de l'Europe solidaire, de l'Europe qui protège. Ainsi serions-nous prêts à affronter ensemble la prochaine crise sanitaire, celle-ci n'étant certainement pas la dernière.
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