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Éditeur : Éditions Triptyque (01/01/1997)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Quand vient l'âge où le fleuve du temps accélère sa course, comme à l'approche d'une chute sans fond qui s'apprête à l'engloutir, l'homme qui navigue sur cette eau cherche d'urgence un coin de terre où amarrer sa barque. Et le souvenir de l'enfance peut alors prendre la forme d'une île où trouver refuge à l'écart du courant.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
bobc
  01 mars 2017
L'ENFANCE EST UNE ÎLE

C'est une découverte pour moi que Chatillon. J'aurais dû le découvrir beaucoup plus vite, il est rendu, nous dit-on, à son dix-septième bouquin ; il y a à peu près la moitié de son oeuvre qui est dans le secteur poésie. C'est un excellent conteur, je suis tenté... lui-même utilise l'exemple de Chagall dans une de ses nouvelles et je dirais qu'il écrit comme Chagall peint ! Alors, le passage entre le réel et l'imaginaire, ça n'a pas grande importance : qu'un cheval soit accroché à un nuage, il n'y a rien d'invraisemblable là-dedans. Tout à coup, vous avez dans une nouvelle un personnage qui se révolte contre l'arbitraire de l'auteur. Il dit au romancier :«Si tu penses que tu vas m'empêcher d'aimer Unetelle, ça ne se passera pas comme ça.» Et là, il est question de rien de moins que de fonder finalement une espèce de syndicat, il va falloir qu'on se regroupe, on se mettrait tous ensemble, on fonderait l'Union des personnages et on protesterait avec véhémence contre l'Union des écrivains. Alors la frontière entre le réel et l'imaginaire, c'est aussi poreux que dans une toile de Chagall et ça fait quelque chose de fascinant. C'est très beau. le policier qui vous intercepte sur la route— vous êtes au volant —, et là il vous colle une contravention et il vous prescrit un examen de la vue parce que, dit-il, vous roulez avec un oeil complètement fermé. Vous ne savez pas si ça concerne l'automobile ou si c'est plutôt vous mais vous vous retrouvez avec l'obligation d'aller vous faire examiner la vue. Vous êtes très agréablement, très profondément en contact aussi bien avec l'imaginaire de Chatillon qu'avec la nature. La nature d'ailleurs est extrêmement présente et extrêmement précise. C'est un monsieur qui vit sur la rive sud, face à Trois-Rivières ; il fréquente surtout Nicolet ; il va aller à Trois-Rivières comme un paysan ou un banlieusard se rend à la grande ville quand il le faut. Il n'aime pas la ville, ni Trois-Rivières ni d'autres. Il y va par instinct utilitaire ou pécuniaire puis il retourne à sa nature, à l'eau, aux arbres. Vous baignez dans la nature et lui rédige quand il est chez lui. Et dans L'enfance est une île — c'est le titre d'une de ses nouvelles —, il dit :« Chaque hiver, au plus blanc de janvier, je suis envahi par une insoutenable nostalgie du Sud, un Sud perdu, un Sud qui n'existe plus que dans mon coeur. Pour le recréer, il faudrait que je remonte le temps, ou bien que je puisse pénétrer en moi-même et accéder à mon coeur comme à une île ensoleillée par les paysages de mon enfance ». C'est très beau. Moi, j'aurais dû découvrir Chatillon bien avant ça ! de belles nouvelles reliées davantage par une tonalité que par des personnages récurrents. Mais la nature, la nature de la rive sud, face à Trois-Rivières, ça, c'est à peu près omniprésent. C'est très beau. Des belles nouvelles !
(Laurent Laplante, Indicatif présent, Radio-Canada, le 20 mai 1997)
Pierre Chatillon pratique la nostalgie comme un des beaux-arts. Quel souffle poétique ! Quelle magie dans ces récits narrés comme des contes pour enfants. Quelle merveilleuse réflexion sur le Rêve, l’Étrange, la puissance de l’Imaginaire. Pierre Chatillon — ne serait-ce que pour ce recueil— est vraiment un «grand» de la littérature — et pas seulement fantastique —, un auteur rare, précieux, que l’on sent d’une grande exigence intellectuelle, d’une formidable intégrité, franchement j’adore ! Cette lecture est un choc pour moi, si puissant que je n’ose lire plusieurs nouvelles à la suite l’une de l’autre, pour conserver l’impression éveillée par chacune d’entre elles, pour la prolonger le plus longtemps possible. J’ai avec ces textes le même rapport que celui que j’entretiens avec les auteurs qui, dans ma vie, ont compté : Rollin, Bradbury, Jean Ray, Jean-Louis Bouquet... Je m’impose une lecture lente, méticuleuse... Je n’hésite pas à relire plusieurs fois certains chapitres, certains paragraphes, pour m’en imprégner et prendre des leçons. C’est à cela, je crois, que l’on reconnaît les «maîtres», ceux qui impriment leur griffe dans une vie spirituelle, ceux dont l’influence se fera longtemps sentir... Ils nous forcent à une lecture attentive ; ils nous obligent souvent à interrompre notre lecture, pour reprendre un souffle que leur talent nous ôte. Pourquoi n’ai-je encore jamais rien lu sur un auteur aussi remarquable que Pierre Chatillon... Il mériterait incontestablement d’être plus connu en France. Mille fois merci pour cette précieuse découverte.
(Lettre de Pascal Françaix à Frédérick Durand, automne 1997)
* * *
Certaines nouvelles se révèlent de véritables tours de force littéraires. (...) L’imagination et la maîtrise de l’auteur entraînent le lecteur dans un récit rempli de trouvailles, de rebondissements et d’une habileté de construction époustouflante.
(Serge Rousseau, Courrier-Sud, 20 avril 1997.
* * *
Les genres et les formes littéraires, pour M. Chatillon, ne sont pas des contraintes. Il les pratique parfois tous à la fois, associant fantastique, lyrisme et réalisme dans une même coulée généreuse.
(...) On devine, sous le voile de la fiction, que l’écrivain n’a jamais, ne voudra jamais oublier la sienne (l’enfance). Sous sa plume, dans une atmosphère de premier jour du monde, elle se pare de merveilles et de mystères.
(Réginald Martel, La Presse, 20 avril 1997.

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marie-coeur
  06 mars 2018
«Cette île littéraire offre un heureux retour au pays des merveilles, dont le règne instauré à nouveau, l'espace d'un livre, célèbre l'imagination en un constant chatoiement.»
( Frédérick Durand, (extraits), revue Imagine, juin 1997)
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
bobcbobc   01 mars 2017
Dix-septième ouvrage de Pierre Chatillon, L’enfance est une île est une indéniable réussite ; on y retrouve l’auteur au sommet de son art.
Pierre Chatillon sait créer l’émerveillement avec une intensité émotionnelle rarement vue. La poésie se glisse partout au fil des pages pour transfigurer le monde et changer les objets les plus banals en sources de beauté. Une telle maîtrise dans l’art de la fiction littéraire n’est certes pas courante, et encore moins en fantastique, genre difficile entre tous. (...) Ces nouvelles sont remplies d’images frappantes, d’une écriture riche et évocatrice.
(...) Note parfaite pour «Les fictifs», texte d’une rare intelligence et d’une inventivité constante. Déroutant, poétique, tragique, il s’agit sans contredit de l’un des sommets du fantastique québécois.(...) Je peux sembler dithyrambique, je ne le suis pas – je suis persuadé de l’immense valeur de ces «fictifs» si séduisants et tout amateur de fantastique, je crois, admettra sans difficulté l’intérêt de cette nouvelle habilement menée.(...)
J’ai éprouvé un coup de cœur pour L’enfance est une île, rare témoignage d’un sincère élan vers la fantasmagorie. (...) Cette île littéraire offre un heureux retour au pays des merveilles, dont le règne instauré à nouveau, l’espace d’un livre, célèbre l’imagination en un constant chatoiement.
( Frédérick Durand, (extraits), revue Imagine, juin 1997)

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bobcbobc   08 juin 2017
Au crépuscule, il se promena par les rues, admirant l'architecture des splendides demeures. Une retint particulièrement son attention. De style néo-gothique, elle était construite en planches de couleur vieux rose, coiffée d'un toit de tuiles où alternaient, en damier, des carrés verts et des carrés roses. (...) Des pins, de somptueux érables s'érigeaient tout autour, mais le plus bel arbre était un chêne énorme: une de ses branches supportait une balançoire dont la planchette permettait à deux personnes de s'y asseoir. Un oiseau moqueur, caché par les feuilles, se lança dans des vocalises variées et harmonieuses, et c'est à ce moment que Rémi aperçut, sur l'escarpolette, la jeune femme blonde du tableau de Renoir. Et son étonnement s'accrut encore lorsqu'elle lui fit gentiment signe de la main. (Il s'agit du personnage du tableau «Baigneuse blonde» de Renoir, que Rémi avait admiré, au cours de l'après-midi, au musée de Williamstown).
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