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EAN : 9782253015499
Éditeur : Le Livre de Poche (15/05/1997)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Rien ne réjouit Fritz Kobus comme de déguster un dîner fin en bonne compagnie si ce n'est peut-être de taquiner son vieil ami le rabbin David Sichel sur sa manie de vouloir marier les gens et lui Fritz en premier. Garçon il est et sûr de le rester au point d'en parier sa vigne du Sonneberg. Au mariage prôné par David, il préfère la liberté d'aller selon sa fantaisie jouer aux boules ou passer quinze jours dans sa ferme de Meisenthâl pour bâtir un réservoir à truites... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
dourvach
  22 septembre 2019
Ce roman de Messieurs ERCKMANN et CHATRIAN (publié en 1864) reste inaltérable. Son charme (au port majestueux) reste un mystère : à lire effectivement sous un arbre, dans le silence presque absolu (une grive musicienne ou un merle vous enveloppant de son chant, depuis les feuillages).
Est-ce dû à la langue ? Elle est souple, fluide, facétieuse, aimante, bienveillante, optimiste... "datée" ou "désuète" [diront certains - étiquetages qui font toujours sourire ... ]
Comme je rejoins l'avis de notre ami HORUSFONCK : "L'Ami Fritz" est un beau récit qui est là pour nous rappeler combien le bonheur et la joie de vivre peuvent être simples..."
Fritz Kobus, bourgeois bien pourvu par ses parents, est un type bien : un "epicaures" comme le qualifie son voisin et ami David Sichel (le "rebbe" de Hunebourg), un religieux qui ne souhaite que le bien d'autrui et l'harmonie matrimoniale ; Katel (la bonne de Kobus) une vieille fille râleuse ; "la petite Sûzel" une fille très simple vivant chez ses parents, des paysans dévoués ; le gras percepteur Christian Hâân (qui a pour tâche ingrate de racketter "pour le Roi" même les plus misérables) est aussi un bon bougre, lui et le grand Frédéric Schoulz (ancien sergent de la Landwehr en 1814) sont de bons compagnons pour les parties de "youker" à la Brasserie du Boeuf-Rouge ou celle du Grand-Cerf ; le "zigeuner" (bohémien) Iôsef un violoneux pauvre, fier, reconnaissant et taiseux...
Dites-moi en quoi l'optimisme et l'amour de la vie seraient-elles "désormais" des vertus déplacées et "démodées" en Littérature ?
Vaut-il vraiment mieux s'obliger à bâfrer les matières fécales orléanesques familiales de Yann Moix (autofiction à scandââle + voyeurisme = Miam-miam !), s'habituer à la prose si vulgaire et anodine de tels ou tels ouvrages à la mode précaire des Temps "défoncés" (subutexeries en série d'une « Ecrivaine Majeure ») ou "s'addicter" aux textes dépressifs répétitifs d'un certain "Prix Goncourt"... plutôt que préférer déguster tranquillement sous le "Tannenbaum", 150 ans après sa très saine création [discours pour "vieux réac' ", 'ttention !], "L'Ami Fritz" des très républicains Emile Erkmann et Alexandre Chatrian ?
Un lecteur nous parle quand même d' "antisémitisme passif" concernant le bon "rebbe"... (Là, faudrait qu'on m'explique !). Une lectrice, de "quasi-pédophilie" (Fritz Kobus a 36 ans et Süzel 17 quand l'un tombe amoureux de l'autre). Aïe-aïe-aïe... :-)
L'important serait donc aujourd'hui pour le Lecteur de se transformer en petit Procureur des mentalités "attardées" des siècles passés... C'est vrai que cela nous prouve notre supériorité de "lecteurs contemporains-clairvoyants" ..."à qui on ne la fait pas"... (Tu parles !).
Si "L'Ami Fritz" représente le "provincialisme", j'accepte bien volontiers de m'asseoir sur tous les ouvrages du Grand Maître Houellebecq et tous les machins branchouilles à Despentes... pour re-savourer la moindre ligne des ouvrages de Charles Ferdinand RAMUZ (de Lausanne), de Georges SIMENON (de Liège), d'André DHÔTEL (d'Attigny), de Bruno SCHULZ (de Drohobytch), de Tarjei VESAAS (de Vinje), de Julien GRACQ (de St-Florent-le-Vieil) et de MM. Emile et Alexandre ERCKMANN-CHATRIAN (de Phalsbourg et Soldatenthal)... Vive le Provincialisme, crénom de nom !!!
Nous sommes à l'Ecole de la fine observation des "us & coutumes" de gens présumés "sans histoire" que l''on a pu admirer tout d'abord dans les passionnants téléfilms "Heimat - Eins" [1984]", "Die Zweite Heimat" [1992], "Heimat - Dritte" [2004] - ceux et celles du village de Shabbach, au fil des siècles - et du chef d'oeuvre cinématographique définitif que demeurera sans doute le lumineux "Heimat" se déroulant dans les années 1842-1844 ("Die Andere Heimat") et comprenant "Chronique d'un rêve" - "L'exode" [2013] du très perfectionniste Edgar REITZ, poète des images et de sons...
Bref, découvrons et savourons dès à présent "Histoire d'un conscrit de 1813", "L'Ami Fritz", "Histoire d'un sous-maître" : tous ces hauts chefs d'oeuvre si modestes du "duo" ERCKMANN-CHATRIAN...
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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HORUSFONCK
  13 octobre 2016
Il y aurait une jolie galaxie d'étoiles, que je l'attribuerai à l' Ami Fritz...
Comme les étoiles que j'avais dans les yeux après la lecture de ce livre.
Je suis entré dans ce très beau roman, sans stress et sans préjugé... Dans l'état d'esprit du lecteur-promeneur qui musarde en littérature, pour y trouver avant tout du plaisir et de la bonne humeur.
Bien m'en a pris.
J' y ai rencontré de braves gens épris du bien vivre, du bien boire et du bien manger.
Fritz kobus, le personnage principal, est trop sage pour se fâcher (fut-ce avec son ami le rabbin) et assez bienveillant pour s' attacher la reconnaissance éternelle d'un gitan musicien... Et pas assez égoïste et obtus pour résister bien longtemps à la délicieuse Sûzel.
Alors, oui, certains diront que l' Ami Fritz est pleins de bons sentiments (y en a-t-il jamais trop?) et que le tableau est trop parfait?
Qu' importe, puisque l' Ami Fritz me berce encore avec la valse de Iôsef Almâni, le bohémien.
Et un livre qui vous rend heureux, gai et léger; c'est un cadeau inestimable.
Mille mercis, l' Ami Fritz!
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allard95
  13 septembre 2015
C'est tout d'abord une curiosité qu'un roman soit écrit par 2 auteurs, ici E.Erckmann et A.Chatrian, (cela en 1813). Il est vrai que, plus tard, il y aura les frères Goncourt.... L'ami Fritz est un rentier, jouisseur des bonnes choses de la vie: les amis, le vin, le jeu de cartes, la pêche, et ne veut pas s'encombrer d'une femme. Evidemment, ce plan s'inversera, et celui qui avait tant juré de son amour de la liberté et de la seule justesse du célibat, rencontrera l'amour.
Mais il n'y a là que des bons sentiments: pas la moindre trace de querelles, de jalousies, de tous les défauts de l'homme qui permettent, normalement, d'épicer un roman. Nous sommes à l'inverse du monde Balzacien, où la perversité des hommes met les faibles à la merci des cyniques: ici, les hommes sont généreux, respectueux, doux, courtois.... Et même si le texte se lit bien (vocabulaire très plaisant d'il y a deux siècles, pimenté par les particularités régionales des campagnes alsaciennes), une telle accumulation de bienveillance nous fait presque regretter les conflits et les tensions qui régentent normalement la vie de nos semblables. Dès lors, l'ami Fritz a rejoint trop vite, hélàs, la bibliothèque verte, alors que les adultes peuvent continuer d'en savourer le style léger et l'humour.
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araucaria
  14 août 2015
Superbe livre, drôle, très frais, même si c'est un classique. J'ai passé avec ce texte des moments délicieux. Un excellent classique!
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EricB
  30 juillet 2019
De la bonne humeur, de la drôlerie, une absence totale de tragique… j'ai été dépaysé. M'ont plu les dialogues entre Fritz et le vieux rabbin entremetteur qu'il s'amuse à faire endêver, en repoussant systématiquement toute idée de mariage, jusqu'à ce que ledit rabbin savoure finalement sa revanche. Pour le reste, disons que ce roman populaire a plutôt l'allure d'un conte pour la jeunesse, et soyons indulgents.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
mariechmariech   14 octobre 2019
Sans doute , sans doute ; mais ce sont de beaux hommes , ces officiers prussiens , avec leurs grandes moustaches, et plus d’une fille , en les voyant ....
- Ne croyez donc pas les filles si bêtes , interrompit Katel , qui tirait alors de l’armoire , plusieurs habits , et les étalait sur la commode , les filles savent aussi faire la différence entre un oiseau qui passe dans le ciel , et d’un autre qui tourne à la broche ; le plus grand nombre aiment à se tenir au coin du feu , et celles qui regardent les Prussiens , ne valent pas la peine qu’on s’en occupe .Mais , tenez , voilà vos habits , il n’en manque pas .
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AustralAustral   21 mars 2013
Regarde, voilà l'argent des armées du roi ! En faut-il de ce gueux d'argent pour payer les armées de Sa Majesté, ses conseillers, et tout ce qui s'ensuit, ha ! ha ! ha ! Il faut que la terre sue de l'or et les gens aussi. Quand donc diminuera-t-on les gros bonnets, pour soulager le pauvre monde ? Ça ne m'a pas l'air d'être de sitôt, Kobus, car les gros bonnets sont ceux que Sa Majesté consulterait d'abord sur l'affaire.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   21 février 2017
« Les beignets sont excellents, Katel, excellents ! Il est facile de reconnaître que tu as suivi la recette aussi bien que possible. Et cependant, écoute bien ceci – ce n’est pas un reproche que je veux te faire –, mais ceux de la ferme étaient meilleurs ; ils avaient quelque chose de plus fin, de plus délicat, une espèce de parfum particulier – fit-il en levant le doigt –, je ne peux pas t’expliquer cela ; c’était moins fort, si tu veux, mais beaucoup plus agréable.
– J’ai peut-être mis trop de cannelle ?
– Non, non, c’est bien, c’est très bien ; mais cette petite Sûzel, vois-tu, a l’inspiration des beignets, comme toi l’inspiration de la dinde farcie aux châtaignes.
– C’est bien possible, monsieur.
– C’est positif. J’aurais tort de ne pas trouver ces beignets délicieux ; mais au-dessus des meilleures choses, il y a ce que le professeur Speck appelle “l’idéal” ; cela veut dire quelque chose de poétique, de...
– Oui, monsieur, je comprends, fit Katel : par exemple, comme les saucisses de la mère Hâfen, que personne ne pouvait réussir aussi bien qu’elle, à cause des trois clous de girofles qui manquaient.
– Non, ce n’est pas mon idée ; rien n’y manque, et malgré tout... »
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dourvachdourvach   29 septembre 2019
" Peut-on croire, monsieur, que des mains de femmes aient fait cela ! disait-elle, n'est-ce pas merveilleux !
– Oui, c'est beau ! " répondait Kobus, songeant à l'effet qu'il allait produire sur la petite Sûzel avec ce superbe jabot étalé sur l'estomac, et ces manchettes autour des poignets. "Crois-tu, Katel, que beaucoup de femmes soient capables d'apprécier un tel ouvrage ?
– Beaucoup de personnes ! D'abord toutes les femmes, monsieur, toutes ; quand elles auraient gardé les oies jusqu'à cinquante ans, toutes savent ce qui est riche, ce qui est beau, ce qui convient. Un homme avec une chemise pareille, quand ce serait le plus grand imbécile du monde, aurait la place d'honneur dans leur esprit ; et c'est juste, car s'il manquait de bon sens, ses parents en auraient eu pour lui. »

[ERCKMANN-CHATRIAN, "L'Ami Fritz", 1864, chapitre XV]
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dourvachdourvach   28 septembre 2019
– Les modes peuvent changer tant qu'on voudra, répondit Katel [...], le bon sens ne change jamais. Nous allons d'abord vous chercher une chemise. C'est dommage qu'on ne porte plus de culotte car vous avez la jambe bien faite comme monsieur votre père ; et la perruque vous aurait aussi bien convenu, une belle perruque poudrée à la française ; c'était magnifique ! Mais aujourd'hui les gens comme il faut et les paysans sont tous pareils. Il faudra pourtant que les vieilles modes reviennent tôt ou tard, pour faire la différence ; on ne s'y reconnaît plus ! »

[ERCKMANN-CHATRIAN, "L'Ami Fritz", 1864, chapitre XV]
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Video de Alexandre Chatrian (1) Voir plusAjouter une vidéo

Erckmann et Chatrian : histoires d'Alsace et de Lorraine
Filmé dans les jardins du palais ROHAN à Strasbourg, Olivier BARROT présente le livre d'Emile ERCKMANN et Alexandre CHATRIAN "Histoires d'Alsace et de Lorraine".
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