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EAN : 9782266269100
912 pages
Éditeur : Pocket (06/02/2020)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.75/5 (sur 1070 notes)
Résumé :
La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient....
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents...
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Critiques, Analyses et Avis (376) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  03 novembre 2018
Quand un nouveau Chattam sort, j'ai toujours beaucoup d'espoir… Celui de retrouver l'auteur à son meilleur niveau. Celui qui m'a fait vibrer et frissonner. Celui de ses débuts.
En commençant, le Signal, je m'étais dit que c'était de bonne augure. Mais malheureusement je suis vite retombée.
Certes, l'auteur a voulu rendre hommage à des grands noms de la littérature : Lewis Carroll, Stephen King, Matheson, Lovecraft,...
L'idée est louable. le seul hic, c'est que le trop est l'ennemi du bien.
Je m'attarderais sur Stephen King, puisque c'est l'auteur que je connais le mieux.
Certains éléments "d'hommage" se voient comme le nez au milieu de la figure ( le chapitre dans les champs de mais avec l'épouvantail), d'autres sont plus subtils (vers l'épilogue du roman les fameux "Tak !" ou l'on pense inévitablement à désolation et aux régulateurs).
Il y en a beaucoup d'autres, mais je ne vais pas m'étendre pour tous les énumérer.
Malheureusement, je constate avec effroi que Chattam est resté très classique, dans du déjà vu.
Il faut néanmoins reconnaitre à Maxime Chattam qu'il n'est jamais aussi bon que quand il décrit l'horreur. Certains vont sans doute trouver ça glauque, mais quand il décrit un cadavre en décomposition grouillant de vers, le lecteur entend les asticots se déplacer dans la chair putride ; et le lecteur sent l'odeur qui émane de bout de chair… C'est là que réside, pour moi, le vrai talent de l'auteur.
Il a beaucoup de romans déjà écrits et en attente (selon une interview). Si en tant que lectrice j'avais un conseil à lui donner, ce serait de prendre son temps. Il n'a aucune obligation de sortir un roman par an. Donc de prendre son temps pour nous surprendre à nouveau… il l'a déjà fait, il pourrait le refaire, j'en suis certaine. Je garde espoir.
Petit aparté sur la couverture du roman… elle est juste magnifique. Et Chattam en argent c'est quand même mieux qu'en vert ! ( voir mon billet et la quatrième de couverture de L'appel du Néant).
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ArnoT
  31 octobre 2018
Les vacances sont achevées, entraînant un doux sentiment de mélancolie, la nécessité résolue de tourner une page. La porte de l'école s'est ouverte avec sa routine quotidienne, les dernières semaines de chaleur évaporées avant que le vent frais tombe par le nord.
Le maître d'école s'avance entre les tables en distribuant lentement les devoirs corrigés la veille au coin de la cheminée.
Excellent travail, comme d'habitude, Stephen !
J'ai beaucoup apprécié votre style, Graham.
Très créatif et original, Stieg.
Tranchant et acéré, vous maîtrisez le sujet à la perfection, Dean !
Et maintenant, le petit nouveau, Maxime, travail correct, mais attention à ne pas copier sur Graham !
Ensuite, le maître d'école, Monsieur Lovecraft regagne son estrade d'un pas lent et majestueux...
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Yggdrasila
  08 décembre 2018
Pour une fois, j'écris une chronique en musique!
Afin de pouvoir rester encore un peu dans l'univers de ce roman, je me réfugie une fois de plus dans cette ténébreuse ambiance musicale conseillée par l'auteur.
Une bonne expérience qui fait la différence et que je recommande fortement pour cette lecture.
Je tiens ensuite à souligner le magnifique travail éditorial avec cet objet-livre que je trouve sublime.
Je précise que j'avais la version numérique, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter la version papier (oui je suis faible!), notamment pour pouvoir me référer plus facilement au plan de Mahingan Falls que j'ai consulté assez régulièrement en lisant l'histoire.
Ne cherchez pas l'ambiance de la trilogie du Mal, car ici on n'est pas dans le thriller. On baigne plutôt dans le fantastique avec de la sorcellerie, de l'ésotérisme et du paranormal.
Au premier abord, je me suis demandée si l'auteur manquait d'inspiration pour faire ainsi référence à son histoire personnelle à travers la famille Spencer. Mais une fois le doute passé, je me suis laissée porter.
Maxime Chattam nous isole dans la ville de Mahingan Falls, un endroit presque coupée du monde, avec Salem à quelques kilomètres... pas très rassurant comme contexte!
L'ambiance générale m'a directement fait penser à Stranger Things (parfois même un peu trop). J'ai également pensé à Ça de Stephen King.
On suit les Spencer qui assistent à des événements étranges dans leur nouvelle maison qui semble être hantée.
Les enfants du couple et leurs nouveaux amis vont former un groupe d'ado qui va explorer les environs et mener une enquête après avoir vécu une scène effroyable et surnaturelle.
En parallèle, un flic fraîchement débarqué dans la ville va être lui aussi alerté par des incidents inexpliqués.
On est vraiment imprégné par l'ambiance spéciale de la ville qui reste au premier plan dans ce livre. A travers les nombreux personnages, on déambule dans les différents quartiers, le port, les forêts, les champs... où partout se déroulent des faits inquiétants, effrayants et inattendus. Les disparitions se multiplient, les morts suspectes également.
L'auteur a su augmenter graduellement l'apparition des phénomènes et les sentiments de frayeur éprouvés par ses personnages.
On a de temps en temps des petits pics d'horreur avec des scènes mémorables.

L'aspect psychologique est très fortement développé.
Le style m'a encore fait penser à du King, notamment avec les fameuses phrases en italique lorsque les personnages se parlent à eux-mêmes pour s'autoflageller.
On sent le malaise s'amplifier au coeur de la ville et les inquiétudes grandir au fil des pages.
La liste des défunts est bien longue et pour chaque cas, la mort est loin d'être douce. Au passage, Chattam nous fait cadeau de quelques viscères et litres d'hémoglobine.
Par contre, je n'ai pas vraiment adhéré à l'explication finale, mais j'ai passé un excellent moment tout au long du livre avec cette atmosphère si particulière.
Un roman d'ambiance horrifique qui change de ce qu'on a pu connaître de l'auteur.
+ Lire la suite
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Ladybirdy
  21 octobre 2019
Je referme ce pavé, mon premier roman de Maxime Chattam. Qu'en penser ?
Une atmosphère ombragée dans cette petite ville de Manhingall Falls, des citoyens qui disparaissent, qui fuient, qui meurent. Quel mystère. Et... même pas peur.
Un couple avec ses trois enfants qui emménagent dans La maison. Qu'on imagine vite hantée. Un air parfois glacial, un fantôme cannibale dans le grenier, des cauchemars pour baby Zoey. Et... même pas peur.
Le bouquin c'est tout de même aussi, et sans spolier, ce « fantôme » maléfique dans les champs de maïs qui poursuit des jeunes de treize ans. Des jeunes qui parlent et se comportent comme s'ils en avaient cinq de plus. Un « fantôme » tellement surréaliste que j'ai trébuché.
Et, toujours, même pas peur.
Même pas peur parce que je m'attendais à une atmosphère beaucoup plus fouillée, plus habitée dans une torpeur. Une nature témoin et rebelle, des personnages apeurés, une maison flippante à vous empêcher de dormir. Avec des descriptions de la peur beaucoup plus empreintes. Un côté beaucoup plus ésotérique qui triture la réalité pour la rendre angoissante. Des personnages plus crédibles, des adultes et des jeunes plus convaincants. Et une atmosphère beaucoup plus scalpée. Pour une fois que je me lance dans un roman dit « d'horreur », j'avais envie de lire un roman possédé, diabolique. Mais je n'ai rien ressenti de tel. Il y a aussi un peu trop de longueurs je trouve. Condenser l'histoire sur la maison aurait été plus pertinent selon moi.
C'est un gentil mais très long roman qui certes apporte son degré d'addiction et d'emprise mais ne m'aura que très moyennement convaincue. Je pense que dans ce même registre, Stephen King détient la palme de la plume possédée.
+ Lire la suite
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Fandol
  22 mars 2019
Plonger dans le Signal, dernier thriller signé Maxime Chattam, c'est partir pour une longue aventure dans un espace assez réduit, cette ville balnéaire imaginaire de Mahingan Falls où ça commence fort avec un terrible accident puis c'est la pauvre Lise Roberts, baby-sitter modèle, qui a une très mauvaise surprise…
On l'a compris, nous sommes aux States et l'auteur, bien que Français, préfère situer un thriller de l'autre côté de l'Atlantique, c'est son habitude et j'avoue tout de suite que c'est le premier livre de cet auteur reconnu que je lis.
Le livre, justement, n'est pas ordinaire déjà par sa taille impressionnante, une belle couverture très soignée mais surtout avec toutes les pages bordées de noir comme autant d'avis de décès ce qui, tout compte fait, est bien approprié, vu le nombre de vies qui vont s'éteindre au fil de la lecture.
Sans révéler ce qui pourrait nuire au suspense et à la tension extrême bien entretenue tout au long du roman, je peux dire que c'est la famille Spencer qui est au centre de l'histoire. Alors, je vous les présente. Thomas, le père, est un auteur de théâtre à la recherche d'inspiration après un premier gros succès. Olivia, la mère, était une animatrice vedette de la télévision mais elle met sa carrière entre parenthèses. Ils ont deux enfants : Chadwick (13 ans) et Zoey (2 ans), plus Owen, du même âge que Chad. Thomas et Olivia l'ont recueilli après le terrible accident qui a coûté la vie à ses parents, sa mère étant la soeur d'Olivia.
Les Spencer ont quitté New York pour acheter une maison, un coup de coeur, à Mahingan Falls, et ils s'installent, pleins d'espoir dans cette nouvelle vie qui s'offre à eux ! Pour garder Zoey, ils recrutent Gemma Duff dont le frère, Corey, devient vite ami avec Chad et Owen, auxquels s'ajoute un garçon plus âgé, Connor.
Très vite, des événements bizarres se manifestent dans la maison et autour. le passé des habitants précédents sont explorés et on apprend qu'une des malheureuses impliquées dans ce qui fut appelé « Les sorcières de Salem », logeait ici. L'auteur parle aussi des Indiens, premiers habitants, massacrés par les premiers colons. C'est riche, ça fourmille d'informations mais les morts atroces se succèdent, semble-t-il gratuitement, juste pour faire frémir le lecteur. Il faudra aller au bout pour tenter de comprendre. Tout ? Pas sûr ! Mais ce mont Wendy qui domine la ville est à la fois indispensable et surpuissant.
Un homme est essentiel avec les personnes déjà citées : Ethan Cobb, un flic nouveau dans la ville qui n'admet pas les compromissions et les négligences de son chef. La peur est omniprésente comme la ressentent bien les quatre ados : « Ils avaient peur. Une de ces peurs viscérales qui donnent envie de vomir, qui coupent les jambes et dont on sait qu'elles ne sont pas anodines. Parce que c'est le corps qui sent le danger. »
Ésotérique, très sanglant, mettant en grand relief un gros problème de notre monde dit moderne, le Signal est une histoire pleine de leçons terribles, inquiétantes, stressantes. Les hommes ouvrent des tas de pistes sans maîtriser toutes ces technologies folles comme le nucléaire, les robots, les … - je ne le dis pas ! – et tous les êtres humains qui ont tant souffert, à qui on a ôté la vie, sont peut-être là, de l'autre côté du miroir… ?
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critiques presse (1)
Liberation   07 décembre 2018
La route est très longue, le paysage des phrases de Chattam un peu plat, mais l’intrigue turbine avec régularité, dans quelques heures on sera arrivés, nous ne sommes pas pressés.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (186) Voir plus Ajouter une citation
mylene76mylene76   28 mai 2020
Ce sont eux qui dirigent le monde, que ce soient les livres religieux, ceux de loi, de science ou même de littérature, sans eux, notre monde s’effondrerait. (P.350)
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lyokolyoko   02 novembre 2018
- Vous saviez que le diable était à peine présent dans la religion pendant la première moitié de l'ère chrétienne ? Jusqu'au Moyen Age pour être précise. Une évocation parmi d'autres, un rôle très secondaire en somme. Tout à changé sur décision du pape. L'Eglise médiévale, profondément affaiblie par son clergé constitué de nobles et de corrompus, discréditée, loin du peuple, était en pleine dérive, en totale perte d'influence et à terme risquait gros. Des enjeux internes, financiers et politiques, des schismes possibles ébranlaient ses structures. A défaut d'avoir sonné la fin du monde comme l'Eglise l'annonçait, l'an mille résonna davantage comme l'annonce de son propre déclin. il lui fallait un ennemi à la hauteur, un levier colossal pour faire pression, se rendre indispensable à nouveau. Alors l'Eglise puisa dans ses mythes et fit jaillir de sa manche la figure des Enfers qui menaçait de corrompre les hommes s'ils ne s'empressaient pas de se blottir à nouveau dans son giron.

[…]


- Ne plus remettre en question l'autorité religieuse, unique réponse possible à la déliquescence du monde et au salut des âmes immortelles, voilà en résumé le tour de force du pape. Et donc reprendre en main une situation qui dérapait de plus en plus dangereusement pour l'avenir du christianisme, en usant de la peur et de la répression légitimée. Là-dessus, la peste noire décima entre trente et cinquante pour cent de la population, la guerre de Cent And frappa, entrecoupée de famines , et le diable en fut décrété responsable, avec l'aide terrestre de toutes celles et tous ceux qui avait cédé à sa dévotion. Ainsi naquit la chasse aux sorcières.
+ Lire la suite
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mimo26mimo26   20 novembre 2018
Prologue

Filant en pleine nuit, la camionnette ressemblait à un minuscule vaisseau
perdu dans l’immensité du cosmos. Entourée d’obscurité, elle flottait dans le
néant, guidée par ses phares blancs, comme propulsée par les lueurs rouges à l’arrière. La Ford se mit à tourner pour suivre la route à flanc de colline. Elle était seule sur des kilomètres à la ronde.

À l’intérieur, Duane Morris se concentrait pour ne pas perdre de vue le
ruban d’asphalte étroit qui défilait face à lui. Il était hors de question de
ralentir. Il devait maintenir une allure suffisante pour rester le moins de temps possible dans le secteur.

Le silence régnait dans l’habitacle feutré et cela lui plaisait. Pas de distraction avec la musique ou la radio, rien que lui et ses pensées, tout entier concentré sur un seul objectif : ne pas commettre d’erreur. Il fallait
reconnaître que dans son domaine Duane Morris n’était pas un amateur. Il
s’enorgueillissait même d’être l’un des meilleurs. Officiellement, sa plaque
indiquait qu’il exerçait la profession de détective privé, mais la plupart de ses clients savaient que ça n’était pas tout à fait exact. Le bouche à oreille
demeurait sa meilleure publicité, ça et son obsession du détail qui le rendait si doué au point que les deux tiers de sa clientèle, toujours satisfaits, étaient constitués du même pool d’entreprises fidèles à ses services. Duane n’avait pas besoin de faire de prospection, l’argent venait frapper à sa porte avec la régularité d’une marée.

Ses yeux descendirent un bref instant sur le compteur. Quatre-vingts
kilomètres-heure. Parfait. Il serait bientôt de retour sur la route principale et
de là sur l’autoroute en quelques minutes. Ensuite il serait invisible, le temps
de rejoindre Boston et le soleil se lèverait, il serait distillé dans le trafic et
l’anonymat du flux. De toute façon, Duane ne laissait rien au hasard. Jamais.
Même si une caméra de surveillance l’attrapait quelque part sur le chemin, la camionnette était intraçable. Fausses vraies plaques « empruntées » à un
véhicule du même type, elles feraient illusion en cas de contrôle rapide.
Autocollants leurres posés la veille sur la carrosserie pour la maquiller, ils
finiraient brûlés le soir même dans le poêle du garage, après que Duane aurait démonté les pneus pour en mettre d’autres modèles usés, mais au marquage totalement différent. Même si on analysait d’éventuelles empreintes de roues dans la terre, personne ne pourrait prouver que c’étaient les siennes après ça.
Duane raserait sa barbe dès son arrivée au garage, et il couperait ses cheveux pour changer d’apparence bien qu’il soit persuadé que la casquette qu’il arborait suffirait à masquer ses traits, surtout pour une caméra à la définition médiocre.
Une fois encore, il avait tout prévu. Il était impossible de remonter
jusqu’à lui.
De toute façon, se donnerait-on autant de mal pour ce qu’il venait de
faire ? Il n’était même pas certain que c’était véritablement illégal. Bon, en y
réfléchissant un peu, ça devait forcément l’être, mais pas au point de risquer
de la prison. Et puis cette fois-ci ses employeurs – première collaboration, ils
avaient obtenu son numéro par le biais de leur nouveau chef de la sécurité
avec lequel Duane avait travaillé par le passé – l’avaient grassement
rémunéré, et personne ne payait autant pour quelque chose d’aussi simple si c’était une procédure autorisée. Non, bien sûr que non. Sinon ils auraient
envoyé directement leurs propres gars sur place pour faire le boulot et pas
Duane Morris, en pleine nuit, avec la simple consigne « Personne ne doit
savoir ».
Duane avait dû suivre une formation éclair pour bien comprendre
comment opérer. Ça ne lui était jamais arrivé auparavant et cela l’avait
beaucoup amusé, même si en soi ce qu’il devait apprendre était ennuyeux. Il
avait procédé comme à son habitude : avec application, pour ne surtout pas
prendre le risque de rater son coup le jour J. Mais tout s’était déroulé à
merveille. C’était un jeu d’enfant. Ses employeurs seraient satisfaits. Une fois
de plus, Duane Morris avait exécuté sa mission à la perfection.
Pour se féliciter, Duane décida qu’il appellerait Cameron une fois tout son
travail de nettoyage effectué. Il avait mérité un peu de bon temps. Il se doutait que Cameron n’était pas son vrai nom, les escorts utilisaient des
pseudonymes la plupart du temps, mais il s’en moquait. N’en faisait-il pas
autant lui-même ? Tout ce qui comptait se résumait aux heures passées avec Cameron, et elles valaient le moindre dollar dépensé. Non seulement
Cameron avait une vraie petite gueule d’ange, mais son corps était de la
trempe de celui de ces statues grecques sculptées pour inspirer l’idée de
perfection. Duane ne put s’empêcher d’accompagner ces pensées d’un large
sourire. Cameron était son point faible, il le savait. Mais il restait un homme
et pas une machine, au moins dans sa vie privée.
Un virage prononcé rappela Duane à la réalité et il freina brusquement
pour ne pas sortir de la route, avant d’enfoncer à nouveau l’accélérateur, une
fois dégagé de la courbe. Maudite voie sinueuse. Dehors il n’y avait que le
noir, partout. Impossible de distinguer la moindre source de vie, ni le relief
pourtant imposant qui l’entourait. Pas une parcelle de lune ou d’étoile ne
filtrait à travers la couverture de nuages invisibles. C’était aussi surprenant
qu’effrayant.
Quelque chose attira brusquement l’attention de Duane dans le rétroviseur
intérieur. Il ne vit pourtant rien une fois les yeux levés dans sa direction.
Qu’avait-il cru percevoir ? Un mouvement derrière sa camionnette ? Le
suivait-on ? Non, c’était impossible, il l’aurait repéré depuis longtemps, et
puis rouler sans aucun phare, si rapidement, sur une route dangereuse, ce
n’était pas possible. À moins d’être équipé de lunettes de vision nocturne.
Un filet de sueur froide longea alors sa colonne vertébrale.
Seuls les types du FBI utilisaient ce matériel pour une filature discrète.
Avait-il les fédéraux sur le dos ? Pas pour une mission aussi futile, non,
c’était idiot…
Duane eut soudain la bouche sèche. Non que cette bêtise le préoccupât,
mais par le passé il avait opéré sur des affaires autrement plus importantes et hautement sensibles. Du genre à compter les années de prison par dizaines s’il se faisait pincer.
À présent il ne tenait plus en place. Ses pupilles passaient de l’asphalte
craquelé devant lui aux rétroviseurs pour s’assurer qu’il n’y avait pas un autre véhicule dans son sillage. Rien. Seulement le vide obscur à trois cent soixante degrés.
Duane donna un coup de frein pour éclairer davantage l’arrière de la
route. Personne, cette fois il en était certain.
Il avait rêvé. Son coeur commença à reprendre un rythme normal.
Puis il sentit de nouveau un mouvement dans le rétroviseur central. Et il
comprit. Tout son corps se tendit sur son siège.
C’était à l’intérieur ! Quelqu’un derrière lui sur la banquette ou dans
l’espace qui servait de coffre.
Duane se mit à réfléchir à toute vitesse. Qui pouvait être caché là ? Et
pourquoi ? Il ouvrit la bouche pour mieux respirer et après s’être assuré que la route était droite, il se pencha vers la boîte à gants pour y saisir son Glock 9 mm.
Il allait le lever pour allumer le plafonnier avec le canon, histoire de
montrer à son passager clandestin que la plaisanterie était terminée, lorsqu’il
se retint. L’autre pouvait se jeter sur lui et leur faire faire une embardée
tragique. Non, mauvaise idée. Mieux valait s’arrêter. Duane allait sortir pour
ouvrir la porte latérale, là il serait maître de la situation. Oui, c’était plus
malin.
Il regardait devant pour voir où stationner lorsqu’il capta un autre
mouvement dans le rétroviseur. Ses yeux remontèrent d’un coup et il la vit.
Une femme. En tout cas, elle avait des cheveux longs et gras en pagaille,
dissimulant une partie de son visage. Et dans la pénombre de l’habitacle, elle lui parut très pâle. Elle se tenait tout au fond du véhicule.
Qu’est-ce qu’elle foutait là ?
Duane lâcha l’accélérateur et serra la crosse de son arme.
Nouveau mouvement. Duane regarda le rétroviseur et, cette fois, elle était
assise sur la banquette juste derrière lui. Comment avait-elle fait pour aller si vite ?
Son coeur s’emballa et il ne put plus se contenir. Il leva son Glock pour
qu’elle ne puisse pas le manquer :
– Ok, la promenade est terminée ! Tu ne bouges plus !
Duane avait le souffle court, la voix moins menaçante qu’il ne l’aurait
voulu. Son propre corps était en panique.
– On va s’arrêter pour s’expliquer, toi et moi. Si tu approches, je te tire une balle dans le buffet, c’est clair ?
Duane vérifia dans le petit miroir si elle obéissait.
Il vit la femme écarter une longue mèche torsadée et, lorsqu’il aperçut sa
bouche tordue et ses dents grises, la peur l’inonda jusqu’au bout des doigts.
+ Lire la suite
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lyokolyoko   29 octobre 2018
- Je vais vous dire : personne ne m'empêchera jamais de rouler ! Oh que non ! Les examens médicaux pour le permis, je veux bien, mais pas une stupide interdiction liée à l'âge. Et puis quoi encore, nous aurons bientôt tous une date de péremption obligatoire ? " Allez, mon bon monsieur, il faut y aller maintenant, céder la place aux jeunes, vous avez fait votre temps, il n'y a plus assez d'air frais et de nourriture pour tout le monde, soyez aimable et mourez !
+ Lire la suite
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YggdrasilaYggdrasila   28 novembre 2018
- [...] Je vous le dis : je suis une fan. Je suis « appui » de connaissance !
Tom fut tenté de corriger l’expression avant de capituler.
- C’est un livre qui va parler de quoi ? enchaîna-t-elle.
- Eh bien, ce n’est pas exactement un livre, plutôt une pièce et...
- J’adore les romans policiers ! C’est mon genre préféré. En même temps vous deviez vous en douter, pas vrai ? Je n’ai pas le temps de lire, avec tout ce que je fais, mais j’adore les livres ! Ça donne un cachet dans une entrée, vous ne trouvez pas ?
Tom se massa le bas du visage. Il sentait que cette conversation allait être compliquée.
+ Lire la suite
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