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Jacques Chabert (Traducteur)
ISBN : 2246398142
Éditeur : Grasset (18/04/2002)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Départ pour une réserve d'excentriques ! Bruce Chatwin nous emmène à l'extrême pointe australe de l'Amérique du Sud où s'étend la Patagonie, siège de l'imagination de l'auteur britannique. Ce dernier en fait le repaire de tous les exclus, hors-la-loi, indésirables et autres rebuts de la planète. Vous y croiserez quelques Mormons, Juifs ou Boers fuyant qui un pays, qui une désillusion, ou en quête ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  01 juillet 2016
Voilà. La décision est prise, je fous le camp en Patagonie. A la recherche du temps perdu ou de Florent Pagny. Un endroit loin de tout, et de tout le monde. Un lieu qui envoûte, qui exaspère, qui enchante, qui rend fou. Une folie douce, celle de voir les vagues s'échouer sur le rivage écorché de la Terre de Feu, celle de traverser la solitude de la pampa et de rencontrer des brigands, des nazis et des juifs, des mormons et des brontosaures. Un vagabondage nostalgique dans des terres si lointaines qui ne peuvent qu'émouvoir le pauvre type assoiffé de bières et de voyages littéraires. Tiens, perdu au milieu de la pampa, un vent qui dépoussière le poncho et fait voler le panama, un bouge perdu, hallucination divine, je rentre et m'installe au bout du comptoir. Je commande una cerveza, por favor, mi guapa. Au loin quelques nuées de fumée s'élèvent dans le ciel. le vent hurle plus fort. Je m'attends à voir rentrer dans le bar aussi bien un berger qu'un général Pinochet. Où donc a-t-il parqué ses moutons ?
Avant de débarquer dans l'inconnue Tierra del Fuego, je sors mon petit livre rouge, pas celui du communiste, ni même celui d'un dictateur d'extrême-droite. le mien a été écrit par un jeune anglais, décédé trop tôt, grand voyageur, grande âme, grand écrivain. Il raconte tout, l'Histoire, l'économie, la géologie, la politique, l'âme humaine, le soleil, la terre, le feu, le sel, les rencontres, les gens. Il ennuie par moment, il passionne par d'autres. Bruce Chatwin, une sacrée rencontre, mine de rien, mine de sel ou d'or ou de cuivre. Ce livre rouge est indispensable. Au même titre que pour franchir le Cap Horn l'envie se fait sentir de sortir au vent toute la littérature de Francisco Coloane, avant de m'aventurer dans la profondeur de ces terres, j'éprouve le besoin de lire les textes de Florent Pagny et ce long récit de voyage de cet amical anglais. Parce que toute la Patagonie tient dans ces 284 pages et 97 chapitres.
Bruce pose le pied à terre, l'envie de boire une bière et sort son carnet pour décrire les saveurs de cette bière et de cette terre…
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Marple
  07 octobre 2013
C'est un voyage fait de magnifiques moments de poésie, mais aussi de terribles moments d'ennui, que Bruce Chatwin m'a proposé 'En Patagonie'.
Autant son 'Chant des pistes' m'avait charmée et fait rêver tout du long, autant celui-ci m'a semblé inégal et décousu. La Patagonie m'intéresse, les gens m'intéressent, les pensées vagabondes m'intéressent... mais j'ai l'impression de n'avoir eu droit ici à rien de tout cela, juste à un patchwork un peu raté de bribes d'histoires disparates.
C'est dommage, car j'ai parfois entr'aperçu au détour d'un chapitre le Bruce Chatwin lyrique et fin que j'aime... chez sa tante lorsqu'il y découvre la peau de mammouth, chez les indiens yagans d'autrefois à la merveilleuse langue imagée, sur les bateaux dans la tempête au large du Cap Horn ou naufragés près du détroit de Magellan, chez certains immigrés nostalgiques de chez eux dans le melting-pot du Grand Sud...
Un bilan en demi-teinte, donc, que je pourrai peut-être oublier en allant moi-même 'En Patagonie', un jour !
Livre lu dans le cadre du challenge 'Récits de voyage' de Chinouk : http://www.lespassionsdechinouk.com/challenges/challenge-recit-de-voyage
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jauchatpitre
  29 janvier 2015
Un fantastique récit de voyage et l'occasion de découvrir la Patagonie, cette terre lointaine dont l'auteur nous fait une description savoureuse. Etape par étape de la Plata en Argentine à Punta Arénas au Chili en passant par le Cap Horn, à travers les diverses rencontres du voyageur, on découvrira le parcourt de plusieurs personnages historiques ,: Magellan, Darwin, des Russes rouges ou anarchistes venus portés la révolution dans le nouveau monde, des mineurs, des gangsters Nord Américains, des civilisateurs, jésuites, des marins mercenaires anglais, tous une foule de gens recherchant la terre promise et le paradis perdus et qui, on façonner ce pays "neuf" de leur emprunte. On observe les vagues de migrants de toutes l'Europe qui ont fini par imposer leurs marques de manières souvent prédatrices sur ces territoires ainsi que le destin tragique des indiens plongés dans la servitude et l'alcool. de magnifiques descriptions de paysages : montagne, champs a perte de vue, océans tumultueux, mais aussi d'animaux divers. Un livre sensible et contemplatif qui n'a qu'un seul inconvénient : il peut donner une irresistible envie d'ailleurs et d'aventure.
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chrislav
  28 juin 2015
C'est un vrai bonheur de lire Chatwin ! Toujours et encore !
Élégance d'écriture, culture immense. curiosité insatiable, plaisirs des découvertes humaines pouvant nous apparaître assez étranges parfois : relation d'un périple qui nous surprend et nous attache aux pas de cet envoûtant voyageur.
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keisha
  03 décembre 2011
Bruce Chatwin (1940-1989), auteur de récits de voyage qui l'ont rendu célèbre, a passé 6 mois en Patagonie . Pourquoi la Patagonie? A cause de la découverte d'un soi-disant brontosaure en Patagonie, par un cousin de sa grand-mère, Charley Milward. Ce fragment de peau dans la maison familiale qui l'a fait rêver durant sa jeunesse le conduira à l'autre bout du monde, marchant, faisant de l'auto-stop à bord de camions déglingués sur des pistes poussiéreuses, au milieu de paysages souvent incroyablement beaux, au fil de rencontres de personnages originaux, à la recherche de témoins du passé flamboyant de la Patagonie.


Car ce coin de terre a l'air d'avoir attiré toute une faune d'explorateurs, bandits, pauvres immigrants, chercheurs d'or et de fossiles.Sans oublier les indiens Araucans et les autres, premiers occupants de ces terres. En particulier les Yaghans à la langue si riche mais hélas disparue.
Chatwin décrit son propre voyage en très courts chapitres non dénués d'humour subtil (il est anglais...) qui peuvent cependant déconcerter par leur détachement et l'impression de diapositives passant les unes après les autres. Pourtant se dessine au fil des pages un portrait sensible de la Patagonie, à travers les rencontres surtout. Gallois, Ecossais, Anglais, Américains du Nord, Russes, Italiens, Iraniens, quasiment la terre entière s'est donnée rendez vous là, apportant ses traditions, langues, meubles et vêtements. Un drôle de mélange.

Souvent il se lance dans l'histoire de personnages fabuleux, en particulier Buch Cassidy et sa bande (photo ci-dessus), dont il croisera souvent les traces, Orélie-Antoine de Tounens, et son cousin Charley. Là son écriture est beaucoup plus entraînante et ce n'est que du bonheur.

Alors il faut se laisser prendre par la main, à la suite de Chatwin.

"Combien vous dois-je pour la chambre?
_ Rien. Si vous n'y aviez pas dormi, elle serait restée inoccupée.
- Combien pour le dîner?
- Rien. Comment pouvions-nous savoir que vous veniez? Nous avons fait la cuisine pour nous.
- Alors combien pour le vin?
- Nous offrons toujours le vin à nos visiteurs.
- Et le maté?
- Personne ne paye jamais le maté ici.
- Qu'est-ce que je peux payer alors? Il ne reste plus que le pain et le café.
- Je ne peux vous compter le pain, mais le café au lait est une boisson de gringo et je vous le fais payer."

Les événements sont parfois incroyables!
" le 27 janvier 1923 le colonel Varela fut abattu, au coin de Fitzroy et de Santa Fé, par Kurt Wilkens, un anarchiste tolstoïen du Schleswig-Holstein. Un mois plus tard, le 26 février, Wilkens fut tué dans la prison des Encausaderos par son gardien, Jorge Pérez Maillan Temperley (...). Et le lundi 29 février 1925, Temperley fut tué à son tour;;, dans un hôpital de Buenos Aires pour déments criminls, par un nain yougoslave du nom de Lukic.
L'homme qui fournit le pistolet à Lukic est un cas intéressant : Boris Vladimirovic, russe de haute naissance, biologiste et artiste, avait vécu en Suisse et connu -ou prétendait avoir connu- Lénine. La révolution de 1905 le poussa à l'ivrognerie. Il eut une attaque cardiaque et émigra en Argentine pour commencer une nouvelle vie. Il fut bientôt repris par ses vieux démons et dévalisa un bureau de change pour alimenter la caisse de la propagande anarchiste. Un homme fut tué et Vladimirovic écopa de vingt-cinq ans à Ushuaia, la prison du bout du monde. Il y chanta à tue-tête les chansons de sa terre natale et, pour obtenir le calme, le gouverneur le fit transférer dans la capitale.
Le dimanche 8 février, deux amis russes lui apportèrent un revolver dans un panier de fruits."
Etc... etc...
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   25 juin 2016
Je marchai deux heures, cinq heures, dix heures, et pas de camion. Mon carnet rend compte de l’humeur du moment.
Marché toute la journée et le jour suivant. Route, droite, poussiéreuse, et sans circulation. Vent implacable s’opposant à la progression. Parfois vous entendiez un camion, vous étiez sûr que c’était un camion, mais ce n’était que le vent. Ou un craquement de boite de vitesses mais ce n’était également que le vent. Parfois le vent faisait un bruit de camion vide franchissant un pont en cahotant. Même si un camion était arrivé par derrière, vous ne l’auriez pas entendu. Et même si vous aviez été face au vent, le vent aurait noyé le son du moteur. Le seul bruit que vous entendiez était le cri du guanaco. Un bruit comme un bébé qui essaie de pleurer et d’éternuer en même temps. D’abord vous le voyiez à cent mètres : un mâle solitaire, plus gros et plus gracieux qu’un lama, avec une robe orangée et une queue blanche relevée. Les guanacos sont des animaux farouches, vous avait-on dit, mais celui-ci était fou de vous. Et quand vous ne pouviez plus marcher et que vous vous allongiez dans votre sac de couchage, il était là à renifler, en gardant toujours la même distance. Le lendemain matin il était tout près, mais il ne pouvait supporter la surprise de vous voir sortir de votre peau. Et c’était la fin d’une amitié. Vous le regardiez s’enfuir bondissant au-dessus des épineux comme un galion qui a le vent en poupe.
Le jour suivant chaleur plus forte et vent plus violent que jamais. Les rafales torrides vous rejetaient en arrière, vous aspiraient les jambes, vous comprimaient les épaules. La route qui commençait et finissait dans un mirage gris. Vous croyiez voir un fantôme de poussière derrière vous et, bien que vous sachiez qu’il ne fallait pas compter sur l’arrivée d’un camion, vous pensiez que c’était un camion. Ou bien apparaissaient de petites taches noires qui se rapprochaient. Vous vous arrêtiez, vous vous asseyiez et vous attendiez, mais les petites taches s’éloignaient de part et d’autre de la route et vous vous rendiez compte alors que c’étaient des moutons.

Finalement un camion chilien passa dans l’après-midi du second jour. Le chauffeur était un costaud à l’abord jovial dont les pieds sentaient le fromage. Il aimait bien Pinochet et semblait satisfait de la situation générale de son pays.
Il m’amena à Lago Blanco. Les eaux du lac étaient d’un triste blanc crème. Au-delà s’étendait un cirque de prairies vert émeraude cerné par une ligne de montagnes bleues. C’était Valle Huemeules…
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keishakeisha   03 décembre 2011
Combien vous dois-je pour la chambre?

_ Rien. Si vous n'y aviez pas dormi, elle serait restée inoccupée.

- Combien pour le dîner?

- Rien. Comment pouvions-nous savoir que vous veniez? Nous avons fait la cuisine pour nous.

- Alors combien pour le vin?

- Nous offrons toujours le vin à nos visiteurs.

- Et le maté?

- Personne ne paye jamais le maté ici.

- Qu'est-ce que je peux payer alors? Il ne reste plus que le pain et le café.

- Je ne peux vous compter le pain, mais le café au lait est une boisson de gringo et je vous le fais payer.
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le_Bisonle_Bison   16 mai 2016
Tierra del Fuego – Terre de Feu. Les feux étaient ceux des indiens fuégiens. Selon une des versions de l’origine de cette dénomination, Magellan n’ayant aperçu que de la fumée l’avait appelé Tierra del Humo, Terre de la Fumée, mais Charles Quint déclara qu’il n’y avait pas de fumée sans feu et changea le nom.
Les Fuégiens sont morts et tous les feux sont éteints. Seules les torchères des raffineries crachent leur panache de fumée dans le ciel crépusculaire.
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keishakeisha   03 décembre 2011
Le 27 janvier 1923 le colonel Varela fut abattu, au coin de Fitzroy et de Santa Fé, par Kurt Wilkens, un anarchiste tolstoïen du Schleswig-Holstein. Un mois plus tard, le 26 février, Wilkens fut tué dans la prison des Encausaderos par son gardien, Jorge Pérez Maillan Temperley (...). Et le lundi 29 février 1925, Temperley fut tué à son tour;;, dans un hôpital de Buenos Aires pour déments criminls, par un nain yougoslave du nom de Lukic.

L'homme qui fournit le pistolet à Lukic est un cas intéressant : Boris Vladimirovic, russe de haute naissance, biologiste et artiste, avait vécu en Suisse et connu -ou prétendait avoir connu- Lénine. La révolution de 1905 le poussa à l'ivrognerie. Il eut une attaque cardiaque et émigra en Argentine pour commencer une nouvelle vie. Il fut bientôt repris par ses vieux démons et dévalisa un bureau de change pour alimenter la caisse de la propagande anarchiste. Un homme fut tué et Vladimirovic écopa de vingt-cinq ans à Ushuaia, la prison du bout du monde. Il y chanta à tue-tête les chansons de sa terre natale et, pour obtenir le calme, le gouverneur le fit transférer dans la capitale.

Le dimanche 8 février, deux amis russes lui apportèrent un revolver dans un panier de fruits."

Etc... etc...
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le_Bisonle_Bison   22 mai 2016
Dans sa lente reptation, la marée finit par atteindre les bacs. Le soleil plongea derrière les nuages en les ourlant d’or et s’enfonça au milieu du détroit. Un flot de lumière safran inonda le paysage. La mer devint glauque et les embruns se colorèrent de reflets verts et dorés.
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