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EAN : 978B08MQCV5J1
96 pages
Éditeur : Editions de Minuit (07/01/2021)
3.56/5   31 notes
Résumé :
Elle, petite fille aux origines modestes. Envie de vivre plus forte que la mort.
Elle, adolescente aux rêves de prince charmant. Bal des illusions perdues.
Elle, femme libre, jalousée, traquée. Sacrifiée pour enterrer le passé.
Il revient au fils de découvrir les secrets de famille. Histoires de haine et d’amour.
Elle, la mère.
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Christophe_bj
  30 janvier 2021
Un homme enterre sa mère et se remémore ses propres souvenirs et ceux, douloureux, de sa mère, tels qu'elle les lui a racontés. ● J'ai du mal à comprendre l'engouement critique pour ce livre minuscule qui ressasse des thèmes éculés avec un style répétitif, prétentieux et exaspérant, sans donner aucun nom de personnage (l'auteur imagine sans doute que ça fait avant-gardiste). Les reprises à la Péguy (sans le talent qui va avec), les phrases nominales, le non-emploi de pronoms de reprise pourtant sanctionné dans les rédactions dès l'école primaire, tout cela prolifère comme autant de marques de pseudo-modernité. ● de temps en temps les éditions de Minuit, qui bien sûr « ont le ticket » depuis leur création, provoquent de tels emballements critiques ; ce fut le cas naguère pour un livre semblablement raté et grotesquement répétitif, Ça raconte Sarah, qu'il fallait absolument avoir lu. ● le seul point positif, c'est que comme ça fait 96 pages, on n'y perd qu'une heure.
● J'ajoute a posteriori que l'auteur s'est créé ici plusieurs profils pour encenser sa propre oeuvre : bel exemple d'honnêteté intellectuelle !
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Verdure35
  17 janvier 2021

Pour ma perception des maisons d'éditions, ce texte ne pouvait sortir que des Edts de Minuit, c'est le cas.
E. Chaussade a une soixantaine d'années, vit dans un milieu artistique, la mode en particulier, et c'est son premier roman.
Peut-être comme dans tout premier roman est-il parti de quelques souvenirs personnels.
Ce roman est âpre,dur, violent ,mais il s'en dégage un amour filial intense et désespéré très beau.
C'est au moment de la mise en terre de sa mère qu'un fils ré-embobine sa vie et celle de sa mère; il raconte ses souvenirs et tout ce que sa mère a pu lui confier de sa propre vie.Une enfance abusée pour elle, son mariage avec le fils de l'abuseur, ses enfants nés avant le mariage qui feront tout pour la rendre folle, et lui, ce fils chéri qui l'aimera jusqu'au bout.
C'est un roman court, où tout est dit, les mots claquent, l'auteur fait montre d'une belle maîtrise d'écriture. Une réussite .
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lucia-lilas
  31 janvier 2021
Les phrases sont courtes, nominales, rythmées, syncopées. Elles claquent, heurtent, blessent. Les mots sont violents, brutaux, terribles. Je les ai ressentis comme des coups. Des coups répétés, toute une vie, des coups donnés par les uns, par les autres, des coups portés à celle que le narrateur, un des fils, appelle la mère : sa mère. Celle qui maintenant est dans la tombe.
Pourquoi ? Parce qu'une mère « est coupable de tout. » Les enfants jugent qu'elle n'en fait pas assez ou bien qu'elle en fait trop ou qu'elle ne fait pas comme il faut, pas comme on veut, alors on la critique, on s'en moque, on s'en éloigne et puis, comme elle finit par manquer aux enfants devenus grands, on le lui fait payer, on la traite de folle parce qu'elle dit les choses, la mère. Elle n'a pas froid aux yeux. Elle appelle un chat un chat. Elle balance ce qu'elle a sur le coeur, les secrets de famille, les sales trucs qu'on préfère oublier. Épuisée, à bout, seule, elle se lâche, la mère, elle a peut-être trop subi, trop enduré. Elle en a bavé.
Et puis, il y a les choses qu'elle garde pour elle, qu'elle emmènera dans la tombe. Que personne ne saura jamais.
Ce que les petits chéris oublient aussi, c'est que la mère n'est pas que mère. Elle est aussi une femme, elle veut plaire, aimer, être aimée, elle veut profiter, désirer, jouir et elle n'écoutera personne lui dicter sa conduite. Parce qu'elle est libre, émancipée. Elle dispose de son corps. Tant pis si on la traite de folle, tant pis si parfois elle EST folle.
Finalement, on ne sait jamais vraiment qui elles sont, les mères.
Ce roman aurait pu s'appeler « Une vie » : celle d'une mère qui est aussi une femme.
Un portrait fort, saisissant, dérangeant, terrible, inoubliable, un texte qu'il faut relire pour en apprécier toute la richesse, toutes les nuances, toute la force des mots prononcés par ce fils chéri, celui qui sera auprès d'elle, jusqu'au bout, et malgré tout.
Magnifique !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Agneslitdansonlit
  17 avril 2021
Un récit court, sobre, mais d'une sobriété qui confine à un minimalisme qui finalement dessert le propos. Car à trop vouloir conférer un style particulier à son écriture, l'auteur en abuse et tombe dans un travers qui alourdit ce roman et rend la lecture pénible. Cette austérité, excessive mais inadéquate, va jusqu'à priver tous les personnages de leur identité puisqu'aucun prénom n'est précisé... Chacun est donc désigné par sa position familiale : la mère, le fils, le père, la fille. Après tout, pourquoi ne pas ajouter de la lourdeur à la lourdeur ?
Non content de ces effets de style avortés, l'auteur choisit par surcroît de déverser des faits très crus dans son récit, me laissant le souvenir d'un empilement de misères, d'injustices et d'écoeurement.
Emmanuel Chaussade a fait le choix d'une histoire dure, une histoire de malheur sur toute une vie. Un fils raconte sa mère, en commençant son récit par l'inhumation de cette dernière, dans une solitude qui aura marqué toute son existence. Excepté ce fils, personne. Il nous déroule alors cette destinée de chagrin, les origines très modestes, la séparation familiale petite, le placement, les abus par un notable qui dissimulera son immonde visage de pédophile par le masque du bienfaiteur. Lorsque devenue jeune fille, elle fréquentera le fils de ce prédateur, le comble de l'abjection fera de son agresseur son beau-père... le récit se poursuit ainsi dans le nauséeux, cette mère devenant à son tour prédatrice.
La maladie d'Alzheimer vient "couronner" comme une dernière offense cet amoncellement d'afflictions, les enfants plaçant sans scrupule cette mère mal assortie à leur vie bourgeoise, lui reprochant cette mésalliance, dans un établissement : la boucle est bouclée, retour à la case départ.
La mère est très clairement présentée exclusivement comme victime et ne semble jamais être ne serait-ce qu'effleurée par une lumière d'espoir, une résilience, une ébauche d'estime de soi, qui l'extrairait de ce magma désespérant. Elle semble tout bonnement n'avoir jamais grandi, condamnée à vie à un rôle de petite fille abusée.
Le fils est donc l'émissaire de la réhabilitation de cette mère, étoile qui n'aura jamais brillé.
Cette lecture m'a laissée dubitative sur la motivation de l'auteur : pourquoi un tel écrit souvent sordide, qui au final dessert cette mère, pourtant injustement négligée et abusée dès son plus jeune âge.
La réhabilitation, si c'était bien là le dessein de l'auteur, échoue. Ne reste qu'un tableau triste et désespérant.
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jg69
  31 janvier 2021
Le roman s'ouvre sur l'enterrement de la mère. le fils, troisième enfant de la mère, y assiste seul. "Elle est seule dans la mort. Elle est seule dans la solitude de la terre. le fils est seul dans son chagrin. Solitude commune, partagée." Tout au long du récit la mère n'est jamais nommée par son prénom, le prénom du fils n'apparait qu'incidemment au détour d'une phrase. C'est donc l'histoire d'une mère racontée par un de ses fils, une histoire où seuls quelques prénoms de la famille sont cités, avec peu d'indications de lieux et d'époque, avec un narrateur qui n'emploie jamais le "je", restant dans une position très distanciée.
Le fils nous livre de multiples fragments de souvenirs. Confronté aux silences de sa mère, il a réussi à combler les années manquantes de son histoire et à percer le secret des origines de cette femme chez qui il percevait des douleurs profondes cachées, un profond mal-être, "La mère ne lui cache pas son histoire, elle la déguise."
C'est l'histoire d'une femme qui a couru toute sa vie après l'amour dont elle a été privée très jeune, une femme poursuivie par un sentiment de culpabilité et la peur de l'abandon. "Femme bafouée. Femme salie. Femme rejetée." C'est l'histoire d'une femme qui a souffert de solitude toute sa vie mais qui a gardé un amour de la vie malgré les épreuves. Abusée par un homme, mariée au fils de cet homme, trompée par son mari, "Tel père, tel fils", elle se comportera un temps en femme libre avant d'être rejetée par ses deux premiers enfants qui la feront passer pour folle "Une famille, refuge de calme et de sécurité et, en même temps, lieu de la plus extrême violence." Une femme "morte d'avoir été mal aimée, morte d'avoir mal aimé. Morte d'amour." qui reproduira une partie de la vie de sa propre mère.
Le style de ce roman est saisissant. Syncopé, répétitif, fait de phrases courtes et percutantes où chaque mot semble choisi avec précision. Il raconte l'amour du fils pour sa mère mais contient aussi comme une certaine colère retenue. le ton apparemment distancié que prend le narrateur donne un côté un peu étrange au récit. La construction est parfaite nous livrant des secrets de famille inavouables au fil du récit. C'est un livre dont il est impossible de trop en dire si ce n'est qu'un élément essentiel révélé à la fin du récit, un coup de folie de la mère, éclaire l'ensemble du roman d'une façon complètement différente imposant une deuxième lecture du roman. Un vrai coup de maitre de l'auteur.
Vies en miroir. Amour donné sans rien recevoir en retour. Besoin viscéral d'être aimée. Enfances volées. Amour et haine. Inceste et violences sexuelles.
Magnifique premier roman, d'une belle valeur littéraire. C'est fin et puissant, court mais terriblement dense, dur et parfois très dérangeant. Un vrai choc.
Lien : https://leslivresdejoelle.bl..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   13 janvier 2021
A part une bouchée de terre, que peut-elle bien avaler maintenant. Il n'y a pas de pissenlits autour de sa tombe. Les couleuvres, elle les a avalées de son vivant.
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rkhettaouirkhettaoui   10 janvier 2021
Elle est seule dans la mort. Elle est seule dans la solitude de la terre. Le fils est seul dans son chagrin. Solitude commune, partagée. Le fils quitte la mère pour la dernière fois. Sans se retourner. Sans pleurer. Ses larmes, il les a versées il y a bien longtemps. Ses larmes ont disparu avec son enfance. Avec sa mort, il est passé de l’enfance à la vieillesse en quelques pelletées. Il sait qu’il restera toute la vie un enfant aux yeux de la mère.
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rkhettaouirkhettaoui   10 janvier 2021
Elle n’en a jamais voulu à cet homme pervers et alcoolique. Souvenirs pleins de tendresse. Elle en parle avec ce sourire de l’innocence des enfants qui désespèrent d’être aimés. Il lui portait l’attention qui lui manquait tant. Elle s’est trompée, en prenant son intérêt pour de l’amour. Ces abus dont elle a été victime l’ont empêchée d’aimer et de s’aimer. C’est une des choses qu’elle a en commun avec son mari. Lui aussi est incapable d’aimer et de s’aimer.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   26 février 2021
Elle a commencé sa vie dans un hôpital, elle la terminera dans un EHPAD. Funeste acronyme de cinq lettres qui signe sa mort certaine. Lieu au rendement insolent, en déficit d'humanité. Endroit sinistre aux prix délirants. Machine à tuer en toute impunité. EHPAD masculin qui a écrasé la féminine maison de retraite. Interdit de s'éloigner de la vie active afin de se reposer. Interdit de réfléchir, de se réfugier, pour se préparer à passer de vie à trépas. Labyrinthe de couloirs tous identiques, aux portes suffisamment larges pour permettre le passage simultané du cercueil du partant et du lit à roulettes du nouvel arrivant.
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rkhettaouirkhettaoui   10 janvier 2021
Les gens manquent de tout. Comme ils n’ont rien, ils se satisfont de peu. « Les bonnes sœurs n’ont jamais été méchantes avec moi. Elles n’étaient pas tendres mais justes. » Elle est si jeune, à peine deux ans. Elles ont de la pitié sans lui donner d’amour. Son père ne vient jamais la voir. Pas de nouvelles non plus des autres frères et sœurs. C’est la guerre. Le temps des privations. Privée de tout, privée d’amour.
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