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Critiques sur La passion Lippi (47)
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Herve-Lionel
  05 avril 2014

N°535 – Juillet 2011.
LA PASSION LIPPISophie Chauveau – Folio.

Nous sommes le 2 février 1414 et Cosme de Médicis règne sur Florence, la ville des fleurs, cette cité de Toscane au doux nom de femme qui rayonne déjà sur l'Europe entière. Ce prince puissant aime s'habiller simplement mais aime aussi s'entourer d'artistes. En ce jour, sa route va croiser celle d'un enfant qui dans une ruelle de la ville sculpte la poussière. C'est Filippo Lippi , un inconnu, un orphelin qui, il le vérifie tout de suite, excelle dans la peinture, sans jamais l'avoir apprise. Cosme le confie donc à celui qu'on appellera plus tard Fra Angélico, pour un apprentissage qui va durer six ans et pendant lesquels l'enfant sera confié aux bons soins des Carmes. Il n'aura donc plus à mendier ! Dans ce couvent, il se révèle pieux, son maître fait de lui un bon peintre, mais le séminariste se révèle aussi assidu au bordel ! C'est que son ordre n'est pas strict et il est le protégé de Cosme ! Il aime la peinture au point qu'il vole les couleurs... mais c'est pour décorer le lupanar où il a ses habitudes. Il est pauvre et peintre mais ressemble à un ange, c'est sans doute ce qui fait de lui le favori des prostituées chez qui il se réfugie volontiers, mais cela ne l'empêche pas de prononcer ses voeux. Il sera donc Fra Filippo Lippi, mais en apparence seulement.

Pourtant, soumission, abnégation, abstinence, pauvreté et charité sont exactement le contraire de ce qu'il est et de ce qu'il veut devenir demain. Il mentira donc toute sa vie et comme apparemment Dieu a agrée ses voeux, il sera un homme avant d'être un serviteur de Jésus. Il est sensible à la beauté des femmes et professe volontiers que si Dieu a créé le plaisir c'est qu'il a été voulu par Lui et donc qu'il est divin. Il se vautre dans le stupre et fait désormais fructifier son talent un peu dans les chapelles... mais surtout en décorant les lupanars ! C'est certes incompatible avec son état, et cela indispose son protecteur, mais il peint si bien !

Celui qui, en bon élève, avait copié ses maîtres veut maintenant leur voler leur talent et leur style. Ses condisciples Masaccio et Masolino l'ont beaucoup influencé, en peinture seulement. Il aime tellement les prostituées qu'il prête leurs traits et leur beauté à la vierge Marie, un comble !

Le destin de Lippi épouse celui de Cosme son protecteur mais son âpreté au gain fait de lui un habile négociateur de ses oeuvres puisqu'il a fini par découvrir son propre style et qu'il est désormais regardé comme « grand peintre ». Son talent artistique, son parti-pris de faire payer ses clients pour sa prestation intellectuelle, sa promotion dans la hiérarchie ecclésiastique, suscitent pas mal d'inimitiés mais une banale histoire de contrat non rempli lui vaut la prison et le supplice de l'estrapade qui peut compromettre son avenir en lui brisant les mains. Heureusement il s'en sort mais c'est pour mieux retomber dans ses vices ! Florence est, comme Venise, une république qui fonctionne grâce à la délation. Dans la Sérénissime, c'est la « Boca del leone » qui recueille les dénonciations. Ici c'est la « Tambulazione » qui veille et fait de lui un exilé. Lui qui fréquentait volontiers les prostituées vient de tomber éperdument amoureux d'une nonne vierge, Lucrezia Buti, qu'il prend comme modèle de Madone... qu'il va engrosser et dont il veut garder l'enfant. C'est un peu le remake de l'Annonciation. Il n'y aura que le pape, sur intervention de Cosme, son éternel protecteur, pour les relever de leurs voeux, faire d'eux des laïcs à condition qu'ils se marient et élèvent chrétiennement leur enfant. Après quelques périodes de sécheresse, les commandes affluent, ce qui lui permet d'élever dignement sa famille et de l'agrandir, sans oublier cependant de retomber dans ses vieux démons du vice, de la débauche. Il aura pour élève Botticelli.
Il vit de son art, c'est un artiste reconnu et non plus un simple artisan, protégé des Médicis, Cosme et maintenant son fils Pierre. Heureusement pour lui, Filippino, son fils aîné a des dispositions pour la peinture. A la mort de son père, c'est lui qui terminera les fresques de la cathédrale de Spolète.


Tel est donc le fabuleux parcours de Lippi, tout à la fois voyou, ivrogne, libertin, jouisseur et peintre génial (1406-1469) que l'auteur, en quatre saisons, évoque magistralement pour son lecteur. Elle le plonge dans l'ambiance de ce siècle d'exception, dit de « la première renaissance » où cohabitent la ferveur religieuse et la débauche, la beauté et la trahison. C'est passionnant !



©Hervé GAUTIER – Juillet 2011.http://hervegautier.e-monsite.com































































































Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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laetitia567
  02 mars 2010
Ce livre fait une belle description des artistes du XVe siècle mais malgrès toutes les critiques élogieuses, je dois dire que je n'ai pas réussi à "renter" dans ce livre qui pour moi tournais un peu en rond. Je n'ai même pas été en mesure de le terminer, et me suis arrêtée au 2 tiers.
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albu77
  18 juin 2015
Ignorant tout de fra Lippi et même de l'époque je ne peux dire quoi que ce soit sur l'exactitude des description ou les erreurs contenues dans le livre.
Par contre la vie de Lippi semble être réellement un grand roman.
Ce livre m'a ouvert une fenêtre sur une époque, un peintre, génie, rebelle qui peignait grandement avec son coeur et m'a donné une formidable envie d'en lire plus et surtout d'en voir plus.
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michelangelo
  13 février 2014
Fra Fillipo Lippi aura connu un destin hors du commun. Découvert enfant mendiant dans les rues de Florence par Cosme l'ancien au début du 15ème siècle, il va devenir, par son talent et son originalité, le peintre adoré des florentins et des Médicis.
Guido di Pietro sera son maître officiel et respecté, mais il subira également l'influence du bouillant Masaccio qui est en train de révolutionner la peinture religieuse traditionnelle avec ses incroyables fresques de la Chapelle Brancacci !
Pourtant, Fillipo Lippi, ordonné prêtre, a une vie de débauché. Il fréquente les filles de mauvaise vie, boit plus que de raison et séduit la nonne qui sert de modèle dans le couvent où il réalise un triptyque sur la vierge.
Lucrezia, c'est son nom, tombe rapidement enceinte, obligeant les deux amoureux à fuir et se cacher afin d'éviter la sentence appliquée en pareil cas : la condamnation à mort.
Il faudra toute la diplomatie et l'influence des Médicis pour les sortir de ce mauvais pas et persuader le Pape de les relever de leurs voeux.
Entre ses excès de boisson et ses allers-retours dans les bras des filles de joie, Fillipo Lippi et Lucrezia s'aimeront avec passion et auront deux enfants.
Mais un drame fatal se prépare dans la relation passionnée mais adultère que Fillipo Lippi va entretenir avec la Dame Orsini, à Spolète où il reste de longs mois pour peindre, à cinquante ans passés, l'ensemble de la cathédrale.
Cette oeuvre sera saluée par Botticelli qui verra là l'empreinte d'un grand maître…que le sieur Orsini enverra passer de vie à trépas !
Sophie Chauveau a écrit une oeuvre extrêmement bien documentée qui a peu à voir avec un roman traditionnel. Pour cela, Il aurait fallu sentir le flot des mots nés de sentiments forts cascadant au fil des chapitres et le personnage de Fillipo Lippi s'y prêtait à merveille. Mais n'est pas Irving Stone qui veut…
La plume de Sophie Chauveau semble souvent retenue parfois forcée et pas toujours convaincante. En fait, ce livre est une excellente biographie d'abord destinée aux amateurs d'art italien De La Renaissance dont je fais partie. Et vous ? Si votre réponse est « oui » ou « moi aussi », je vous invite à lire cet ouvrage sans tarder !

Michel Ange, octobre 2004
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cdenis
  18 juin 2008
c'est un très beau roman sur les artistes de Florence du 15 ème siècle. J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le récit initialement, puis la deuxième partie se lit facilement. A lire,dépaysement assuré.
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Ackerman
  27 août 2019
Moi qui dévore habituellement les romans sur les quattrocento et cinquecento, j'ai été extrêmement déçue par celui-ci. Tout d'abord le style est mauvais : des phrases courtes avec souvent un mauvais usage de la ponctuation et de la grammaire, des phrases qui n'ont absolument aucun sens mais que la romancière semble utiliser parce que ça sonne bien à ses yeux, des expressions répétées des dizaines de fois d'une page à l'autre, des dialogues artificiels, des anachronismes... Même l'aspect historique ne sauve pas ce livre car les nombreuses erreurs sont choquantes, même pour un roman (je suis pourtant une grande lectrice de romans historiques). C'est grave pour les lecteurs qui pensent avoir compris Lippi et les Médicis en lisant ce livre... Même le nom de Lucrezia Tornabuoni est écrit à plusieurs reprises avec une faute d'orthographe !
Et si vous désirez apprendre des choses sur la peinture de Lippi, passez votre chemin : il en est très peu question, l'auteur préférant se concentrer sur la vie sexuelle du peintre. Forcément, ça demande moins de recherches historiques et d'imagination. Bref, vous apprendrez plus de choses sur Wikipedia !
Dans le genre roman sur les peintres de la renaissance italienne, je recommande plutôt "Au temps où la Joconde parlait" qui, romancé également, est plus agréable à lire et ne contient pas autant de bêtises.
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Mariecke
  19 avril 2018
Une plongée dans l'univers de l'Italie du 15e siècle, un roman bien écrit et passionnant sur la vie, les errements et les talents de Filippo Lippi. On croise Cosme de Medicis, Boticelli, Guido di Pietro et beaucoup d'autres. Ce livre est une réussite.
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Lesaloes
  25 septembre 2017
Une trilogie couvrant le Quattrocento, l'âge d'or de Florence, notre quinzième siècle, à travers les biographies romancées de trois des représentants de la Renaissance italienne, tous natifs de la République florentine : Fra (frère) Filippo LIPPI, moine libertin et noceur, relevé de ses voeux par le Pape lui-même sur intervention personnelle de Cosme de Médicis, après ses relations sacrilèges avec la nonne Lucrezia - qu'il épousera - et deux des plus grands génies de la peinture universelle, son élève le mélancolique Sandro BOTICELLI, auteur entre autres de fresques de la Sixtine à Rome, des saisissants Printemps et Naissance de Vénus exposés aux Offices et enfin Léonard de VINCI (40 km à l'ouest de la cité) dont les trésors appartiennent au patrimoine de l'humanité.

Affirmons-le d'emblée, même si la réalité a pu dépasser la vraisemblance de la fiction romanesque, l'auteure S. CHAUVEAU ne brille pas par la justesse de la psychologie de ses héros : on en retient les tentatives laborieuses et parfois incohérentes de l'exploration des ressorts intimes de leur personnalité et son insistance et parti-pris trop lassants pour développer à longueur de pages les frasques et choix sexuels des protagonistes, prostituées pour Lippi, rapports homosexuels pour Boticelli et Vinci, dans ces milieux qui toléraient alors les nombreux artistes déclarés "invertis".

La trilogie vaut cependant par la reconstitution de la vie quotidienne et la chronologie historique de la République florentine, cité-état au sommet de sa puissance débordant des strictes limites de la métropole après l'écrasement de Sienne et de Pise, dominée, hors la parenthèse Savonarole, par les MÉDICIS, richissimes protecteur des arts, avec Machiavel, César Borgia et rois de France en guest stars. On suit Vinci dans le duché de Milan du condottiere Ludovic FORZA le Maure, plus de quinze ans de vie, où il peindra la célébrissime fresque de la Cène du réfectoire du couvent des Dominicains.

Le meilleur de ces récits, l'effervescence artistique. Au sein de ces villes stimulées par leur émulation, on demeure impressionnés par les communautés quasi familiales des ateliers de cette génération de génies, les rivalités et progrès de maîtres s'affranchissant à mesure des figures religieuses imposées pour transmettre leurs innovations à leurs pairs et disciples. Et surtout par la genèse des chefs-d'oeuvre ou la révélation des rapports entretenus par les peintres avec leurs modèles lors de leurs longs tête-à-tête créatifs : Lippi et Lucrezia en multiples Madones ; Boticelli, Simonetta Vespucci, la plus belle femme de Florence (morte à 23 ans) et Sandra Lippi le Printemps et La naissance de Vénus ; Vinci et les favorites de Forza La Belle Ferronnière et La Femme à l'Hermine et bien sûr la Mona Lisa de la Joconde.

Sur les traces de géants, une trilogie pour sentir, le temps de leur vie, le souffle d'un siècle foisonnant et respirer l'air éthéré des cimes.
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valerie1411
  12 juillet 2017
Très très bon livre sur l'histoire de la Renaissance italienne. C'est un vrai plaisir d'en apprendre plus sur la vie du peintre Lippi et sur son époque. Hâte de lire les autres tomes de cette trilogie.
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johnny2770
  01 mars 2016
j ai lu ce livre par gout pour la peinture de la renaissance. Mais j ai été déçu le roman hésite entre des fait précis et de la romance pur. On retrouve aussi des blancs dans la vie de ce peintre on le quitte a 27 ans et on le retrouve peu de pages ensuites à l age de cinquante ans.
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