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ISBN : 2081233525
Éditeur : Flammarion (03/02/2010)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 12 notes)
Résumé :
"Un livre n'est que le portrait du coeur, chaque page une pulsation", écrit Emily Dickinson. A cela Andrée Chedid ajoute qu'un livre est aussi la soif d'un ailleurs, une salve d'avenir. Dans "L'Etoffe de l'univers", la poétesse née au Caire remonte aux origines de sa vie, explore à travers de courts poèmes le mystère du passage sur terre, la beauté et la force, mais aussi la fragilité, surtout quand l'aventure est malmenée par la vieillesse, la mort qui rôde.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Myriam3
  21 septembre 2016
Poèmes épurés, deux ou trois mots par vers,
mais des syllabes comme des bulles qui claquent, explosent, soufflent, se gonflent et s'envolent,
des vers pleins d'une vie qui se renouvelle sans cesse, émerveillée, jeune, enthousiaste, qui lutte contre la vieillesse et la mort.
Andrée Chédid est cette main qui écrit, cette âme qui s'interroge, s'amuse des mots et des sonorités, joue avec le temps, le prend dans ses mains, le tire, l'étire, l'emplit d'univers, de vent, de mouvement, le palpe de peur de le laisser glisser vers le néant.
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Labyrinthiques
  09 décembre 2011
L'étoffe de l'univers est le dernier recueil de poèmes publié de son vivant d'Andrée Chedid, disparue en février 2011. Une oeuvre voulue comme l'épitaphe d'une conscience qui va disparaître, qui se sent cheminant vers cette mort prochaine mais qui disparaît également comme seule la mémoire peut le faire avec ceux qui sont touchés par la maladie d'Alzheimer... par paliers progressifs, par à-coups insidieux... Une oeuvre écrite comme un testament, comme quelque-chose qui témoigne simultanément du ça a existé et du ça disparaît.
S'il est d'usage de considérer souvent, comme Hugo, et je trouve à tort, le poète comme un phare jetant "sa flamme // Sur l'éternelle vérité" afin de chasser du monde cette pesante obscurité du monde qui l'opacifie, Andrée Chedid serait cette poétesse qui nous offrirait, dans un dernier tour de projecteur au comble d'un romantisme désuet, cette ultime et circulaire "illumination" du vaste océan qui l'entoure, avant que ne se perde définitivement la clarté vacillante du fanal. Mais ce n'est pas si... simple. Andrée Chedid est de ces poètes qui cultivent l'élégance de la simplicité en refusant les raccourcis simplistes.
Pour comprendre ce recueil, il faut sans doute en saisir l'épaisseur de son titre : L'étoffe de l'univers. le titre, à bien des égards, ouvre le regard que l'on peut porter sur le recueil. le titre tire son origine d'une expression conceptuelle de Pierre Teilhard de Chardin , à qui un poème éponyme est dédié.
Pour le dire vite, ce concept, chez Teilhard, est une tentative scientifique et théologique de réconcilier l'Esprit et la Matière comme un tout constitutif de l'Univers. le recueil alors peut se lire comme le journal d'un esprit réconcilié au monde, l'univers et la conscience de l'univers (et non pas l'âme) symbiotiquement réunis au terme de la journée, que l'on nomme le crépuscule. Dans Ma terre retrouvée :
"J'avais perdu ma terre
En un jour de vacarme
En un jour de chagrin et de larmes
[...] J'ai retrouvé ma terre
Je m'y promène sans abri"
L'étoffe de l'univers peut aussi s'entendre d'une manière plus symbolique, celle du textile, un entrecroisement de fils, des « ficelles qui [...] emmaillotent » l'entortillement des destins sur la trame de la vie. le poète serait en quelque sorte cette Parque qui tire les fils de l'écheveau pour ressentir physiquement les destins glisser entre ses mains. On trouve dans les poèmes d'Andrée Chedid ce regard défilant sur ce fleuve, décrit par Héraclite, que l'on nomme le temps. Mais on ne sait plus très bien à la lecture si le fleuve n'est pas immobile et si ce ne sont pas les yeux qui lui donnent l'impression de mouvement, comme un long mouvement de travelling...
Ainsi Andrée Chedid commence son recueil par des prolégomènes qui constituent une narration revenant sur le temps et le lieu de l'enfance, sur la nécessité d'être paresseux pour accéder à l'état poétique ("Eloge de la cancritude"), sur les débuts de sa vie, son mariage, ses enfants, et se termine sur sa terrible maladie contre laquelle elle lutte de toutes ses forces :
« Je m'accrochais à des riens, un bruit léger à peine audible, une part de lumière. Je conservais chaque miette de bonheur, j'avalais tout. » p.25
La suite du recueil est un voyage, du moi vers l'autre, du retour à la terre retrouvée, du vivre au mourir. Ces poèmes sont comme des monades ((Au sens Husserlien du terme : "la monade caractérise le rapport intersubjectif. le mot « monade », ici, désigne la conscience individuelle, l'individualité en tant qu'elle représente à la fois un point de vue unique, original sur le monde et une totalité close, impénétrable aux autres consciences individuelles ou individualités." Wikipédia)) nomades. Chaque poème est une prise de parole d'une conscience individuelle -- proclamée poète, Andrée Chedid y tient -- (en cela, Andrée Chedid n'est pas ce phare universel hugolien éclairant les secrets du monde, sa lumière à elle n'illumine pas les choses mais "ouvre des brèches // Et des passerelles" entre elles pour qu'elles s'illuminent les unes les autres) et errant sur les éléments essentiels et constitutifs de l'univers. Cette parole témoigne de son appétit du monde, de ce bonheur encore intact -- malgré l'effacement dans le néant -- de manger des "miettes de bonheur".
La fin du recueil, le post-scriptum, est étonnante. Chaque poème écrit est prolongé dans cette partie par une citation commentée, une réflexion qui apporte un nouvel éclairage : on y trouve, entre autres, des mots de Saint Augustin, Heidegger, William Blake, Rilke ou encore René Char.
Évidemment, ce recueil de poèmes -- formellement d'une simplicité dépouillée, pleine d'une naïveté d'enfant (à ce titre, je trouve que le regard d'Andrée n'est pas éloigné de celui de Duras, à la fin de sa vie) -- m'a énormément touché et ému...
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meyeleb
  08 octobre 2012
L'étoffe de l'univers est le recueil des questions. Qui suis-je ? Où suis-je ? et pour combien de temps encore ? Andrée Chédid fait une pause, lance un regard vers le passé, remercie le don de création qui a enrichi sa vie. Elle dialogue avec le temps qui passe, apprivoise la vieillesse : "tu découvres pas à pas/ Toute l'absence de ta présence", interroge la mort, "cette interruption", citant René Char et ses Feuillets d'Hypnis : "Après (...) seront tes cendres. Celles imaginaires de ta vie immobile sur son cône d'ombre".
Un bel ouvrage enrichi d'un Post-Scriptum où Andrée Chédid vient ajouter des notes pour expliciter ses poèmes, et citer ceux qui ont nourri sa pensée créatrice.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   21 novembre 2014
V - MA TERRE
Juillet 2005

L'ÉTOFFE DE L'UNIVERS
(à Pierre Teilhard de Chardin)


Première Partie (Allegro Vivace)

Ce tissu insondable
Flottant vers l'infini
Cette toile
Sans faille
Indescriptible
Ce tic tac du cosmos
Métronome du silence
À la fibre qui palpite
En milliers de battements

Deuxième Partie (Andante)

Ce tissu irréparable
Aux franges sans limites
Cette nature libérée
Ce cosmos qui virevolte
Cet univers en marche
Dans l'étoffe du temps

Finale (Molto Vivace)

Cette pluralité des mondes
Ces espaces infinis
Cette planète inouïe
Au tissu bigarré
Cette gravitation
Ce fileté des jours
Ces continents en déroute
Ce genre humain
Ces foules à travers siècles…
Dont on prévoit la fin.

p. 73-74

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coco4649coco4649   20 novembre 2014
III JE ME NOMME POÈTE
juillet 2005

DÉCOUVRIR


Je dénude le ciel
Sans réponse
Je dépiste le ciel
Sans voix
J'explore d'autres domaines
J'invente mon langage
J'explore la Poésie
Et m'évade

Dans ce terre à terre
À voix basse
J'y découvre
Inventions et soucis.

p.46
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coco4649coco4649   20 novembre 2014
VI - VIVRE

février 2005
RÉSISTER
(pour Gérard Trougnou)

Résister aux temps
Qui nous courbent
Et nous voûtent
Résister aux vents
Qui fracassent
Notre chant
Résister
À tous ceux
Qu'on redoute

Résister
Et debout
Clamer
Notre liberté.

p.83
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coco4649coco4649   05 août 2015
II QUI JE SUIS

juillet 2005
LIBRE


J'ai le champ libre
J'ai desserré les liens
Qui m'attachent
Enhardie
Libérée
Je m'engage
Sur ma route
Et cherche ce lieu
Sans promesses
Où je serais partout.

p.37
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coco4649coco4649   22 novembre 2014
VI – VIVRE
décembre 2004

MAGIES


Abracadabras
Talismans et gris-gris
Alchimistes ou devins
Ne franchissent pas ma porte

Je préfère évoquer
La magie d'une nuit
Le miracle d'une rose

Je préfère chanter l'existence
Qui m'enchante !

p.78
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Videos de Andrée Chedid (46) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrée Chedid
Le Printemps des poètes débute ce 9 mars, et on s'interroge : quelle est cette chose indéfinissable qu'est la poésie ? Senghor, Sarraute, Saint John Perse, mais aussi MC Solaar ou Charles Trénet, donnent leur définition. Et pour vous, c'est quoi, la poésie ?
Léopold Sédar Senghor 1983
Les Peuls du Sénégal définissent la poésie : "des paroles plaisantes au c?ur et à l?oreille."En Afrique la poésie est l?art le plus complet. C?est le langage le plus expressif qui passe par les sens pour aller jusqu?à l?âme.
Andrée Chedid 1979
Pour moi la poésie n?est pas quelque chose de coupé de la vie donc pour moi c?est la pleine réalité enfin c?est la réalité qui comprend l?existence et cette essence de vie qui frémit au fond de nous.
Saint John Perse 1960
Poésie, s?ur de l?action et mère de toute création. Elle est l?animatrice du songe des vivants et la gardienne la plus sûre de l?héritage des morts.
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