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EAN : 9782290337370
128 pages
J'ai lu (06/07/2006)
3.89/5   192 notes
Résumé :
On fait sa vie. II faut vouloir sa vie. La volonté d'aimer, de vivre est un arbre naturel... " Pour Hassan, enfant beau et vigoureux il y a peu, aujourd'hui ratatiné comme un pruneau sec et bleu, la vie est un combat depuis que le choléra a posé sur lui son masque cruel. Dans cette course contre la mort, Saddika est là, grand-mère attentive, qui fait un barrage. Contre ceux qui l'épient, qui se méfient, qui veulent lui prendre l'enfant par peur de la contagion. Mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
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J'avais entendu beaucoup de louanges à propos d'Andrée CHEDID, romancière, poète mais aussi auteure de théâtre, de nouvelles, de chansons et récipiendaire de nombreux prix. Aussi, il y a longtemps que je souhaitais lire une de ses oeuvres. Voilà chose faite avec le sixième jour, paru en 1960. Je n'ai pas été déçue !

Alors que le choléra ravage le Caire, la vieille Saddika Om Hassan va devoir lutter pour sauver son petit-fils Hassan dont elle s'occupe depuis la mort de ses parents et qui est atteint de la terrible maladie. Comme le lui a appris l'instituteur d'Hassan "le sixième jour, ou bien on meurt ou bien on ressuscite..." il s'agit donc de durer six jours.
Dans ce court récit, Andrée Chedid nous décrit la beauté de l'amour que porte cette grand-mère pour son petit-fils, sa force extraordinaire pour tenter de le sauver, sa détermination et sa confiance dans la vie. Avec une énergie exceptionnelle, elle brave les hommes et lance un défi à la mort.
C'est une histoire bouleversante qui ne peut laisser insensible et qui est, en fait, un hymne à la vie délivré de façon très poétique.

Il me reste à voir le film éponyme égyptien réalisé par Youssef Chahine en 1986...
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Nous sommes en 1948, au Caire. Une épidémie de choléra sévit, fait des ravages dans la population. La vieille Saddika Om Hassan dévouée corps et âme auprès des siens, s'occupe de son mari Saïd paralytique et élève son petit-fils Hassan orphelin. Elle découvre un jour que ce dernier présente tous les signes de la terrible maladie.
La vieille n'a pas confiance en l'hôpital, qui est un vrai mouroir... Alors il faut se cacher, fuir car l'annonce de la maladie pourrait être une déflagration dans la communauté toute proche, la peur se propage parfois plus vite que l'épidémie...
Fuir, où, quand, comment... ? Fuir pour se cacher, le temps de... le temps de six petits jours, elle reviendra le sixième jour, car ne dit-on pas qu'au sixième jour , « ou bien on meurt, ou bien on ressuscite... »
Alors, c'est une fuite avec son petit-fils dont les forces déclinent presque à chaque heure. C'est un corps frêle qui pèse comme un fardeau en lui. Accablé. Elle non plus, la vieille Saddika Om Nassan, n'est plus très solide sur ses vieilles jambes un peu brinquebalantes. Fuir vers le Nil, là-bas sur l'eau, se réfugier sous la toile d'un felouque qui filera vers la mer, ils seront tranquilles, apaisés et au bout du sixième jour ils reviendront, elle reviendra avec son petit-fils, il sera debout à ses côtés, ou bien peut-être dans ses bras comme un petit être desséché, abandonné par la vie, poupée vidée de toutes ses forces...
Elle sait que nulle part l'enfant ne sera plus en sécurité que sur l'eau.
Elle va emporter son petit-fils dans l'entrelacement et la cacophonie des ruelles, parmi le bruit des charrettes, parmi l'odeur et les couleurs des échoppes, le dédale des quartiers qui descendent vers les rives du fleuve. À chaque page, j'avais l'impression d'être là à leurs côtés. Je me perdais comme eux dans le labyrinthe infatigable des rues. Mon coeur battait comme celui de la vieille, peut-être aussi comme celui de l'enfant dont les forces déclinaient sous mes yeux.
J'avais envie de bousculer les marchands qui tendaient vers moi leurs fruits, leurs légumes comme les offrandes de la terre, celles que le petit Nassan pourrait peut-être de nouveau enfin goûter après le sixième jour.
D'autres personnages peuplent l'histoire, parfois bienveillants, parfois il faut s'en méfier. C'est comme ce montreur de singe qui décide de faire un bout de chemin pour les aider... J'ai aimé ce batelier de la felouque, comme un ami...
Chaque jour, chaque heure qui ont passé, ont pesé dans le coeur de la vieille et de l'enfant, et dans mon coeur aussi...
Malgré les obstacles, ils avancent... Chaque pas est un pas vers l'espoir, vers la vie, chaque pas est peut-être aussi un pas vers la mort. Qui sait...
L'écriture poétique d'Andrée Chedid m'a pris par la main et entraîné vers les rives du Nil.
Certains y verront une histoire chargée de symboles. Je me contenterai d'y voir un récit pétri d'émotions tout en retenue, écrit avec beauté et justesse, l'amour d'une vieille femme qui veut sauver à toute force son petit-fils... C'est un roman épris d'humanité et qui fait du bien.
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Une grand-mère, saddika, vouant un amour sans bornes à son petit-fils Hassan, va essayer de toutes ses forces de le guérir du choléra, fléau qui fait rage dans son pays.
La mort rôde autour d'Hassan, elle devient presque un personnage du roman, que la grand-mère va essayer de tromper. Elle tente de le guérir par les mots, le réconfort de ses chansons maternelles, sa présence chaleureuse.
La population ignorante lutte contre les autorités sanitaires et préfère cacher ses malades et ses morts plutôt que de les voir partir en ambulance, vers des mouroirs.
Cette grand-mère veut donner un avenir à son fils, elle trouve injuste que la mort s'obstine autour d'un jeune enfant, au lieu de s'en prendre aux vieilles personnes :
« La vieillesse est une terre plusieurs fois labourée, et cela est juste mon Dieu…Mais un enfant !... »
C'est un chemin périlleux sur lequel Saddika va emmener Hassan, pour que son petit corps d'enfant malade se métamorphose en l'enfant vigoureux qu'il était avant que la maladie ne s'en empare. C'est un chemin vers la guérison , il faut seulement attendre le sixième jour, malgré son épuisement.
Le batelier compatissant va permettre à la vieille de partir sereinement, il comprend que l'amour que cette grand-mère porte à son petit-fils est plus fort que la mort, les mots d'amour auront raison de cette grande faucheuse, d'une certaine façon.

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La vieille Saddika quitte, pour deux petits jours, son petit-fils et son mari. Après sept ans d'absence, elle se doit de retourner vers son village natal où le choléra décime les siens.
Des maisons vacantes, des objets brûlés. Sa terre. Est-ce possible de partager les malheurs ?
Son neveu, buté, lui dit de retourner d'où elle vient, au Caire. La ville et la campagne font deux, elle n'est plus d'ici. Ici, c'est la terreur de l'ambulance qui passe prendre les malades qui ne reviennent jamais. L'hôpital se résume à des tentes à l'écart, des mouroirs pour endiguer l'épidémie, contenir la contagion.
Mais la bactérie ne s'arrête pas aux portes de la ville. Le maître d'école est terrassé et le petit Hassan, les mains crispées sur son ventre ne doit surtout pas être emporté par l'ambulance.
À l'image du soleil qui revient chaque matin, Hassan ne peut quitter la vie. Il ne peut éteindre le soleil de sa grand-mère en partant.
Saddika s'accroche désespérément à cette croyance : le sixième jour, son petit-fils guérira. Elle fuit donc son triste logis, cachant l'enfant au creux de son corps.


Une très belle écriture alliant simplicité, poésie et jouant avec une grande délicatesse sur la puissance de la vie et de la mort, vient adoucir ce combat émouvant.
Dans cette lutte, optimisme et désespoir se succèdent. On a envie de tendre la main à cette grand-mère épuisée qui déambule sur le fil ténu de la vie pour faire triompher sa croyance.
Amour, foi et persévérance se dessinent sur une toile de fond évoquant la vie dans un quartier pauvre du Caire, la mendicité, les enfants déguenillés, la misère de cette année 1948. Elle nous évoque les chambres de lessive sur les terrasses et la vie égyptienne sur les berges du fleuve.

L'amour de Saddika pour son petit-fils est sublimé en toute fin, porté par une felouque, voguant sur le cours du Nil.

Déniché dans la réserve de la bibliothèque municipale pour satisfaire aux conditions du challenge Riquiqui, ce petit roman exhale une beauté triste qui m'a beaucoup touchée.
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1948, le choléra ravage le Caire et ses environs.
La vieille Saddika vit avec son mari paralytique et son petit-fils, Hassan, dont elle a la charge.
Lors d'une visite dans son village natal où sa famille a été décimée par la maladie, elle apprend des rares survivants que les malades sont enlevés à leur famille et qu'on ne les revoit jamais.
Tout le monde redoute le passage de l'ambulance.
De retour au Caire, elle découvre que le garçonnet a été contaminé, sans doute par l'instituteur.
Elle décide de le cacher et s'enfuit avec lui vers le Nil, forte de l'affirmation que "le sixième jour, on meurt ou on guérit".
Ce court roman déborde d'amour et d'abnégation.
Saddika mène une lutte qui semble bien vaine, ne disposant que de sa foi et sa volonté pour tenter de faire reculer la maladie et d'éloigner la mort de son roi, son âme, son enfant.
C'est un livre triste.
L'écriture est belle, dépouillée, pudique.
Le personnage de Saddika est touchant et, en cette période d'épidémie, on ne peut s'empêcher d'établir un parrallèle avec la situation actuelle.
Assister à l'agonie de ce pauvre enfant, trimballé, caché, aimé sans doute mais souffrant seul, dépérissant lentement, misérablement, fut pour moi une torture.
Je ne peux mettre que trois 🌟🌟🌟
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
Le buste s'arqua tandis qu'elle portait l'enfant sur ses genoux; il paraissait composé de baguettes de saule, minces et friables. La femme se fit berceau. Elle se fit champ d'herbes et terre d'argile. Ses bras coulèrent comme des rivières autour de la nuque rigide. Sa robe, entre ses cuisses séparées, devint vallée ronde pour le poids douloureux du dos meurtri, les jambes raides. sa tête s'inclina comme une immense fleur odorante, son buste fut un arbre feuillu...
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Je chante pour la lune
Et la lune pour l'oiseau
L'oiseau pour le ciel
Et puis le ciel pour l'eau
L'eau chante pour la barque
La barque par ma voix
Ma voix pour la lune
Ainsi recommencera.
Dans la terre et dans l'eau
Ma chanson se perdra
Où le noir est si haut
Ma chanson s'effacera
La lune m'entendit
Et par la lune, l'oiseau
Le ciel m'entendit
Et par le ciel, l'eau
La barque m'entendit
Et par la barque, ma voix
Ma voix m'entendit
Et j'entendis ma voix.
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Le buste s'arqua tandis qu'elle prenait l'enfant sur ses genoux; il paraissait composé de baguettes de saule, minces et friables. La femme se fit berceau. Elle se fit champ d'herbes et terre d'argile. Ses bras coulèrent comme des rivières autour de la nuque rigide. Sa robe, entre ses cuisses séparées, devint vallée ronde pour le poids douloureux du dos meurtri, des jambes raides. Sa tête s'inclina comme une immense fleur odorante, son buste fut un arbre feuillu : ...
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Il la rattrapa par le bras :- une minute encore ... Ecoute : "Lorsque Dieu créa les choses, il joignit une seconde à chacune d'elles. Je vais en Syrie, dit la Raison, je vais avec toi, dit la Rébellion. Je vais au désert, dit la Misère, je vais avec toi, dit la Santé. L'Abondance dit : je vais en Egypte, je t'accompagne, dit la Résignation."
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On fait sa vie. Il faut vouloir sa vie. La volonté d'aimer, de vivre, est un arbre naturel, vigoureux, qui vous pousse dans le corps. L'existence est ce qu'elle est. Les hommes ce qu'ils sont. Le mieux est toujours quelque part. Dans le sable, dans le granit, dans le plomb, en nous-mêmes. Le don des larmes, la grâce des larmes est toujours quelque part.
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Videos de Andrée Chedid (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrée Chedid
« Une anthologie de femmes-poètes ! - Eh oui, pourquoi pas ? […] On a dit du XIXe siècle que ce fut le siècle de la vapeur. le XXe siècle sera le siècle de la femme. - Dans les sciences, dans les arts, dans les affaires et jusque dans la politique, la femme jouera un rôle de plus en plus important. Mais c'est dans les lettres surtout, - et particulièrement dans la poésie, - qu'elle est appelée à tenir une place considérable. En nos temps d'émancipation féminine, alors que, pour conquérir sa liberté, la femme accepte résolument de travailler, - quel travail saurait mieux lui convenir que le travail littéraire ?! […] Poète par essence, elle s'exprimera aussi facilement en vers qu'en prose. Plus facilement même, car elle n'aura point à se préoccuper d'inventer des intrigues, de se créer un genre, de se faire le champion d'une idée quelconque ; - non, il lui suffira d'aimer, de souffrir, de vivre. Sa sensibilité, voilà le meilleur de son imagination. Elle chantera ses joies et ses peines, elle écoutera battre son coeur, et tout ce qu'elle sentira, elle saura le dire avec facilité qui est bien une des caractéristiques du talent féminin. […] Et puis, au moment où la femme va devenir, dans les lettres comme dans la vie sociale, la rivale de l'homme, ne convient-il pas de dresser le bilan, d'inventorier - si l'on peut dire, - son trésor poétique. Les temps sont arrivés où chacun va réclamer le bénéfice de son apport personnel. […] » (Alphonse Séché [1876-1964])
« Il n'y a pas de poésie féminine. Il y a la poésie. Certains et certaines y excellent, d'autres non. On ne peut donc parler d'un avenir spécial de telle poésie, masculine ou féminine. La poésie a toujours tout l'avenir. Il naîtra toujours de grands poètes, hommes ou femmes […]. Où ? Quand ? Cela gît sur les genoux des dieux, et nul ne peut prophétiser là-dessus. […]. » (Fernand Gregh [1873-1960])
0:00 - Angèle Vannier 1:22 - Andrée Chedid 2:07 - Juliette Darle 2:51 - Anne Perrier 3:26 - Claire Malroux 4:01 - Anise Koltz 4:26 - Liliane Wouters 5:20 - Générique
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Références bibliographiques : Couleurs femmes, poèmes de 57 femmes, Paris, co-édition le Castor Astral/Le Nouvel Athanor, 2010. La poésie à plusieurs voix, rencontres avec trente poètes d'aujourd'hui, sous la direction de Serge Martin, Paris, Armand Colin, 2010. Françoise Chandernagor, Quand les femmes parlent d'amour, Paris, Cherche midi, 2016
Images d'illustration : Angèle Vannier : https://traversees.files.wordpress.com/2020/11/angele-vannier-biographie-cristel-couverture.jpg Andrée Chedid : https://www.bulledemanou.com/2015/03/andree-chedid.html Juliette Darle : http://academiereneevivien.unblog.fr/salon-litteraire/salon-litteraire-6-juillet-2019/ Anne Perrier : https://www.recoursaupoeme.fr/auteurs/anne-perrier/#iLightbox[aac8e1aa6f5de8aeaab]/0 Claire Malroux : https://twitter.com/ColeHenri/status/717368378826956801/photo/1 Anise Koltz : https://www.luxtimes.lu/en/culture/anise-koltz-wins-top-poetry-prize-602d5ef2de135b92369270dd Liliane Wouters : https://www.lezardes-et-murmures.com/2016/10/testament-liliane-wouters.html
Bande sonore originale : Arthur Vyn
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