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EAN : 9782290337370
128 pages
J'ai Lu (06/07/2006)
3.86/5   171 notes
Résumé :
On fait sa vie. II faut vouloir sa vie. La volonté d'aimer, de vivre est un arbre naturel... " Pour Hassan, enfant beau et vigoureux il y a peu, aujourd'hui ratatiné comme un pruneau sec et bleu, la vie est un combat depuis que le choléra a posé sur lui son masque cruel. Dans cette course contre la mort, Saddika est là, grand-mère attentive, qui fait un barrage. Contre ceux qui l'épient, qui se méfient, qui veulent lui prendre l'enfant par peur de la contagion. Mais... >Voir plus
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J'avais entendu beaucoup de louanges à propos d'Andrée CHEDID, romancière, poète mais aussi auteure de théâtre, de nouvelles, de chansons et récipiendaire de nombreux prix. Aussi, il y a longtemps que je souhaitais lire une de ses oeuvres. Voilà chose faite avec le sixième jour, paru en 1960. Je n'ai pas été déçue !

Alors que le choléra ravage le Caire, la vieille Saddika Om Hassan va devoir lutter pour sauver son petit-fils Hassan dont elle s'occupe depuis la mort de ses parents et qui est atteint de la terrible maladie. Comme le lui a appris l'instituteur d'Hassan "le sixième jour, ou bien on meurt ou bien on ressuscite..." il s'agit donc de durer six jours.

Dans ce court récit, Andrée Chedid nous décrit la beauté de l'amour que porte cette grand-mère pour son petit-fils, sa force extraordinaire pour tenter de le sauver, sa détermination et sa confiance dans la vie. Avec une énergie exceptionnelle, elle brave les hommes et lance un défi à la mort.

C'est une histoire bouleversante qui ne peut laisser insensible et qui est, en fait, un hymne à la vie délivré de façon très poétique.

Il me reste à voir le film éponyme égyptien réalisé par Youssef Chahine en 1986...


Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Une grand-mère, saddika, vouant un amour sans bornes à son petit-fils Hassan, va essayer de toutes ses forces de le guérir du choléra, fléau qui fait rage dans son pays.

La mort rôde autour d'Hassan, elle devient presque un personnage du roman, que la grand-mère va essayer de tromper. Elle tente de le guérir par les mots, le réconfort de ses chansons maternelles, sa présence chaleureuse.

La population ignorante lutte contre les autorités sanitaires et préfère cacher ses malades et ses morts plutôt que de les voir partir en ambulance, vers des mouroirs.

Cette grand-mère veut donner un avenir à son fils, elle trouve injuste que la mort s'obstine autour d'un jeune enfant, au lieu de s'en prendre aux vieilles personnes :

« La vieillesse est une terre plusieurs fois labourée, et cela est juste mon Dieu…Mais un enfant !... »

C'est un chemin périlleux sur lequel Saddika va emmener Hassan, pour que son petit corps d'enfant malade se métamorphose en l'enfant vigoureux qu'il était avant que la maladie ne s'en empare. C'est un chemin vers la guérison , il faut seulement attendre le sixième jour, malgré son épuisement.

Le batelier compatissant va permettre à la vieille de partir sereinement, il comprend que l'amour que cette grand-mère porte à son petit-fils est plus fort que la mort, les mots d'amour auront raison de cette grande faucheuse, d'une certaine façon.

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La vieille Saddika quitte, pour deux petits jours, son petit-fils et son mari. Après sept ans d'absence, elle se doit de retourner vers son village natal où le choléra décime les siens.

Des maisons vacantes, des objets brûlés. Sa terre. Est-ce possible de partager les malheurs ?

Son neveu, buté, lui dit de retourner d'où elle vient, au Caire. La ville et la campagne font deux, elle n'est plus d'ici. Ici, c'est la terreur de l'ambulance qui passe prendre les malades qui ne reviennent jamais. L'hôpital se résume à des tentes à l'écart, des mouroirs pour endiguer l'épidémie, contenir la contagion.

Mais la bactérie ne s'arrête pas aux portes de la ville. Le maître d'école est terrassé et le petit Hassan, les mains crispées sur son ventre ne doit surtout pas être emporté par l'ambulance.

À l'image du soleil qui revient chaque matin, Hassan ne peut quitter la vie. Il ne peut éteindre le soleil de sa grand-mère en partant.

Saddika s'accroche désespérément à cette croyance : le sixième jour, son petit-fils guérira. Elle fuit donc son triste logis, cachant l'enfant au creux de son corps.

Une très belle écriture alliant simplicité, poésie et jouant avec une grande délicatesse sur la puissance de la vie et de la mort, vient adoucir ce combat émouvant.

Dans cette lutte, optimisme et désespoir se succèdent. On a envie de tendre la main à cette grand-mère épuisée qui déambule sur le fil ténu de la vie pour faire triompher sa croyance.

Amour, foi et persévérance se dessinent sur une toile de fond évoquant la vie dans un quartier pauvre du Caire, la mendicité, les enfants déguenillés, la misère de cette année 1948. Elle nous évoque les chambres de lessive sur les terrasses et la vie égyptienne sur les berges du fleuve.

L'amour de Saddika pour son petit-fils est sublimé en toute fin, porté par une felouque, voguant sur le cours du Nil.

Déniché dans la réserve de la bibliothèque municipale pour satisfaire aux conditions du challenge Riquiqui, ce petit roman exhale une beauté triste qui m'a beaucoup touchée.

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1948, le choléra ravage le Caire et ses environs.

La vieille Saddika vit avec son mari paralytique et son petit-fils, Hassan, dont elle a la charge.

Lors d'une visite dans son village natal où sa famille a été décimée par la maladie, elle apprend des rares survivants que les malades sont enlevés à leur famille et qu'on ne les revoit jamais.

Tout le monde redoute le passage de l'ambulance.

De retour au Caire, elle découvre que le garçonnet a été contaminé, sans doute par l'instituteur.

Elle décide de le cacher et s'enfuit avec lui vers le Nil, forte de l'affirmation que "le sixième jour, on meurt ou on guérit".

Ce court roman déborde d'amour et d'abnégation.

Saddika mène une lutte qui semble bien vaine, ne disposant que de sa foi et sa volonté pour tenter de faire reculer la maladie et d'éloigner la mort de son roi, son âme, son enfant.

C'est un livre triste.

L'écriture est belle, dépouillée, pudique.

Le personnage de Saddika est touchant et, en cette période d'épidémie, on ne peut s'empêcher d'établir un parrallèle avec la situation actuelle.

Assister à l'agonie de ce pauvre enfant, trimballé, caché, aimé sans doute mais souffrant seul, dépérissant lentement, misérablement, fut pour moi une torture.

Je ne peux mettre que trois 🌟🌟🌟

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Le sixième jour est un court roman d'amour. Il s'agit ici de l'amour d'une grand-mère pour son petit-fils Hassan dont elle s'occupe comme une mère depuis qu'il a perdu ses parents. On est en Egypte au temps du Choléra. L'amour au temps du Choléra en somme

Saddika, la grand-mère qui se fait appeler Om Hassan (la mère de Hassan), va lutter contre la maladie qui ronge son enfant. le combat doit durer six jours. Au bout du sixième jour on meurt ou on ressuscite. Elle le sait. Un instituteur lui a dit avant d'attraper lui-même le choléra. Ce qu'il faut, c'est absolument fuir l'ambulance qui emporte les malades pour une destination inconnue dont aucun ne revient jamais. Il faut aussi éviter de croiser le chemin des dénonciateurs. Elle fuit donc et cache l'enfant.

Son chemin croise celui d'Okkasionne, le montreur de singe, personnage étrange et fantasque qui tangue entre philosophie et cupidité. Celui-là est un dénonciateur venant de découvrir qu'on pouvait être copieusement rémunéré si on dénonçait les malades au gouvernement. Malgré tous ses efforts la vieille femme n'arrivera pas à se dépêtrer de ses griffes. Et jusqu'à la dernière page, le lecteur sera suspendu au verdict.

Il y a du style et beaucoup de poésie. de belles images sur les éléments : la terre (qui recouvre les corps), l'eau (du Nil sur lequel s'écoule les felouques et le destin des hommes), le ciel (parsemé d'une pluie d'étoiles qui nous guident vers l'ailleurs), le feu (avec la fièvre qui soulève et brise les corps). Mais l'histoire est aussi un mélo larmoyant qui peut paraître un peu mièvre aux coeurs trop secs.

10 mai 2012

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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation

Le buste s'arqua tandis qu'elle portait l'enfant sur ses genoux; il paraissait composé de baguettes de saule, minces et friables. La femme se fit berceau. Elle se fit champ d'herbes et terre d'argile. Ses bras coulèrent comme des rivières autour de la nuque rigide. Sa robe, entre ses cuisses séparées, devint vallée ronde pour le poids douloureux du dos meurtri, les jambes raides. sa tête s'inclina comme une immense fleur odorante, son buste fut un arbre feuillu...

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Je chante pour la lune

Et la lune pour l'oiseau

L'oiseau pour le ciel

Et puis le ciel pour l'eau

L'eau chante pour la barque

La barque par ma voix

Ma voix pour la lune

Ainsi recommencera.

Dans la terre et dans l'eau

Ma chanson se perdra

Où le noir est si haut

Ma chanson s'effacera

La lune m'entendit

Et par la lune, l'oiseau

Le ciel m'entendit

Et par le ciel, l'eau

La barque m'entendit

Et par la barque, ma voix

Ma voix m'entendit

Et j'entendis ma voix.

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Le buste s'arqua tandis qu'elle prenait l'enfant sur ses genoux; il paraissait composé de baguettes de saule, minces et friables. La femme se fit berceau. Elle se fit champ d'herbes et terre d'argile. Ses bras coulèrent comme des rivières autour de la nuque rigide. Sa robe, entre ses cuisses séparées, devint vallée ronde pour le poids douloureux du dos meurtri, des jambes raides. Sa tête s'inclina comme une immense fleur odorante, son buste fut un arbre feuillu : ...

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Il la rattrapa par le bras :- une minute encore ... Ecoute : "Lorsque Dieu créa les choses, il joignit une seconde à chacune d'elles. Je vais en Syrie, dit la Raison, je vais avec toi, dit la Rébellion. Je vais au désert, dit la Misère, je vais avec toi, dit la Santé. L'Abondance dit : je vais en Egypte, je t'accompagne, dit la Résignation."

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On fait sa vie. Il faut vouloir sa vie. La volonté d'aimer, de vivre, est un arbre naturel, vigoureux, qui vous pousse dans le corps. L'existence est ce qu'elle est. Les hommes ce qu'ils sont. Le mieux est toujours quelque part. Dans le sable, dans le granit, dans le plomb, en nous-mêmes. Le don des larmes, la grâce des larmes est toujours quelque part.

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