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ISBN : 9782081233515
Éditeur : Flammarion (15/09/2010)

Note moyenne : 3.15/5 (sur 17 notes)
Résumé :

Un proverbe anglais dit que les chats ont sept vies. Jean disait qu il en aurait au moinsquatre, car il était déjà mort trois fois. La première mort avait été la perte de sa foicatholique. La seconde fut une lente et longue agonie : l exil de son Espagne chérie en1936 après la mise à mort par les franquistes du Frente Popular suivie, une cinquantained années plus tard, par l enterrement du communisme dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
zazy
  07 février 2012
Jean de Dieu, c'est son prénom, vit dans une famille bourgeoise espagnole très catholique pratiquante au point qu'il envisage la prêtrise. Sa jeune cousine lui fit découvrir une autre facette de la vie et c'en est fini de la future carrière dans les ordres. Ce fut sa première mort. La seconde est son exil en France suite à la prise du pouvoir par Franco et à la mort du Front Populaire. Il ne reverra plus jamais l'Espagne. La chute du Mur de Berlin sonnera la fin de son idéal communiste. Voici qu'arrive « la Salope » c'est ainsi qu'il appelle sa maladie. Victime d'un Alzheimer, il luttera pour reculer l'échéance de sa troisième mort. La quatrière fut l'ultime et l'inéluctable.
J'oserais dire qu'il y en a une cinquième, même si elle n'est pas directe, mais induite : le désespoir d'Isabelita, sa femme.
Jean de Dieu a fait de belles rencontres qui ont changé sa vie, entre autre, le Père Amédée, ce curé, ancien légionnaire qui le confortera dans la perte de la foi.
« La nature ayant horreur du vide, Jean chercha à s'évader du conservatisme de sa Sainte Mère l'Eglise et des pesanteurs familiales en fréquentant secrètement des milieux athées et anarchistes. » Son camarade de foot, Miguelito, lui présente son père, un ébéniste prénommé José que l'on appelle « José le Bolcheviste ». Il deviendra son père spirituel. Il le suivra et deviendra à son tour ébéniste. Ils se réfugieront à Paris où il épousera Isabelita épousera et à qui il vouera un amour infini.

Avec un style fluide, direct, tour à tour poétique, humoristique nous raconte la vie de Jean de Dieu, nous parle de cette seconde moitié du XXème siècle. En toute simplicité, elle nous pose quelques questions sur la vieillesse, la mort, les convictions, l'amour.
Les quatre morts de Jean de Dieu, c'est le roman d'un homme simple et intègre ou d'un homme tout simplement. Un superbe livre qui, une fois fermé reste dans la mémoire car on peut se reconnaître ou reconnaître un proche. C'est un vrai roman d'amour, un roman d'amour de la vie et des autres.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Nic66
  27 mai 2018
Publié en juin 2010, quelques mois avant la mort d'Andrée Chédid, ce roman, Les quatre morts de Jean de Dieu, forme une sorte de diptyque avec le très beau recueil poétique L'étoffe de l'univers publié en février de la même année.
Les deux nous offrent en parallèle une réflexion sur les cycles de la vie, la vieillesse et parfois la déchéance due à la maladie, « le rétrécissement » de la vie comme elle le dit, la mort. Sont aussi soulevées les questions que pose la séparation d'avec ceux qu'on aime et le besoin d'éternité.
Cette oeuvre ultime est passée presque inaperçue dans la presse lors de sa parution, de façon surprenante et tout à fait injuste car il est superbe, à la fois poignant, poétique et plein d'humour.
A. Chédid brosse ici dans son style imagé le portrait d'un enfant du XXe siècle. Les événements, très anecdotiques, comptent moins que les considérations et réflexions des uns et des autres et surtout de Jean de Dieu et de son épouse Isabelita sur la vie, l'amour, la vieillesse, la poésie, l'importance de l'Autre, autrement dit, tous les thèmes récurrents dans l'oeuvre d'A. Chédid.
On pourrait dire aussi que c'est doublement un roman d'amour puisque, dans une sorte de crescendo qui atteint son paroxysme dans les dernières pages, la relation profonde entre Jean et Isabelita sous-tend le récit et que d'autre part on sent que l'auteur chante en poète son amour de la vie et des autres. Livre émouvant et subtil que je relis volontiers.
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mayang
  22 septembre 2011
Il y a plusieurs façons de mourir. Andrée Chédid nous le rappelle avec beaucoup de talent dans ce roman, mêlant allègrement poésie et philosophie dans une narration passionnante et pleine d'érudition. C'est de la vraie littérature comme on l'aime: celle qui nous fait réfléchir tout en nous faisant plaisir.
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yv1
  08 janvier 2011
Andrée Chédid, dans un style à la fois simple et riche, avec de nombreuses références à la mythologie, à l'histoire, à la religion dresse un portrait d'un homme droit, bon et légèrement arc-bouté sur ses principes. Ses filles -et son fils- d'ailleurs le lui reprocheront qui s'en iront loin de lui pour ne plus subir sa domination. Un homme du début du siècle dernier : un patriarche !
Andrée Chédid aborde tellement de notions que j'ai peur d'en oublier ; Jean se pose des questions sur la religion, lui qui est devenu athée et qui s'oppose à sa femme et ses filles très croyantes et pratiquantes ; il s'interroge également sur le rôle de la poésie dans la société, le lien qu'elle a avec la science.
L'auteure décrit aussi l'absence de l'être que l'on perd, la peur qu'a Isabelita, la femme de Jean, de se retrouver seule, sa hantise de ne plus pouvoir toucher le corps de son mari. Malgré les attentions dont elle fait l'objet de la part de ses enfants et petits-enfants, malgré ses croyances en une autre vie après la mort, Isabelita est dans une souffrance qu'elle ne peut maîtriser : elle ne s'imagine pas vieillir seule. Jean lui manque. Sa présence physique.

Lien : http://lyvres.over-blog.com/..
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bibliorobion
  18 décembre 2010
J'ai aimé suivre Jean de Dieu jusqu'à sa dernière mort, l'ambiance du Madrid d'avant guerre, son exil, sa vie en France.
Des passages philosophiques, un peu difficiles mais de très bonnes citations.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
GwordiaGwordia   26 mars 2012
Il avait une manière toute méditerranéenne de saluer, de recevoir, de tenir dans ses bras ou d'embrasser. Venaient ensuite les fameuses rages de Jean à propos de choses graves ou bénignes, brusquement suivies d'éclaircies. Cette façon de se mettre terriblement en colère, puis de tout oublier quelques minutes plus tard. Un simoun, un sirocco passionné qui dévaste tout sur son passage pour rebâtir aussitôt après la tempête avec la même passion. Cette sérénité de velours tapissé d'orages. Elle ne pouvait s'empêcher de sourire en y pensant.

Tout le début de leur vie lui revenait en mémoire dans un joli désordre. Cette union de leur nuits. Le plaisir qu'ils avaient à se regarder, bras dessus bras dessous, nus, devant la glace de leur grande armoire : cette peau tendue, le galbe de leurs corps.

En dépit de leurs différences, cette flamme n'avait pas seulement été préservée mais affermie. Une magie mystérieuse avait maintenu toute la verdeur de leurs liens. Ainsi coulèrent les jours malgré ce temps qui gommait leurs formes, effaçait, peu à peu, leur beauté de jeunes adultes pour le remplacer par la pure tendresse de visages vieillies retrouvant l'enfance. Ainsi se poursuivirent les années entres joies et problèmes, entre rires et chagrins, soleils et tempêtes.

Bien sûr, il y eut des scènes, des départs intempestifs, des menaces de divorce, mais quelque chose qui ressemblait à un fleuve souterrain, présent, obstiné, continuait assidûment à les greffer l'un à l'autre. Cette association miraculeuses de confrontations et alliances, ce don insigne d'avoir pu maintenir une fascination réciproque les accompagna toute leur vie.
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GwordiaGwordia   26 mars 2012
Ils avaient souvent l'un et l'autre parlé de la mort. L'âge avançant, ils savaient en être dangereusement proches. A l'époque de leurs parents, on pouvait espérer atteindre soixante-dix ans. Mais on était loin d'atteindre les quatre-vingts ou les cent ans comme aujourd'hui. La vie s'était allongée, mais le temps semblait se rétrécir mystérieusement et de plus en plus vite. Cette vie si précieuse, mais si négligée, dont les moments virevoltaient à la vitesse de la lumière vers l'obscurité de cette mort inéluctable qu'elle acceptait si mal. (...) Elle s'était demandé souvent ce qu'il pouvait y avoir derrière le rideau. La découverte d'une vie éternelle, une vie meilleure pleine de surprises où elle retrouverait Jean ? Ou bien serait-elle diluée dans l'espace où elle ne retrouverait plus rien ni personne ?

Cette mort-là comme sa propre mort, que voulaient-elles dire ? Avaient-elles un sens caché ? La mort n'était-elle vraiment qu'une fin ? Pour lui ? Pour moi ? Pour nous deux ? Mais à quoi bon réfléchir ?
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Nic66Nic66   27 mai 2018
Elle aurait tant voulu prolonger le temps, qu’ils vieillissent lentement ensemble. Elle aurait aimé égrener la vieillesse, la diluer dans l’air des saisons, s’emparer des années, les dissoudre, ou les fuir d’un seul bond. Vieillir. Prendre le temps de vieillir très lentement, détisser le temps qui s’agglutine, rompre ce temps qui colle à nos basques et qui se réduit de plus en plus. Elle aurait tant souhaité une très longue vie qui n’aurait pas de fin.

La vie, il faut la saisir au collet depuis son plus jeune âge. Avec sérénité, mais avec appétit féroce. 

Ce révolté était un curieux mélange, alternant citations sanguinaires et préceptes du cancre qu’il n’était pas, comme par exemple : «  Ne jamais remettre au lendemain ce que l’on peut remettre au surlendemain. »

Les sentiments, parfois blessés, frétillaient comme de petites vagues turbulentes sur la surface de l’eau. Vite résorbés, ils filaient au loin dans le grand fleuve de la vie.
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GwordiaGwordia   26 mars 2012
"Il n'y a jamais d'époque dans la vie où on puisse se reposer, que l'effort en dehors de soi et encore plus au-dedans de soi est aussi nécessaire lorsqu'on vieillit que dans la jeunesse. C'est surtout à cet âge qu'il n'est plus permis de vivre sur ce que l'on a déjà acquis, mais s'efforcer d'acquérir encore et ne pas se reposer sur des idées avec lesquelles on se trouverait bientôt comme endormi et enseveli."

Après quoi, imitant sa belle-mère, il ajoutait :

"La vie est foudroyant, émerveillante. Elle nous comble à tout moment. C'est triste de s'en défaire un jour, comme disait ta maman."

Vivre, c'est la foudre qui s'empare de vous et ne vous lâche plus, elle multiplie votre existence. Elle inquiète et calme à la fois.

Quel sens a le vieillissement ? Pourquoi ne pouvait-on pas rester éternellement jeune ? Quel sens à la mort ?
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zazyzazy   07 février 2012
« Ces grammairiens paranoïaques ont construit une forêt d’obstacles à l’envol des mots. C’est pourquoi nous avons l’immense, le surprenant, le miraculeux bonheur d’avoir hérité une merveilleuse volière dans laquelle chantent et battent des ailes des millions de captifs heureux : les poétiques mots-oiseaux. »
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Vidéo de Andrée Chedid
"La poésie parle pour tous ceux qui sont étouffés, ceux dont la voix a été affaiblie à travers les siècles, les traditions ou les prisons de toutes sortes..." Ces mots de la poétesse Andrée Chedid résonnent davantage encore aujourd'hui. Elle aurait eu 100 ans ce 20 mars.
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