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ISBN : 2070787222
Éditeur : Joëlle Losfeld (07/05/2009)

Note moyenne : 3.03/5 (sur 33 notes)
Résumé :

Lemuel Sears mène une vie paisible à Manhattan. Conscient de son vieillissement, il vit dans la crainte de ne plus jamais connaître l'amour.

Un jour, il se rend dans la petite ville de Janice pour patiner sur l'étang et découvre que celui-ci est utilisé comme dépotoir.

Révolté, il entame une procédure judiciaire pour rendre à Janice son paysage bucolique.

Entre politiciens véreux et mafiosi, Lemuel Sears cr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  28 novembre 2013
Si je vous disais que j'ai choisi ce livre sur la foi de la 4ème de couverture de l'édition de poche, vous me trouveriez sans doute bien naïve.
Si je vous disais ensuite que j'ai été d'autant plus déçue parce que l'histoire ne correspondait pas à ce que suggérait ladite 4ème de couverture, vous, lecteur expérimentés à qui on ne la fait pas, n'auriez que compassion ou condescendance à mon égard 
Et vous auriez sans doute raison, mais cela ne m'empêchera pas de m'insurger, parce que, pour le coup, trop c'est trop, il y a tromperie sur la marchandise.
A lire le résumé, je m'attendais à un thriller écolo-juridique à la Grisham, à un combat à la Erin Brockovich, qui aurait été mené à bride abattue vu le petit nombre de pages (132).
Tu parles…
Alors oui, ça commence avec la découverte par le narrateur que l'étang de Beasley, près de la ville de Janice, sert de décharge illégale. Et oui, ça se termine par une sorte d'épilogue où on nous explique ce qu'il est advenu de l'étang après la plainte du narrateur.
Mais tout cela semble très accessoire, et après avoir dénoncé les faits, le narrateur s'en désintéresse et prend des chemins de traverse pour nous parler de sa vie et de ses femmes. L'auteur ajoute encore à l'incohésion en entrecoupant le récit de tranches de vie de certains habitants de Janice, qui en définitive se révèleront bien plus en rapport avec la pollution de l'étang que tous les faits et gestes du narrateur.
Tout cela m'a paru bien décousu, même si on comprend que l'étang est le fil conducteur de l'histoire. Mais les thèmes ne sont qu'effleurés, laissant une sensation d'inabouti.
Autant les épisodes mettant en scène les familles Salazzo (qui rime avec mafioso) et Logan sont savoureux (mention spéciale à Betsy, mère de famille intrépide et un peu barrée), autant j'ai trouvé les mésaventures sexuelles du narrateur et ses questions pseudo-existentielles rébarbatives.
Ce livre a été écrit en 1982, année de la mort de John Cheever, et il m'a déçue de la même façon que « les veuves d'Eastwick », dernier opus de John Updike.
Vous l'aurez compris, à mon sens ce n'est donc pas une sortie en fanfare, mais heureusement le livre est court et ne m'a fait perdre que quelques heures de lecture.

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Folfaerie
  10 janvier 2011
Je ne connaissais pas l'oeuvre de John Cheever. C'était un auteur américain (il est décédé en 1982), spécialiste des nouvelles (un de ses recueils a même raflé le prix Pulitzer en 1978) et attaché à décrire la middle-class américaine. Mais je suis toujours partante pour découvrir un nouvel auteur américain...
Cependant j'ai ressenti une légère déception à la lecture. Cette histoire est-elle un court roman ou une longue nouvelle ? Dans l'un ou l'autre cas, j'ai regretté que certaines choses ne soient qu'effleurées tandis que certains détails inutiles alourdissaient le texte.
Il faut bien avouer que les passages relatifs à la lutte contre la pollution de l'étang sont peu nombreux. L'écrivain préfère suivre son personnage principal, préoccupé par la fuite du temps et à la recherche d'un nouvel amour. D'autre part, les autres personnages de la banlieue directement concernés par la pollution sont juste esquissés. Les Salazzo, Henry et Betsy sont pourtant des représentants intéressants de cette classe moyenne américaine qui ne semble vivre qu'à travers les centres commerciaux et les voitures.
Tout est résumé dans ces phrases : L'un des quelques plaisirs de la vie de Betsy était d'aller au Buy Brite, un immense supermarché situé dans le centre commercial au bord de l'autoroute dont le nom était composé de trois chiffres, ce qui était très rare. Betsy aimait - adorait même - pousser un chariot muni de jolies petites roues recouvertes de caoutchouc au milieu d'un paradis de conserves, de légumes, de viandes, de poisson, de pains et de gâteaux, le tout sur la musique qui l'avait fait danser l'année où elle était tombée amoureuse d'Henry.
A chacun son paradis : pour Lemuel, c'est patiner en hiver sur un bel étang gelé, en ne pensant à rien sinon à prendre conscience de la grâce de cet instant, pour Betsy, c'est se perdre dans les allées d'un supermarché en oubliant la banalité, la médiocrité de son existence.
C'est bien là que je regrette que l'écrivain ne soit pas allé au bout de ses idées. Il y avait matière à faire de cette histoire quelque chose de poétique et de sauvage, un peu à la manière des écrivains de l'Ouest que j'aime tant.
D'ailleurs, j'adore le début du chapitre 3, j'aurai voulu que tout le livre soit écrit de cette façon :
J'aurai aimé que mon récit débute avec l'odeur de la menthe qui pousse sur la rive où je suis étendu et caché avec mon fusil, prêt à assassiner un prétendant qui vient pêcher la truite. Ce que j'entrevois du ciel est bleu. L'odeur de menthe est très prononcée et j'entends la mélodie de l'eau.
Mais hélas, Cheever se perd un peu, s'éparpille, et passe à côté de ce qui aurait pu être un récit percutant sur un coin d'Amérique souillé où se perdent les rêves de ses habitants. Tant pis pour moi mais cela m'aura donné l'occasion de lire la prose de John Cheever qui m'était jusqu'alors inconnu.
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Malaura
  15 juin 2011
Lemuel Sears est à un âge où l'on se souvient avec nostalgie du passé.
Un homme âgé mais toujours en pleine possession de ses moyens, qui partage son temps entre une dernière relation amoureuse avec une femme plus jeune, un comportement sexuel contradictoire qu'il juge lubrique et une passion pour le patinage qu'il pratique sur l'étang de Beasley dans une petite ville non loin de New-York.
Lorsqu'il découvre que l'étang a été transformé en décharge, Sears révolté, décide de tout mettre en oeuvre pour redonner au site son charme d'antan.
Ecrivain culte au Etats-Unis, chef de file de l'école dite du New-Yorker, John Cheever (1912-1982) n'a été révélé et traduit en France que tout récemment. Cette histoire courte parue en 1982 est la dernière que ce nouvelliste prolixe surnommé le "Tchekov des faubourgs" ait écrite avant sa mort.
Traitant de la pollution et du massacre de la nature à des fins financières, elle résonne de façon étrangement moderne dans notre XXIe siècle.
Le style est impeccable, l'humour fin, les personnages attachants.
Le final est heureux ...mais vaut d'avertissement.
Grâce aux éditions Joëlle Losfeld, on peut désormais (re)découvrir la plume concise, précise et aiguisée de ce grand styliste américain.
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Rhodopsine
  21 novembre 2014
Challenge ABC 2014-2015
M. Sears n'est plus tout jeune. Même si la solitude ne lui pèse pas cruellement, il apprécie la compagnie (et plus si possible!) des jolies femmes, et le patinage sur étang glacé. Et voilà que rien de va plus: son étang préféré se voit transformé en décharge publique avec la bénédiction des autorités, et sa compagne du moment le congédie sans autre forme de procès.
Sur ce mince scénario, Cheever bâtit une succession de chapitres sans véritable intrigue, quelques descriptions cyniques d'une middle-class sans histoires... Deux ou trois bons moments, mais pas de quoi marquer bien longtemps la mémoire.
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Skorpionnan
  15 janvier 2011
Lecture
Un homme âgé se trouve confronté à la destruction de la nature par un dépôt d'ordures. L'appât du gain, orchestré par "une organisation de type tribal originaire d'Europe du sud", pollue un petit coin de paradis. Cet homme foncièrement optimiste veut faire tout ce qu'il faut pour redonner à cet endroit son aspect idyllique. Non pour sauver le Monde ou par pure conviction écologique mais pour pouvoir exercer son droit de se sentir libre et léger en faisant du patin à glace, pour sauver un petit bout d'Eden.
Cet homme est seul. Resté deux fois veuf de précédents mariages, l'un de passion, l'autre de hasard, il cherche un Amour qui lui permette, malgré son âge, de se sentir toujours vivant. Il le trouve chez une femme plus jeune que lui. Charmante mais détachée, elle ne lui laisse jamais vraiment l'occasion de rentrer dans son mystère.
Il ne lui reste donc qu'à se vouer à ce combat inégal pour un étang.
Avis
Ce roman est assez court (133 pages) mais dense. Il s'agit du dernier roman de John Cheever, écrivain US ayant emporté un Pulitzer et un National Book Award.
En fait, on à l'impression à la lecture qu'il ne s'agit pas vraiment d'un roman mais de son squelette. Décharné, nettoyé de tout parement flatteur mais inutile, il ne présente qu'une trame. L'histoire comporte de nombreuses ellipses . Seuls quelques éléments choisis, en toute partialité, par le narrateur, et donc l'auteur, nous sont présentés? -A nous de combler les détails, les blancs, les descriptions ou les intermèdes.
Cela est tellement déroutant qu'il ma fallu à plusieurs reprises vérifier que je n'avais pas tourné plusieurs feuillets en même temps, craignant d'avoir manqué quelque paragraphe. Cela donne au texte une impression d'urgence, d'échéance imposée. Comme si cet homme âgé devait finir ce qu'il voulait faire avant que la vieillesse ne vienne vraiment l'immobiliser. Comme si l'auteur devait compléter ce livre, avant qu'on ne le finisse.
Pourtant, malgré la pollution, la Mafia, l'incompréhension que le narrateur a de la femme qu'il aime, malgré un psy qui a plus besoin d'être aidé que ses clients, malgré toutes les questions restées sans réponse, ce roman est empreint d'un optimisme sans faille mais réaliste. Dans des eaux acides au point d'en être mortelles, le héros regarde et même observe le monde et les gens à la recherche de lumière, de chaleur, de bonheur. Parfois dépassé par lui-même, il pose toujours un regard tendre sur cette absurdité qui l'entoure.
Les seuls éléments non essentiels du roman sont ces instants de grâce où éclosent joie de patiner, magie d'une rencontre amoureuse, satisfaction de la tâche accomplie. Un long aparté incongru à la rencontre d'un oracle dans un pays improbable vient montrer les peurs profondes.
Je ne résiste pas au plaisir de vous donner deux extraits qui m'ont marqué:
P1 : la mise en bouche:
Cette histoire est destinée à être lue au lit dans une vieille maison par une soirée pluvieuse.(...) La pluie fine est la bienvenue , même si elle n'a rien d'indispensable.
P118 : la philosophie du héros
Il semblait capable d'apprécier des visages selon leur aptitude à capter la lumière. Un visage dépourvu de lumière - dépourvu même de toute promesse de lumière - lui rappelait tristement l'inhumanité de l'homme envers l'homme.
Conclusion
Un roman court et intense. Un nouvel auteur que je vais rechercher, un coup de coeur :
Ma note : 18/20

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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   20 novembre 2013
Pourquoi célébrer une décharge, pourquoi s'efforcer de décrire une telle aberration? Gisaient là les rebuts d'une société encline au nomadisme, mais qui avait renoncé à son goût pour les objets que l'on porte. La plupart des gens qui errent de par le monde développent une culture de tente et de selles, mais il s'agissait là de nomades doués d'une passion pour les châlits gigantesques et les énormes réfrigérateurs. Il y avait un conflit entre la mobilité - l'errance - et l'amour de la permanence qui avait abouti au chaos dans l'étang de Beasley.
Pourquoi s'étendre sur un tel désastre - car c'est un désastre absolu que découvrit Sears, mais un désastre mêlé de mélancolie? La plupart des hommes qui ont un jour acheté à leur bien-aimée un grille-pain électrique ou un aspirateur ont été récompensés par des transports de joie. La vision du souvenir de nos premières amours éventrées, rouillées et plantées plus ou moins droit selon la force avec laquelle on les a lancées peut se révéler une expérience profondément mélancolique.
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viou1108viou1108   20 novembre 2013
L'un des détails les plus extraordinaires à propos de ce village et de sa place dans l'histoire, c'est qu'il ne possédait aucun fast-food franchisé. C'était très rare à l'époque, cela laissait croire que la petite ville souffrait de quelque malédiction, d'une grande pauvreté ou d'un manque d'audace de la part de ses résidents; en réalité, il s'agissait simplement d'une erreur dans les ordinateurs qui faisaient autorité quant au choix de l'emplacement des futurs fast-foods.
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Zazette97Zazette97   17 janvier 2011
Pourquoi célébrer une décharge, pourquoi s'efforcer de décrire une telle aberration? Gisaient là les rebuts d'une société encline au nomadisme, mais qui avait renoncé à son goût pour les objets que l'on porte. La plupart des gens qui errent de par le monde développent une culture de tentes et de selles, mais il s'agissait là de nomades doués d'une passion pour les châlits gigantesques et les énormes réfrigérateurs.
Il y avait un conflit entre la mobilité - l'errance- et l'amour de la permanence qui avait abouti au chaos dans l'étang de Beasley. p.20
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Alice_Alice_   25 juin 2012
Le ciel était pur ce matin-là, et il y avait peut-être encore des étoiles, même s'il n'en voyait aucune. Penser aux étoiles renforçait ses sentiments. Ce qui l'émouvait, c'était la sensation de ces univers présents tout autour de nous, malgré notre connaissance imparfaite de la nature, notre impression qu'ils recèlent un grain de notre passé et de nos vies à venir. Le sentiment très fort d'être en vie sur cette planète. Ce sentiment très puissant de notre singularité, dans l'immensité de la création, de la richesse de nos possibilités. Vivre cette heure-là était un privilège exquis, le bonheur de vivre là et maintenant et de se régénérer avec l'amour. On aurait vraiment dit le paradis!
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Bruno_CmBruno_Cm   11 octobre 2014
Il semblait capable d'apprécier des visages selon leur aptitude à capter la lumière. Un visage dépourvu de lumière - dépourvu même de toute promesse de lumière - lui rappelait tristement l'inhumanité de l'homme envers l'homme. Il n'était pas, bien entendu, en son pouvoir ni en ses capacités de juger le visage des inconnus, mais alors qu'il arpentait les rues de n'importe quelle ville du monde, il étudiait la qualité de la lumière sur les traits de ses habitants.
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Video de John Cheever (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Cheever
Richard Ford - Transfuge magazine .Entretien avec l'écrivain américain Richard Ford pour le magazine Transfuge à l'occasion de la parution de son roman: L'Etat des lieux (L'Olivier, 2008). Il n'écrit ni des récits d'aventures ni des romans d'espionnage. Richar Ford préfère nous raconter des histoires quotidiennes: celles qui se déroulent derrière les fenêtres closes des pavillons de banlieus aisées, aux Etats-Unis. Avec le talent d'un Raymond Carver ou d'un John Cheever, il nous d'écrit le désespoir Tranquille des classes moyennes.
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