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ISBN : 2350874648
Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (16/08/2018)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 12 notes)
Résumé :
[ÉPREUVES NON CORRIGÉES]

Pour percevoir à nouveau l’odeur de l’encre et du plomb, pour sentir frémir le crayon sur le papier de son premier dessin, pour entendre ces rifs de guitare protestataires qui ont rythmé ses combats, il fallait partir à l’autre bout du monde et embrasser sa mémoire…
Les mains dans les poches est une promenade nostalgique et poétique qui accepte et dépose enfin ses fantômes.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
mcd30
  04 octobre 2018
La couverture a attiré mon regard, une photographie en noir et blanc qui n'est pas sans me rappeler l'époque où les photographes prenaient les passants dans les rues, puis le titre Les mains dans les poches qui m'a rappelé un certain poète : Je m'en allais les poings dans mes poches crevées... La combinaison parfaite pour attiser ma curiosité.
J'ai lu ce livre d'une traite tant les souvenirs et la perception du monde par Bernard Chenez m'ont ému, ont fait remonter quelques images oubliées. Des moments clefs d'une vie pas toujours agréables ou faciles mais de ces moments qui se gravent en nous et font de nous ce que nous sommes. .C'est émouvant mais pas nostalgique.
Quelques passages particulièrement touchants : Ils nous ont effacés . Tous, nous, et le paysage. Il ne reste rien. Ni du petit escalier qui descendait du pont de Levallois. Ni de l'atelier. Rien. Tout est effacé.(p. 128) et plus grave, la perception d'une dispute familiale par un enfant : Tout s'est effondré le jour où j'ai surpris mon père battre ma mère. S'il avait battu sa femme, cela n'aurait peut-être pas eu cette irrémédiable conséquence. le verre que lance mon père en direction du visage de ma mère n'a toujours pas terminé sa trajectoire. Je suis dans ce verre comme un cosmonaute dans sa capsule. L'auteur exprime magnifiquement le traumatisme qu'il en a ressenti. (p.133)
Je ne connaissais pas l'auteur mais j'ai beaucoup apprécié son style, sa vision du passé, les chapitres cours qui traitent d'un souvenir, d'une émotion à la fois rendent le livre très visuel, j'ai eu l'impression de feuilleter un album photo en noir et blanc.Un livre qui s'adresse à tous afin de découvrir ou de se souvenir, un excellent moment presque trop court en tout cas.
Merci aux Editions Héloïse d'Ormesson et à Babelio.
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Marti94
  30 septembre 2018
Quand il écrit "Les mains dans les poches" on pourrait penser que Bernard Chenez est un dilettante qui raconte ses années d'insouciance évoquées par cette position. Pourtant ce n'est pas le cas puisqu'on ne peut pas dire qu'il ne fait rien, au contraire.
J'aime beaucoup l'image du début avec la parabole du train et je trouve que ce livre démarre très fort.
J'ai adhéré rapidement et apprécié cette lecture même si le récit ne va pas tenir la longueur avec la même intensité. C'est une façon de parler parce que le livre n'est pas très long (moins de 200 pages).
Comme dans le train circulaire de Tokyo qu'il remonte dans un sens ou dans l'autre Bernard Chenez nous donne à lire un vécu intéressant puisque il est le témoin d'une époque, celle de la génération des soixante-huitards comme on dit.
L'auteur écrit dès le début que ce qu'il raconte ne suit pas la chronologie de ce qu'il a vécu. Car ce sont des souvenirs sous forme de textes courts qui sont présentés ici.
Cette présentation m'a évidemment fait penser à Philippe Delerm. Car il y a peu d'auteurs qui utilisent ce procédé littéraire du recueil de petits textes. On pourrait d'ailleurs les lire dans le désordre à l'exception du début et de la fin qui se répondent.
L'auteur évoque ses souvenirs d'enfance, ses amours, ses boulots, ses engagements, ses espoirs et ses désespoirs. J'ai particulièrement apprécié son expérience d'ouvrier et les luttes menées pour sauvegarder son usine. Il nous rappelle l'histoire de l'île de la Jatte et de son passé industriel. C'est un lieu sur la Seine près de Paris où se trouvaient de nombreux sous-traitants automobiles. Des bateaux et des voitures de luxe furent aussi construits sur l'île désormais transformée en ghetto de riches.
Ses lieux parisiens m'ont inspirée mais il y aussi des découvertes comme l'île anglo-normande de Sercq propice à l'amour ou encore Granville la normande où ses souvenirs d'enfance sont imprimés.
Puis arrive le désenchantement, celui des luttes ouvrières mais surtout celui lié à la perte des proches. Bernard Chenez doit porter ses morts et ça le rend aigri. Il dit qu'il se résigne à n'aimer personne, ce que je trouve vraiment triste.
Il est vrai qu'il y a des différences de ton quand il évoque ses parents. Il semble encore affecté par les rapports difficiles entre lui et son père et surtout par sa violence qu'il ne pardonne pas.
Cette dernière partie plombe un peu l'ambiance même si le livre est très bien écrit.
Ce livre m'a été offert par les éditions Héloïse d'Ormesson dans le cadre d'une opération masse critique et je les en remercie.
Lu en septembre 2018
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Olivia-A
  04 septembre 2018
Eclats de vie, de l'enfance des petits boulots à l'usine où « la pointeuse du petit matin était un couperet ». Au milieu, ce sont les escapades à vélo avec les copains, les premières amours et leurs bouquets de pâquerettes, les parents éloquents par leurs vêtements ou la frappe de leur main. Toute l'histoire d'une vie, mais aussi celle d'une France progressivement désindustrialisée, l'histoire d'une jeunesse qui se soulève, l'histoire d'un mode de vie maintenant disparu, détruit comme les usines de l'Île de la Jatte.
Arrivé à un certain âge, Bernard Chenez revient sur son passé, ses jeunes années surtout, par petits récits courts et poétiques, chargés d'une certaine morale, d'un certain message pour les générations futures. Il a connu l'usine, le travail à la chaîne assez jeune, moyen comme un autre de gagner quelques francs. Destiné à être chaudronnier, la forge n'a pas de secrets pour lui. Il nous raconte ses premiers faits d'armes, les petites révoltes de ses vingt ans, quand Mai 68 commençait à se dessiner à l'horizon. Il nous raconte les femmes, quelques femmes rencontrées, aimées, égarées. Chaque petit chapitre est l'illustration d'une époque révolue, perdue par le cortège implacable des années.
Ce livre n'a pas de fil rouge, pas de trame, pas de suite. C'est une circonvolution, où l'enfance se mêle à l'adolescence, où l'adulte rencontre le gamin tétanisé par la pantomime de son père. Aucune logique dans l'enchaînement de ces fragments, seulement la poésie des mots pour porter quelques messages sur la vie, quelques constats légers ou plus tragiques, qui ont longuement résonné en moi. Il n'est pas de ces livres qui se lisent d'une traite tant on veut en connaître la fin, c'est un livre qui se savoure, petit chapitre après petit chapitre, et j'ai beaucoup apprécié cette ballade poétique dans ces années que je n'ai pas connues.
Lien : https://theunamedbookshelf.c..
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Root
  04 septembre 2018
« J'annote seulement les gares au gré du parcours. Tantôt dans le sens de la marche, tantôt à contresens. Je m'interdis de descendre à une station. Je m'autorise seulement le changement de quai. Seul le voyage compte. »
À bord du train qu'il imagine être sa mémoire, Bernard Chenez regarde défiler le paysage. Esquissant les rails à mesure qu'il se souvient, bousculant l'aiguillage si le coeur lui en dit, « pourvu que ça roule ».
Affranchi des contraintes de la vie et de ses éternelles questions auxquelles il n'attend désormais plus de réponses, il se remémore son premier job. Petit garçon de douze ans qui se sentait homme, l'information entre les mains, lorsque, pour un billet de dix francs, il passait deux heures à coller les adresses des abonnés sur un journal de gauche. Lui reviennent des images de sa mère, qui, comme toutes les mères, ne mourrait jamais. Ses premières amours, empreintes d'une timidité délicieuse, désuète. Puis ses élans d'ouvrier révolté, agité par le chambardement politique et idéologique des années 60. Puis… je me suis un peu perdue en route.
Le choix de l'auteur de négliger toute logique chronologique m'a déstabilisée. J'aurais aimé avoir à suivre un semblant d'histoire, pour m'attacher à celui qu'il fait renaître derrière ces brefs épisodes de vie. Je regrette d'autant plus d'être restée sur le quai de la gare (je joue le jeu) que tout est très joliment écrit. Brut et fin à la fois, simple, spontané. En peu de mots, chaque anecdote transpire une époque. Trop peu de mots peut-être. J'aurais voulu fallu m'attarder un peu, mais je n'en ai pas eu le temps. Ce livre relèverait-il d'une démarche quelque peu égoïste ? Que chacun en soutire ce qu'il peut ? Bizarrement, c'est à cette idée que je l'ai un peu plus apprécié. Pour qui écrit-on, après tout ? Il me fallait accepter les libertés prises par l'auteur dans la construction de ses souvenirs. Des souvenirs offerts (pas si égoïste que ça, le bonhomme) avec une grande tendresse.
Je ne me suis pas toujours sentie du voyage, mais j'ai lu de belles phrases, souri, humé d'autres décennies. La génération de Chenez (il est né en 1946) se laissera très certainement émouvoir.
Lien : https://lekilometremanquantw..
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Zabouille
  02 octobre 2018
Le narrateur se souvient. Il se replonge dans les souvenirs des moments, plus ou moins forts, de sa vie. A travers son récit, il nous fait voyager dans le temps, à cette époque passée et pourtant pas si lointaine. Une période maintenant révolue dont l'empreinte continue à subsister en lui.
« Vous croyez pleurer. C'est la pauvreté qui vous crache à la gueule. »
Il nous raconte sa mère, son père, son enfance, le court temps d'une rencontre, d'un petit amour éphémère, l'usine et sa cadence…
« On se construit les cathédrales que l'on peut. La mienne était faite de toile et de vent. Elle n'a duré que le temps d'un printemps. »
Il se remémore même ses voyages en transport, ce métro ou train de banlieue où les usagers s'agglutinent. Ces corps qui s'entrechoquent. Leur bruit. Et alors il imagine…
« Ce chapelet d'apparences humaines est un livre ouvert. J'en feuillette les pages. J'en lis les histoires. Qu'importe celle que j'invente. »
La violence de son père qui a jalonné son existence. Ses pics d'agressivité, ses gestes brutaux envers sa mère…
« Déguerpir les mains dans les poches, c'est moins facile pour serrer dans ses bras ceux qu'on voudrait aimer. »
Petit livre qui se lit rapidement dans lequel le narrateur se plonge et nous plonge dans ses souvenirs, dans cette France de l'industrie, de l'enfance… Je n'ai pas été touchée par le personnage, je n'ai pas réussi à m'y attacher. J'ai eu du mal à comprendre où l'histoire me menait… j'ai pourtant bien relevé quelques extraits, aux jolis mots, aux douces phrases… Je suis passée à côté, je n'ai pas été séduite…
Lien : https://littelecture.wordpre..
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critiques presse (1)
LePoint   12 octobre 2018
Connaissez-vous Bernard Chenez ? Avant d'être dessinateur, il fut ouvrier. Un passé raconté dans un livre qui nous réconcilie avec la littérature sociale.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
mcd30mcd30   03 octobre 2018
C'est ma main qui la première a vu mon père. Nous marchions. Devant moi, les souvenirs sont confus parce que multiples. Je ne lève ni ne tourne la tête vers lui. Aujourd'hui, je sens encore cette main, paume gravée de profonds sillons, phalanges noueuses, doigts longs, secs, aux ongles carrés. Des créneaux de château fort. (p. 116)
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Olivia-AOlivia-A   25 juillet 2018
Il y a à Tokyo une ligne de train qui s'appelle Yamanote-sen. Circulaire. Entièrement aérienne. Elle délimite officieusement le centre de cette mégapole. Le temps de parcours est d'environ une heure. L'un de mes plaisirs est d'en faire le tour complet. Placé dans la première voiture, juste derrière la vitre du conducteur. La fois suivante, j'effectue le parcours à contre-courant, le nez collé sur la grande vitre du dernier wagon.
Ma façon d'écrire se juxtapose à cette façon de voyager.
J'annote seulement les gares au gré du parcours. Tantôt dans le sens de la marche, tantôt à contresens. Je m'interdis de descendre à une station. Je m'autorise juste le changement de quai. Seul le voyage compte.
Mon écriture n'a comme fil conducteur que le roulement incessant des roues sur les rails.

N'étant pas sujet au mal des transports, ce non-respect de la chronologie m'apporte la jouissance de l'imprévu.
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Olivia-AOlivia-A   25 juillet 2018
Être autodidacte ça oblige aux chemins de traverse. On en fait des détours pour aller où la colère vous emmène. C'est comme monter un escalier en loupant des marches. Faut pas s'en plaindre. A personne. Faut continuer de monter, et cacher ses bleus aux genoux.
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mcd30mcd30   28 septembre 2018
Les choses ne sont jamais seules. La plus petite des pierres porte son ombre.
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catherinedubcatherinedub   09 octobre 2018
vouloir parcourir les chemins de son enfance, c'est étaler des coques de noix sur une table, les recouvrir d'une nappe légère, et tenter de mettre le couvert.
Au mieux chaque assiette est de travers. Eventuellement les verres se brisent.
Pourtant je persévère. Je m'obstine à dresser une table, attendant des convives qui ne viendront pas.
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Videos de Bernard Chenez (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bernard Chenez
Emisson complete : http://www.web-tv-culture.com/les-mains-dans-les-poches-de-bernard-chenez-1303.html
Ses dessins ont été, pendant de nombreuses années, des rendez-vous attendus des lecteurs de l?Evènement du Jeudi, du Monde ou de l?Equipe. de 1972 à 2014, Bernard Chenez fut l?un des dessinateurs de presse les plus réputés. Tendre, caustique ou humoristique, son trait était identifiable entre tous. Depuis, tout en continuant à dessiner de façon indépendante, Bernard Chenez s?est retiré dans cette Normandie qu?il affectionne. Et c?est là-bas que lui est venu le goût de l?écriture. Un premier roman paru en 2005 « Le resquilleur du Louvre » laisse entrevoir une belle sensibilité dans la plume. Il réitère avec « Journal sans heures », un ouvrage joliment poétique sur la femme avec un F majuscule. Voici maintenant ce nouveau titre « Les mains dans les poches ». Certes, le mot roman apparait sur la couverture. Et pourtant, par des chapitres courts, on plonge plutôt dans une sorte de carnet intime, de ballades littéraires dans lequel l?auteur nous entraine avec pudeur et émotion. Car c?est bien son propre parcours que nous raconte Bernard Chenez, en tous les cas, les premières années de cette vie bien remplie, du gamin au jeune adulte, de la cour de récréation au premier boulot, un CAP de chaudronnier en poche. L?auteur nous raconte les amours adolescentes, la découverte de la littérature, de la musique et du cinéma, le catéchisme avec un curé qui sent l?ail, les baignades dans la rivière les après-midi d?été et puis l?engagement politique, le militantisme ou encore la sensation d?immortalité en survolant la baie du mont Saint Michel. Des moments de vie, des instantanés du quotidien, ces petites parenthèses enchantées qui semblent insignifiantes quand on les vit et se révèlent pourtant fondatrices quand vient le moment de regarder en arrière. Sans chronologie, loin de toute nostalgie, porté simplement par la sincérité des mots, la délicatesse des phrases, on suit notre narrateur dans ce bonheur simple des souvenirs enfuis et pourtant si présents. Voilà un petit livre qui procure un grand plaisir de lecture. « Les mains dans les poches » de Bernard Chenez est publié aux éditions Héloïse d?Ormesson.
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