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ISBN : 207276744X
Éditeur : Gallimard (08/02/2018)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 40 notes)
Résumé :

Forme brève mais moins abrupte que le haïku, le quatrain ne s'en tient pas au lapidaire, il sait donner du rythme à la pensée, à l'émotion, à la surprise, il sait initier un questionnement, amorcer une méditation, esquisser un chant. François Cheng atteste ici du pouvoir singulier de ce mode d'expression resserré, pourtant si peu enclos, si ouvert aux résonances, aux errances fertiles, voire à une manière salutaire d'engouement simple.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  18 mars 2018
"Envoi
Ne quémande rien. N'attends pas
D'être un jour payé de retour.
Ce que tu donnes trace une voie
Te menant plus loin que tes pas. (p. 153)"

Une très jolie surprise m'attendait il y a quelques jours dans ma boite aux lettres, de la part d'un ami, pour ma fête : le dernier opuscule de quatrains de François Cheng, qu'il sait que j'apprécie infiniment !!... J'ai dévoré ces poésies minimalistes, sortes de haïkus !.... mais je vais suivre les conseils de cet ami... reprendre sereinement chaque soir , comme un moment de méditation, texte par texte...en prenant le temps de savourer chaque mot...et leur musique...
" Nous rions, nous trinquons. En nous défilent les blessés,
Les meurtris; nous leur devons mémoire et vie. Car vivre,
C'est savoir que tout instant de vie est rayon d'or
Sur une mer de ténèbres, c'est savoir dire merci. (p. 92)"
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sabine59
  17 février 2018
Pour ma 800 ème critique ( Cela donne le vertige! Autant de livres chroniqués! Je n'ai pas du tout l'impression d'avoir été si prolifique! ), qui de mieux que Francois Cheng ?
Je suis tombée par hasard sur cette nouvelle parution en librairie. En fait, elle regroupe des textes issus de différents recueils et en ajoute des nouveaux, tous sous le sceau du quatrain, une forme poétique que j'aime beaucoup, moins hachée que le haïku, plus ronde et évocatrice peut-être .
Et comme toujours lorsque je lis des poèmes de cet auteur, la sérénité, l'apaisement, l'impression d'une révélation intime affleurent , m'inondent de lumière. Oui, c'est cela, une illumination intérieure.
Le premier poème, déjà ,entre tout de suite en résonance avec moi, car il est dédié " à ceux qui habitent la poésie" : quelle juste et jolie formule !
Et il est intense et incantatoire:
" Tu ouvres les volets, toute la nuit vient à toi,
Ses laves, ses geysers, et se mêlant à eux,
Le tout de toi-même , tes chagrins, tes émois,
Que fait résonner une très ancienne berceuse."
C'est en effet l'unité, la fusion cosmique que recherche le poète, le mot " tout" est très souvent utilisé et associé à la nature, à l'univers. C'est un thème récurrent chez François Cheng, mais il me paraît plus représenté encore ici.
" Vient l'heure où toutes choses
se transmuent en dons:
Toutes larmes rosées,
toutes laves roses"
Et le dernier poème est un hymne au don total, une aspiration métaphysique de toute beauté ...mais je vous laisse le découvrir, ainsi que tous les autres,si vous êtes tenté par l'envoûtement des mots d'un poète alliant ses origines chinoises à un sens si parfait de la langue française. Je reste, quant à moi, admirative...
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Fleitour
  14 mars 2019
Dans les textes de son dernier ouvrage, "Enfin le Royaume", l'inspiration de François Cheng ne vient pas spontanément d'une volonté de démontrer, d'expliquer ou d'analyser les sagesses que l'on trouve dans le taoïsme. Ces textes expriment la beauté, comme "l'ultime goutte de pluie", la vie comme source inaltérable et féconde de la beauté, et pour le poète la beauté de l'âme.

Toute beauté est singulière écrit François Cheng dans le très beau livre consacré aux peintres chinois. Ce sont pas les peintres les plus classiques qu'il a choisi pour illustrer son goût pour ce qui est singulier, donc authentique et précieux. Ces peintres ont choisi les voies transverses, ce qu'il appelle la voix excentrique, puisque la volonté de ces peintres est de dépasser ce que nous voyons, peindre le temps, peindre l'absence, un peu à la façon de Patrick Modiano

C'est le vivre que l'on va arpenter décliner, à travers le monde des vivants, la terre, les plantes, la mer, le ciel et les éléments, une terre nourricière non seulement pour le corps mais aussi pour l'âme. Il se gorge d'émotions pour mieux ressentir l'harmonie du monde, le dur et le doux, le noir et le blanc, le rocher et l'orchidée.

François Cheng puise dans la poésie ancienne des perles d'éternité, comme ces vers de Wang Wei (701-761) .
"Si vous cherchez l'oubli des pensées,
venez me voir-
Vous pourrez arroser les doux
légumes de mon jardin."

La poésie de François Cheng, émerge de ces juxtapositions de mots inconsolables, de mots non miscibles, comme "ce vide est plein", ou
"Pour retrouver, jadis entrevue,
Depuis longtemps perdue, l'Étoile".

La richesse des mots est de nous conduire à l'extase...
"Ne te mens plus ni ne te
Lamentes. L'heure est venue
De faire face, peut le chant
L'extase ou le désastre."

L'art poétique de François Cheng affirme du point le plus haut que le sage peut atteindre, l'universalité de son écriture, une écriture qui n'efface rien, qui apaise ou réconcilie le désir de futurs épanouissements et la sauvegarde du passé.
"Au sommet du mont et du silence,
 rien n'est dit, tout est.
Tout vide est plein, tout passé présent,
 tout en nous renaît. "

L'appel de Cheng, est un appel insatiable, de se lier à la nature comme François D assise, ainsi écrit-il.
"Suivre les poissons, suivre les oiseaux.
Envies-tu leur sort ? Suis-les jusqu'au bout,
Jusqu'à te muer en bleu originel,
Terreau du désir même de nage, de vol."

Enfin, l'appel constitue la toile de fond de ce quatrain totalement inspiré page 153 du Taoïsme.
"Ne quémande rien. N'attends pas
D'être un jour payé de retour.
Ce que tu donnes trace une voie
Menant plus loin que tes pas."

De quelle nuit suis-je venu ? de quel jour ? Soudain l'absente est au cœur de tout. Les iris
Ont frémi ; le mot vivre est dit.
En plagiant François Cheng c'est à ce maître que je veux remettre mon chant, car tous ses mots me parlent, tous m'éblouissent et m'apaisent.,
Quand il associe des mots aux sens disjoints, la terre habillée ou une brise déchirure, qui donnent une mystérieuse puissance à ses émotions.
Je me délecte de ses fulgurances "vivre désormais entre ondes et ondées, d'éclats recueillis, d'ombres dispersées".
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Osmanthe
  04 mars 2018
Parmi les hommes / femmes d'écrit actuels, quelques uns me font du bien. Soit leur pensée est indépendante et rebelle (comme Michel Onfray), soit parce qu'elle prêche l'altruisme et la sérénité intérieure (comme Matthieu Ricard, Frédéric Lenoir), soit parce que leur talent polymorphe et bi-culturel m'enchante et m'enrichit. C'est le cas de François Cheng.
François Cheng est aussi à l'aise dans la poésie que dans l'essai, le roman, l'histoire et la technique de la calligraphie et de l'art pictural chinois...sa sagesse et sa culture remarquables impriment et imprègnent incontestablement.
Avec Enfin le Royaume, la magie opère comme jamais. Le vieil homme érudit a choisi la forme du quatrain pour cette nouvelle livraison poétique, comme un retour aux sources de la poésie, aux bases universelles (tant en occident qu'en Chine, c'est bien une forme traditionnelle), à la simplicité la plus touchante.
En quatre vers, tout est dit de la place de l'homme dans l'univers, au sein de la nature, sur les émotions humaines, sur le sens de cette vie qu'on traverse finalement si vite. Tenir bon pendant la traversée, car nous avons tous un mandat du ciel, ne rien lâcher, se battre, mais toujours dans l'humilité, le respect de l'autre, de la nature, du Tout Puissant.
François Cheng atteint ici une forme de dépouillement, son minimalisme est comme un concentré de vie. Chaque quatrain est un diamant brut. Ils seront vite tous cités par ailleurs ici.
Cela sent le livre de chevet pour les jours de pluie, les jours de peine, mais aussi les jours lumineux et de joie. La vie, quoi !

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DianaAuzou
  27 janvier 2019
François Cheng, immense poète, philosophe, humaniste, nous offre, dans les quatrains de Enfin le royaume, un pure chef d'oeuvre de pensée et de sensibilité. Poète "diamantaire", selon son propre expression, il crée des bijoux précieux ou l'épure a fait son plus beau travail.
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Citations et extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   23 février 2018
Le sort de la bougie est de brûler.
Quand monte l’ultime volute de fumée,
Elle lance une invite en guise d’adieu :
« Entre deux feux sois celui qui éclaire ! »
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fanfanouche24fanfanouche24   18 mars 2018
Nous rions, nous trinquons. En nous défilent les blessés,
Les meurtris; nous leur devons mémoire et vie. Car vivre,
C'est savoir que tout instant de vie est rayon d'or
Sur une mer de ténèbres, c'est savoir dire merci. (p. 92)
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fanfanouche24fanfanouche24   16 mars 2018
Envoi

Ne quémande rien. N'attends pas
D'être un jour payé de retour.
Ce que tu donnes trace une voie
Te menant plus loin que tes pas. (p. 153)
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PiatkaPiatka   09 février 2018
Au bout de la nuit, un seuil éclairé
Nous attire encore vers son doux mystère.
Les grillons chantant l’éternel été,
Quelque part, la vie vécue reste entière.
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sagesse66sagesse66   12 juillet 2018
Ce moment partagé, nous nous en souviendrons
Un jour, comme d'un mont par-delà les nuages,
Où tout demeure en soi et se change en son autre :
Arbre en fleur chant de source, feuille au vent papillon.
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Videos de François Cheng (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Cheng
Une compilation des émissions « Albatros », par Gil Jouanard, diffusées en 1979 sur France Culture. François Cheng évoque avec passion l'histoire de la poésie chinoise.
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