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EAN : 9782226150875
217 pages
Éditeur : Albin Michel (06/10/2004)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 18 notes)
Résumé :

Selon la juste vision du Tao, le Vide médian intervient chaque fois que le yin et le yang sont en présence. Drainant la meilleure part des deux, il est ce troisième souffle qui élève l'un et l'autre vers une transformation créatrice, et leur permet de se dépasser. Tant il est vrai que l'accomplissement de chacun n'est point en soi, mais en avant de soi. Ces cent deux poèmes de François Cheng sont autant d'invit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bouteyalamer
  29 octobre 2017
L'article défini du titre - le livre - suivi d'une abstraction - le vide médian - donne à ce recueil une perspective étrange. Perspective mal éclairée par la préface qui propose une « Philosophie esthétique » fondée sur le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme, qui cite Merleau-Ponty, Shitao et Cézanne, et dont le dernier mot, Transfiguration, avec sa majuscule, évoque le christianisme. « Les sages de la Chine antique », nous dit Cheng, « distinguaient trois types de souffles émanant tous du souffle primordial et agissant de façon concomitante : le souffle yin, le souffle yang et le souffle du Vide médian ». Les contresens occidentaux s'effacent difficilement : le vide et l'inanité, à l'opposé du souffle de l'esprit que nous ne saurions assimiler au vide. Mais un recueil de poèmes n'enseigne pas la sagesse de la Chine antique et toutes les licences sont permises au poète.
On trouve ici une centaine de pièces généralement courtes, sans titre ni ponctuation, naturalistes dans les images, qui insistent sur les contrastes (sang, mort, naissance), sur la répétition cyclique et sur l'ambiguïté du monde (« chaque fois re-commencer le monde », « nous re-naissons », « in-attendu », « in-vu », « in-accès » etc.). La facture est classique : des stances (p 189), un art poétique (p 215), des pièces académiques. Par exemple (noter le encor) :
« Au bout de la nuit, un seuil éclairé
Nous attire encor vers son doux mystère
Les grillons chantant l'éternel été
Quelque part la vie vécue reste entière » (p 123)
Des jeux verbaux :
« Non dû mais don
Mais abandon
À l'endurance à la durée
D'où l'abondance inespérée
Tout don de vie abonde en don » (p 107) (Je demande pardon mais les rimes internes et en fin de vers évoquent le jeu badin repris par Hugo : « Triton trottait devant/Et tirait de sa conque/De si ravissants sons/Qu'il ravissait quiconque »).
François Cheng est aussi calligraphe et nous donne une vision digne des lavis de Shitao :
« L'étang derrière la brume
Trois pins à flanc de colline - depuis quand sont-ils là ? -
Se dévoilant d'un coup
Ils dévoilent la face de l'initiale lumière
Qui nous déchire
L'espace d'une aube » (p 44).
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ATOS
  22 avril 2012
François Cheng par "le Livre du médian" proclame le mouvement poétique; Tout est mouvement, respiration,flux, silences, paroles, ombres, luminescence, incandescence, minéral, animal, abyssal.
Nous échangeons avec le monde, une ronde incessante, la danse du Dit.
La beauté est un état de conscience. La poésie de Cheng nous invite à mieux la recevoir.
Les mots de Cheng ouvre les espaces. A lire, relire, dire, apprendre, murmurer, réciter, et surtout à méditer. Nous voilà sur un chemin de parole.
"Ne laisse en lieu, passant/ Ni les trésors de ton corps / ni les dons de ton esprit / Mais quelques traces de pas / Afin qu'un jour le vent fort / A ton rythme s'initie/ A ton silence à ton cri/ et fixe enfin ton chemin";
Astrid SHRIQUI GARAIN
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regina55
  10 mai 2020
Un recueil de poème dont on a envie de lire à voix basse, chuchoter je dirai.......
Relire les phrases pour qu'elle résonnent à notre âme....
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
jack56jack56   08 octobre 2020
Qui accueille s'enrichit
Qui exclut s'appauvrit

Qui élève s'élève
Qui abaisse s'abaisse

Qui oublie se délit
Qui se souvient advient

Qui vit de mort périt
Qui vit de vie sur-vit

page 189
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MoovanseMoovanse   25 juin 2015
Ton regard tout de rêve et d'attente
Si offert à la transparence que jamais
l'aube y dépose sa promesse
Aube de la vie, aube de ta vie, attendant
Qu'au fond de la nuit s'esquisse une âme sœur
et lentement prenne corps l'être de ton rêve
Sachant faire siens faim et soif, gel et flamme
Suivre en silence le courant des murmures
et remonter jusqu'à la source des larmes
Faire fi des saisons, des lointains
sur le long chemin qui mène vers toi
Cueillir en passant roses d'été, pétales d'automne
frissons de grillons, laudes de l'alouette
Pénétrer l'intime de la moindre fibre
des feuilles, des fleurs, puis des fruits
Être humble assez pour entendre l'impalpable
dévoiler l'indicible, épouser l'inouï
Se dépouiller tel un arbre en hiver
ouvert aux affres et aux effrois
Dressant ses branches contre le ciel étoilé
Franchissant une à une les couches de la nuit
Et venir enfin
au-devant de la transparence de l'aube

Et te dire, avec l'évidence du jour,
"me voici!"

+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   23 février 2015
Toi le féminin
Ne nous délaisse pas
Car tout ce qui n'est pas mué en douceur
ne survivra pas

Toi qui survivras
Révèle-nous ton mystère que peut-être
Toi-même tu ignores
sinon le mystère ne serait pas

N'est-ce pas que le printemps est empli
d'oiseaux dont l'appel se perd au loin
Que l'été nous écrase de son incandescence
sont la senteur nous poigne jusqu'aux larmes
Que l'automne nous laisse désemparés
par son trop-plein de couleurs, de saveurs
Que l'ultime saison rompt le cercle
Nous plongeant dans l'abîme
de l'inguérissable nostalgie

Mais en toi demeure le mystère que peut-être
toi-même tu ignores
En toi ce que est perdu, ce qui est à venir
Étant d'avant la pluie au furtif nuage
Colline après l'orage au contour plein

Ne nous délaisse pas
Toi le féminin
Hormis ton sein
quel lieu pour renaître ?
+ Lire la suite
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MoovanseMoovanse   22 juin 2015
Non corps à corps
Mais âme à âme
N'annulant nullement chair et sang
N'évacuant ni source ni flamme
Laissant cependant circuler l'air
La brume, la vapeur, éclair et tonnerre
Bourrasque et averse, ardente déchirure...
De la vallée du manque monte à présent
Les choses par l'azur aspirées
La lumière envahit tout l'intervalle
Propageant haleine d'embruns et vapeur d'algues
Le lointain est l'envol des pétales
Éperdus de vent
Et le proche l'écho d'une louange
Au nid éclaté

Alors souffle le juste Vide médian
Alors passe, in-aperçu, l'ange
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   21 février 2015
Qui accueille s'enrichit
Qui exclut s'appauvrit

Qui élève s'élève
Qui abaisse s'abaisse

Qui oublie se délie
Qui se souvient advient

Qui vit de mort périt
Qui vit de vie sur-vit
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Videos de François Cheng (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Cheng
5/5 Photographie : François Cheng © PATRICK SWIRC. Son site : http://www.swirc.com.Toute la semaine du 20 octobre 2014, Françoise Siri s'entretenait avec le poète et écrivain François Cheng sur les ondes de France Culture pour l'émission “À voix nue”. Par Françoise Siri. Réalisation : Anne Sécheret. Prise de son : Laurent Césard. Attachée d'émission : Claire Poinsignon. « Aimer, c’est dire : Tu ne mourras pas ! » écrit François Cheng dans l’un de ses poèmes (dans l’anthologie “A l’orient de tout”, Poésie/Gallimard, 2008). Poète, romancier, essayiste, auteur de monographies et de livres d’art, académicien, François Cheng est d’abord un tout jeune Chinois qui arrive à Paris en 1949, après la guerre sino-japonaise. Il est alors âgé de vingt ans et vient en France entreprendre une année d’étude. Mais la Chine ferme ses frontières et l’étudiant devient un exilé. Il se passionne pour la langue française au point d’en faire sa langue d’écrivain et de se choisir le prénom « François ». Homme d’une double culture, il revient sur son parcours, qu’il a toujours repensé à travers sa création littéraire, à la recherche d’une parole de vérité. C’est cette parole qu’il souhaite livrer à l’auditeur, durant les cinq rendez-vous d’“À voix nue”. Reconnu aujourd’hui comme une figure majeure de la poésie contemporaine, François Cheng est doté de cette voix si particulière qui « nous transmet un souffle ancien, immortel et absolument personnel, qui s’inspire de l’aventure de la passion et de l’amour » comme l’écrit la poète Silvia Baron Supervielle. Il termine chaque volet de l’émission en lisant un poème. 5. L'amitié, l'amour et la gastronomie
Après la saveur des mots, le moment est venu d’évoquer la saveur des liens amoureux et amicaux – que l’écrivain place au dessus de tout – et les saveurs de la gastronomie. La gastronomie est plus que la gastronomie : il éprouve devant les nourritures terrestres un sentiment de profonde gratitude. À goûter sans modération. Lecture du poème « En robe des champs » (in “Le livre du vide médian”, Gallimard, 2004).
Invité : François Cheng, poète, romancier et essayiste
Thèmes : Littérature| Littérature Contemporaine| Poésie| François Cheng
Source : France Culture
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