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EAN : 9782226477309
252 pages
Albin Michel (05/10/2022)
3.87/5   44 notes
Résumé :
" C'est à l'âge de quinze ans que le chant s'est éveillé en moi. Je m'ouvrais à la poésie et entrais, comme par effraction, dans la voie de la création... " Depuis son premier essai sur l'eau et la soif - unique témoin de son adolescence chinoise qu'il a emporté en France et dont il nous livre aujourd'hui la traduction - en passant par ses rencontres avec Gide, Vercors, Lacan, Michaux, Emmanuel, Bonnefoy et tant d'autres, François Cheng nous fait partager la longue ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Que dire sinon que je suis assez déçu par ce livre. de François Cheng, j'attendais autre chose que la description de son parcours et sa réussite intellectuelle. J'aurais aimé qu'il nous parle de la Voie, qu'il fasse plus de liens entre la poésie chinoise et française, sans forcément qu'il le fasse à travers ses propres expériences. Ce livre est à prendre comme un livre "testament", d'un vieil homme qui regarde en arrière tout le chemin parcouru et sent la mort approcher.
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Produire une critique approfondie de cette lecture m'est impossible. Vous parler de cet homme, oui. Vous dire ce qu'il me transmet à travers ses livres, ce que je ressens pendant leurs lectures.
Cet homme est au-delà de tout ce que je peux en dire. Lorsque je l'entends parler, lorsque je le lit, je sens tout mon être s'apaiser, ralentir pour arriver à ne plus rien ressentir de la vie qui m'entoure telle qu'elle était quelques instants auparavant.
Je n'ai pas la culture littéraire qui me ferait connaitre, plus que de nom, les philosophes, les écrivains qu'il croise. Mais les poèmes qui parsèment les pages sont de vrais cadeaux.
Ne serait-ce que le déroulé de sa vie fascine le commun des mortels que nous sommes. Celui qui est devenu plus français, plus lettré... jusqu'à finir sur les bancs de l'Académie française est fascinant
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Une longue route
pour m'unir au chant français
François Cheng
récit
Albin Michel, 2022, 244p


Voici le livre d'une vie -Cheng a 92 ans- pour laisser une trace non pas en tant que sage, mais disant qu'il a vécu, qu'il a participé à l'aventure de la Vie, intimement liée à la mort, qui n'est pas néant mais transfiguration, et qui fait vivre ensemble ceux qui sont morts et ceux qui sont en train de vivre.
A 15 ans, il s'est éveillé à la poésie, et s'est montré très sensible au thème de l'eau, avec son pouvoir de métamorphose et de transmutation, de création. Cheng est résolument dans le mouvement et le devenir, ce qui répond à sa conception de la vie et d'une certaine manière de l'éternité, et à la forme du quatrain, exorde, développement, tournant ou montée, nouvelle ouverture, qui évoque celle de la spirale. Au reste, la dissertation sur l'eau qu'il a écrite à cet âge, il la garde précieusement dans ses papiers.
Poétiquement, il est très proche de Rimbaud, mais surtout de Rilke. C'est un poète orphique, qui a conscience que seule la puissance de l'amour peut fonder un règne au-delà de la mort. Il s'oppose ainsi à Adorno qui trouvait barbare le fait d'écrire un poème après Auschwitz.
L'apprentissage du français fut pour ce Chinois en plein désarroi, qui a voulu rester seul en France, une longue route faite de patience et d'exigence, et de dépassement de la solitude. Il vénère cette langue, qu'il trouve musicale,-il en témoigne avec son analyse de L'invitation au voyage- et veut tout connaître d'elle, ses difficultés syntaxiques, ses formulations littéraires, le sens exact et exhaustif de chaque mot qui n'a pas de synonyme. Il vaut par lui-même. Il a assisté aux séminaires des grands intellectuels. Il s'est porté vers la sémiotique.
Son parcours est tissé de rencontres, Vercors, Gide, Michaux, entre autres.
Fort de sa connaissance profonde de la cuture française, il rapproche l'Occident de l'Orient, unissant la voix orphique et la Voie du Tao.
J'ai beaucoup aimé les trois quarts du livre qui retracent son parcours solitaire de conquête et de bonheur, la dernière partie montre un homme reconnu à qui, comme il se doit, les honneurs reviennent. Cependant, c'est un livre stimulant.
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François Cheng est un poète et un philosophe qui , au crépuscule de son existence, nous invite à parcourir » le long chemin « qui l'a conduit de Chine en France puis la lente métamorphose de son univers mental chinois vers un amour débordant pour la France ,sa langue et sa littérature
Dès son adolescence au milieu de la Chine ,il est fasciné par les brumes , l'eau, la montagne, les vallées, le silence propice à la médiation , probablement aussi très inspiré par le taoïsme où l'homme puise ses forces dans la nature. Très jeune Il se nourrit intellectuellement des grands poètes français mais sera aussi en communion spirituelle avec le grand poète autrichien Rainer Maria Rilke qui , dans ses poèmes orphiques et les Cahiers de Malte , fait de la mort l'incitation à vivre encore plus pleinement, en participant à la souffrance du monde.
La mort est en effet omniprésente dans ce récit. On retrouve l'ambiance du quartier de la Montagne Sainte Geneviève des années 60 , la Mecque de la vie intellectuelle européenne ,on découvre des poètes contemporains connus ou inconnus avec lesquels il est en étroite complicité littéraire.
On ne peut qu'admirer une telle personnalité , tellement originale dans sa perception du monde et qui a la délicatesse de ne pas ennuyer le lecteur avec toutes les difficultés traversées en France pour s'imposer,jusqu'à être admis dans le Saint des saints « l'Académie Française « 
Son voyage sur les traces de Rilke en Suisse est très émouvant.
Il faut se détacher du monde actuel pour apprécier tous les poèmes qu'il cite au hasard de ses réflexions et qui ont enchanté sa vie, beaucoup d'entre eux écrits par lui-même
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« le livre d'une vie » annonce le bandeau en couverture.
Et c'est parfaitement résumé.

C'est en tout cas certainement l'un des livres majeurs de François Cheng, livre dans lequel il revient sur sa vie et le parcours qui l'a amené à vivre en France et à « s'unir au chant français » (ce sont ses mots) par sa passion pour la littérature et la poésie.
François Cheng est depuis longtemps une voie précieuse, véritable passeur entre deux cultures (chinoise et française).

C'est un écrivain qui transmet à merveille sa sagesse, ses passions et son regard poétique sur la vie.

Une lecture lumineuse et qui grandit.
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
En 1947, à dix-huit ans, je fais une longue fugue. Durant plusieurs mois, je ne prends même pas la peine de donner des nouvelles à mes parents.

Plus de soixante-dix ans après, la scène de nos retrouvailles apparaît dans un de mes poèmes adressé à Dieu, au Dieu de la souvenance, alors qu'eux, de qui j'ai tout reçu, à qui en retour je n'ai donné que des soucis sans remède, ont quitté depuis longtemps ce monde dans des conditions poignantes :

"Je me lèverai et j'irai vers Toi,
Traversant les nuits d'insomnie, franchissant
La ligne incandescente des étoiles,
Je sais que Tu es loin,
Mais que par Toi,
Tout sera retrouvé.

Je me lèverai et j'irai vers Toi,
Enjambant l'abîme d'un pas résolu, ignorant
Toutes distances qui séparent.
Je sais que Tu es proche,
Que je dois Te chercher
Au plus intime de moi.

J'irai vers Toi, sûr de te retrouver,
Car je n'oublie point une scène de jadis :
Après une longue fugue, je suis revenu au logis,
L'ombre maternelle s'est retournée, a dit :
"Te voilà", j'ai répondu : "Me voici!",
Et j'ai fondu en larmes."

page 36
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"L'Espace du rêve. Mille ans de peinture chinoise" paraît en novembre 1980. A Noël, tout le premier tirage est vendu. D'autres suivront jusqu'à l'usure complète des ektachromes. A cet album, succèderont, deux décennies durant, "Chu Ta". "Le génie du trait, Shitao. La saveur du monde, D'où jaillit le chant. La Voie des fleurs et des oiseaux dans la tradition des Song et Toute beauté est singulière. Peintres chinois de la Voie excentrique.
Au sortir de cette aventure aussi excitante qu'exténuante, je me sens autre. La permanente sensation de décalage qui me minait a fait place à celle, enivrante, d'une adéquation entre mon vouloir et mon pouvoir. En mon être, je le sais, un travail de fond a été accompli et une étape décisive franchie. Je suis parvenu, à ma manière, à rendre visible la meilleure part d'une culture qui m'habitait, sans ignorer que cela ne m'a été possible que grâce à la meilleure part d'une autre culture, laquelle, entre-temps, m'a procuré les références et une vue assez élevée pour tout embrasser. A la base de ce long processus réside l'agir de l'incontournable langue. Cette langue tant convoitée, que j'ai tenté de conquérir de haute lutte, tout à coup elle est là, en son entier, sans réserve, pleine de sollicitude, consentant à être la juste résonance de ce que je porte de plus secret en moi. Là-dessus, nul doute n'est possible : lorsque je monologue, je le fais en français ; lorsque je rêve, pareillement.

page 120
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- Guerre sino-japonaise 1937 - massacres de Nankin -

Nous réussissons à embarquer sur un bateau qui remonte le Yang-zi jusqu'à la grande ville portuaire de Chongqing. Ce long périple sur le majestueux cours d'eau, chargé de passé et toujours en devenir, qui a tant inspiré la pensée taoïste, fait entrer définitivement la vision fluviale dans mon imaginaire et me fait embrasser sans hésitation l'idée de la Voie. La traversée dans le grondement tumultueux des vagues au spectacle sublime et en même temps plein de périls - à certains passages, le bateau frôle presque les falaises à pic - vaut baptême pour moi. A neuf ans, je comprends que mon voyage terrestre ne sera jamais de repos. Je serai toujours un errant, côtoyant sans cesse des abîmes imprévus.

pages 18/19
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"N'oublions pas nos morts ni notre propre mort,
C'est le devoir-mourir qui nous pousse vers l'élan.
De l'indicible au chant, notre voix est orphique,
Transmuant les absents en d'ardentes présences".
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Riche des mots nouvellement appris qui constituent pour mon âme un véritable rempart, je me convaincs d'être en sûreté, protégé efficacement contre les agressions venues du dehors.Des mots-nourritures, des mots- paysages, des mots de la réalité pratique. Et d'autres qui mènent à des êtres(...)
Au milieu de la cohorte de noms, sonne à mon oreille celui de Rainer Maria Rilke.J'apprends,stupéfait, qu'habitant près de la bibliothèque durant son premier séjour à Paris, il se réfugiait lui aussi en ce lieu pour entrer en communion avec d'autres créateurs.
Rilke ! Ce nom brille d'un éclat singulier au centre de ma voûte céleste, un astre à nul autre pareil.

( p.52)
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Vidéo de François Cheng
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