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EAN : 9782290164914
930 pages
Éditeur : J'ai Lu (14/11/2018)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Personne à La Jonction n’a jamais vu de créature telle que l’étranger. Dépourvu de poils, de crocs et de griffes, il est le seul survivant de sa compagnie et l’unique représentant d’une espèce, inconnue jusqu’alors, maîtrisant le voyage spatial. En échappant aux dangereux kifs pour trouver refuge à bord du vaisseau hani l'Orgueil de Chanur, il ignore qu’il vient de déclencher une crise politique dont les répercussions pourraient bien ébranler tout l’espace connu...<... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Alfaric
  20 avril 2020
Avec "Chanur", la grande dame de la SFFF qu'est C.J. Cherryh livre un space opera classique mais solide ayant l'ambition d'être réaliste. Enfin pas si classique que cela car nous sommes dans les années 1980, et dans la population de l'eau a coulé sous les ponts depuis l'Occident triomphant du premier XXe siècle qui faisait la part belle à l'impérialisme, au colonialisme, au machisme et au racisme…
Elle fait donc la part belle à l'autre, à commencer par les femmes dans une Communauté Spatiale où 7 civilisations tantôt oxgéniennes (Hani, Kif, Stsho, Mahendo'sat) tantôt méthaniennes (T'ca, Chi et Knnn) cohabitent tant bien que mal et échangent pacifiquement à La Jonction les marchandises de tout le cosmos :
- les Hani sont des lions bipèdes organisés de manière sophistiquée et conflictuelle en clan matriarcaux et patrilinéaires… L'auteur fait du féminisme par l'absurde avec une civilisation qui juge toutes les rôles importants comme hors de portés des mâles mâles jugés trop changeants pour être compétents, et ils sont des rois fainéants qui gèrent la maison sous le contrôle et la surveillance des femelles qui assurent la prospérité en naviguant à travers les étoiles et le pouvoir passe ainsi de tantes en nièces (d'où l'importance de la jeune Hilfy fille de Kohan et nièce de Pyanfar qui est appelée à un jour dirigé tout le Clan Chanur, et il faut un sacré paquet de pages pour comprendre cela)...
- les Kifs peut-être reptiliens sont ambitieux, cupides et belliqueux, et confondent allègrement commerce et piraterie (ce sont les méchants du cycle jouant le même rôle que les Klingons dans "Star Strek")
- les Mahendo'sat manipulateurs sont l'espèce la plus proche des hominidés de part leur aspect simiesque, et ils se font un malin plaisir de jouer une politique de balance entre hani et kif pour avancer leurs pions et tirer leurs épingles du jeu (ils auraient pu récupérer le rôle jadis révolu aux Romuliens dans "Star Strek" s'ils n'y avait pas les Stsho)
- les Stsho sans doute inspirés des Dirdirs de Jack Vance dans le "Cycle de Tschaï" sont des hermaphrodites trisexués dont on peine à suivre les changements de personnalité, mais violemment xénophobes ils considèrent les reste du cosmos comme des inférieurs à soumettre ou à exploiter… D'ailleurs ils ont offert la technologie du voyage dans l'espace aux hani pour emmerder les Mahendo'sat et les Kifs !
- les T'ca sont des serpentiformes géants doté d'un cerveau matriciel divisé en 7 centres nerveux... la communication avec eux est compliquée, et je vous laisse le plaisir de découvrir comme l'auteure parvient à rendre cela dans les dialogues…
- les Chi qui ressemblent à des assemblages des bâtons fluorescents accompagnent toujours les T'cai, et les débats sont vifs pour savoir s'il s'agit d'un peuple, d'esclaves, de symbiotes ou d'animaux de compagnie...
- personne ne comprend les Knnn aux membres multiples et hautement velus, mais ils disposent des technologies les plus avancées de la galaxie donc personne n'oserait aller se frotter à eux (pas mêmes les Kifs les plus expansionnistes)...

Dans cet univers les humains sont les aliens, et nous suivons les heurs et malheurs de Tully dernier survivant de sa mission d'exploration qui plus qu'un homme-objet et presque un McGuffin que se disputent chaque faction qui veut pour elle seule les informations qu'il pourrait révéler sur l'humanité. Il s'est échappé des geôles d'un vaisseau kif, et c'est complètement perdu qu'il rejoint « L'Entreprise » du Capitaine Kirk, euh pardon « L'Orgueil de Chanur » du Capitaine Pyanfar (parce qu'il vu Hilfy rire et c'est l'attitude la plus humaine qu'il ait rencontré dans l'espace de la Communauté). Nous suivons donc la cavale intersidérale dans un huis clos, avant d'aborder les conflits internes à la société hani où toutes ses rivales attendent impatiemment que son fils Mahn renverse son frère Kohan, et tout est raconté du point de vue de Pyanfar 50 % princesse marchande 50 % strong independant woman flibustière qui nous livre ses pensée et ses sentiments : que va-t-elle bien faire d'un mâle étranger sans griffes, sans crocs et sans fourrure ? et que va-t-elle faire d'un mâle tout court qui risque bien de foutre la merde dans son équipage de femelles ? le fait d'inverser les présupposés habituels où l'homme est la mesure de toutes choses est très bien rendu et plusieurs passages ne sont pas rappeler la saga de "La Planète des singes" (sauf qu'on remplace les primates par des félins), car Tully fait tout pour montrer qu'il appartient à une espèce intelligente et compétente dans le domaine spatial, et la communication s'avère très très compliquée….
Dans le rétroviseur de l'auteure j'ai reconnu Robert Heinlein et sa SF réaliste et humaniste pour lui rendre hommage et Jack Vance dont elle détourne le l'exotisme et le machisme pour les brocarder. Évidemment ici difficile de retrouver la poésie du "Cycle de Morgane", mais j'ai retrouvé les défauts de ses qualités : elle n'a pas son pareil pour mettre en scène une mentalité étrangère, mais du coup c'est compliqué d'avoir des explications pour nous autres lecteurs (merci aux appendices qui permettent de s'y retrouver) car les personnages ne se donnent pas la peine d'expliciter les us et coutumes des sociétés dans lesquels ils évoluent qui pour eux sont naturels (et cela s'applique également aux tenants et aux aboutissants du récit : heureusement qu'ici les personnages et les enjeux sont simples, sinon cela aurait été difficile à suivre !). Chez Robert Heinlein c'est plus facile car les personnages sont humains donc on peut comprendre leurs motivations, leurs espoirs et leurs peurs sans qu'on nous les explique et il a toujours été pédagogique pour tous les aspects techniques, mais là avec C.J Cherryh on Hard SF à la fois technique et exotique et Space Opera aux allures de roman d'aventure maritime donc c'est moins clair…

Ayant déjà dit tout ce que j'avais à dire sur le tome 1, passons aux suite :
* Tome 2, "L'Épopée de Chanur" :
https://www.babelio.com/livres/Cherryh-Lepopee-de-Chanur/70232/critiques/1776601
* Tome 3, "La Vengeance de Chanur" :
https://www.babelio.com/livres/Cherryh-La-vengeance-de-Chanur/17091/critiques/2211905

Gros potentiel, mais il manque quelque chose pour passer un cap. Je crois que cela se joue sur les dialogues car finalement il y a assez peu d'interactions entre l'héroïne, sa famille, son équipage, ses alliés et ses ennemis : tout est raconté du point de vue de Pyanfar, et entre très nombreux passages en sabir, les expressions idiomatique extraterrestres qu'on ne peut pas comprendre, les problèmes de tablettes traductrices humain / hani et les modes de communications méthaniennes que personne ne comprend y compris Pyanfar ça manque clairement de coolitude, de fluidité voire de clarté. Après c'est peut-être aussi générationnel : on veut donner un seconde souffle au space opera vintage, mais on le fait à l'époque de l'émergence du cyberpunk qui va influence le genre pour donner naissance au New Space Opera dont les "Cantos d'Hypérion" de Dan Simmons sont un peu le porte-étendard… Ou un souci de sensibilité car je surkiffe les sagas "Vorkosigan", "Babylone V", et "Farscape" qui avait les mêmes ambitions (et parfois ont pioché chez l'auteur américaine)...

PS : le résumé du tome 1 parle de femmes-louves… ça arrive aux éditeurs de lire leurs livres ?
Décidément cette série n'a pas été gâtée en VF (qui n'est qu'une petite partie d'une saga bien plus grande quasiment inaccessible en VF elle : l'univers de "L'Alliance-Union") : entre les illustrations de couverture hors-sujet, les 4e de couverture erronés ou mensongers, les titres pas très inspirés et l'absence de numérotation des tomes c'est du boulot bâclé ! Chez l'éditeur J'ai Lu on a donc "Chanur" / "The Pride of Chanur", qui est un roman indépendant et qui se suffit à lui-même, on a une suite en 3 parties intitulées "L'Épopée de Chanur" / "Chanur's Venture", "La Vengeance de Chanur" / "The Kif Strike Back", "Le Retour de Chanur" / "Chanur's Homecoming" (vous aurez remarqué le jeu de mot avec l'épisode V de "Starswars" que personne n'a vu chez J'ai Lu), et une suite « next generation » appelée "L'Héritage de Chanur" / "Chanur Legacy"… Si on avait eu un peu de bon sens, la série aurait dû être nommée ainsi : tome 1, L'Orgueil de Chanur ; tome 2, le Retour de Chanur ; tome 3, L'Épopée de Chanur, tome 4 La Vengeance de Chanur, et tome 5, e de Chanur et la pour raccord avec le contenu...
Et si vous ne voulez pas hanter les bouquinistes, préférez les 2 intégrales parues aux Nouveaux Millénaires.
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Lutin82
  17 janvier 2019
Le titre original du roman est The pride of Chanur (L'orgeuil de Chanur) qui me semble particulièrement adapté. Chanur est délicat a définir. C'est à la fois une famille, une tribu, une meute et encore une dynastie. Une famille car les membres de cette association sont liés par des liens de sang; une tribu car cette assemblée est dirigée par un chef; une dynastie car Chanur doit passer avant tout, il y a des intérêts économiques conséquents et un renom à préserver.
Enfin, Chanur est également une meute. Et sans doute un tour de force de Cherryh de réussir à rendre ces E.T. félins aussi crédibles. Elle s'est inspirée des lions pour créer les Hanis, race fière, belliqueuse et bornée. Ainsi, l'apparence physique est-elle féline, bipède certes, mais sans anthropomorphisme. En effet, le tempérament est loin d'être similaire à l'homme. En cela, je la rapproche beaucoup de qu'a pu écrire Poul Anderson lorsqu'il nous fait voyager dans la galaxie à la découverte d'autres civilisations que le soit avec van Rijn (La Hanse Galactique) ou Flandry (L'Empire terrien).
La meute passe avant tout! TOUT!
Cet esprit caractéristique se trouve ancré dans les individus que nous allons rencontrés, et les choix qui seront fait le seront avec cette priorité clairement établie. C'est si instinctif, que cela tortille la tuyauterie du lecteur, témoin des décisions malencontreuses…
Les lionnes s'occupent de la chasse et de la protection de la meute sur notre Terre, il en va de même avec les hanis. La corrélation qui en découle est logique : les équipages des vaisseaux sont exclusivement composés de femelles.
Le titre est parfaitement adapté au roman car il reflète la personnalité du peuple Hani, et de Chanur en particulier, en illustrant toutes les nuances et les conséquences associées au terme « orgueil » qui véhicule aussi bien des notions positives que négatives. Les deux auront leurs répercussions sur l'histoire qui va vous occuper – avec passion. Hors de question de laisser filtrer des ressorts de l'histoire, donc, je ne vais pas développer plus avant la personnalité des Hanis, et vous laisser découvrir par vous-même.
L'orgueil de Chanur est également le nom d'un vaisseau de la flotte de la maison Chanur. A sa tête, Pyanfar Chanur (évidemment) dirige l'équipage d'une patte de fer enrobée de fourrure (aussi doux que du velours, enfin, je pense). Mais très vite, Pyanfar et Chanur ne feront qu'un dans votre tête. Elle en est l'esprit (n'oubliez pas l'équipage est féminin!).
Mais avec un tel tempérament, comment dire… les ennuis peuvent être assez conséquents.
Un intrigue pleine de roublardise
Ainsi, tout commence à la station La Jonction au carrefour des civilisations (sauf humaines). Pyanfar y fait escale pour affaires; sur le point de repartir, un passager clandestin se faufile à bord. Or, celui-ci est poursuivi par les redoutables et impitoyables kifs qui veulent le récupérer coûte que coût. Pyanfar Chanur ne peut pas les sentir, et ceci explique sans doute partiellement la raison qui la pousse à refuser la livraison du fuyard à ses (légitimes?) barbares. Après tout, elle n'a fait qu'entrapercevoir une ombre… (C'est si facile de se convaincre).
Sans le savoir, elle a dégoupillé une grenade de taille gigantesque et à partir de ce moment tout part en vrille. Les kifs sont remontés comme des pendules ambulantes, et n'hésitent pas abattre les vaisseaux Hanis, sans distinction appartenance (ce qui va en conséquence, engendrer la furie d'autres familles/meutes hanis…). La fuite est la seule issue, et s'ensuit une partie de cache-cache et de poker menteur aux mises chargées d'adrénaline.
Pour Pyanfar et son équipage, la surprise est de taille : la bestiole pour laquelle une guerre vient d'éclater est dénuée de poil, semble stupide et fragile. Elle est complétement prostrée….
Quelle richesse en si peu de pages!
L'ironie est assez mordante quand nous découvrons que la princesse en détresse s'avère être de sexe masculin…
Outre, une intrigue menée tambour battant, le fond démontre qu'il est parfaitement possible d'allier réflexion et fun. Carolyn Cherryh aborde aussi bien la question de l'égalité (notamment en renversant la position de détresse), le langage, la remise en question, l'ouverture,…
J'ai vraiment apprécié tout le jeu relatif à la communication. Faire connaitre ses besoins vitaux n'est pas si difficile, en revanche, les concepts abstraits…. Et puis quel tour de force cette meute/famile/tribu/dynastie!! Et pour la précision, il n'y a pas de harem de femelles (ni d'histoire d'amour, même pas inter-raciale).
Un petit mot sur l'édition
Bien que je ne sois pas fan de la couverture, elle est nettement plus adaptée que la précédente. J'avais lu Chanur il y a quelques années, et j'avais déjà aimé le texte, la nouvelle traduction le modernise et surtout le dynamise avec bonheur. Cette vitalité nouvelle lui donne une autre saveur, et rend justice au talent de Carolyn J. Cherryh. Merci M Durastanti!
critique plus complète sur mon blog
Lien : https://albdoblog.com/2019/0..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
enitram34enitram34   04 mars 2019
Toute la matinée, la créature avait erré sur les quais, dissimulée dans le fouillis des grues, des tapis roulants, des conteneurs, ou tapie sous les rampes d’accès des nombreux vaisseaux faisant escale à La Jonction. Les membres d’équipage de l’Orgueil de Chanur l’ayant entrevue la disaient pâle, nue et famélique. Personne, bien sur, et surtout pas Chanur, n’avait signale sa présence aux autorités portuaires. On évitait de se mêler des affaires des autres sur la station ou de multiples espèces se retrouvaient pour commercer et se ravitailler – faute d’être concerné, du moins.
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