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René Brest (Traducteur)
ISBN : 284734425X
Éditeur : Tallandier (05/04/2007)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :

Sous la respectable surface de la société victorienne grouillait un monde obscur et turbulent : la jungle urbaine des bas-fonds, univers sans égouts, sans police, sans frein, sans école. S'appuyant sur une impressionnante documentation, Kellow Chesney fait revivre le Londres du XIXe siècle, ou plutôt l'envers du décor, des ruelles ténébreuses de Whitechapel, où sévit Jack l'Eventreur, aux misérab... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Arakasi
  20 août 2014
Le siècle victorien, voici une époque qui fait rêver ! C'est le temps des belles robes à crinoline, des vertigineux chapeaux haut-de-forme, des élégantes calèches patientant devant les théâtres illuminés, des salons débordants de beaux esprits, de Jane Austen, des soeurs Brontë et de l'incontournable Charles Dickens. Jamais la belle société anglaise n'a été plus brillante et plus raffinée ! Pourtant, comme chacun le sait, plus les lumières sont vives et plus les ombres qu'elles projettent sont opaques et menaçantes. Et dans ces ombres, grouille une véritable faune humaine, aux dents et aux griffes bien plus aiguées que leurs équivalents animaux : pickpockets et cambrioleurs, escrocs et frappeur de fausse monnaie, prostituées et gitons, mendiants et rétameurs, garroteurs et coupe-jarrets … L'honnête bourgeoisie tente bien de les oublier, comme on essaierait d'occulter sa mauvaise conscience, mais « les classes dangereuses » se rappellent chaque jour à elle, que ce soit par l'intermédiaire de la main trop prompte d'un petit voleur à la tire, par celle d'un escroc de génie s'enfuyant avec vingt milles livres en poche, ou par celle sanglante d'un Jack l'Eventreur. La pègre est partout, elle gronde, elle râle, elle rugit et, surtout, elle est immortelle, renaissant de ses cendres à chaque fois que l'ordre et la société tentent de la piétiner.
Ecrit au début des années 70, « Les bas-fonds de Londres » de Kellow Chesney fait toujours référence en ce qui concerne la face sombre de l'Angleterre victorienne. Contrairement à ce que pourrait faire croire la couverture un brin racoleuse choisie par l'éditeur Tallandier, son ouvrage est extrêmement sérieux et d'une qualité remarquable. Ecrit avec clarté et précision, fourmillant de références littéraires et historiques, il nous offre une vision particulièrement frappante et vivante des différents milieux de la pègre. L'ensemble est si détaillé qu'il pourrait rebuter les lecteurs ne souhaitant qu'effleurer cette aspect de la société anglaise, mais constitue une vraie mine d'or pour les amateurs. En ce qui me concerne, j'ai maintenant la joie de pouvoir détailler toutes les étapes de la fabrication de faux billets et de connaître par coeur les ficelles d'un combat de boxe truqué, connaissances ô combien précieuses au cas où je souhaiterais un jour me reconvertir dans le crime organisé ! (Faudra aussi que je me trouve une machine à remonter le temps pour les mettre en application, mais c'est une autre histoire.)
Je recommande donc très fort cet ouvrage à tous les futurs cambrioleurs et voyageurs spatio-temporels. Et si vous souhaitez seulement vous documenter sur l'époque et vous offrir une petite virée sur les traces de l'Eventreur et ses aimables comparses, bah… lisez-le aussi ! Un peu de culture générale crapuleuse, ça n'a jamais fait de mal à personne.
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Bonnynic
  14 avril 2017
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, êtes-vous prêts ?
Etes-vous prêts pour un voyage dans le temps ? Un voyage dans l'Angleterre de 19 ème siècle. Un voyage dans l'univers de la pègre, du crime, du jeu et de la prostitution ?
Ce livre magnifiquement documenté nous emmène de l'autre côté de la vie respectable que l'on pourrait imaginer des années 1850.
Certains voudraient nous faire croire que nous vivons dans un monde sale et violent. On nous bassine à longueur d'année avec la même rengaine comme quoi la société est de plus en plus violente et que nos belles villes sont des dépotoirs à ciel ouvert.
Lire ce livre permet en autre de se rendre compte que ce n'est nullement le cas. le monde était beaucoup plus violent (et je pèse mes mots) avant. L'envirronement était infiniment plus sale il y a 170 ans.
Le livre est bien agencé et les chapitres sont des plus intéressants les uns des autres.
Quasi toutes les formes de vices sont étudiées. Pickpocket, détrousseur, receleur, mendiant, etc.
A cette époque, la pauvreté crasse était répandue. La majorité des enfants, sans la moindre instruction, était laissé à leur triste sort. La mortalité infantile explosait (la vie d'un enfant ne représentait pas grand-chose), les gosses de 13 ans avaient déjà un pied dans le stupre.
La prostitution était très importante et très redoutée. Pas tellement pour le risque de se faire détrousser au passage mais surtout par la prolifération des maladies vénériennes que la copulation tarifé engendrait.
Seul petit regret du livre à mes yeux, le fait de passer totalement sous silence (pas une ligne) la série de meurtre de WhiteChapel de 1888 .Je suis passionné par le sujet et je m'attendais à lire sur l'ami Jack. Mais bon, cela n'enlève rien au charme du livre.
A la fin, on ne peut que s'interroger : le monde est-il vraiment plus humain ? Plus « avancé » aujourd'hui? Moins violent et plus propre on l'a déjà dit. Mais au fond, nous sommes les mêmes personnes qui luttons pour survivre dans un monde qui nous dépasse.
Au fond, 170 ans, c'était hier…
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Tounet
  30 novembre 2014
Nulle société ne semble aussi paradoxale que l'Angleterre Victorienne. Lancée à toute puissance dans l'industrialisation, La Grande Bretagne est parmis les plus riches économiquement de l'époque. Nous présentant une réelle société à deux vitesses: entre les classes dirigeantes et moyennes et les classes ouvrières ce n'était pas un fossé qui existait mais bien un gouffre. Pratiquement toute la classe ouvrière tirait le diable par la queue, vivant au petit bonheur dans l'un ou l'autre taudis de Whitechapel ou à la rue quand le loyer devenait impayable.
Une société en quête de respectabilité à tous prix au point d'étouffer ses membres corsetés dans une morale rigide.
La pauvreté extrême de certains et le poids du "qu'en-dira-t-on" pour tous, les tentations de vol et les occasions de chantage étant légion, on comprendra aisément que la pègre pris un essor considérable à cette époque.
L'auteur du présent ouvrage nous dresse un véritable inventaire des formes de criminalité de l'époque Victorienne: toutes les techniques de vol à la tire ou cambriolage, les arnaques et faux mendiants, les paris truqués, la prostitution... il nous passe en revue méthodiquement toutes les façons de mal acquérir un bien sous le règne de Victoria.
Il tire aussi le portrait de toutes les "classes dangereuses": ces gens exerçants des fonctions nécessaires à la société, prêts à gagner honnêtement leur vie tant que l'occasion se présente mais se méfiants de la société et se tenant plus ou moins volontairement à l'écart de celle-ci.
Les Navvies construisant les voies de chemin de fer, les costers ces marchands ambulants de victuailles, les ramoneurs, les nomades de tous horizons : forains, trimardeurs, rétameurs, romanichels...
Un portrait fascinant d'une société où les atteintes aux biens étaient plus sévèrement punies que les atteintes aux personnes...
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
ArakasiArakasi   13 août 2014
"Il a fait le siège de ma porte, à toute heure du jour et de la nuit ; il s'est colleté avec mes domestiques ; il a épié mes entrées et mes sorties ; il m'a suivi à la campagne ; il a surgi dans des hôtels en province où je ne passais que quelques heures ; il m'a écrit d'endroits fort lointains. Il est tombé malade ; il est mort et a été enterré ; il est ressuscité ; il a une fois de plus quitté la scène transitoire ; il a réclamé une houppelande pour se rendre aux Indes ; une livre sterling pour repartir d'un bon pied dans la vie ; une paire de chaussure pour le mener en Chine ; un chapeau pour lui obtenir une situation permanente dans la fonction publique. Il lui a souvent manqué sept shillings six pence pour de devenir indépendant. Il a eu de telles propositions à Liverpool - des postes de confiance dans des entreprises commerciales que rien ne pouvait l'empêcher d'obtenir sauf sept shillings six pence - que je me demande s'il n'est pas en cet instant maire de cette florissante cité.

Les phénomènes naturels dont il a été victime sont d'une nature époustouflante. Il a eu deux enfants qui n'ont jamais grandi ; qui n'ont jamais eu de quoi se couvrir la nuit ; qui l'ont mené au seuil de la folie à force de lui demander à manger ; qui n'ont jamais cessé d'avoir des fièvres et des rougeoles ; qui n'ont jamais changé en quoi que ce soit durant quatorze longues années. Quant à son épouse, personne ne peut concevoir ce que cette femme a enduré. Elle a toujours été enceinte au cours de la même longue période sans jamais faire ses couches. Son dévouement envers elle a été incessant. Il ne s'est jamais soucié de lui-même ; il aurait pu périr - il le souhaitait, d'ailleurs, bref ! - mais n'était-ce pas son devoir de chrétien en tant qu'homme, mari et père, de lancer un appel au secours quand il la regardait ?"

(Extrait de l'article "Je devrais en savoir long sur le solliciteur-épistolier" de Charles Dickens)
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ArakasiArakasi   12 août 2014
Quiconque épouserait la thèse d'Engels - que les criminels de l'ère victorienne étaient des marginaux entraînés par le désespoir à une "guerre ouverte" contre une société impitoyable - devrait se souvenir que ce sont les pauvres eux-mêmes qui ont le plus pâti de leurs activités. En effet, nulle part la guerre ne fut aussi ouvertement menée que dans les quartiers nécessiteux des grandes agglomérations, et contre ceux dont la protection importait peu à la société.
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ArakasiArakasi   17 août 2014
Sauf quelques faussaires professionnels et leurs complices, l'escroquerie financière était le délit distinctif des hommes d'affaire ou exerçant une carrière libérale. Quelqu'un de taille à entamer la marché monétaire pouvait difficilement être rangé dans les "classes dangereuses" ; c'est donc presque un axiome d'affirmer que les crimes les plus grands et les plus profitables n'étaient pas, de très loin, à la portée de ce qu'on nomme ici la "pègre".
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