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Mirèse Akar (Traducteur)
EAN : 9782070359882
240 pages
Gallimard (09/04/2009)
3.77/5   49 notes
Résumé :
Paris, 1878 : les Impressionnistes s'exposent. Parmi eux, Mary Cassatt, une impétueuse peintre américaine, est remarquée par la critique pour ses nuances délicates. Au cœur de son travail, sa sœur Lydia. Cette jeune femme, dont le teint clair et les cheveux auburn illuminent les tableaux de Mary, est la narratrice du roman intimiste de Harriet Scott Chessman. Nous la suivons dans ses pensées, tandis que sa santé décline inexorablement et que s'élaborent les plus cél... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Très beau livre délicat, touchant , émouvant , nuancé , d'une grande douceur, mélancolique , découpé en 5 tableaux dont Lydia , narratrice , est le premier élément .



Nous sommes en 1878 : Mary Cassat , impétueuse peintre américaine, dans une maison cossue, forte, bouillonnante de vie , de rire et d'indépendance —— elle se dit féministe ——fréquente le milieu artistique , tandis que sa soeur Lydia , au coeur de cet ouvrage, dont le teint très clair et les cheveux auburn illuminent les tableaux de Mary, qui la protège , atteinte de la maladie de Bright ——-, elle va l'emporter en 1882,——souffre le martyr .

Elle se recroqueville autour de celle - ci , se sait condamnée , désire laisser un souvenir, sa marque sur le monde , en posant comme modèle pour sa soeur , pour ses peintures exposées aux expositions impressionnistes.

Elle nous livre à petites touches , fines, légères les souvenirs américains de son enfance très heureuse, , ses premiers émois amoureux, le fiancé disparu, ses joies, ses aspirations.

Son regard ému , digne , sur le monde , égrené au fil des pages émeut , touche au coeur.

L'auteure évoque avec grâce la relation fusionnelle avec sa soeur, alors que la santé de Lydia décline.

Elle se voit disparaître inexorablement alors que la maladie va gagner sous l'oeil désolé de sa famille, bienveillant d''Edgar Degas? ami de Mary, souvent présent pendant les longues heures de pose.

Les oeuvres de Mary Cassatt , d'une rate délicatesse, représentent des femmes et des enfants , scènes de la vie quotidienne , dans un flou délicat , semblable aux instantanés de l'époque. .

Chaque séance de pose est une douleur en même temps qu'une échappée belle , dans un face à face émouvant entre la vie qui s'enfuit et l'art se construisant en profondeur dans l'intimité des deux soeurs .

Un voyage poignant , frais et délicat , au coeur de cette relation complexe, l'évocation de femmes éprises d'indépendance ,l'une créative et active, l'autre fine observatrice se sachant condamnée, dans l'effervescence artistique de la fin du XIX siècle , récit introspectif , remarquable , pudique et juste, vibrant hommage à l'art .
Un petit bijou !
Un ouvrage que l'on m'a prêté !
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Une femme lit le journal et cette femme se nomme Lydia Cassatt. Elle est la soeur aînée de celle qui tient le pinceau, Mary Cassatt, peintre et graveuse d'origine américaine faisant partie du mouvement impressionniste de la fin du XIXème siècle dont je dois avouer que les toiles m'étaient connu mais dont je ne connais ou n'avais pas retenu le nom de leur auteure.

Lydia est la narratrice de ce roman, découpé en 5 tableaux dont elle est l'élément principal. La famille s'est installée à Paris où Mary expose et fréquente le milieu artistique mais on détecte chez Lydia la maladie de Bright qui va l'emporter en 1882. Elle évoque sa vie, sa relation avec sa soeur et Edgar Degas, ami de Mary, souvent présent pendant les longues heures de pose dont elle décrit très précisément tout le déroulé et le travail de création de sa soeur.

C'est une famille très marquée par les deuils : perte de plusieurs enfants par le passé et la maladie de Lydia laisse planer à nouveau la mort dans le foyer. La relation entre Lydia et Mary est forte, protectrice de la part de Mary, qui semble vouloir garder des traces de Lydia sachant que celle-ci s'efface de plus en plus de la vie. Lydia noue avec Degas une relation ambigüe faite à la fois de sentiments mais aussi de jalousie vis-à-vis de cet homme dont elle a l'impression qu'il lui ravit sa soeur.

J'avais déjà vécu cette expérience qu'une auteure se glisse dans un personnage d'un tableau avec Gaëlle Josse et Les heures silencieuses et imaginer la vie de celui ou celle qui est représenté, ses pensées, son quotidien, le pourquoi de sa présence sur la toile est un postulat de départ qui m'intéresse car moi-même je me pose souvent la question et je bâtis des scénarios lorsque je visite une exposition, un musée.

Harriet Scott Chessman dessine à travers cette biographie romancée mais inspirée des travaux autour de Mary Cassatt, le portrait du Paris artistique de la fin du XIXème siècle, du travail d'élaboration d'une peinture, du choix du cadre, des poses, de la lumière et des couleurs mais également un regard porté sur deux femmes, l'une active, créatrice, l'autre immobile, observatrice qui se sait condamnée.

Les oeuvres de Mary Cassatt sont d'une rare délicatesse, ses modèles étant principalement des femmes et des enfants, des scènes de la vie quotidienne, avec un sens du flou, de la couleur et de la douceur, des instantanés de vie de l'époque.

Harriet Scott Chessman attire notre attention sur ce que la peintre voulait faire passer dans ses toiles : le temps, l'amour maternel, tout est dans le geste, le regard, l'instant. Chaque chose, objet a son importance, tout est souvent lié et c'est également un regard porté sur la vie de cette époque.

J'aime cette façon romancée de mettre le projecteur sur un(e) artiste, de façon directe ou indirecte (par un tiers) surtout quand, comme dans le cas présent, l'écriture est aussi juste et délicate que les toiles évoquées. J'ai d'ailleurs trouvé très judicieux d'inclure dans chaque partie le tableau évoqué, en couleurs, permettant ainsi de s'y référer au fur et à mesure des détails fournis, des couleurs, lumière etc....

Une femme fait son entrée dans la lumière du monde artistique, l'autre s'enfonce de plus en plus dans l'ombre, s'efface peu à peu et en regardant les cinq portraits réalisés sur trois ans on ne peut qu'être touchés par le visage qui perd de sa fraîcheur mais dont on ressent toute la tendresse du peintre pour son modèle.

"Empreinte d'une tranquille assurance la main de la mère s'attarde dans l'eau de la bassine, et elle se penche au-dessus de son bébé, et le bébé ne la quitte pas des yeux. A l'extérieur de la pièce, la vie poursuit son cours, avec ses bateaux et ses trains, ses républiques, ses lointaines colonies, son industrie, son injustice, ses guerres, sa terreur. le monde n'est plus qu'une vue de l'esprit quand il s'agit d'autre chose que de cette tranquillité, cet espace clos, cet amour attentif. (p104)"
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Mary Cassatt Americaine femme peintre qui su se faire une place au sein du milieu très masculin de la peinture impressionniste. Indépendante, féministe, elle restera célibataire. Installée en France dans l'Oise au château de Beaufresne, au Mesnil-Théribus.

Elle fût grande amie de Degas et de Berthe Morisot.

Ce livre est divisé en 5 chapitres illustrés d'un tableau dont le modèle est sa soeur Lydia.

L'écriture est douce comme une promenade au coeur de ses oeuvres, mais nous pénétrons aussi dans l'intimité des deux soeurs très proches bien qu'au tempérament fort différent : Lydia la sage, douce et fragile, atteinte d'un mal sournois et mortifère et Mary la rebelle, autonome, militante pour la reconnaissance du droit des femmes, moderne, originale.
Enfin elle a su insuffler la passion impressionniste outre Atlantique. Grâce à elle les musées américains possèdent des toiles de Cézanne, Monet, Degas, Manet, Renoir.

Je ne connaissais pas cette peintre avant la lecture de ce livre. J'aime les portraits de sa soeur mais moins les scènes de maternité où l'enfant est souvent nu et perdu dans ses pensées presque indifférent au regard maternel.

Quant au célèbre tableau "Petite fille dans un fauteuil bleu" je trouve la pose de cette petite dérangeante. D'ailleurs l'auteure imagine une discussion entre les 2 soeurs à ce sujet, Lydia trouvant que la position de la petite n'est pas du meilleur goût, une pose un peu trop adulte et suggestive. J'ajoute que Degas a participé à sa realisation. Mary lui répond qu'elle reste encombrée du puritanisme américain.

Je crains moi-même d'être prise de pruderie lorsqu'il s'agit de mettre en scène des enfants !

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S'inspirant de cinq tableaux peints par Mary Cassatt et représentant la soeur aînée de l'artiste, Harriet Scott Chessman ébauche avec « Lydia Cassatt lisant le journal du matin » un portrait intime et émouvant de ce modèle mystérieux dont l'Histoire nous a laissé peu de traces.

Alors que l'état de santé de Lydia, atteinte de la maladie de Bright, décline inexorablement, sa soeur la sollicite afin qu'elle pose pour elle. Au-delà du simple avantage financier, la volonté de Mary d'avoir sa soeur pour modèle semble surtout relever d'une nécessité pour l'artiste. Incapable de soutenir la perspective de la maladie ou de la mort, Mary semble en effet éprouver toutes les difficultés pour exprimer ses sentiments à son ainée, tandis que Lydia, réservée et peu expressive, se laisse progressivement ronger par la culpabilité, supportant de plus en plus mal d'être un fardeau pour sa famille.

Eprouvant toutes les peines du monde à mettre des mots sur leurs sentiments respectifs, les séances de peinture deviennent autant d'instants intimes et de moments de communion précieux pour Mary et Lydia. Au fil de ces longues heures de pose, il s'instaure ainsi, entre la peintre et son modèle, un émouvant dialogue silencieux, positionnant bientôt le lecteur en témoin privilégié de cette relation empreinte d'amour et d'admiration qui lie les deux soeurs. de la pointe de son pinceau, Mary créée autour de sa soeur un écrin de tendresse et de douceur dans lequel la malade rêve de se réfugier. Tableau après tableau, l'artiste tente ainsi de sonder l'âme et de percer les secrets de cette soeur si réservée et secrète.

Rongée par la maladie et percluse de douleurs, il émane de cette personnalité en apparence impassible une force tranquille et une sérénité fascinantes. Alors qu'elle dresse un état des lieux de sa vie et s'interroge sur la trace qu'elle laissera dans le monde, Lydia se remémore les drames de son existence, ses premiers émois amoureux ainsi que ses rêves déchus. Pourtant, derrière l'apparente inertie du modèle et sa posture contemplative, le lecteur ne tarde pas à découvrir un esprit bouillonnant, luttant à la fois contre la douleur et la force des émotions qui l'habitent. Alors que les séances de pose se succèdent, au rythme des rares instants de répit que laisse la maladie, Lydia assiste, de portrait en portrait, aux ravages progressifs de la maladie sur son corps et sent peu à peu sa vie lui glisser entre les doigts.

Les pensées du modèle, ainsi captées sur le vif, prennent la forme d'un courant de conscience continu qui plonge le lecteur au coeur des réflexions de Lydia. Et en filigrane de ce récit introspectif et intimiste qui nous livre les états d'âme d'une femme au crépuscule de sa vie, se dessine peu à peu la dichotomie qui existe entre les deux soeurs.

Vive, audacieuse et dévorée par l'ambition, Mary saisit la vie à bras le corps et cultive une indépendance pour laquelle elle s'est farouchement battue, jusqu'au sein même de sa famille. La mère de Mary a en effet longtemps nourri des projets de mariage pour sa fille, rêvant de voir cette dernière épouser un homme fortuné. Ayant des idées très arrêtées sur le rôle de la femme et sa place dans la société, elle peine ainsi à accepter le choix de vie de la jeune artiste.

Au gré des ellipses temporelles qui séparent chacune des cinq oeuvres dont l'auteure s'est inspirée pour construire son récit, le lecteur devine également les grandes étapes de la carrière de Mary Cassatt dont il suit ainsi indirectement le parcours, de ses expositions successives au salon des Impressionnistes à sa relation avec Degas, en passant par son amitié avec Berthe Morisot ou la famille Alcott.

Eblouie par son courage et son impassibilité, Mary s'échine à travers ses toiles à crier tout l'amour qu'elle porte à son aînée. Poussée par le besoin irrépressible d'immortaliser Lydia à travers sa peinture et habitée d'un sentiment d'urgence, la peintre entend laisser à travers ses oeuvres une trace immuable de celle qui fut à la fois une soeur et un modèle, et d'ainsi témoigner à la face du monde du rôle essentiel et indispensable qu'elle joua dans sa vie.

Harriet Scott Chessman s'est largement documentée sur la vie de la famille Cassatt pour rédiger son roman. Elle s'est notamment appuyée sur de nombreux ouvrages et articles, et a construit autant que possible son histoire sur la base de faits historiques. Néanmoins, peu d'éléments concernant la vie de Lydia Cassatt sont parvenus jusqu'à nous. Ne disposant d'aucune lettre, journal intime ou autre document susceptible de la renseigner sur ce personnage aussi énigmatique qu'intimement lié à l'oeuvre de Mary Cassatt, l'auteure n'a pu tenter d'en dresser un portrait que sur la base de conjectures. Afin de combler les nombreuses zones d'ombre de la vie de Lydia, Harriet Scott Chessman a donc puisé dans son imagination afin de livrer un récit aussi réaliste et crédible que possible. le portrait qui en résulte ne saurait donc prétendre à la vérité historique… il n'en reste pas moins un récit introspectif terriblement émouvant et un remarquable hommage à l'art.

* * *
A partir d'une sélection de cinq oeuvres réalisées par Mary Cassatt (d'ailleurs reproduites au centre du livre), Harriet Scott Chessman ébauche un portrait intime et émouvant de la soeur de l'artiste, personnage énigmatique et secret, dont l'Histoire nous a laissé peu de traces.
S'appuyant sur une solide documentation, l'auteure mêle habilement fiction et faits historiques afin de donner une voix à cette femme à la fois discrète et secrète qui tint néanmoins une place de premier plan dans l'oeuvre de la peintre impressionniste. Puisant dans son imagination pour combler les zones d'ombre de la vie de Lydia, elle nous plonge au coeur des pensées du modèle afin de nous en dévoiler les doutes et les sentiments.
Avec sensibilité et pudeur, Harriet Scott Chessman nous livre ainsi, sous la forme d'un récit introspectif et dans un style sans fioritures, le portrait émouvant d'une femme qui, se sachant condamnée, dresse un état des lieux de sa vie et s'interroge sur la trace qu'elle laissera dans ce monde. Soulevant des questions essentielles, « Lydia Cassatt lisant le journal du matin » est à la fois un roman puissant et juste qui serre le coeur, ainsi qu'un vibrant hommage à l'art.
Lien : http://lectriceafleurdemots...
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Un chapitre, une peinture.
L'auteure a choisi de conter la vie de Lydia Cassatt, soeur aînée de l'artiste américaine installée à Paris, Mary Cassatt.

Lydia, malade, se sentant menacée par la dérision de la vie, lui trouve un sens, une éternité offerte en servant de modèle à sa soeur.

Projection de sentiments, cohésion familiale, fraîcheur ressentie devant l'enfance innocente, contemplation de la nature, écoute des bruits quotidiens, regard curieux sur le travail de sa soeur, impressions.

Un autre peintre, Degas, ami de Mary, un trouble sentimental, les souvenirs d'un ancien amour perdu caché au fond de son intimité, la vie qui s'écoule au gré des souffrances.

Un livre doux, d'apparence légère, se faufilant parmi les touches de couleurs éthérées, mélancoliques que Harriet-Scott-Chessman a contemplées, laissant monter en elle ce qu'elle a imaginé : les perceptions de Lydia, sa résignation sans noirceur, la rendant vivante comme elle l'est dans les peintures présentées dans ce livre.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
May qui me connaît bien sait qu'au sein de la Nation Cassatt, mon petit domaine personnel est riche de livres semés partout : au creux des troncs d'arbres, sous les buissons couverts de baies, sur les bancs au bord des ruisseaux. Ma maisonnette est constituée de livres : romans anglais et français, et recueils de poèmes à tranche dorée. Moi qui suis tellement sage, qui me dévoue entièrement à la vie familiale, je n'ai plus aucun de sens de la mesure sitôt que je me retrouve dans mon domaine. Je lis des heures durant, souhaitant de tout mon coeur que la muraille qui m'entoure me protège sans faille, qu'aucune main n'en pousse la porte d'entrée, que le loquet de celle-ci soit rongé par la rouille. (p.21)
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Encore petite fille [Mary Cassatt ], elle avait prouvé qu'elle pouvait discuter pied à pied avec n'importe qui, y compris Père, qui n'était pas homme à se priver de dire ce qu'il pensait. Il avait tenté de l'empêcher de faire un tas de choses: de suivre des cours d'art à Philadelphie, de faire des études et des séjours en Europe, de vivre à Paris. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle se refusait à rester tout bonnement à Philadelphie, et à s'y marier. ( p. 75 / Quai Voltaire , 2002 ]
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«  Je me lève pour regarder par la fenêtre.
Par - dessus les toits des immeubles d’en face, je vois les maisons blanc et crème qui montent à l’assaut de la butte Montmartre, au milieu des arbres et des jardins,
Dirigeant mon regard vers l’avenue Tradaine, j’aperçois une fille en manteau bleu roi et chapeau rouge qui parcourt l’artère à toute allure, accompagnée d’un chien.
Je suis profondément séduite par tout cela , par cette vie brillante et exotique . »
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[*Mary Cassatt parlant de Degas ]
- Il m'obsède.
- Tu as l'intention de l'épouser ?
Elle se met à rire, et je crois d'abord qu'elle se moque de moi, mais la voilà qui me répond d'un ton féroce:
-Je ne peux évidemment pas l'épouser, Lyddy. Toi, au moins, tu devrais le savoir. Comment le pourrais-je ? Il anéantirait ma peinture, il m'anéantirait moi-même. Je n'aurais pas le moyen de m'en tirer. (p. 145 / Quai Voltaire,
2002 ]
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Empreinte d'une tranquille assurance la main de la mère s'attarde dans l'eau de la bassine, et elle se penche au-dessus de son bébé, et le bébé ne la quitte pas des yeux. A l'extérieur de la pièce, la vie poursuit son cours, avec ses bateaux et ses trains, ses républiques, ses lointaines colonies, son industrie, son injustice, ses guerres, sa terreur. Le monde n'est plus qu'une vue de l'esprit quand il s'agit d'autre chose que de cette tranquillité, cet espace clos, cet amour attentif. (p104)
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