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Mirèse Akar (Traducteur)
EAN : 9782070359882
240 pages
Éditeur : Gallimard (09/04/2009)
3.82/5   42 notes
Résumé :
Paris, 1878 : les Impressionnistes s'exposent. Parmi eux, Mary Cassatt, une impétueuse peintre américaine, est remarquée par la critique pour ses nuances délicates. Au cœur de son travail, sa sœur Lydia. Cette jeune femme, dont le teint clair et les cheveux auburn illuminent les tableaux de Mary, est la narratrice du roman intimiste de Harriet Scott Chessman. Nous la suivons dans ses pensées, tandis que sa santé décline inexorablement et que s'élaborent les plus cél... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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mumuboc
  17 juin 2020
Une femme lit le journal et cette femme se nomme Lydia Cassatt. Elle est la soeur aînée de celle qui tient le pinceau, Mary Cassatt, peintre et graveuse d'origine américaine faisant partie du mouvement impressionniste de la fin du XIXème siècle dont je dois avouer que les toiles m'étaient connu mais dont je ne connais ou n'avais pas retenu le nom de leur auteure.
Lydia est la narratrice de ce roman, découpé en 5 tableaux dont elle est l'élément principal. La famille s'est installée à Paris où Mary expose et fréquente le milieu artistique mais on détecte chez Lydia la maladie de Bright qui va l'emporter en 1882. Elle évoque sa vie, sa relation avec sa soeur et Edgar Degas, ami de Mary, souvent présent pendant les longues heures de pose dont elle décrit très précisément tout le déroulé et le travail de création de sa soeur.
C'est une famille très marquée par les deuils : perte de plusieurs enfants par le passé et la maladie de Lydia laisse planer à nouveau la mort dans le foyer. La relation entre Lydia et Mary est forte, protectrice de la part de Mary, qui semble vouloir garder des traces de Lydia sachant que celle-ci s'efface de plus en plus de la vie. Lydia noue avec Degas une relation ambigüe faite à la fois de sentiments mais aussi de jalousie vis-à-vis de cet homme dont elle a l'impression qu'il lui ravit sa soeur.
J'avais déjà vécu cette expérience qu'une auteure se glisse dans un personnage d'un tableau avec Gaëlle Josse et Les heures silencieuses et imaginer la vie de celui ou celle qui est représenté, ses pensées, son quotidien, le pourquoi de sa présence sur la toile est un postulat de départ qui m'intéresse car moi-même je me pose souvent la question et je bâtis des scénarios lorsque je visite une exposition, un musée.
Harriet Scott Chessman dessine à travers cette biographie romancée mais inspirée des travaux autour de Mary Cassatt, le portrait du Paris artistique de la fin du XIXème siècle, du travail d'élaboration d'une peinture, du choix du cadre, des poses, de la lumière et des couleurs mais également un regard porté sur deux femmes, l'une active, créatrice, l'autre immobile, observatrice qui se sait condamnée.
Les oeuvres de Mary Cassatt sont d'une rare délicatesse, ses modèles étant principalement des femmes et des enfants, des scènes de la vie quotidienne, avec un sens du flou, de la couleur et de la douceur, des instantanés de vie de l'époque.
Harriet Scott Chessman attire notre attention sur ce que la peintre voulait faire passer dans ses toiles : le temps, l'amour maternel, tout est dans le geste, le regard, l'instant. Chaque chose, objet a son importance, tout est souvent lié et c'est également un regard porté sur la vie de cette époque.
J'aime cette façon romancée de mettre le projecteur sur un(e) artiste, de façon directe ou indirecte (par un tiers) surtout quand, comme dans le cas présent, l'écriture est aussi juste et délicate que les toiles évoquées. J'ai d'ailleurs trouvé très judicieux d'inclure dans chaque partie le tableau évoqué, en couleurs, permettant ainsi de s'y référer au fur et à mesure des détails fournis, des couleurs, lumière etc....
Une femme fait son entrée dans la lumière du monde artistique, l'autre s'enfonce de plus en plus dans l'ombre, s'efface peu à peu et en regardant les cinq portraits réalisés sur trois ans on ne peut qu'être touchés par le visage qui perd de sa fraîcheur mais dont on ressent toute la tendresse du peintre pour son modèle.
"Empreinte d'une tranquille assurance la main de la mère s'attarde dans l'eau de la bassine, et elle se penche au-dessus de son bébé, et le bébé ne la quitte pas des yeux. A l'extérieur de la pièce, la vie poursuit son cours, avec ses bateaux et ses trains, ses républiques, ses lointaines colonies, son industrie, son injustice, ses guerres, sa terreur. le monde n'est plus qu'une vue de l'esprit quand il s'agit d'autre chose que de cette tranquillité, cet espace clos, cet amour attentif. (p104)"
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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afleurdemots
  09 décembre 2014
S'inspirant de cinq tableaux peints par Mary Cassatt et représentant la soeur aînée de l'artiste, Harriet Scott Chessman ébauche avec « Lydia Cassatt lisant le journal du matin » un portrait intime et émouvant de ce modèle mystérieux dont l'Histoire nous a laissé peu de traces.
Alors que l'état de santé de Lydia, atteinte de la maladie de Bright, décline inexorablement, sa soeur la sollicite afin qu'elle pose pour elle. Au-delà du simple avantage financier, la volonté de Mary d'avoir sa soeur pour modèle semble surtout relever d'une nécessité pour l'artiste. Incapable de soutenir la perspective de la maladie ou de la mort, Mary semble en effet éprouver toutes les difficultés pour exprimer ses sentiments à son ainée, tandis que Lydia, réservée et peu expressive, se laisse progressivement ronger par la culpabilité, supportant de plus en plus mal d'être un fardeau pour sa famille.
Eprouvant toutes les peines du monde à mettre des mots sur leurs sentiments respectifs, les séances de peinture deviennent autant d'instants intimes et de moments de communion précieux pour Mary et Lydia. Au fil de ces longues heures de pose, il s'instaure ainsi, entre la peintre et son modèle, un émouvant dialogue silencieux, positionnant bientôt le lecteur en témoin privilégié de cette relation empreinte d'amour et d'admiration qui lie les deux soeurs. de la pointe de son pinceau, Mary créée autour de sa soeur un écrin de tendresse et de douceur dans lequel la malade rêve de se réfugier. Tableau après tableau, l'artiste tente ainsi de sonder l'âme et de percer les secrets de cette soeur si réservée et secrète.
Rongée par la maladie et percluse de douleurs, il émane de cette personnalité en apparence impassible une force tranquille et une sérénité fascinantes. Alors qu'elle dresse un état des lieux de sa vie et s'interroge sur la trace qu'elle laissera dans le monde, Lydia se remémore les drames de son existence, ses premiers émois amoureux ainsi que ses rêves déchus. Pourtant, derrière l'apparente inertie du modèle et sa posture contemplative, le lecteur ne tarde pas à découvrir un esprit bouillonnant, luttant à la fois contre la douleur et la force des émotions qui l'habitent. Alors que les séances de pose se succèdent, au rythme des rares instants de répit que laisse la maladie, Lydia assiste, de portrait en portrait, aux ravages progressifs de la maladie sur son corps et sent peu à peu sa vie lui glisser entre les doigts.
Les pensées du modèle, ainsi captées sur le vif, prennent la forme d'un courant de conscience continu qui plonge le lecteur au coeur des réflexions de Lydia. Et en filigrane de ce récit introspectif et intimiste qui nous livre les états d'âme d'une femme au crépuscule de sa vie, se dessine peu à peu la dichotomie qui existe entre les deux soeurs.
Vive, audacieuse et dévorée par l'ambition, Mary saisit la vie à bras le corps et cultive une indépendance pour laquelle elle s'est farouchement battue, jusqu'au sein même de sa famille. La mère de Mary a en effet longtemps nourri des projets de mariage pour sa fille, rêvant de voir cette dernière épouser un homme fortuné. Ayant des idées très arrêtées sur le rôle de la femme et sa place dans la société, elle peine ainsi à accepter le choix de vie de la jeune artiste.
Au gré des ellipses temporelles qui séparent chacune des cinq oeuvres dont l'auteure s'est inspirée pour construire son récit, le lecteur devine également les grandes étapes de la carrière de Mary Cassatt dont il suit ainsi indirectement le parcours, de ses expositions successives au salon des Impressionnistes à sa relation avec Degas, en passant par son amitié avec Berthe Morisot ou la famille Alcott.
Eblouie par son courage et son impassibilité, Mary s'échine à travers ses toiles à crier tout l'amour qu'elle porte à son aînée. Poussée par le besoin irrépressible d'immortaliser Lydia à travers sa peinture et habitée d'un sentiment d'urgence, la peintre entend laisser à travers ses oeuvres une trace immuable de celle qui fut à la fois une soeur et un modèle, et d'ainsi témoigner à la face du monde du rôle essentiel et indispensable qu'elle joua dans sa vie.
Harriet Scott Chessman s'est largement documentée sur la vie de la famille Cassatt pour rédiger son roman. Elle s'est notamment appuyée sur de nombreux ouvrages et articles, et a construit autant que possible son histoire sur la base de faits historiques. Néanmoins, peu d'éléments concernant la vie de Lydia Cassatt sont parvenus jusqu'à nous. Ne disposant d'aucune lettre, journal intime ou autre document susceptible de la renseigner sur ce personnage aussi énigmatique qu'intimement lié à l'oeuvre de Mary Cassatt, l'auteure n'a pu tenter d'en dresser un portrait que sur la base de conjectures. Afin de combler les nombreuses zones d'ombre de la vie de Lydia, Harriet Scott Chessman a donc puisé dans son imagination afin de livrer un récit aussi réaliste et crédible que possible. le portrait qui en résulte ne saurait donc prétendre à la vérité historique… il n'en reste pas moins un récit introspectif terriblement émouvant et un remarquable hommage à l'art.
* * *
A partir d'une sélection de cinq oeuvres réalisées par Mary Cassatt (d'ailleurs reproduites au centre du livre), Harriet Scott Chessman ébauche un portrait intime et émouvant de la soeur de l'artiste, personnage énigmatique et secret, dont l'Histoire nous a laissé peu de traces.
S'appuyant sur une solide documentation, l'auteure mêle habilement fiction et faits historiques afin de donner une voix à cette femme à la fois discrète et secrète qui tint néanmoins une place de premier plan dans l'oeuvre de la peintre impressionniste. Puisant dans son imagination pour combler les zones d'ombre de la vie de Lydia, elle nous plonge au coeur des pensées du modèle afin de nous en dévoiler les doutes et les sentiments.
Avec sensibilité et pudeur, Harriet Scott Chessman nous livre ainsi, sous la forme d'un récit introspectif et dans un style sans fioritures, le portrait émouvant d'une femme qui, se sachant condamnée, dresse un état des lieux de sa vie et s'interroge sur la trace qu'elle laissera dans ce monde. Soulevant des questions essentielles, « Lydia Cassatt lisant le journal du matin » est à la fois un roman puissant et juste qui serre le coeur, ainsi qu'un vibrant hommage à l'art.
Lien : http://lectriceafleurdemots...
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shelbylee
  02 avril 2012
Il est des livres que l'on referme à regret, la gorge nouée, triste de quitter ces personnages. Lydia Cassatt lisant le journal du matin est de ceux-là.
Par petites touches impressionnistes, Harriet Scott Chessman dresse sous sa plume le portrait d'une femme si souvent représentée sous le pinceau de sa soeur, l'artiste américaine Mary Cassatt.
L'auteure nous fait partager l'intimité des deux soeurs en choisissant 5 tableaux représentatifs de 5 moments de leur vie ( l'éditeur a eu le bon goût de les reproduire dans l'édition broché, je ne sais pas si c'est aussi le cas pour l'édition de poche). Mais ce n'est pas la description des tableaux qui fait la force du livre, c'est la peinture de la relation assez fusionnelle entre les deux soeurs Mary, "May", l'artiste indépendante et fière de l'être et Lydia, l'aînée, malade et condamnée par la médecine (je ne révèle rien, on le sait dès les premières lignes).
Malgré sa maladie et sa faiblesse physique, Lydia va accepter de poser pour sa soeur et cela va même devenir un besoin impérieux pour elle, la fatiguant et la soulageant à la fois. Par l'intermédiaire de ces tableaux, leur relation va s'approndir. May parvient à exprimer par la peinture ce dont elle ose à peine parler. Quant à Lydia, elle est extrêmement touchante car elle nous fait partager ses souvenirs, ses regrets et sa solitude au crépuscule de sa vie.
En toile de fond, l'auteure nous livre aussi un portrait de Degas (ami de Mary Cassatt) dont elle fait un personnage intrigant, charmeur et charismatique. Cela m'a donné envie de découvrir d'avantage son art à l'heure où il est à l'honneur au musée d'Orsay.
Je n'ai pas été particulièrement séduite par les descriptions des tableaux, mais je pense que c'est tout bonnement parce que je ne suis pas une grande fan du mouvement impressionniste.
En résumé : Un petit livre qui se lit très vite (j'ai mis moins de 2 heures alors que je lis plutôt lentement) mais très précieux par les relations qu'il dépeint entre les 2 soeurs Cassatt. La peinture n'a en fait qu'un rôle de révélateur des sentiments, donc ne passez pas à côté de ce livre, même si vous n'êtes pas particulièrement intéressé par le mouvement impressionniste.
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KRISS45
  02 juin 2018
Lecture un peu trop ancienne pour en faire un commentaire,
mais qui me revient à l'esprit en voyant tout récemment le tableau qui s'y réfère au Musée Jacquemart-André.
C'est un portrait réalisé par l'artiste américaine Mary Cassatt, particulièrement séduisant par les tonalités douces et l'expression du personnage concentré sur sa lecture, et émouvant quand on connaît le triste sort de Lydia la soeur de Mary.
La lecture de ce roman-témoignage est tout aussi recommandable que la visite au Musée J.A.
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Aifelle
  26 janvier 2018
L'auteure, s'appuyant sur une documentation solide, a choisi la forme du roman pour décrire le lien fort qui unissait Mary, la peintre, à sa soeur Lydia, qui lui a souvent servi de modèle. Il ne s'agit en aucun cas d'une biographie.
C'est Lydia la narratrice. Atteinte de la maladie de Bright, sentant ses forces la quitter inexorablement, elle accepte cependant de poser pour Mary et c'est autour des cinq derniers tableaux réalisés avec elle que le roman se déroule.
Mary est une peintre qui commence à faire parler d'elle. Elle a exposé avec les impressionnistes et est épaulée par Degas. Elle est vive, énergique et farouchement indépendante. Elle sait ce qu'elle veut, vivre de et pour sa peinture, ce qui est rare à l'époque où le destin des femmes était uniquement de se marier et d'avoir des enfants. Les sentiments qu'elle éprouve pour Degas sont ambigüs, Lydia les observe avec une certaine inquiétude. Degas la met mal à l'aise.
Lydia, souvent alitée, admire sa soeur et lui est profondément attachée. Son immobilité forcée favorise ses réflexions et elle revoit les lieux où elle a été heureuse. Discrète et effacée, elle n'en cache pas moins elle-même des désirs et des regrets sur ce qu'elle n'a pas pu réaliser.
La famille Cassatt est riche et fait partie de la bonne société américaine, ce qui a permis à Mary de prendre des cours de peinture aux Etats-Unis. Ils ont vécu en Amérique, en Allemagne, à Paris. Lydia évoque la vie familiale, mais dresse aussi le tableau d'une époque et d'un milieu.
Mary a besoin d'elle pour poser, c'est son modèle préféré et sans vouloir s'avouer que sa soeur va mourir, elle sent sans doute l'urgence de la fixer sur la toile. Lydia de son côté, lucide sur son état, se demande quelle trace elle va laisser dans la vie et dans le coeur de sa soeur. Comment fera-t'elle sans elle ?
C'est une lecture émouvante qui procède par petites touches et serre le coeur pour cette jeune femme sensible, délicate, confrontée à sa mort prochaine, seule avec sa douleur. Elle m'a donné envie d'en savoir plus sur Mary Cassatt et la suite de sa carrière d'artiste, sans la présence de Lydia.
J'ai appris qu'une exposition aurait lieu au printemps au musée Jacquemart-André. J'espère y voir, entre autres, les cinq toiles décrites dans le roman. Ce sera l'occasion de creuser l'histoire de cette famille.
Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   02 janvier 2014
May qui me connaît bien sait qu'au sein de la Nation Cassatt, mon petit domaine personnel est riche de livres semés partout : au creux des troncs d'arbres, sous les buissons couverts de baies, sur les bancs au bord des ruisseaux. Ma maisonnette est constituée de livres : romans anglais et français, et recueils de poèmes à tranche dorée. Moi qui suis tellement sage, qui me dévoue entièrement à la vie familiale, je n'ai plus aucun de sens de la mesure sitôt que je me retrouve dans mon domaine. Je lis des heures durant, souhaitant de tout mon coeur que la muraille qui m'entoure me protège sans faille, qu'aucune main n'en pousse la porte d'entrée, que le loquet de celle-ci soit rongé par la rouille. (p.21)
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fanfanouche24fanfanouche24   30 mai 2020
Encore petite fille [Mary Cassatt ], elle avait prouvé qu'elle pouvait discuter pied à pied avec n'importe qui, y compris Père, qui n'était pas homme à se priver de dire ce qu'il pensait. Il avait tenté de l'empêcher de faire un tas de choses: de suivre des cours d'art à Philadelphie, de faire des études et des séjours en Europe, de vivre à Paris. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle se refusait à rester tout bonnement à Philadelphie, et à s'y marier. ( p. 75 / Quai Voltaire , 2002 ]
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fanfanouche24fanfanouche24   01 juin 2020
[*Mary Cassatt parlant de Degas ]
- Il m'obsède.
- Tu as l'intention de l'épouser ?
Elle se met à rire, et je crois d'abord qu'elle se moque de moi, mais la voilà qui me répond d'un ton féroce:
-Je ne peux évidemment pas l'épouser, Lyddy. Toi, au moins, tu devrais le savoir. Comment le pourrais-je ? Il anéantirait ma peinture, il m'anéantirait moi-même. Je n'aurais pas le moyen de m'en tirer. (p. 145 / Quai Voltaire,
2002 ]
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mumubocmumuboc   17 juin 2020
Empreinte d'une tranquille assurance la main de la mère s'attarde dans l'eau de la bassine, et elle se penche au-dessus de son bébé, et le bébé ne la quitte pas des yeux. A l'extérieur de la pièce, la vie poursuit son cours, avec ses bateaux et ses trains, ses républiques, ses lointaines colonies, son industrie, son injustice, ses guerres, sa terreur. Le monde n'est plus qu'une vue de l'esprit quand il s'agit d'autre chose que de cette tranquillité, cet espace clos, cet amour attentif. (p104)
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fanfanouche24fanfanouche24   02 juin 2020
Je me rends compte à présent que la peinture de May engendre quelque chose qui ressemble à un souvenir. Que ses spectateurs m'aient connue ou pas, elle aura laissé un souvenir de moi à la face du monde. (p. 214 / Quai Voltaire, 2002)
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