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Gilbert-Keith Chesterton (Autre)Marie Berne (Traducteur)
EAN : 9782379410345
350 pages
Éditeur : L'Arbre vengeur (20/11/2020)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
L'homme qu'on appelait jeudi ; un cauchemar (The Man Who Was Thursday : A Nightmare paru en 1908 est le plus célèbre "thriller métaphysique" de Chesterton. Sa traduction (de 1911...) méritait sérieusement un rajeunissement, d'autant qu'il manquait des passages...

Ce roman est considéré comme une oeuvre charnière du XXe siècle, entre Lewis Carroll et Kafka ou Borges qui d'ailleurs le vénérait. Plus qu'un roman policier, il s'agit aussi d'un roman d'av... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ODP31
  24 février 2021
Jeudi, c'est anarchie !
Vendredi étant parti en tournée ou Tournier dans les limbes du Pacifique, J.K Chesterton nous fait pénétrer clandestinement au sein du conseil européen de l'anarchie qui manigance un attentat sanglant à Paris. Chacun des membres de cette turbulente amicale du désordre porte comme nom de code un jour de la semaine. Bon, par un heureux hasard, ils ne sont que sept.
Syme, un poète débauché par Scotland Yard parvient à infiltrer l'organisation et il s'empare du siège vacant de monsieur Jeudi. C'est l'académie des poseurs de bombes. On passe du policier au vaudeville quand Jeudi découvre peu à peu que d'autres membres du cercle sont comme lui des agents déguisés. C'est le carnaval de Bakounine. Où sont les vrais apôtres du chaos ?
Au sommet, trône dimanche, joueur du seigneur et des saigneurs, être mystérieux qui au fil de l'histoire prend une dimension métaphysique et divine. Tous les chemins mènent à Rome, surtout les impasses imaginaires, et derrière cette histoire un peu folle, se cache la lente conversion de l'auteur vers le christianisme. D'abord familier avec les idées socialistes et tutoyant l'anglicanisme, le journaliste, polémiste, poète et écrivain se forgera de nouvelles convictions et ce roman apologue (je fais mon malin wikipédien !) n'est pas aussi innocent et léger qu'il n'y parait. Ici, il ne faut pas lire entre les lignes mais derrière les mots, aussi déguisés que les personnages de cette savoureuse imposture parue en 1908.
J'adore la démesure de Chesterton à l'image de son physique d'ogre : 130 kilos sur la balance pour un 1,90 m à la toise. Pas très Proustien le Gilbert. Il devait enfourner la boîte entière de madeleines au goûter. Son écriture n'est pas davantage chétive. Père du père Brown, en désaccord avec tout le monde, y compris lui-même, réactionnaire souriant, écrivain du paradoxe, Bernanos du boulevard, Bloy outré de la Manche, il enrobe ses critiques dans un humour aussi fin que sympathique.
Il ne pouvait être réédité que par une maison qui s'appelle L'arbre vengeur !
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5Arabella
  29 janvier 2021
Publié en 1908, c'est le deuxième roman de l'auteur. L'édition dans laquelle je l'ai lue, propose une nouvelle traduction ; la traductrice dans une longue préface explique son soucis de vouloir être plus fidèle à la version originale que ne l'a été la traduction historique, dans laquelle le roman porte le titre "Le nommé Jeudi". C'est sous ce titre qu'on trouve presque systématiquement le livre mentionné en français.
Le livre commence par une sorte de duel entre deux hommes que tout semble opposer, bien que tous les deux se revendiquent poètes. Gregory, un rouquin anarchiste, qui exprime l'idée que le poète est forcément un révolutionnaire et un destructeur, et Syme qui glorifie la loi et l'ordre, pour qui un train qui arrive à l'heure à l'endroit prévu est de la poésie pure : « Ce qui est rare et étrange, c'est justement arriver à destination ; la manquer, c'est grossier et commun ». Syme manie la rhétorique d'une manière redoutable et humilie Gregory, qui pour essayer d'avoir le dessus, amène son adversaire, en lui faisant jurer le secret, à une réunion d'anarchistes. Syme jure, mais avoue faire partie de la police et être là pour démasquer les anarchistes justement. Son serment le lie et l'empêche de dénoncer les membres de la société secrète, mais Gregory est piégé également : il a juré de ne pas dénoncer Syme comme policier. Ce dernier, arrive à convaincre les participants de la réunion de ses convictions, au point qu'il est élu à la place de Gregory comme membre d'un conseil secret, en tant que « Jeudi ». Cela lui permet d'être invité à une rencontre où les membres les plus influents du mouvement sont présents, tous portant le nom d'un jour de la semaine. le chef, impressionnant et redoutable se nomme Dimanche. Un attentat contre le tsar et le président français se prépare. Syme veut le déjouer, mais il est tenu par sa parole, et doit donc affronter seul les autres membres du comité. Qui se révéleront au final faire également partie de la police, sous des déguisements. Les six policiers vont désormais traquer le redoutable Dimanche, qui les engage dans une étrange poursuite.
C'est un mélange étonnant que ce roman. Il a des allures de roman policier, d'espionnage, d'aventures, mais avec une dimension métaphorique et métaphysique. Rien n'est certain dans le livre, comme les prétendus anarchistes, qui se dévoilent comme des policiers, en abandonnant leurs déguisements inquiétants. La notion du double, de l'opposé, du complémentaire, est au centre du récit. Les deux poètes antinomiques, les anarchistes-policiers, mais aussi Dimanche, qui révèle être le mystérieux homme dans le noir, qui a recruté les 6 hommes pour rentrer dans la police.
Londres ville-monde, est au coeur du récit. Mais elle est au centre de l'Europe et du monde. le périple de nos policiers les amènent en France, pour tenter de sauver le tsar russe. Les déguisements de nos hommes font du Mardi un Polonais, du Mercredi un Français, du Vendredi un Allemand, et du Samedi un Américain. Les enjeux dépassent donc très largement un cadre britannique, le monde est déjà d'une certaine manière globalisé, et ce qui se passe à un endroit a une résonance partout.
La fin est allégorique, les différents personnages revêtent des tenues qui évoquent la Genèse, ou plus exactement ce que la Genèse associe à chaque jour de la semaine. Dimanche ayant évidemment le rôle divin, même si on peut discuter de quel Dieu il s'agit. Chesterton n'était pas encore à l'époque converti au catholicisme, l'interprétation du livre dans l'optique unique de cette conversion future me paraît donc un peu réductrice.
Cette rapide présentation laisse un peu de côté ce qui fait en grande partie le plaisir du livre : un sens de l'humour basé en grande partie sur le non-sens, spécialité éminemment britannique, comme on le sait. Il y a des passages à proprement parlé hilarants, si on veut laisser un peu de côté la vraisemblance et la logique pure et dure.
Et la complexité du roman, ses différentes couches, les interprétations multiples auquel il peut donner lieu, permettent d'envisager plusieurs lectures, qui ne seront jamais tout à fait les mêmes.
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celine17
  16 janvier 2021
Littérature EXPLOSIVE 💣 !
"L'histoire" de la traduction de ce livre est aussi surprenante que le roman en lui-même…
Marie Berne (la traductrice actuelle) nous raconte très bien "sa rencontre" avec ce texte dans sa langue originelle du XXème siècle, pourquoi cela a été un véritable bouleversement et une déception aussi lorsqu'elle a découvert la version française de 1911 complètement brouillonne et accablante 😱!
Tant et si bien… Qu'elle en est venue à travailler sa propre traduction de l'oeuvre de Chesterton (sans être officiellement traductrice ou même bilingue anglais !). Si ce n'est pas de l'amour, ça y ressemble !
C'est sa traduction que vous allez lire aujourd'hui aux éditions de l'Arbre Vengeur.
Bien calé sous un plaid épais, en ayant pris le temps de lire l'introduction pour replacer le contexte historique, en comprendre les subtilités, c'est parti : accrochez-vous !
Car ce livre risque de vous secouer les méninges : quand on pense que ce thriller hautement rocambolesque (et funny) arrive à son paroxysme, Chesterton en rajoute une couche kafkaïenne !
Un complot anar' absolument fou !
Je dois dire que cette lecture a complètement dégrisé mon début d'année tout frais (ou c'est peut-être bien le contraire 😁).
Lien : https://www.xn--rdactrice-b4..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   27 janvier 2021
La clarté de cette place, si élevée sur Terre dans ce ciel totalement assombri, avait tout du symbole de la foi et la grandeur de l'humanité. Les démons avaient peut-être capturé les cieux, ils n'avaient pas réussi à s'emparer de la croix. Il ressentit un nouveau besoin impulsif d'arracher son secret à ce paralytique dansant et bondissant qui le traquait. A l'entrée de la cour, au moment où elle s'ouvrait sur le Circus, il se retourna, l'épée à la main, prêt à affronter son poursuivant.
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Videos de Gilbert Keith Chesterton (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gilbert Keith Chesterton
Chronique animée par Fabien Delorme, consacrée aux grands noms de la littérature policière, dans le cadre de l'émission La Vie des Livres (Radio Plus - Douvrin). Pour sa dixième chronique, le 15 février 2017, Fabien aborde l??uvre de Gilbert Keith Chesterton. Fabien Delorme est aussi conteur. N'hésitez pas à vous rendre sur son site : http://www.fabiendelorme.fr/ La page Facebook de l'émission La Vie des Livres : https://www.facebook.com/laviedeslivres62/
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