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ISBN : 2953541721
Éditeur : Editions Ecorce (21/11/2011)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Dix ans après, Suzanne se pointe comme une fleur, embrasse sa sœur Zia, la jette dans son fauteuil,
embarque quelques fringues, roule à toute allure dans le parc du Centre jusqu’à sa voiture
où elle harnache Zia sur le siège avant, replie l’engin, démarre et dit : « Ma sœurette, on va voir du pays. »

Le fantôme de la fille en jaune plane sur l’itinéraire des deux sœurs lancées sur ses traces.
Qui était Zora Korps, celle dont to... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
monromannoir
  21 mai 2016
Découvrir par hasard, au détour des rayonnages d'une librairie, un ouvrage des Editions Ecorce/noir, c'est comme mettre à jour un écrin recelant quelques perles rares et délicates que sont ces instants précieux de lecture où l'on s'imprègne de textes ciselés à la perfection par des auteurs qui travaillent le mot, la phrase en forgeant, tels des artisans acharnés, les contes obscurs de notre temps. En maître d'oeuvre discret, Cyril Herry, directeur de la collection, vous propose une autre vision du roman noir avec une déclinaison d'auteurs aux essences particulières à l'instar de Séverine Chevalier et de son premier roman intitulé Recluses.
Il y a tout d'abord cette écriture épurée, presque magique qui oscille entre les instants lyriques et les passages scandés pour nous livrer un texte éclaté en une multitude de points de vue propres aux différents acteurs qui hantent les pages d'un livre où le silence et les non-dits sont autant de douleurs, de regrets et de désespoirs que rien ne peut atténuer. C'est en cela que la quête effrénée de Suzanne devient une cause perdue d'avance qui ne sert qu'à mettre en perspective la vacuité des souvenirs d'une jeunesse disloquée par l‘absence d'un père, la maladie d'une mère et la paralysie d'une soeur. Suzanne s'est donc mise en tête de recueillir tous les témoignages relatifs à la vie Zora Korps pour tenter de saisir l'inexplicable raison de son terrible geste.
Recluses traduit la déshérence psychique et physique de deux âmes esseulées bien trop éloignées les unes des autres pour parvenir à une quelconque résilience mutuelle. L'esprit comme le corps sont bien trop abîmés, mais seule Zia, emprisonnée dans ce corps absent, parvient à le percevoir en promenant son regard lucide, parfois cynique sur cette succession d'êtres désincarnés qu'elles croisent au cours de leur périple.
Récit solide construit sur une délicate dentelle de mots, Recluses égrène dans une narration éclatée, l'introspection bancale d'individus prostrés dans une déshérence de sentiments à l'égard des autres qui les conduisent parfois dans les tréfonds obscurs de l'abîme.
Roman dépourvu de clés narratives et de rebondissements époustouflants, Recluses contraint le lecteur à s'impliquer en s'immergeant dans un texte singulier et rythmé qui impose parfois une image tronquée d'une réalité forcément sujette à la subjectivité des différents personnages qui composent l'histoire. Comme des balises égarées dans ce naufrage de mutisme et de déni, la longue lettre du Dr Shaw, le rapport de police du capitaine Hame et la courte missive d'une détenue apporteront quelques éclaircissements à un ultime document intitulé Recluses. de cette manière, comme enfermé dans cercle infernale, Séverine Chevalier nous contraint à reconsidérer son récit dans la lumière trouble de nouvelles perspectives qui n'apporteront, de loin pas, toutes les réponses, laissant au lecteur une grande part d'interprétation tout en lui permettant de s'imprégner une nouvelle fois dans ce roman bâti sur une succession de sensations, d'images et de lumières que l'auteur égrène dans un style maîtrisé à la perfection, tout comme son second ouvrage Clouer l'Ouest, un autre bijou littéraire à découvrir impérativement.
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janthirion
  07 janvier 2012
Du réalisme, d'accord, un peu, on prend. Une manière particulière de tordre la narration, les mots et le temps, on prend aussi. Il est des livres qui sortent de nulle part et qui vous étonnent à chaque page. Alors que d'autres romans se lovent sur vos genoux et ronronnent, celui de Séverine Chevalier vous brûle et vous glace en même temps. Il ne s'agit pourtant pas de violence ni de compassion comme on en voit si souvent dans les belles-lettres actuellement ou dans la littérature de genre. On est au-delà, hors des canons du polar habituels. Plus que le genre noir, la référence serait le blême, la poussière d'or des chemins de traverse en plus. Car de quoi est-il question? Une jeune femme a mené à terme une opération suicide dans un supermarché. Tout explose. Une autre, qui ne la connaît pas, veut chercher à comprendre, mais dans sa quête de la vérité, elle embarque avec elle sa soeur tétraplégique et muette en l'enlevant d'un établissement spécialisé. Ce qui explose cette fois-ci, ce sont les conventions, les habitudes, les esprits. Les rencontres, les points de vue se succèdent ou s'entremêlent. le style parle de lui-même. Il est désenchanté quand il doit l'être. Amusé sinon. Captivant, toujours. Voix originale et récit palpitant, voilà deux bonnes raisons d'accompagner “Recluses” quelques heures durant.
Jan Thirion
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NicolasElie
  28 juillet 2016
Bouquin de fille.
C'est ce que je me suis dit quand j'ai ouvert et lu quelques lignes.
Qu'est-ce que t'y connais, toi, à l'enfant dans le ventre ?
Que dalle.
Et puis j'ai tourné les pages.
Une par une.
Parce que l'enfant que tu perds, tu peux juste essayer d'imaginer. Tu veux pas y croire quand c'est ton gosse que tu vois dans les pages d'un livre, et je suis pas superstitieux, ça porte malheur.
Plein de filles dedans.
Que des voix de nanas, ou presque, et surtout, il y a la voix de Zya.
Zya, elle est handicapée. Elle est enfermée dans son corps. Tout le monde croit que c'est un légume, genre courgette ou pomme vapeur.
Ben là encore, que dalle.
Je t'explique :
« Moi je peux tout faire, sauf parler et bouger. À part la tête, un peu. Ma vie se résume à des soustractions. Je n'ai pas besoin de savoir quoi faire de moi. On me meut. On me déplace. On me tire. On me pousse. On m'accompagne. On m'orne. On m'organise. On me met en place. On me nourrit. On me masse. On parle pour moi. Sans moi. En dehors de moi. En moi. Je suis un terrain vague, indéterminable, ouvert à tout vent. »
Je dis souvent, à propos des bouquins de Cyrill Herry, que ça tue.
Ben là, encore, ça tue.
La suite, sur mon blog. Va voir...
Lien : http://leslivresdelie.org/174/
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
janthirionjanthirion   07 janvier 2012
J’aurais pu dire pour son compte qu’on pourrait bien chercher un peu plus loin, sous les coupables faciles. Dire que la violence et l’horreur ne viennent jamais de nulle part. Dire que leurs crimes hantent nos cités troubles et qu’il ne suffit plus de leurs lapidations pour les rétablir, les conforter, nos brillantes sociétés. Elles se fissurent, peu à peu, et nous sommes des sourds et des aveugles assoiffés de leur sang, sans chiens ni cannes, tendus et raides, droits dans nos bottes au bord des précipices, incapables de nous regarder en face,
de nous sonder, de retourner la fange de nos ignominies, de nos pensées violentes.
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