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EAN : 9782842631642
349 pages
Éditeur : Le Dilettante (20/10/2008)
4.37/5   190 notes
Résumé :
Paru en 1930, ce livre, largement autobiographique et dont le titre était un défi, raconte la terrible expérience des combattants de 14-18 face à la férocité et l’inutilité de cette guerre. Au Dilettante, nous n’abusons pas des superlatifs mais il s’agit sans nul doute d’un chef d’œuvre... Écoutons Jacques Tardi : "Tout le monde devrait lire et relire La Peur."
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
4,37

sur 190 notes
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blandine5674
  12 septembre 2020
Merci à dechosal qui m'a conseillé cette lecture. Rien à voir avec Clochemerle. Ce que tout le monde ressent en le taisant, lui, le dit : la peur. La chose la plus terrible dans cette guerre de 14-18 qu'il ne fallait pas avouer sous peine d'être traité de lâche. Nous sommes en plein coeur des tranchées, des cadavres, des hommes déchiquetés, de la souffrance, du froid, de la faim, de la soif, des poux. J'ai aimé son côté anarchiste mais j'ai quand même trouvé long les passages d'action. Ce témoignage est certainement le plus sincère d'un homme à la guerre.
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Cacha
  14 août 2016
Comme le dit si bien Tardi, "c'est le meilleur récit sur la guerre de 14-18, avec le Voyage" au bout de la nuit.
Nous suivons le quotidien effroyable des Poilus, obligés de participer à des combats sans merci contre des inconnus qu'ils ne peuvent donc détester, et surtout réduits à se terrer dans des boyaux puants et peu sûrs, entendant jour et nuit le fracas du carnage, et craignant même d'aller "aux feuillées" faire leurs besoins, souhaitant même être blessé pour échapper à tout cela.
La peur en fait les véritables héros, bien loin de ceux qui ne méritent pas leurs décorations de pacotille, les boute-feu de l'époque, qui appellent au combat, bien planqués à l'arrière.
Comment ne pas ressentir une haine viscérale de cette guerre, de toutes les guerres, puisqu'il y en a eu, en a et en aura bien d'autres depuis, à la lecture de ce récit éprouvant ?
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Bazart
  06 août 2015
Parmi les films qui vont sortir en plein milieu du mois d'aout- pas forcément le mois le plus approprié pour les films qui ne sont pas des blockbusters, notons la sortie du film LA PEUR de Damien Odoul le 12 aôut prochain qui traite d'une guerre dont on a beaucoup parlé ces derniers temps, centenaire oblige, je veux parler évidemment de la première guerre mondiale .
Damien Odoul a cette fois ci adapté un roman autobiographique éponyme de Gabriel Chevallier, un livre fort et dur centré sur Gabriel, jeune homme introverti, qui rencontre la peur et l'atrocité des carnages dans l'enfer des tranchées entre 1914 et 1918.
Au bout de cette effroyable expérience intérieure, pleine de bruit, de fureur et de sang, il découvrira à travers le conflit sa propre humanité...
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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olivberne
  09 juillet 2020
J'ai acheté ce livre sur les champs de bataille de la somme, surpris qu'une oeuvre censurée en 1939 soit vendue dans un musée militaire.
C'est effectivement une oeuvre crue, réaliste, qui raconte précisément la guerre, les tranchée, la boue et les attaques diverses mais c'est aussi un roman psychologique, sur cette peur qui taraude tous les jours et surtout avant d'attaquer. On est en plein dans les combats et surtout dans l'attente du combat, dans l'ennui et la misère.
Le héros nous fait voyager entre ses différents postes sur le front, entre ses différents rôles qui l'amènent à communiquer entre les lignes. Il y a aussi les passages où, blessé, il est à l'arrière, à l'hôpital, avec les blanques de caserne et là aussi l'ennui.
il ne se passe pas grand chose dans ce roman, on peut ressentir de l'ennui comme l'auteur et surtout sa peur si bien exprimée.
Ce qui est surprenant, c'est que Gabriel Chevalier va se tourner ensuite vers une littérature plus légère, comique et politique avec Clochemerle. Ce témoignage contre la guerre et ce qu'elle fait vivre, représente un besoin de se libérer de ce fardeau, comme si ensuite, il pouvait enfin écrire après avoir vidé son sac.
Un roman de plus sur la guerre de 14-18, "celle que j'préfère" comme chantait Brassens, mais un témoignage capital car neutre et sans emphase.
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memma
  17 novembre 2016
La peur est ce que Tardi a sans cesse voulu montrer, je pense et c'est peut-être pourquoi il se réfère à Chevallier. Pour autant je ne pense pas que ce roman pose la question en terme d'héroïsme (ou d'anti-héroïsme, je veux dire). Les références héroïques, nécessairement mythiques, me semblent nécessaires non seulement à la cohésion de la communauté, mais aussi à sa production artistique. De toute façon, elles sont liées à la mort : un guerrier des épopées grecques devenait un héros à sa mort et c'était pour ça qu'il mourait.
Or ce que le roman m'a semblé montrer sans cesse (et il me semble que ça lui est très particulier), c'est que la normalité (l'humanité) du soldat ne le situe pas dans la sphère héroïque qui est la lecture de l'arrière (il n'en n'a rien à faire) MAIS pas non plus dans la lâcheté ou le néant (qui en est la version négative MAIS identique). La peur, elle, est fondée sur un instinct de conservation, qui fait se terrer quand il le faut, rechercher des rôles a priori moins dangereux - agent de liaison - et toujours se débrouiller du mieux qu'on peut, sans même s'en expliquer. Même si elle "décompose", la peur est liée à la vie, à la recherche de la survie ; j'ai constamment eu cette impression à la lecture. Je n'ai jamais noté par exemple de dimension pathétique particulièrement marquée. Et la portée militante du roman en est d'autant plus grande : montrer en réalité, qu'une guerre n'a rien de remarquable ni dans un sens ni dans un autre et la limiter à son extrême danger.
J'ai juste une remarque. Dans le Balcon en forêt, se souvenant de ce qu'il a ressenti sans cesse, Grange pense qu'il a eu "peur et envie". La peur est liée au désir et à vrai dire, le passage de la Peur que j'ai le plus admiré est vers la fin le moment où Dartemont se porte volontaire pour rejoindre une autre compagnie dans un contexte de grand danger. Il se rend compte après coup de ce qu'il vient de faire et traverse cette épreuve (dont il sort miraculeusement indemne) comme dans un rêve. J'ai sans cesse pensé au moment où dans Little Big Man (on a les références qu'on peut) un vieil indien aveugle traverse indemne les rangs de la cavalerie en se persuadant que - puisqu'il est aveugle - personne ne le voit. Cette action rêveuse, délirante et à la limite de la conscience, entièrement dominée par la peur, est peut-être non pas de l'héroïsme, mais ce qu'on a pu après coup présenter comme tel dans les légendes.
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Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
CalibanCaliban   24 septembre 2017
J'en ai marre ! J'ai vingt-trois ans, j'ai déja vingt-trois ans ! J'ai entamé cet avenir que je voulais si plein, si riche en 1914 et je n'ai rien acquis .Mes plus belles années se passent ici, j'use ma jeunesse à des occupations stupides,dans une subordination imbécile, j'ai une vie contraire à mes goûts,qui ne m'offre aucun but, et tant de privations, de contraintes se termineront peut-être par ma mort...J'en ai marre ! Je suis le centre du monde et chacun de nous, pour soi-même, l'est aussi . Je ne suis pas responsable des erreurs des autres, je ne suis pas solidaire de leurs ambitions, de leurs appétits et j'ai mieux à faire qu'à payer leur gloire et leurs profits de mon sang . Que ceux qui aiment la guerre la fassent, je m'en désintéresse . C'est affaire de professionnels, qu'ils se débrouillent entre eux, qu'ils exercent leur métier . Ce n'est pas le mien ! De quel droit disposent-ils de moi ces stratèges dont j'ai pu juger les funestes élucubrations? Je récuse leur hiérarchie qui ne prouve pas la valeur,je récuse les politiques qui ont abouti à ceci .Je n'accorde aucune confiance aux organisateurs de massacres, je méprise même leurs victoires pour avoir trop vu de quoi elles sont faites . Je suis sans haine,je ne déteste que les médiocres, les sots, et souvent on leur donne de l'avancement, ils deviennent tout-puissants . Mon patrimoine, cest ma vie . Je n'ai pas de bien plus précieux à défendre . Ma patrie, c'est ce que je réussirai à gagner ou à cgéer .Moi mort, je me fous de la façon dont les vivantssepartageront le monde, de leurs tracésde frontières, de leurs alliances et de leurs inimitiés .Je demande à vivre en paix,loin des casernes,des champs de bataille et des génies militaires de tout poil . Vivre n'importe où, mais tranquille et devenir lentement ce que je dois être...Mon idéal n'est pas de tuer . Et si je dois mourir, j'entends que ce soit librement,pour une idée qui me sera chère,dans un conflit où j'aurai ma part de responsabilité...
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awalooawaloo   14 octobre 2010
— Mais alors qu'avez-vous fait à la guerre?
— Ce qu'on m'a commandé, strictement. Je crains qu'il n'y ait là-dedans rien de très glorieux et qu'aucun des efforts qu'on m'a imposés n'ait été préjudiciable à l'ennemi. Je crains d'avoir usurpé la place que j'occupe ici et les soins que vous me donnez.
— Que vous êtes énervant ! Répondez donc. On vous demande ce que vous avez fait ?
— Oui ?... Eh bien, j'ai marché de jour et de nuit, sans savoir où j'allais. J'ai fait l'exercice, passé des revues, creusé des tranchées, transporté des fils de fer, des sacs à terre, veillé au créneau. J'ai eu faim sans avoir à manger, soif sans avoir à boire, sommeil sans pouvoir dormir, froid sans pouvoir me réchauffer, et des poux sans pouvoir toujours me gratter... Voilà !
— C'est tout?
— Oui, c'est tout... Ou plutôt, non, ce n'est rien. Je vais vous dire la grande occupation de la guerre, la seule qui compte : J'AI EU PEUR. » (p.145-146)
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blandine5674blandine5674   12 septembre 2020
- Oui ?.. Eh bien ! j’ai marché le jour et la nuit, sans savoir où j’allais. J’ai fait l’exercice, passé des revues, creusé des tranchées, transporté des fils de faire, des sacs de terre, veillé au créneau. J’ai eu faim sans avoir à manger, soif sans avoir à boire, sommeil sans pouvoir dormir, froid sans pouvoir me réchauffer, et des poux sans pouvoir toujours me gratter... Voilà !
- C’est tout ?
- Oui, c’est tout... Ou plutôt, non, ce n’est rien. Je vais vous dire la grande occupation de la guerre, la seule qui compte : J’AI EU PEUR.
J’ai du dire quelque chose d’obscène, d’ignoble. Elles poussent un léger cri, indigné, et s’écartent. Je vois la répulsion sur leurs visages. Aux regards qu’elles échangent, je devine leurs pensées : « Quoi, un lâche ! Est-il possible que ce soit un Français ! »
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SycoraxSycorax   01 mars 2021
L'horreur de la guerre est dans cette inquiétude qui nous ronge. Son horreur est dans la durée, dans la répétition incessante des dangers. La guerre est une menace perpétuelle. « Nous ne savons ni l'heure ni l'endroit. » Mais nous savons que l'endroit existe et que l'heure viendra. Il est insensé d'espérer que nous échapperons toujours. C'est pourquoi il est terrible de penser. C'est pourquoi les hommes les plus frustes, les plus illogiques sont les plus forts. Je ne parle pas des chefs : ils jouent un rôle, ils tiennent l'engagement qu'ils ont contracté. Ils ont des satisfactions de vanité et plus de confort (et certains faiblissent pourtant). Mais les soldats ! J'ai remarqué que les plus courageux sont les plus dépourvus d'imagination et de sensibilité. Cela s'explique. Si les hommes du petit poste n'avaient pas été habitués, par la vie déjà, à la résignation, à l'obéissance passive des misérables, ils fuiraient. Et si les défenseurs du petit poste étaient tous des nerveux et des intellectuels, très vite la guerre ne serait plus possible. Ceux de l'avant sont des dupes. Ils s'en doutent. Mais leur impuissance à penser longuement, leur habitude d'être la foule et de suivre, les maintiennent ici. L'homme du créneau est pris entre deux forces. En face, l'armée ennemie. Derrière lui, le barrage des gendarmes, l'enchaînement des hiérarchies et des ambitions, soutenus par la poussée morale du pays, qui vit sur une conception de la guerre vieille d'un siècle, et crie : « Jusqu'au bout ! » De l'autre côté, l'arrière répond : « Nach Paris ! » Entre ces deux forces, le soldat, qu'il soit Français ou Allemand, ne peut ni avancer ni reculer. Aussi, ce cri qui monte parfois des tranchées allemandes : « Kamerad Franzose ! » est probablement sincère. Fritz est plus près du poilu que de son feld-maréchal. Et le poilu est plus près de Fritz, en raison de la commune misère, que des gens de Compiègne. Nos uniformes diffèrent, mais nous sommes tous des prolétaires du devoir et de l'honneur, des mineurs qui travaillent dans des puits concurrents, mais avant tout des mineurs, avec le même salaire, et qui risquent les mêmes coups de grisou.
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SycoraxSycorax   05 mars 2021
— Les opinions des hommes sont basées sur l'importance de leur compte en banque. "To have or not to have", dirait Shakespeare.
— Avant la guerre, soit. Mais les choses auront changé. Il est impossible qu'une certaine grandeur ne résulte pas d'événements aussi exceptionnels.
— Il n'y a eu de grandeur que devant la mort. L'homme qui ne s'est pas sondé jusqu'au fond des entrailles, qui n'a pas envisagé d'être dépecé par l'obus qui allait venir ne peut pas parler de grandeur.
— Tu es injuste pour certains chefs...
— Parfait ! Attendris-toi, remercie, esclave ! Tu sais bien que les chefs font une carrière, une partie de poker. Ils jouent leur réputation. La belle affaire ! Gagnants, ils sont immortels. Perdants, ils se retirent avec de bonnes rentes et passent le reste de leur vie à se justifier dans leurs mémoires. Il est trop facile d'être sincère en se tenant à l'abri.
— Quand même, il y a eu de grandes figures : Guynemer, Driant ?
— Il y a eu des hommes convaincus et d'autres qui ont fait honnêtement leur métier, c'est évident. Guynemer, oui ! Songe pourtant qu'il évoluait en plein ciel, devant un sacré public : la terre. Ça vous tient un homme, ça ! Quoi de comparable avec le pauvre idiot qui est venu du fond de sa Poméranie, en gueulant le "Deutschland über alles" pour acquérir de la gloire à Guillaume, et qui a compris trop tard ? Quoi de commun avec le poilu qui envisage de se faire casser la figure dans la boue, d'une façon ignoble, sans témoins ni publicité ? Il risque tout sa peau. Il gagne quoi ? L'exercice et les revues d'armes. Démobilisé, il devra chercher de l'embauche. Le patron trouvera qu'il pue et qu'il a de mauvaises manières... Je vais te dresser le bilan de la guerre : cinquante grands hommes dans les manuels d'histoire, des millions de morts dont il ne sera plus question, et mille millionnaires qui feront la loi. Une vie de soldat représente environ cinquante francs dans le portefeuille d'un gros industriel de Londres, de Paris, de Berlin, de New York, de Vienne ou d'ailleurs. Commences-tu à comprendre ?
— Alors que reste-t-il ?
— Mais rien, exactement rien ! Est-ce que tu peux croire à quelque chose après ce que tu as vu ? La bêtise humaine est incurable. Raison de plus, rigole ! On se fout de tout, nous ! Alors rentrons dans le jeu, acceptons les vieux mensonges qui nourrissent les hommes. Rigole, rigole donc !
— Et si nous le disions...
— Quoi ?... Tu as envie de crever de faim plus tard ?
— Mais sans toucher aux institutions, on peut bien dire la vérité sur la guerre ?
— Toutes les institutions, mon fils, aboutissent à la guerre. C'est le couronnement de l'ordre social, on s'en est aperçu. Et comme ce sont les puissants qui la décrètent et les minorités qui la font...
— On le dira...
— Ah ! tiens, tu es trop...
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