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EAN : 9782375680834
290 pages
Éditeur : Editions du chat noir (06/06/2018)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Saitama-ken, Japon. Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s'enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d'amour passionnel, de secrets. Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  07 avril 2019
Quel étrange roman que voilà! Sous un titre très poétique et une très belle couverture aux jolies couleurs pleine de nuances et de pétales de cerisier - Japon oblige - se cache une histoire dramatique et d'une intense noirceur. Comme quoi il est bon de ne pas se fier aux apparences.
L'intrigue met en scène un petit groupe de lycéens de Saitama, dont le narrateur, Julian, a longtemps subi des brimades du fait de ses origines métisses. de père japonais et de mère anglaise, il détonne avec ses boucles châtains et une morphologie du visage plus occidentale qu'asiatique. C'est un fait que les enfants issus de couples mixtes souffrent très souvent de leur double origine.
Mais là n'est pas le principal thème du récit qui s'oriente d'abord vers un deuil difficile de la jeune soeur de Souichiro, le meilleur ami de Julian et sa princesse de coeur. Une mort dont il n'a pas gardé de souvenir précis mais qui l'a mis à terre et l'emplit toujours de désespoir deux ans après.
Dans ce groupe, il y a également Haru, une jeune fille aux propos souvent étranges voire cruels et qui attrape les nuages entre ses baguettes pour les tresser en ce qu'elle veut.
Et enfin la menue Akiko dont tout le monde semble oublier la présence au point que Julian doit faire de surprenants efforts pour se remémorer même son prénom.
Des protagonistes à l'image de cette histoire qui oscille avec le surnaturel tant la moindre chose semble se dégager des lois de la physique, comme ces lettres au tableau qui changent de place, cette pièce lancée qui ne retombe pas, etc. Un environnement onirique tendance mauvais rêve tout de même. Il est difficile de ne pas ressortir de ce roman passablement ébranlé. C'est mon cas. J'ai lu avec beaucoup d'intérêt cette histoire hallucinée, j'ai eu envie de connaître le pourquoi du comment, tout en en reconnaissant l'aspect dérangeant et l'atmosphère souvent malsaine des rapports et du passé des personnages.
Une chose est certaine, Céline Chevet dispose d'une imagination très riche. Elle compose avec justesse le cadre japonais de son récit, et possède une plume fluide et qui reste légère dans les affres plombants de son intrigue. de la belle ouvrage, sans le moindre doute! Mieux vaut néanmoins s'accrocher pendant la lecture.
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Mikasabouquine
  19 novembre 2018
J'avais très envie de lire ce livre depuis sa sortie. Je trouve le titre extrêmement poétique, tout comme la couverture. Il ne m'en a pas fallu plus pour me convaincre. Je remercie donc chaleureusement Babelio et les éditions du Chat Noir pour cette masse critique.

Malheureusement, je ne fais pas partie des personnes tombées sous le charme de cet ouvrage.
Pourtant, j'avais terriblement envie de le découvrir, ce n'est pas la question. Mais je pense que ce livre n'était pas pour moi, tout simplement...
Il est rare que je rencontre des difficultés à noter une lecture. Même si la notation n'est bien évidemment que subjective, j'ai toujours mon avis sur la question (ou presque...). Ici, j'avoue ne pas avoir réussi à me décider car je ne relève aucun défaut particulier, il s'agit là d'une indiscutable question de goût.
La plume de l'auteure est fluide, travaillée et subtile. Céline Chevet réussit à établir une atmosphère intrigante, mystérieuse et pesante voir même oppressante. Le côté malédiction ajouté au Japon m'a fait songer un peu à «Another» de Yukito Ayatsuji.
Je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire et encore moins à cette ambiance si particulière. Loin de l’onirisme, c’est un texte dur, profond et absolument pas superficiel que nous livre l’auteure. Être surprise n'est pas pour me déplaire en règle générale mais il se trouve que les livres angoissants ne sont pas pour moi.

De plus, je ne me suis absolument pas attachée aux personnages (sauf peut-être un peu à Akiko). Que ce soit Souichiro, Julian ou Haru aucun d'entre eux n'a su m'émouvoir. Pourtant, ils en traversent de durs épreuves... et ce n'est rien de le dire... j'ai parfois été écoeurée de certaines scènes (heureusement que l'auteure sait manier les métaphores...) Il y a d'ailleurs un passage bien précis qui m'a donné la nausée (je pense à Yuki). Après cela, j'ai définitivement mis de la distance entre moi et cet ouvrage. Il y a certaines thématiques que je n'arrive pas à lire et ici j'ai retrouvé l'une d'entre elles. J'ai beau savoir que ce texte est fictif cela ne change rien au fait que ces horreurs existent dans le monde réel et je ne souhaite pas /n'aime pas retrouver ce genre d'acte malsain et répugnant dans mes lectures. Je suis quelqu'un de bien trop empathique et je vis très mal ce genre de situations détestables (et le mot est faible).
Ajouté à cela, durant ma lecture, j'ai trouvé le temps long. Céline Chevet est une conteuse, aucun doute là-dessus mais à cause du manque d'action elle n'a pas su me happer. Ceci n'est pas un défaut, la façon circonspecte avec laquelle l'auteure pose les mots est en accord avec l'ambiance latente que l'auteure veut établir. On adhère, ou pas, avec son style, mais on ne peut nier qu'elle en a.

Je suis donc complètement passée à côté de cette histoire, et j'en suis désolée car je suis convaincue que c'est un bon texte. Certains livres sont pour vous, d'autres pas. Si vous aimez ce genre d'atmosphère suffocante et énigmatique (et que vous n'êtes pas facilement traumatisable - comme moi) c'est un roman bien écrit et intéressant. Bravo à Céline Chevet pour sa gestion professionnelle du suspense car je n'ai vu venir aucune révélation. Petit plus, l'immersion au Japon est garantie :)
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Aelinel
  07 septembre 2019
Ça y'est! Je termine la sélection des cinq finalistes du PLIB 2019 avec cette dernière lecture : La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet. J'avoue, je l'avais laissé pour la fin car ce n'était pas le roman qui m'attirait le plus. En cause? La touche surréaliste qui ne correspond malheureusement pas à mes goûts littéraires. Et finalement, ma lecture s'est plutôt bien passée, on peut même dire que j'ai été agréablement surprise.
A Saitama, au nord de Tokyo, Julian est un adolescent métissé anglo-japonais discret. Lorsqu'il eut douze ans, ses origines lui avaient attiré les moqueries de ses petits camarades et s'il n'y avait eu Souichiro pour le tirer de là, il aurait passé un sale quart d'heure. C'est ainsi que les deux amis devinrent inséparables et ce, bien qu'un drame ne les mît à rude épreuve. En effet, Souichiro perdit sa soeur des suites d'une maladie et Julian qui était amoureux d'elle, n'arrive toujours pas à faire son deuil. Pis, il a même perdu la mémoire de cet évènement traumatisant. Deux ans après les faits, il fait alors une rencontre déterminante dans son lycée : celle de la discrète Akiko. La jeune fille va en effet tout mettre en oeuvre pour que Julian se libère de son passé.
Une fable exotique…
A vrai dire, je n'ai pas beaucoup lu de romans se déroulant au Japon ou d'auteurs japonais. En effet, mes seules incursions littéraires ont été le roman autobiographique d'Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, les douze tomes du manga trop « kawai » Chi, une vie de chat, le conte surréaliste (et auquel, je n'ai pas du tout adhéré!) L'étrange Bibliothèque d'Haruki Murakami ou le thriller coup de coeur Les assassins de la 5eB de Kanae Minato.
Si ces quelques lectures m'ont permise un peu d'appréhender la société japonaise, le roman de Céline Chevet est encore plus immersif. L'auteure a fait ses études à l'Université de Tokyo et cela se ressent car elle a ajouté beaucoup de détails sur la société japonaise.
– Elle utilise du vocabulaire en langue originale et l'explicite au moyen de notes de bas de pages. Ainsi, le lecteur découvre des termes de la vie courante comme konbini (petit supermarché), les spécialités culinaires comme kakigori (glace pilée qui se mange avec un sirop) ou macha (thé japonais amer) et des formules de politesse comme Tadaima (je suis rentré) ou Okaeri (Bienvenue à la maison).
– Les us et coutumes sont également abordés et je citerai par exemple l'hommage rendus aux morts, les superstitions et la religion ou le mobilier intérieur comme le kotatsu (sorte de table chauffante) ou le futon bien plus connu dans notre société occidentale.
…et surréaliste…
« Le cours d'Histoire de l'art battait son plein. On parlait surréalisme avec les différents groupes d'Europe pour la plupart enfants du dadaïsme, l'altercation entre André Gide et Frida, l'intellectualisme français, Dali et ses expérimentations médiatiques. Tout cela semblait lointain. Je ne comprenais pas l'intérêt à ressasser des mouvements de pensée si éloignés de la culture nippone. L'avaient-ils seulement influencée? le professeur cita quelques noms comme Shuzo Takigushi ou Katsue Kitazono. » (Chapitre IV)
J'ai trouvé cette citation plutôt amusante dans le sens où le surréalisme est très présent dans le roman. Et il contredit plutôt le domaine de la physique puisque de nombreux objets ne respectent pas la Loi de la Gravité. Ainsi, un avion de papier tournoie pendant des heures au plafond d'une salle de classe tandis qu'une pièce de monnaie lancée en l'air ne revient jamais. D'autres aspects surréalistes concerne la matière et les atomes : un nuage de composition gazeuse peut-être filé comme de la laine et tressé. Ce petit côté fantaisiste s'est révélé finalement être poétique et onirique.
…qui cache beaucoup de noirceur.
Si au début du roman, le lecteur a l'impression d'avoir affaire à la vie insouciante de quatre lycéens, il se trompe lourdement! En effet très rapidement, le roman se teinte d'une ambiance lourde.
– Tout d'abord, les quatre personnages principaux entretiennent des relations malsaines. Souichiro a rencontré Julian alors qu'il était victime de racisme et de harcèlement. La conversation qu'il entretient avec lui est glaçante (et malheureusement c'est cette dernière qui m'a permise de comprendre la fin du roman!). Haru est une petite peste, égoïste, aigrie qui torture mentalement Julian. Quant à ce dernier, il idéalise son amour perdu et ne vit qu'à travers le passé. Il ne prête donc aucune attention à Akiko au point d'oublier son nom ou ses rendez-vous avec elle. Seule Akiko semble vouloir le bien de Julian en lui permettant de se libérer de son passé pour faire enfin son deuil et aller de l'avant.
– Enfin, le roman comporte un récit enchâssé : il s'agit d'un journal trouvé par Akiko et qui relate une malédiction familiale remontant au XIXème siècle. Certaines scènes sont assez crues, notamment le massacre de petits chatons. Je comprends donc que certains lecteurs aient pu être choqués.
En conclusion, La fille qui tressait les nuages est une fable relativement étrange. Et je ne doute pas que l'atrocité du récit ainsi que quelques scènes violentes puissent en rebuter plus d'un. Pour ma part, il est vrai que j'avais quelques réserves au départ, mais finalement elle ont été vite dissipées par ma lecture. Et heureusement, Céline Chenet a bien fait de rajouter quelques notes surréalistes car ces instants poétique et onirique allègent un peu le récit et en contrebalancent la noirceur.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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AmeliaChatterton
  25 janvier 2020
Fantastique, Japon et premiers émois adolescents sont à l'honneur dans cette enquête pour déterminer ce qui est arrivé à la petite soeur de Souichiro Sakai...
Une plongée dans la culture japonaise... par une française !
Quand j'ai lu où se situait l'action du roman, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire... Saitama est une région située au nord de Tokyo et éloignée de tout : mer, montagne... il n'y a absolument rien à y faire. Cela m'a fait penser au film absurde Fly me to the Saitama (si vous avez du temps à perdre), qui vous explique pourquoi c'est le coin des péquenots. Je ne sais pas si l'auteure connaît ce film, ou la réputation de la région, mais cela a joué sur ma lecture. En effet, j'y ai vu dans l'ennui profond des personnages vis à vis de leur vie quotidienne un clin d'oeil à cet endroit.
Passé ce détail, j'ai retrouvé dans ce roman une ambiance de roman japonais à travers les thèmes abordés.
Par exemple, dès les premiers chapitres est évoqué un problème de racisme très présent au Japon, avec le personnage de Julian : le racisme envers les hafu, les métis japonais. Ces derniers sont considérés comme des japonais pas terminés par les japonais pur souche. Pour un roman qui se voulait au départ traiter des émois amoureux et d'un mystère, j'ai trouvé cela très fort et très intéressant.
Le deuxième sujet important du livre est lié aux morts. Raison pour laquelle Céline Chevet nous emmène dans les temples, les cimetières, les marchands de voeux et d'amulettes, les rites de purification. Ainsi, nous nous immergeons dans la culture japonaise du deuil avec Julian, face au décès de son premier amour. La nouvelle lui a causé un tel choc qu'il a réagi comme certains japonais : par l'oubli pur et simple des circonstances de sa mort. Cela suscite le mystère et donc l'enquête. le roman va traiter également de la manière dont les proches de Julian essaient de l'aider à traverser ce deuil : Akiko va mener l'enquête, Souichiro va lui demander de l'oublier pour le protéger, la mère de Julian va accepter son côté rêveur...
Quelques thèmes connus en littérature japonaise et notamment dans les mangas sont présents dans ce roman, comme la relation interdite élève-professeur, la prédominance des chats, ou la fille invisible. Concernant ce dernier point, j'ai remarqué qu'Akiko incarnait la fille effacée par excellence, que l'on retrouve dans le film le Royaume des Chats des Studios Ghibli. Cela pourrait faire référence au fait que le Japon est un pays qui ne prône pas l'individualité, mais le collectif au service du bien commun. Ceci dit, l'auteure va plus loin en conférant à ce personnage un statut proche du fantôme.
On sent dans tous les cas que Céline Chevet est fan du Japon et qu'elle nous invite à l'aimer nous aussi.
Les premiers émois adolescents vus par 4 ados différents
Le deuil et le mystère ne sont pas les seules problématiques abordées dans ce livre. Céline Chevet nous propose une étude de l'amour et du sexe à travers ses principaux protagonistes incarnant, chacun à leur manière, une manière d'aimer ou d'envisager les relations.
Il y a tout d'abord Akiko,  la jeune fille discrète, amoureuse de Julian mais qui n'ose pas lui dire. Elle est tellement timide qu'elle se fait oublier par tous et surtout Julian. Elle est vierge mais n'a pas de honte à aborder le sujet du sexe.
Julian incarne quant à lui le garçon fragile et rêveur, amoureux fou d'une morte. Il vit dans l'idéalisation de l'amour, sans son côté sexuel. Il est vierge et n'a toujours pas tourné la page de son amour perdu, malgré la présence d'Akiko et de Haru.
Souichiro est le garçon beau-gosse qui enchaîne les relations sexuelles avec des filles plus âgées sans s'attacher. Il souhaite une relation lui conciliant amour et sexe, ce qu'il va trouver mais à travers un amour interdit.
Enfin, Haru représente la jeune fille provocatrice, consciente de l'effet de son corps sur les garçons. Elle aimerait que Julian aille plus loin avec elle mais il s'y refuse. Elle est pourtant amoureuse de lui malgré ses provocations et moqueries.
Les relations amoureuses et sexuelles vont s'entremêler subtilement dans le récit avec le mystère de la soeur disparue, transformant l'histoire en récit d'initiation. Surmonter le deuil, c'est aussi vivre, se lier aux gens et donc aimer. Seul un personnage réussira le passage vers la vie adulte, mais ce ne sera pas sans heurts, car la transformation en adulte suppose l'abandon de ses illusions.
Un roman-enquête oscillant entre le rêve et le fantastique
L'histoire, semblable à un thriller est pleine de rebondissements. Quand on penserez avoir compris ce qu'il s'est passé, une petite phrase fera tout basculer et vous remettrez tout ce que vous aviez lu jusque là en perspective. L'auteure est très douée pour ménager son suspense.
Pour en arriver jusque là, il vous faudra suivre l'enquête vue à travers le regard de Akiko, Julian et Souichiro, qui chacun à leur manière, apporteront des éléments à l'enquête. Mais méfiez-vous !  Julian est rêveur, Akiko invisible, et Souichiro a des choses à cacher...
Des épisodes seront particulièrement difficiles à lire, faisant basculer le récit dans l'horreur. Si vous êtes une âme sensible, vous serez prévenu !
A côté du roman policier, quelques éléments viennent apporter une touche de poésie ou de fantastique à cette histoire.
J'ai noté la présence d'objets en apparence anodins, comme tirés des romans de Haruki Murakami, mais qui ont une importance : les morceaux de sucre collectionnés par Akiko, la pièce de 5 yens voyageuse de Souichiro, l'amulette de la soeur de Souichiro, Haru qui tresse des nuages avec ses baguettes... Ils apportent une touche incongrue, un je ne sais quoi au récit. Et jusqu'au bout, on ne sait pas pourquoi on s'y accroche, mais on y repense jusqu'à leur trouver parfois un lien, une connexion avec l'intrigue principale.
A côté de cela, les personnages ont tendance à exprimer leurs émotions par des couleurs, ce qui renforce ce côté poétique. La couverture du livre évoque parfaitement ces tonalités qui nous enveloppent, passées les premières pages.
Enfin, la fin du roman m'a laissée perplexe : et si tout ceci n'avait été qu'un rêve éveillé de l'un des personnages ? Cela a-t-il vraiment eu lieu ?
Pour lire la suite et la partie spoilers, rdv sur :
Lien : https://lestribulationsdemis..
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Melisende
  22 septembre 2019
Sans le PLIB 2019, jamais je ne me serais tournée vers cette cinquième et dernière lecture imposée. L'onirisme japonais me laisse assez sceptique. Mes tentatives auprès de Murakami n'ont pas donné grand chose, je crois que je suis assez hermétique au genre. C'est donc relativement perplexe que j'ai entamé ce dernier roman, dans les tous derniers jours impartis. Et je peux maintenant vous l'avouer, c'est pour lui que j'ai voté !
Alors comment l'outsider de la compétition a-t-il pu se hisser jusqu'à la première place ? Explications.
La Fille qui tressait les nuages est un roman court mais surprenant. Décalé même. Et ça commence par le choix de l'illustration de couverture. Avouez, en la voyant, vous aussi vous vous imaginez une balade onirique sous les fleurs de cerisiers ? Oui mais non. Avec Céline Chevet c'est plutôt remake de The Grudge. Avec des chatons. Et croyez-moi, les chatons n'ont pas le beau rôle.
Etonnant comme d'un cercle restreint de personnages l'autrice parvient à tisser une trame riche de non-dits, de secrets bien gardés et de souvenirs qui s'effritent. L'ambiance est lourde, malaisante, empreinte d'un réalisme magique propre à la littérature nippone, me semble-t-il, mais qui, pour une fois, m'a convaincue.
Alors je ne me suis pas attachée aux personnages que j'ai trouvé beaucoup trop évaporés pour en faire des êtres palpables mais j'ai été surprise – en bien – par la construction narrative choisie par Céline Chevet.
Il y a certes une certaine lenteur d'exécution, des scènes qui semblent « inutiles » (bien qu'elles soient riches de significations cachées à mon avis) et quelques éléments d'intrigues que l'on perce à jour assez vite mais j'ai justement aimé cette atmosphère un peu au ralenti – comme si rien n'avait de prise sur rien – cette atmosphère cotonneuse et sibylline (pour ne pas dire carrément chelou).
Les souvenirs des personnages se dévoilent petit à petit ; le lecteur ne tresse pas les nuages aux côtés de Haru mais il tisse, au fil des pages, les fils de la mémoire de Julian. L'envie de mettre le doigt sur les réminiscences et les secrets qui s'y cachent est bien là et lorsqu'enfin, le voile se lève sur les révélations, certaines d'entre elles ne manquent pas de surprise.
Le final est étonnant. Doux amer. Il me semble que c'est encore une fois une caractéristique de la littérature japonaise : un héros qui échoue, au bout du compte, malgré toutes les épreuves plus ou moins réussies pour en arriver là. Alors il n'y a pas qu'un héros ici, certain.e.s s'en sortent mieux que d'autres, mais chut.
Je ne vous raconterai pas ce que Céline Chevet réserve à ses personnages mais je peux vous dire que je suis satisfaite de ses choix. Je n'étais pas certaine de les avoir saisis mais une discussion avec Céline (de Booktubers App) m'a confirmé que si, et c'est tant mieux ! Mais après tout, à vous de comprendre ce que vous avez envie de comprendre avec les dernières pages du roman.
Il me semble avoir vu que quelques lecteur.ice.s avaient été déçu.e.s par leur voyage au Japon. Pour ma part, pas du tout, au contraire même ! Céline Chevet est amoureuse du pays, elle y a vécu et ça se sent dans l'écriture, dans les descriptions du quotidien et notamment dans l'emploi d'un vocabulaire bien particulier.
Alors oui, certains paragraphes peuvent donner l'impression d'une surenchère de termes nippons – qui amènent quelques notes de bas de page – mais je n'ai pas ressenti ça négativement, comme une démesure maladroite. Non, ça m'a aidé à m'immerger plus facilement dans l'ambiance. Alors oui, ça manque peut-être un peu de subtilité mais pour les novices comme moi, c'est plutôt bienvenu.
La Fille qui tressait les nuages n'a pas été un coup de coeur ; aucun des cinq finalistes de ce PLIB 2019 ne l'a été. Mais il a été le livre qui m'a le plus surprise. Derrière cette illustration colorée et douce, j'ai découvert une ambiance dérangeante et parfois presque aussi glauque qu'un film d'horreur japonais. Les révélations concernant les personnages n'ont pas toutes réussi à me surprendre mais dans l'ensemble, je me suis laissée berner jusqu'au bout, emportée par le suspens. Voilà qui me réconcilierait presque avec l'onirisme magique de la littérature nippone ; pour ça, merci Céline Chevet !
Lien : http://bazardelalitterature...
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
carnetplumecarnetplume   24 septembre 2018
Finalement, le temps déchire les âmes comme le vent étire les nuages jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des lambeaux. C’est pour ça que j’aime les tresser, j’ai l’impression de les rendre plus robustes aux aléas du temps. J’ai tort ?
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MikasabouquineMikasabouquine   27 novembre 2018
- Regarde le soleil s'étendre à l'infini,
Les perles du temps en égratignent l'azur
Lorsque la flèche crève les nuages.
Mais ne perdons pas espoir,
De nos mains noueuses, nous en ferons des oiseaux
Tressons les nuages!
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cristalyacristalya   14 septembre 2019
Il y avait des rires. Les rires des enfants, les rires des oiseaux, les blagues des poissons qui faisaient sourire la mer et les bateaux des pêcheurs qui s'esclaffaient en tanguant.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   23 novembre 2018
Tel un pacte, nos silences dans le vent, notre culpabilité malmenée par les embruns, le pardon entre nos paumes, nous avions scellé ce qui devait l’être.
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FungiLuminiFungiLumini   23 janvier 2019
Nous sommes un. Dans la vengeance. Dans l’amour. Dans l’amitié. Dans la rage. Dans le désespoir. (…) Nous, les femmes, nous payons toujours pour l’égoïsme des hommes. Au foyer, au travail, au front. Les siècles n’arrangent rien. Alors, nous ne regrettons pas. Ni moi. Ni elle. C’est notre seule liberté.
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