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EAN : 9782916141794
290 pages
L'Arbre vengeur (19/01/2012)
4/5   12 notes
Résumé :
La gloire exige des sacrifices. Elle attend avec patience Éric Chevillard, cet écrivain qui, chaque jour, se réinvente en quelques lignes à coups d’aphorismes, de maximes, de haïkus, d’inventions, d’aveux, d’attaques. Elle guette cet écrivain qui fait rire, tout seul, son lecteur fidèle et jaloux de sa découverte.

Mais le jour vient où avoir du talent quotidien ne suffit plus : il faut prendre un coach, payer de sa personne, faire du sport, vise... >Voir plus
Que lire après L'autofictif prend un coach : Journal 2010-2011Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Je poursuis la lecture d'"Autofictif"... d'Eric Chevillard... en faisant mes emprunts à ma médiathèque....Un état d'esprit toujours attractif, caustique....aux nombreux tons, et couleurs !

Pépites, aphorismes, regards critiques ou d'autodérision sur le quotidien et sur lui-même, sur son travail, ses doutes, difficultés d'écrivain dans cette société déconcertante, aux multiples miroirs aux alouettes !!...

"22 juin 2011
Assailli de toutes parts, l'écrivain dans sa retraite pour se défendre et riposter ne dispose que des volumes qu'il élabore puis lance avec force par sa fenêtre sur les hordes ennemies qui progressent beaucoup plus rapidement hélas que ses travaux d'écriture - si bien qu'il doit maintenant se replier dans sa salle de bains avec l'espoir d'y achever à temps son nouveau livre pour les mettre en déroute. Mais déjà des coups sourds ébranlent sa porte et justement les mots lui manquent. (p. 181)"
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"- Pardonnez-moi pour cette mort atroce, mais je n'ai plus une goutte de venin, me dit la tarentule qui me chatouille les pieds." (14)

La couverture outrageusement rose, bien que rehaussée d'un tigre farfelu, manque de franchise en sa visibilité ostentatoire. Et effectivement, l'autofictif a le blues. Masquée sous cette couleur sans tendresse, sa souffrance chemine. Désabusé, découragé par ses frères humains et cette vie dérisoire, son esprit ne peut se distraire de sa fascination pour la disparition, l'effacement, le vide. Son aphorisme se répand en de petits pavés compliqués et bavards, acides et tourbichonnés. Autrui est menaçant. “Tabler sur le triomphe futur des concombres” devient la seule alternative viable.

"L'homme vivait dans les bois. Un marginal, disait-on. Sauf qu'il avait bâti sa cabane au beau milieu d'une clairière ronde, en plein centre de la forêt." (190)

Mais si on se met à fouiner, on tombe sur quelques réparties goûteuses, d'autant plus sans doute, qu'il faut les chercher. Ainsi du bâillement du lion, récurent et qui mériterait une anthologie. Et de quelques fulgurances sur nos félins familiers :

"Le chat a pour compagnon de jeu toujours disponible, toujours partant, l'autre moitié du chat." (195)

"L'écrivain meut son corps de phrases avec tant d'élégance, de souplesse et d'assurance que celui-ci finalement lui échappe pour former, non pas un livre, comme on pourrait le croire - le livre n'est qu'un leurre- mais ce chat que l'on voit aussi sur sa table." (106)


Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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4ème année de cet extraordinaire carnet de route, entre faux aphorismes et vrais jeux d'imaginaire.

Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2015/06/12/note-de-lecture-lautofictif-prend-un-coach-journal-2010-2011-eric-chevillard/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
22 juin 2011

Assailli de toutes parts, l'écrivain dans sa retraite pour se défendre et riposter ne dispose que des volumes qu'il élabore puis lance avec force par sa fenêtre sur les hordes ennemies qui progressent beaucoup plus rapidement hélas que ses travaux d'écriture - si bien qu'il doit maintenant se replier dans sa salle de bains avec l'espoir d'y achever à temps son nouveau livre pour les mettre en déroute. Mais déjà des coups sourds ébranlent sa porte et justement les mots lui manquent. (p. 181)
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Étaient présents, désignés par leurs badges, le Boucher des Ardennes, l’Écorcheur du Cantal, le Cannibale du Haut-Poitou, l’Empoisonneuse du Quercy, le Démembreur du Finistère, le Vampire de l’Yonne, l’Éventreur du Calvados, le Dépeceur du Jura. De toute évidence, je m’étais trompé de salle et de symposium, le château de Cerisy est si vaste. Le colloque consacré au bon vieux roman se tenait dans l’autre salle. Cependant, puisque j’étais là, je prononçais la conférence que j’avais préparée sur L’aphorisme comme mutilation désirable du corps saturé de graisses de la littérature qui fut accueillie par un tonnerre d’applaudissements (et divers autres cliquetis).
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Avant de vivre de mes revenus d’auteur dans l’abondance que l’on devine, j’ai dû m’employer de mille façons pour assurer ma subsistance, exercer mille petits métiers, ramasseur de chiens morts pour un fabricant de postiches, coureur de ravines, beurrier, froisseur de soie itinérant, homme-ciel, aluneur, clampiste, terrassier honoraire, veilleur boréal, pimentier, diviseur de sourcils, autruchien, fracataire, ratepeleur, mauricier, flottiste, et toutes ces expériences ont nourri ma littérature, ainsi informée du réel, habilitée à en rendre compte sans mensonges ni fausse connivence.
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Agathe enfourche sa moto, et voilà elle est partie. Il fallait que ça arrive. N’empêche, c’est bien amer, bien douloureux. Elle oubliera vite ses vieux parents. Une visite de temps à autre, pour la Noël, une carte postale, puis plus rien. L’hospice, la solitude. Ma compagne a posé sa main douce sur mon épaule.
– Allons, ce n’est qu’un manège, tu vas la revoir dans dix secondes, ta fille !
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C’est l’histoire d’un vieil homme à l’agonie qui devient rédacteur d’épitaphes puis animal polymorphe avant de méditer une réforme radicale du système en vigueur puis de se multiplier comme les crabes, occupant ensuite le poste de gardien d’une grotte ornée et s’installant au plafond où il rédige des fragments posthumes, gêné dans sa traque du capitaine Cook par la présence sur son bureau d’un vaillant petit hérisson naïf et globuleux, s’employant au retour du Mali à démolir un critique littéraire obtus, enfin se laissant choir dans le trou béant laissé par les orangs-outans disparus et l’inexistence de Dino Egger… Et merde, ils ont raison. J’écris toujours le même livre.
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Vidéo de Éric Chevillard
«Bêtes de littératures» avec Éric Chevillard Hérissons, orangs-outans, tortues, flamants roses, insectes… Les bêtes peuplent les livres d’Éric Chevillard. S’interrogent à cette occasion les enjeux de la présence d’animaux, et par là d’altérités non humaines, dans la littérature. Comment rendre compte, avec l’écriture, d’intensités animales au-delà de l’allégorie ou de la fable ? Donner vraiment la parole aux animaux, est-ce pour autant se couper du symbolique ? Et l’humour dans tout cela ? L’entretien sera ponctué d’une lecture d’extraits de «Zoologiques» (Fata Morgana, 2020). - Modération : Sandra de Vivies La Fondation Jan Michalski, le 11 septembre 2021
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