AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782226078001
176 pages
Éditeur : Albin Michel (07/06/1995)
3.25/5   4 notes
Résumé :
À la fin de la Première Guerre mondiale, François Riffaterre, paysan d'une province pauvre et reculée, décide d'abandonner les siens pour ne se consacrer qu'à la sculpture.

Désormais solitaire, il taillera le granite, fera surgir des formes insolites où puiser des joies muettes.

D une écriture ciselée, efficace, à l'image de son héros qui travaille selon des voies obscures mais puissantes, Une saison de pierre est le portrait de cet a... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
fanfanouche24
  20 décembre 2014
Je reste éberluée, quelque peu secouée par un premier texte que je découvre d'un auteur inconnu de moi jusqu'à hier soir, où la rencontre se fit une nouvelle fois … à ma médiathèque…où les bibliothécaires , chaque semaine, alimentent en livres « mal-aimés », trop peu empruntés ,des boites (comme chez les bouquinistes !)…à l'entrée des lieux...
Cela m'a permis cette année 2014, de découvrir quelques pépites… qui allaient, sinon au rebut, au « pilon »…
Cette « saison de pierre » fait partie de ces rescapés. J'ai lu ce roman cette nuit, intriguée, happée par ce paysan taiseux, qui décide du jour au lendemain d'aller vivre seul dans une petite maison, face à la maison familiale où il vivait depuis de longues années avec sa femme, Louise. Mais il n'en peut plus de sa vie, il est irrémédiablement attiré par la pierre et par la sculpture…Son épouse ne comprend pas cet « abandon » mais respecte sa décision…
De très beaux passages fort détaillés, minutieux, poétiques sur le travail de la pierre…Une rencontre bienfaisante avec un groupe de tailleurs de pierre, italiens…mais où, à son goût, il n'apprendra rien de bien nouveau. On assiste à l'éveil, à la lente naissance d'un homme avide de mots, de sculptures, de beautés, en recherche d'une idée plus grande que lui-même…

L'histoire se déroule A la fin de la Première Guerre mondiale; François, notre héros, désormais solitaire, taillera le granite, fera surgir des formes originales, qui lui parlent exclusivement, comme cette commande d'un monument aux morts pour sa commune, qui sera incomprise, tant la représentation choisie dérange par sa vérité trop brute, directe.
« Ils ne veulent pas de toi, mon vieux…tu es trop mort. Ca leur fait peur. Ils ne veulent pas de moi non plus. Je sais pourquoi. Je suis trop mort aussi. Ils ont raison. Pas de vérité, surtout pas de vérité. Mais où va-t-on les loger ceux que la guerre a tués ? On ne peut pas garder sous les yeux leurs vrais cadavres. Il faut bien des murs qui les séparent de nous, des murs à double face, un côté pour les morts, lisse, plat, reposant…l'autre pour les vivants … » (p.100)
De fort belles phrases concernant les monuments pour rendre hommage aux morts , tués à la guerre : « Les honorer n'était pas glorifier leur mort. Il aurait voulu qu'en leurs noms s'élevât une plainte, tailler dans la pierre une manière de harpe aux cordes si fines qu'elles fissent chanter le vent, léger ou lugubre car la peine n'est pas égale au fil des jours.
Mais le granite ne chante pas, il pèse. Il pensa alors dresser au sommet un perchoir pour les oiseaux, sur un tronc central il sertirait des branches de roche où ils pourraient poser leurs pattes le temps de gazouiller un peu. (p.97)
Un héros solitaire qui abandonne les travaux des champs, et se met à travailler la pierre .Le portrait d'un artiste qui a soif de silence, d'espace à lui, pour créer, et se trouver sans doute …
Il est également question d'un monde rural oublié, avare de mots et d'émotions, qui cache en lui singularité ,insolites pensées, et rêveries…
Ce roman m'a infiniment émue…par son sujet mais aussi le style , le ton original qui ne ressemblent vraiment à aucun autre texte aux thématiques avoisinantes… Une véritable atmosphère, tension …palpables, denses, bouleversantes. Un vrai choc… et le bonheur de découvrir un nouvel écrivain, qui écrit et publie depuis de nombreuses années. Il me reste le suspens de faire connaissance avec ses autres romans !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360

Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   20 décembre 2014
Là, entre noms communs et noms propres, la sagesse du monde attendait qu'on la consulte. François le faisait avec obstination. Le -Petit Larousse- à plat sur la table, à côté de son chapeau, il se penchait sur les pages, les mains jointes sous le menton. Il consultait l'oracle. Il laissait courir l'oeil dans la colonne de gauche comme dans un paquet de bonbons on choisit le plus à son goût et se posait sur la langue une locution latine. (p.75-76)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
fanfanouche24fanfanouche24   20 décembre 2014
-Tu n'es plus un enfant ! Je te fais peur ?
- Non, mais j'ai du mal à parler. J'ai perdu l'habitude à force d'être seul. Moi aussi je travaille la pierre.
-La pierre rend solitaire, camarade, même en compagnie. Voilà pourquoi je chante. (p.49)
Commenter  J’apprécie          110
fanfanouche24fanfanouche24   19 décembre 2014
Dès sa jeunesse François s'était senti attiré par la pierre et parce que là chacun savait faire le maçon, il avait appris de son père, qui le tenait du sien, la manière de l'extraire, de la tailler, d'en construire des murs. Il maîtrisa très jeune la technique de la taille et lui vint naturellement le goût du superflu , de l'exploit, de la provocation qui trouva sur son rêve de Paradis matière où se fixer. (p.17-18)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
fanfanouche24fanfanouche24   20 décembre 2014
Finalement on s'y fait. Je dirais même que c'est bon. C'est d'être avec quelqu'un qui rend les choses meilleures. (p.95)
Commenter  J’apprécie          180
fanfanouche24fanfanouche24   20 décembre 2014
François, le col ouvert, souriait obstinément. Il se sentait léger, il avait gagné et avança d'un ton badin:
-C'est du latin...La langue du bon Dieu. Personne ne sait ce que ça veut dire mais ça me fait réfléchir et moi ça m'aide à être moins fâché avec le monde. (p.89)
Commenter  J’apprécie          50

Videos de Jean-Marie Chevrier (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Marie Chevrier
Extrait de la rencontre avec les lycéens de Guéret. Pierre Michon campe l'?uvre de Blaise Cendrars dans la littérature moderne avec Jean-Marie Chevrier et Bertrand Hirsch. Les Rencontres de Chaminadour sont des rencontres littéraires qui ont lieu tous les ans à Guéret, dans la Creuse. Elles ont été créées par l'écrivain Pierre Michon et Hugues Bachelot. En 2016, une réalisatrice est venue filmer quelques aspects des rencontres et en a tiré un film documentaire de 23 minutes : Sur les Grands Chemins. Cette page propose une version coute de ce film ainsi que quelques extraits. Qui permettent de sentir ce que ces Rencontres ont d'unique en leur genre. Les Rencontres de Chaminadour sont des rencontres littéraires qui ont lieu tous les ans à Guéret, dans la Creuse. Elles ont été créées par l'écrivain Pierre Michon et Hugues Bachelot. En 2016, une réalisatrice est venue filmer quelques aspects des rencontres et en a tiré un film documentaire de 23 minutes : Sur les Grands Chemins. Cette page propose une version coute de ce film ainsi que quelques extraits. Qui permettent de sentir ce que ces Rencontres ont d'unique en leur genre.
+ Lire la suite
autres livres classés : Monuments aux mortsVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
2657 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre