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Critique de ange77


ange77
  12 avril 2018
《Nous sommes des jetons que le roi fait valoir.》
[Ésope]


Je remercie l'équipe de Babelio, ainsi que l'éditeur Serge Safran, pour l'envoi rapide d'un des titres que j'avais coché lors de la Masse Critique 'Mauvais genre' de mars 2018.


Hé bien, ce roman est (...pfff, comment dire ?...)
Éprouvant et fascinant à la fois.


“ Dans ce thriller étourdissant, Michel Chevron excelle dans le cruel et l'obsène tempérés par un bel humour décapant. ”
> C'est cette phrase en particulier - clôturant le résumé déjà tentant de la 4ème de couv. - qui m'a convaincue de poser un de mes choix sur ce livre-là.
(Sauf que si j'avais su, je ne l'aurais pas lu ce résumé... j'y reviendrai plus tard)
Nullement exagérée donc, je dirai même que je trouve cette description presque trop "édulcorée", après avoir pris connaissance du contenu proprement dit.


Un roman au paroxysme de l'ignominie.

On est confronté à du glauque, du malsain, de l'indécent.
Un malaise tangible suinte insidieusement des pages de Mother feeling, à tel point que même moi (sans vantardise - qui ne suis pourtant pas néophyte en la matière - ) j'ai eu les tripes en confettis plus souvent qu'à mon tour.
L'âme et le coeur broyés, passés à la moulinette...
Je pense avoir l'estomac plutôt bien accroché en règle générale, néanmoins force est d'admettre ; l'auteur m'a mis K.O. en à peine quelques rounds.

《La vie est une aventure dont on ne sort pas toujours vivant...》

Pour ma part (et toute honte bue), j'avoue que j'ai même eu quelques fois envie de refermer le livre pour ne plus y revenir... Seulement voilà, une envie plus forte encore, viscérale, d'assouvir ma curiosité m'a finalement "contraint" à le rouvrir.

Est-ce que je regrette d'avoir été au bout ?
Oui et non...

Comprenez-moi bien : j'ai bien aimé ce bouquin dans son ensemble. Disons pour faire simple que j'ai apprécié le fond et que la forme m'a quelque peu "choqué", par moments.
> Il est évident que ce n'est pas une lecture à mettre entre toutes les mains ; même les lecteurs habitués à de sombres thrillers risquent le traumatisme... Aucun monstre ne vient justifier cet avis, cependant l'horreur, au sens premier du terme, y est simplement pure et absolue.

Le scénario est tordu, abject, carrément vicieux, et l'écriture, quasi psychosomatique, au point de rendre nauséeux le plus chevronné des amateurs.

Une histoire dont on ne sort pas indemne.


Paradoxalement, le récit alterne avec de vrais moments de sensibilité, riches d'envolées lyriques surprenantes au vu des immondes relents qu'il exhale malgré tout.
Un mélange "poético-turpide" tout à fait déstabilisant.


《(...) la moindre parcelle de lumière à travers les ténèbres est bonne à prendre.》



Ce qui est certain, c'est que Mother feeling était plus qu'à sa place dans la catégorie "mauvais genre", et je serai même tentée de mettre au défi tous les autres titres de cette Masse (et des précédentes) de lui arriver ne serait-ce qu'à la cheville - question corrélation/correspondance avec l'intitulé s'entend ; loin de moi l'idée de discuter ici de la qualité (toute subjective) de l'oeuvre.


Un sacré bémol tout de même :
Le résumé donc - "si tentant" - , dont je parle plus haut.
Tentant oui, mais bonjour les spoilers :(
> Au moins deux éléments cités dans ce dernier ne prennent corps que bien après la seconde partie de l'ouvrage - et encore, je suis large car en vérité, il faut bien en dépasser les 3/4, voire plus...
Et ça, c'est malheureusement assez rédhibitoire pour un bouquin.

Une fin singulière, quasiment en queue de poisson, mais qui de fait, avait déjà de quoi décevoir. En prime, elle m'est apparue fouillie, bâclée ; un tas de révélations déboulent coup sur coup, accélérant le rythme certes, mais me donnant surtout la désagréable impression que l'auteur voulait juste boucler son histoire au plus vite.


Enfin ça, ce n'est que mon ressenti perso évidemment : il ne tient qu'à vous de vous faire votre propre opinion ;)

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