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Jakub Mortka tome 2 sur 5
EAN : 9791095718413
399 pages
Agullo (05/04/2018)
3.9/5   82 notes
Résumé :
L’inspecteur Mortka, dit le Kub, a été envoyé à Krotowice, petite ville perdue dans les montagnes. Officiellement, il est là pour un échange de compétences avec la police locale. Officieusement, il y est pour se mettre au vert après une sale affaire. S’il pense être tranquille et avoir le temps de réfléchir à l’état de sa vie personnelle, il se trompe lourdement.Quand Marta, onze ans, disparaît, un pédophile est rapidement arrêté, qui reconnaît le viol et le meurtre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
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Je découvre cette petite maison d'édition, Agullo Édition, et ho quelle belle découverte. Des auteurs polonais, comme Wojciech Chmielarz, bosniaque, russe, américain, italien et bien d'autres aussi qu'il me fera plaisir de lire. Une maison d'édition qui se fait un devoir de publier des titres du monde entier et « de laisser place à l'échange ». Pour « La ferme aux poupées », la couverture m'a séduite et la facture de l'impression aussi. Bravo.
Donc, avec « La ferme aux poupées » j'ai retrouvé l'inspecteur Jakub Mortka dit le Kub rencontré une première fois dans Pyromane. Comme je le mentionnais pour Pyromane, et c'est la même chose dans cet opus, nous ne trainons pas nécessairement les vieux démons du communisme et de l'occupation et de la guerre tout au long du récit. C'est un récit policier bien moderne et bien caractéristique des pays de l'est et de cette vague de la littérature de régions. Et ça me plait beaucoup. Déjà, le titre nous interpelle car on se dit qu'il y sera question de femmes, utilisées, blessées, lésées. Je ne dévoile donc rien que le titre ne dit pas. le Kub a quitté Varsovie via un programme inter police et se retrouve à Krotowice, petite ville de montagnes, ancienne région minière. Il se dit que son purgatoire de quelques mois sera bien tranquille et sûrement bénéfique à sa santé mentale et physique.
Mais ho détrompez-vous. Les petites villes de montagnes peuvent cacher de grandes vilaines choses, méprisables, affreuses. Très. Une petite disparaît et on la retrouve dans le fond d'une mine désaffectée mais heureusement, bien vivante. Et en retrouvant cette petite fille, on retrouve aussi les corps de femmes mutilées, vidées de leurs organes génitaux...
Mais que se passe-t-il dans cette petite ville? Affaire étrange, déconcertante, choquante. Qui sont ces femmes? Comment sont-elles arrivées là, dans le fond d'une vieille mine d'uranium? Et le Kub fera également le lien avec une plus vieille affaire d'enlèvement d'une enfant de la communauté Rom. Ce qui devient des plus délicats car les relations entre la population locale et les Roms ne sont pas des plus chaleureuses, disons ainsi. Histoire de préjugés, de méconnaissance, d'ignorance.
C'est avec énormément de plaisir que j'ai retrouvé Jakub Mortka dit le Kub. Wojciech Chmielarz a étoffé son personnage en nous le présentant sans pudeur avec ses failles, ses forces et sans exagérer les caractères du genre. le Kub est un bon policier, intègre, déterminé, qui y croit encore mais qui y laisse des plumes, affaires après affaires. Un policier qui investit corps et âme à ses enquêtes ce qui le fait déserter sa vie personnelle.
J'ai trouvé ce titre plus achevé que Pyromane, plus incisif, plus intéressé aux causes sociales avec une intrigue qui ne peut me laisser indifférente. Ce fut pour moi une excellente lecture que je sens vraie et ressentie. Je me donne donc rendez-vous avec les autres titres de Wojciech Chmielarz avec grand plaisir.
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Un vieux monsieur que je ne connais pas m'a donné des conseils, aujourd'hui. Un prof en retraite confiné chez lui ?
Mes billets sont trop longs (là je suis d'accord), et mal fichus, surtout : « La "critique" est surtout une narration ; heureusement qu'il y a ce dernier petit paragraphe... »

Il m'a fait flipper, le milicien, alors je vais suivre ses conseils.
J'ai commencé par aller voir ses billets, et maintenant je prends modèle, consciencieusement.

Mais par esprit de contradiction, je vais quand même faire long, je n'aime pas céder sur tous les points quand on me fait des remarques en public, comme ça.

Alors j'en reprends quelques uns à lui, j'enlève ses fautes, et j'adapte sa prose à mon avis sur cette lecture (j'ai bien noté que le cop-coll, c'était interdit) :

• Un excellent livre, tous les personnages sont crédibles... On sent que l'auteur est journaliste pour la revue 'Gros Calibre'.
Un roman plein de suspense et sombre, sur un fond sombre aussi. A lire. On n'en sort pas indemne, attention, mais c'est de la bonne littérature policière.

• J'ai bien aimé ce roman, peut-être parce que j'aime beaucoup apprendre sur d'autres pays, d'autres coutumes. Ici, la Pologne, les Polonais et leur façon de traiter les Roms (alias 'les bronzés').
Les personnages sont attachants (enfin pas tous, quand même, faut pas exagérer). L'intrigue est ce qu'elle est (très bonne, moi je dirais), et cela se lit facilement, et avec plaisir.
Pour tout dire, c'est LE livre qui m'a permis de reprendre goût à la lecture ce week-end.

• Après un coup de mou côté lecture (je me répète, là), je revienS aux polars, avec un auteur polonais, et je lance un grand cocorico (? cri nationaliste polonais ?) après la lecture de ce roman.
Je n'indique pas les circonstanceS du récit, car d'autres le font, honte à eux, mais sachez que ça se passe en Pologne, et que ça parle de puta!ns de pédophiles et autres tarés du même genre (coucou GaMa, RoPa, RoMi, JeMaMo, FrMi, JaLa, etc.). Mais chut, je commence déjà à spoiler.

• Toujours aussi "fan" de polars (considérés comme de la 'littérature de gare' par les plus exigeants, ou les snobs, ou ceux qui n'en lisent jamais) : le récit est très bien construit, et on avance doucement mais sûrement dans l'enquête.
Un auteur à découvrir sans idée préconçue de ce que doit être un "polar". Et sans avoir peur de se perdre parmi plein de noms polonais qui se ressemblent.

• Après Zygmunt Miłoszewski avec "Les Impliqués", voici un autre livre excellent qui se passe en Pologne, et plus particulièrement dans les Carpates (coucou, Jules Verne 😉).
J'ai tout de suite été immergée dans cette atmosphère particulière, et j'ai adhéré totalement au personnage du Kub. Mauvais époux, père absent, mais un chouette mec qui semble faire craquer toutes les femmes, en plus - waooow ! Mais bon, il a peut-être...
C'est un pur régal, ce livre !

• Un très bon livre ! On s'y croirait vraiment, dans ce trou perdu dans les montagnes polonaises (à Kretowice).
Une sorte de *** faut pas spoiler ***, avec plein de surprises en plus.
A lire sans attendre (quand les librairies seront de nouveau ouvertes) ! Vous ne pouvez pas ne pas aimer.

• Je n'ai pas lu X, mais j'ai lu M, U, Y et Z, que j'avais beaucoup aimés.
Avec celui-ci, je n'ai pas été déçue : style nerveux et enlevé, rebondissements dans l'action (mais pas trop, je n'aime pas les courses poursuites, donc c'était juste bien), suspense haletant...
Des polars comme celui-ci, j'en redemande !
_____

Voilà, c'est fini !
Juste préciser que cet opus est le 2e d'une série qui met en scène l'inspecteur Mortka.
J'ai hâte de me procurer le premier : 'Pyromane'.
Pourquoi ? me direz-vous. Ben pour le lire, tiens !
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Deuxième intrusion dans le polar polonais, après " Les infiltrés " de Zygmunt Miloszewski, et grand plaisir de lecture aussi ! Merci à ma fille qui nous a ramené ce livre du Louvre-Lens, où se déroulait une exposition de peintres polonais.

Partons pour une petite ville de la Silésie , Kretowice, où l'inspecteur Morkta doit se rendre pour un programme d'échanges entre services, mais en fait c'est une sanction de son supérieur, à Varsovie. Quelques allusions sont faites à une précédente enquête " Pyromane ", mais ce n'est pas gênant de ne pas l'avoir lue.

J'ai été prise tout de suite par l'ambiance provinciale, au creux des montagnes,où tout le monde semble se connaître, où le racisme latent entre tziganes et habitants locaux est prêt à exploser.

le point de départ de l'histoire est la disparition d'une fillette, qui va exacerber les conflits larvés. Ensuite l'enquête , complexe et tortueuse, va nous conduire à la découverte de cadavres de femmes atrocement mutilés dans une mine désaffectée.

Les pistes se succèdent, compliquées par le fait que plusieurs personnages portent des masques de respectabilité qui cachent des agissements ignobles. J'ai beaucoup aimé l'inspecteur Morkta, charismatique malgré son côté fatigué et triste. On sent un homme souffrant de ses manquements en tant que père et de ses errements affectifs, mais passionné par son métier et le désir de découvrir la vérité.

Vraiment un bon policier, alliant sens psychologique et intrigue intéressante, dans un contexte particulier. Auteur à suivre!
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Marta, une petite fille qui attend, seule, au bord de la route, est abordée par un homme qui réussit à la faire monter dans sa voiture. Elle disparaît sans que cela paraisse émouvoir vraiment sa famille. On évoque l'acte d'un pédophile, déjà connu pour des délits, et la consultation de sites pédopornographiques, mais qui n'est semble-t-il jamais encore passé à l'acte.

Arrêté, l'homme avoue l'enlèvement et le meurtre de la fillette, mais celle-ci finit par être retrouvée dans une ancienne mine d'uranium, à côté de cadavres en décomposition. En lait, l'homme avait avoué car il redoutait un passage à l'acte… Libéré, on le retrouve assassiné quelques jours plus tard. Qui l'a tué ? Y-a-t-il un rapport avec les cadavres retrouvés dans la mine ?

C'est l'inspecteur Lupa de la brigade de Krotowice, qui mène l'enquête, supervisée par le commissaire Zajda, qui tient à tout prix à garder cette enquête sinon on risque de réduire son budget et son équipe. Notre ami Mortka, n'est que consultant dans cette enquête, car depuis qu'il a abattu le pyromane (cf. enquête précédente) on l'a envoyé au vert en province dans le cadre d'un « programme d'échange » pour ne pas dire au placard…

J'ai beaucoup aimé retrouver Mortka, surnommé « le Kub », policier intègre qui a toujours fait passer son métier avant tout et par voie de conséquence son couple qui a explosé en vol. Il doit trouver sa place dans une équipe dont certains membres feraient mieux de changer de travail… J'apprécie la manière dont il mène ses enquêtes, dont il réfléchit au lieu de foncer tête baissée, son intuition, son attitude envers les suspects…

Wojciech Chmielarz nous décrit une région de Pologne, où règne un racisme dirigé contre la communauté Tzigane, coupable d'office pour certains, avec des disparitions qui n'inquiètent personne, sur fond de trafic d'être humains, avec des rebondissements des complicités au sein même de la police parfois, et nous oriente dans des directions multiples, où l'on finit par suspecter tout le monde.

Il revient sur les mines d'uranium, du temps de l'époque soviétique, où les ouvriers ne savaient même pas qu'ils étaient exposés à la radioactivité, avec les conséquences qu'on imagine. Il évoque également la nostalgie de l'époque communiste où policiers, miliciens avaient tous les pouvoir et donc étaient respectés.

J'aime beaucoup cet auteur et son univers, car on voit la manière de travailler de la police en Pologne tout en revenant sur l'Histoire du pays. Son troisième opus « La Colombienne » m'attend déjà mais je fais durer le plaisir alors ce sera pour le challenge de l'an prochain, car Olga Tokarczuk avec « Sur les ossements des morts » et Zygmunt Milozsewski et « Les impliqués » piaffent d'impatience…
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Polar rural ou plus récemment polar des périphéries, voici quelques désignations pour évoquer la littérature noire se déroulant hors des grands centres urbains. Il ne reste plus qu'à s'en arroger la paternité à l'instar d'Aurélien Masson, ancien directeur de la Série Noire, estimant être l'origine de cet engouement pour le genre alors que l'on sait bien que ce sont des maisons d'éditions indépendantes qui se sont intéressées aux romans noirs se déroulant dans les contrées campagnardes. Toujours quête d'originalité, ce sont également ces même éditeurs indépendants qui mettent en avant des polars provenant de nations périphériques méconnues, comme les pays de l'est et plus particulièrement la Pologne suscitant un intérêt particulier depuis le succès des trois romans de Zygmunt Miloszewski mettant en scène les enquêtes du procureur Teodore Szacki débutant avec Les Impliqués (Mirobole éditions 2013) se poursuivant avec Un Fond de Vérité (Mirobole éditions 2014) et s'achevant avec Rage (Fleuve Noir 2016). Toujours en Pologne et inaugurant une nouvelle série de romans policiers, c'est désormais par l'entremise d'Agullo éditions que l'on poursuit notre exploration du pays avec Pyromane (Agullo 2017) de Wojciech Chmierlarz. On découvrait alors l'inspecteur Jakub Mortka, surnommé le Kub, officiant à Varsovie avant de le retrouver dans un dernier opus, La Ferme Aux Poupées, se déroulant dans une région minière de la voïvovide de Silésie.

Après une enquête éprouvante dans la banlieue de Varsovie, l'inspecteur Jakub Mortka, que tout le monde surnomme le Kub, se retrouve muté à Kretowice dans une province montagneuse de la Pologne afin de dispenser aux policiers locaux le nouvelles méthodes d'investigations. Mais dans cette ancienne région minière les affaires reprennent avec la disparition d'une petite fille. L'affaire est d'autant plus délicate qu'elle met en évidence une série d'enlèvements dont certains touchent la communauté Rom. Mais un pédophile récidiviste est rapidement interpellé. Tout irait donc pour le mieux si l'on ne découvrait pas dans les entrailles de la montagne quelques cadavres étrangement conservés qui entraînent le Kub dans des investigations qui vont mettre en évidence un inquiétant trafic d'êtres humains.

On prend énormément de plaisir à retrouver le Kub, ceci d'autant plus que Wojciech Chmierlarz a étoffé son personnage en mettant en évidence quelques failles sans pour autant sombrer dans les stéréotypes propre au genre. Ainsi le Kub se révèle être un policier plus ou moins intègre, ceci en fonction de l'avancée de ses enquêtes qui prennent évidemment un place trop importante dans sa vie. Mais intuitif et assez claivoyant dans le cadre des investigations, le policier est à la peine lorsqu'il s'agit de son entourage auquel il ne prête pas suffisement d'attention, ce qui peut le conduire à certaines déceptions. Prompt à la colère, loin d'être exemplaire et pouvant parfois se fourvoyer, Jakub Mortka, dont la vie privée reste en friche, échappe à la banalité de son quotidien en s'investissant pleinement dans une profession qui devient une espèce d'échappatoire. On retrouve cette ambivalence et ces failles pour l'ensemble des personnages récurrents de la série à l'exemple de l'ex femme du Kub ou de ses anciens partenaires de Varsovie qui mettent en exergue les faiblesses du Kub mais également toute sa détermination lorsqu'il s'agit d'exercer son métier.

Après Varsovie, le Kub se retrouve donc affecté dans une petite ville de province de seconde zone donnant ainsi l'occasion de découvrir un nouvel environnement. Ancienne cité minière, l'intrigue permet d'appréhender le contexte sociale d'une communauté aux prises avec les difficultés inhérentes au déclin économique de la région. C'est dans cet univers pesant que La Ferme Aux Poupées, titre aussi glaçant que la couverture, prend toute sa dimension en mettant en exergue une détresse sociale permettant de mettre en place les trafics les plus odieux. On décèle déjà ce milieu difficile lorsque le Kub interroge les parents d'une petite fille qui vient d'être enlevée. Violence, alcoolisme l'auteur parvient à saisir une scène en quelques mots sans s'apesantir sur le misérabilisme de la situation. Il en va d'ailleurs de même lorsqu'il nous dépeint sans fard les affres d'une communauté Rom méfiante et parfois hostile vis à vis des autochtones qui le leur rendent bien. Une tension latente au service d'une intrigue dont on perd parfois le fil tant les interactions sont parfois complexes et surprenantes à l'instar de cette ferme aux poupèes qui révèle l'odieuse ingniosité de trafiquants sans scrupules.

Une série d'enlèvement d'enfants, des cadavres démembrés, un trafic d'être humain et des malfaiteurs cruels et violents, nul doute que La Ferme Aux Poupéesprend parfois l'allure d'un thriller incisif sans pour autant sombrer dans les dérives narratives souvent propre à ce genre, pour s'intéresser davantage aux causes sociales de situations sordides qui se suffisent à elles-mêmes. Un bel équilibre de tensions et de réflexions pour une intrigue qui fait froid dans le dos.


Wojciech Chmielarz : La Ferme Aux Poupées. Editions Agullo 2018. Traduit du polonais par Erik Vaux.

A lire en écoutant : So Nice de Tomasz Stanko. Album : Dark Eyes – Tomasz Stanko Quintet. 2009 ECM Records GmbH.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
- Je regrette.
C'était une des raisons pour lesquelles Mortka avait les hôpitaux en horreur. Un mensonge généralisé et sidérant. Il l'avait si souvent observé chez son père : il pouvait annoncer de mauvaises nouvelles à la famille d'un patient et rigoler un peu plus tard avec des confrères en racontant des blagues sur les Boches et les Russkofs. Mortka savait qu'il ne pouvait en être autrement. Un médecin ne pouvait se permettre de se lier affectivement à un patient, et il était bien obligé de s'en remettre au mensonge, à l'alcool, aux cigarettes ou aux blagues à deux balles, pour pallier toutes les souffrances des malades. Mais ça ne l'aidait pas de savoir qu'en tant que policier il faisait exactement la même chose.
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Il comprit qu'il était non seulement incapable de leur donner quoi que ce soit, mais aussi que son problème était plus profond, plus grave : il ne savait même pas accepter ce que les autres lui donnaient.
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[ Pologne ]
- [C'était] une fille très douée. Très réfléchie, intelligente. Ça ne se voyait pas dans ses notes, parce qu'elle était moins bonne à l'étude que ses camarades à visage pâle. Mais les Polonaises partent d'un niveau plus élevé que nous. En particulier ici, à Kretowice.
- Pourquoi ici en particulier ? s'enquit Mortka.
- Il faut vraiment que je vous raconte l'histoire de la communauté tsigane à Kretowice ? Comment les communistes ont commencé par nous prendre nos roulottes, avant de nous emmener de force travailler en usine, et comment, en 1989, quand ces usines ont fait faillite, les Tsiganes ont été les premiers licenciés ? Il y a ici des familles où les hommes n'ont pas réussi à trouver un emploi fixe depuis vingt ans. Les plus débrouillards sont déjà partis depuis longtemps. Je vous laisse imaginer qui est resté...
(p. 41-42)
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[ capitale vs 'province' ]
- (...) vous, à Varsovie, et ceux de Wroclaw* aussi, mais un peu moins, vous avez toujours des airs de grincheux, des têtes de choux marinés. Je me suis longtemps demandé d'où ça venait. Et puis j'ai compris. A Varsovie, le premier merdeux qui sort d'une école de commerce ou d'un truc comme ça se fait plus d'oseille que vous [les inspecteurs de police]. Ça doit vous pomper l'air, non ?
Mortka haussa les épaules, essayant de cacher que Zajda était tombé juste. Le commissaire tapota son bureau d'un doigt.
- Chez nous, c'est différent. Ici [à Kretowice], je dirige le lieu de boulot le plus attractif de toute la région.
(p. 94)
____

[ * quatrième ville de Pologne par sa population (633 000 habitants) ]
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« Mortka songea que toutes les barres d’immeubles de toute la Pologne se ressemblaient : des logements vieillots, étroits et qui sentaient le bouillon de poule. Celui-ci ne faisait pas exception. Il eut du mal à se faufiler dans l’entrée de son appartement entre une armoire, des vélos et un empilement de vêtements.
Une femme d’environ la quarantaine, cheveux marron, gras, ramenés en arrière et noués en queue-de-cheval, l’invita à entrer. Elle portait un pantalon de sport et une chemise noire recouverte d’un tablier de cuisine taché. Plutôt que de lui dire « bonjour » ou quelque chose dans le genre, elle observa longuement Mortka en gardant un silence abattu.
- Je ne vous connais pas, fit-elle enfin. Vous êtes certainement policier ?
- Je suis l‘inspecteur Jakub Mortka. Je viens de la Criminelle et Antiterrorisme de Varsovie.
- Mais nous ne sommes pas à Varsovie, juste à Kretowice, remarqua le femme avec lucidité.
- C’est exact, répondit Mortka, avant de réciter la formule apprise pour ce type de circonstances : Je participe au programme « Pont » de la police. Il consiste en ceci que des agents effectuent des stages chez des collègues d’autres villes. Le programme sert à des échanges d’expériences, à connaître les problèmes de criminalité d’autres unités, à acquérir des connaissances et à nouer des contacts susceptibles d’être utiles à l’avenir. Et nous continuons à travailler normalement. Ce qui signifie que j’ai les mêmes prérogatives et obligations que mes collègues du commissariat de Kretowice.
La femme réfléchit un instant à ce qu’elle venait d’entendre, puis hocha la tête en signe de compréhension. Elle engagea d’un geste l’inspecteur à la suivre.
Mortka se fraya un chemin entre les vélos, un pour garçon, un pour fille et un pour adulte, et s’arrêta à la porte donnant sur la pièce principale. Là, il aperçut un homme très très obèse, assis en short et tricot de corps sur un canapé. Il tenait dans une main une canette de bière, et dans l’autre une commande de téléviseur. L’air absent, il zappait d’une chaîne à l’autre. Il s’interrompit soudain et se tourna vers le policier.
- Elle va revenir toute seule, affirma-t-il d’une voix de basse profonde. La vieille fait des histoires pour rien. »
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