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EAN : 9782330006143
198 pages
Éditeur : Actes Sud (27/04/2012)
3.15/5   13 notes
Résumé :
Dans les treize nouvelles qui composent ce recueil, Kunzang Choden rend hommage aux femmes du Bhoutan et célèbre le rôle crucial qui est le leur au pays du Bru, "Bonheur national brut", en s'inspirant de la vie locale rurale comme de sa propre expérience. Narrée dans une langue proche de l'oralité, chacune de ces histoires est porteuse d'émotion, d'humanité, de poésie et d'humour. C'est ainsi qu'une fruste jeune paysanne charriant son fumier au village se transforme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ConfidencesLitteraires
  31 janvier 2019
Le Bhoutan. Un tout petit pays au nord-est de l'Inde. Son existence est quasi-inconnue, alors je ne vous parle pas de sa littérature ! Kunzang Choden est le.la seul.e auteur.e bhoutanais.e que je connais. J'avais déjà lu il y a quelques années le Cercle du Karma et quand j'ai vu un recueil de nouvelles à la médiathèque, je n'ai pas résisté !
Dans chaque nouvelle, une histoire de femme. Mère, fille, épouse, soeur : Kunzang Choden nous décrit leur vie dans leur cabane, loin de la technologie et de la mondialisation qui ont pourtant déjà atteint les villes.
Je commence par cela car dans la nouvelle qui m'a le plus marquée, une jeune fille retrouve son village natal pour aider sa mère aux travaux domestiques, après avoir passé plusieurs mois à la capitale, où elle a découvert la mode, la télévision… Elle garde en souvenir de cette époque un piercing au nombril, qui devient l'attraction du village !
Kunzang Choden a à coeur de nous décrire la vie dans de petits villages bhoutanais et j'en retiens deux choses.
D'abord, l'importance de la communauté : dans la plupart des nouvelles, c'est tout le village qui participe à l'histoire, en commentant, jugeant… voire déclenchant le problème.
Mais plus encore, l'auteure dépeint une société dans laquelle les femmes subissent. Tous les travaux domestiques incombent aux épouses et aux filles, jamais aux fils. Les épouses sont soumises au bon vouloir de leur mari. Et que dire de cette jeune fille qui arrête l'école prématurément pour aider ses parents aux champs et afin que ses trois frères, eux, puissent faire des études plus longues ?
Chaque nouvelle est presque comme un petit conte, on y décèle parfois une morale. Rares sont celles qui « finissent bien ». Ce recueil de nouvelles permet de découvrir une société différente et de (re)découvrir l'importance du beurre pour les Bhoutanais…
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ManouParis
  23 juillet 2018
Histoires de femmes hautes en couleurs, ce recueil de treize nouvelles nous fait entendre la voix d'un pays méconnu, le Bhoutan. Son auteure, Kunzang Choden, y est née en 1952. Au coeur des villages, dans une société qui hésite entre tradition et modernité, sa langue est une invitation au voyage...
Que signifie être une femme au Bhoutan ? En réponse à cette question, toutes les nouvelles qui composent ce recueil dessinent le portrait de femmes fortes, qui font face aux épreuves de l'existence, s'entraident bon gré mal gré et ne baissent (presque) jamais les bras. Tandis que l'une a dû arrêter les études pour s'occuper de sa famille, l'autre a été abandonnée par son mari. Sangye Lhamo prend soin de sa mère alcoolique, pendant que Tsewang Doma rêve de la capitale... Autour d'elles, les hommes gravitent, souvent lâches, absents, voleurs, idiots et infidèles. Rares sont ceux qui échappent aux critiques. Quand c'est le cas, c'est toujours le regard d'une femme qui les sauve de l'ornière. Regard d'une fille, qui aime son père malgré ses défauts. D'une femme, qui défend son mari contre toute raison. D'une mère, qui couvre les agissements de son fils. Malgré quelques exceptions donc, ce sont les femmes qui mènent la danse. Bon an, mal an. Avec les moyens du bord, les terres que leurs mères leur ont légué ; parce qu'au Bhoutan, ce ne sont pas forcément les hommes qui héritent. Les filles ne portent pas forcément le nom de leur mère. Les mères célibataires ne sont pas mises au ban de la communauté ; elles font l'objet de commérages, mais pas plus que les autres familles.
Les nouvelles décrivent la vie dans les villages ; on y découvre la dureté du travail aux champs, les tâches domestiques lourdes incombant aux femmes ; tout nous parait d'un autre âge. Par opposition, la capitale Timphu exerce une force d'attraction sans pareille pour certains jeunes. Elle siginifie l'accès aux conforts les plus basiques comme l'électricité et la techonologie "domestique" (la télévision, l'électroménager). Sont également dépeintes les relations entre voisins ; l'entraide, indispensable, et son pendant négatif, le regard permanent des autres. Tout semble se faire ensemble, dans ces sociétés où la solitude voue à la mort. Les mariages, les enterrements, les joies comme les peines se partagent. Les rites religieux viennent cimenter ces étapes de la vie ; les mediums, humains qui représentent une divinité, ont une place de choix dans les communautés. L'alcool est également présent à tous les moments importants ; l'ara, l'alcool de céréales distillé, est bu comme de l'eau mais fait des ravages sur ceux qui le consomme exagérément.
De cette lecture, je retiendrais le plaisir éprouvé à être en compagnie de ces femmes. Chacune possède sa propre personnalité, son caractère, mais toutes font preuve du même courage, de la même liberté de penser. Bien que peu instruites parfois, elles font montre d'un bon sens remarquable et d'une intelligence pratique désarçonnante. Ne connaissant rien au Bhoutan, j'ai adoré voyager dans leur pays, les observer le temps de quelques pages, sans jamais rester sur ma faim, ce qui est parfois le risque avec le risque avec les nouvelles. J'ai ressenti une forme de mélancolie, (le spleen bhoutanais ?) durant ma lecture, quelque chose de doux et amer à la fois. J'ai également éprouvé, plus que jamais, un sentiment de sororité, d'amour profond pour toutes les femmes et une admiration inconditionnelle pour leur force. Je vous recommande vivement de céder à leur appel...
Lien : http://manouselivre.com/hist..
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traversay
  27 août 2012
13 nouvelles, 13 portraits de femmes ancrés dans leur quotidien, au coeur du royaume du Bhoutan, pays de moins d'un million d'habitants, enclavé entre Inde et Chine. Après son roman le cercle du karma, Kunzang Choden nous livre les récits d'une bhoutanaise particulièrement attachée aux femmes de son pays, aux traditions et à la ruralité alors que la modernité bouleverse les habitudes, notamment dans la capitale, Thimphou. Les nouvelles qui composent le recueil Histoires en couleurs prennent parfois la forme de contes mais c'est le réalisme qui domine le plus souvent et qui ne cache rien de la difficulté d'être une femme aujourd'hui dans un pays où le machisme impose toujours sa loi. Kenzang Choden raconte des destins ordinaires et les rend universels, sans jamais céder à un quelconque misérabilisme. Compassion, honnêteté et une bonne dose d'humour illuminent ces histoires de femmes battues, trompées, solitaires, qui luttent sans relâche pour acquérir leur indépendance et ne baissent pas les bras devant l'adversité. Elles élèvent leurs enfants au courage et à l'énergie, alors que les pères sont absents ou démissionnaires, dans une société en perpétuelle évolution, qui se mondialise peu à peu. La sérénité et la lucidité avec laquelle l'auteure conte ces 13 histoires l'éloignent du pittoresque et de l'exotisme que l'on s'attendrait à y trouver. En lisant Histoires en couleurs, on ne sent jamais spectateur ou voyeur mais tout proche et en empathie avec ces femmes au caractère bien trempé, dignes et fières, même quand elles se laissent aller à consommer l'ara, le tords boyaux local, sans modération.
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livr-esse
  23 juillet 2012
Toutes les nouvelles se déroulent au Bouthan, majoritairement dans des petits villages isolés mais quelques unes nous offrent un aperçu de villes plus modernes.
Le point commun de toutes ces histoires c'est qu'elles parlent des femmes du Bouthan.
Elles sont mères, épouses, amantes, indépendantes, jeunes, vieilles... et toutes nous transmettent un peu de leur vie. Les moments tristes prennent le relais des moments joyeux et la vie s'écoule au rythme d'une nature belle et parfois hostile.
Mon avis :
Je voulais du dépaysement et bien j'ai été servie au-delà de mes espérances.
Ce recueil m'a donné l'impression d'être assise au milieu de ces femmes et de les écouter raconter leur histoire et par conséquent celle de ce pays.
Je me suis sentie comme une invitée avec qui, autour d'un feu, elles partageraient quelques moments intimes, des tranches de vie comme je les aime mais à la sauce Bouthanaise.
L'occasion de découvrir un pays en pleine mutation où tradition et modernité se cotoient mais où la vie reste globalement rude.
Lien : http://www.livr-esse.com/art..
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