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EAN : 9782358874922
206 pages
Éditeur : La manufacture de livres (06/06/2019)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Delafeuille, éditeur parisien, débarque à Copenhague pour y rencontrer le maître du polar nordique, au moment même où la police locale est confrontée à un redoutable serial killer : l’Esquimau. Coïncidence ?
A peine installé à l’hôtel avec le dernier roman de l’auteur, Delafeuille découvre que la réalité et la fiction sont curieusement imbriquées… et qu’il pourrait bien être lui-même, sans le savoir, un personnage de thriller nordique.

Tueur ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  29 novembre 2019
Lorsqu'il arrive à Copenhague où il doit rencontrer un célèbre auteur pour négocier les droits de traduction de l'un de ses polars nordiques, l'éditeur français Delafeuille s'aperçoit très vite que les événements lui échappent : alors que sévit dans la ville un tueur en série, fiction et réalité se mettent à s'entremêler au point de devenir indifférenciables. Et si Delafeuille était lui-même devenu un personnage de polar ?

Le récit est tordu à souhait, poussant la complexité de l'intrigue jusqu'à l'absurde, dans un pastiche de polar nordique habilement caricaturé à l'extrême. Plus que l'histoire elle-même, totalement délirante, c'est l'exercice littéraire qui m'a ici fascinée : Luc Chomarat se moque et se joue des codes du genre, dont le succès, et donc la rentabilité, attirent de plus en plus d'auteurs et d'éditeurs, dans une course au profit où s'agglomèrent le meilleur comme le pire des productions.

Il faut reconnaître que la démonstration fait preuve d'audace et d'ingéniosité, voire de virtuosité. Je me suis amusée, surprise et intriguée de la manière dont l'exercice pourrait bien se conclure. Point n'est besoin d'être familier du polar nordique pour saisir la dérision et les messages. Car, au-delà de la pitrerie tirée par les cheveux, dont on sait la maîtrise littéraire qu'elle nécessite lorsqu'elle est aussi bien menée, c'est tout l'avenir de l'écriture et de la création littéraire dont il est question ici.

Lorsque le temps globalement consacré à la lecture rétrécit comme peau de chagrin, que les livres deviennent des produits de consommation, que les contraintes commerciales et la course à la notoriété tendent à prendre le pas sur l'érudition et le talent, que les éditions papier cèdent peu à peu la place au virtuel et à l'interactivité, voire, peut-être un jour, la création humaine à l'intelligence artificielle, comment ne pas s'interroger, voire s'insurger, comme les personnages de ce thriller norvégien amenés à prendre eux-même leurs destins en main pour échapper à leur déliquescence ?

Trop déjanté pour me séduire réellement, ce vrai-faux polar est indéniablement original et intriguant. Chapeau bas à Luc Chomarat pour cet exercice de virtuosité et de dérision, qui illustre à merveille ses interrogations quant à l'avenir des livres, des auteurs et des éditeurs.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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monromannoir
  13 octobre 2019
Mode éditoriale propre aux thrillers, c'est bien souvent au terme de ce type de fictions que vous trouverez quelques remerciements où l'auteur s'ingénie à vous démontrer, avec une subtilité plus ou moins affichée, que son récit s'inscrit bien dans la réalité d'un univers qu'il a su capter au gré de connaissances et de références qu'il puise essentiellement sur internet en intégrant au mot près dans son texte, avec une conscience qui l'honore, quelques extraits de la fiche wikipédia qu'il a consultée. Il s'agit bien d'en rire et de traiter le sujet des dérives du monde de l'édition avec la dérision et l'humour qui s'impose comme l'a fait Luc Chomarat avec le Dernier Thriller Norvégien, roman à la fois détonnant et subtil, nous entraînant dans le tourbillon d'une intrigue délirante où la fiction et la réalité se télescopent pour devenir des perceptions toutes relatives.

A Copenhague, l'éditeur parisien Delafeuille s'apprête à rencontrer Olaf Grundozwkzson, grand maître du thriller nordique, afin de le convaincre d'intégrer le catalogue de sa maison d'édition et de négocier les droits de traduction de son dernier roman à succès. Confortablement installé dans un luxueux hôtel de la capitale danoise, Delafeuille prend connaissance du manuscrit de l'auteur pour se rendre compte que la fiction devient réalité et qu'il est devenu la proie de l'Esquimau, machiavélique tueur en série sévissant dans la région en démembrant ses victimes qu'il abandonne dans les forêts des environs. Acculé, l'éditeur n'a pas d'autre choix que de poursuivre la lecture du manuscrit afin de connaître l'identité du meurtrier. Mais l'ouvrage disparaît mystérieusement et Delafeuille comprend que l'aide de Sherlock Holmes, séjournant dans le même hôtel, ne sera pas de trop afin de déjouer cet effroyable imbroglio qui prend une tournure inquiétante.

Bien loin du simple pastiche où il se contenterait de démonter les codes qui régissent le genre du thriller, Luc Chomarat construit une intrigue étonnante en entraînant le lecteur dans la mise en abîme de personnages évoluant au gré de la fiction d'un ouvrage qui rythme désormais leur propre réalité avec l'apparition de Sherlock Holmes dont on ne sait plus s'il s'agit du célèbre héros sorti de l'imagination de Conan Doyle où tout simplement de l'incarnation de la réalité de Delafeuille protagoniste central d'un roman complètement loufoque qui nous interpelle sur notre propre perception de l'imaginaire. A partir de là, le récit s'oriente vers une franche partie de rigolade extrêmement rafraîchissante où les situations les plus ubuesques prennent une tournure délirante au gré de dialogues surréalistes. C'est donc au détour de l'absurdité de scènes parfois cocasses que Luc Chomarat égratigne avec cette plume corrosive qui le caractérise, les arcanes du monde littéraire et les travers du thriller. Et tout y passe que ce soit les poncifs les plus éculés que l'on peut imaginer en lien avec le polar nordique dont le titre du roman vous donne déjà un aperçu puisqu'il n'est nullement question de Norvège ou que ce soit les considérations d'éditeurs plus enclin à parler chiffres que lettres. Ainsi on s'amuse de tout avec une multitude de clins d'oeil comme les éditions Mirages ou la rencontre des inspecteurs Bjonborg et Willander tout en accompagnant des personnages déboussolés s'étonnant de passer d'un chapitre à l'autre de manière brutale ou d'une scène à l'autre presque comme par magie pour mieux comprendre les mécanismes de l'ellipse. Il en va de même pour l'environnement et l'atmosphère d'un genre extrêmement convenu, que l'auteur s'amuse à décortiquer avec une sagacité pleine d'humour à l'exemple de cette ville de Copenhague prenant soudainement l'allure d'une ville africaine pour mettre en exergue la multitude de clichés que l'on peut trouver dans ce type de romans ou cette soudaine vulgarité dans les échanges entre Holmes et Delafeuille se retrouvant tout d'un coup dans un récit aux allures de hard-boiled.

Avec la finesse d'un humour au service d'un texte d'une belle intelligence nous permettant d'avoir un regard acéré sur un monde de la littérature qui se prend parfois bien trop au sérieux , Luc Chomarat fait exploser, avec le Dernier Thriller Norvégien, l'univers extrêmement convenu du thriller nordique pour nous entraîner dans la folie d'une intrigue qui ne manquera pas de vous laisser avec un grand sourire, ceci bien longtemps après avoir refermé cet ouvrage détonant. Salutaire et indispensable.

Luc Chomarat : le Dernier Thriller Norvégien. La Manufacture de livres 2019.

A lire en écoutant : Gravity de Hooverphonic. Album : Reflection. Sony Music Entertainment Belgium.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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RomansNoirsEtPlus
  29 mai 2020
J'ai toujours aimé “Twilight Zone” , cette série américaine des années soixante , dans laquelle les réalisateurs et le scénaristes s'en donnaient à coeur joie pour nous faire rentrer dans leurs univers à l'imagination totalement débridée .
C'est instantanément l'impression que j'ai eu en découvrant l'espace romanesque totalement sans limite de Luc Chomarat . Au diable les anachronismes , les personnages d'un autre temps débarquants sans crier gare dans cette histoire mouvementée qui nous emmène à Copenhague en plein hiver . Eh oui la Scandinavie sans le froid et la neige ça ne ressemble à rien .
Un décor pour frissonner . Ça tombe bien ! Trois éditeurs français ont envoyé en mission leurs meilleurs éléments pour tenter de faire signer au pape du thriller nordique ( dont je vous passerai le nom car il est parfaitement imprononçable ) un contrat d'exclusivité . le climat à Copenhague n'a rien de chaleureux : outre le froid qui saisit les corps , un redoutable serial-killer écume le pays . Surnommé “l'esquimau” , il n'a toujours pas été débusqué ni l'igloo où il s'est réfugié ( oui c'est un peu “cliché” car je ne suis pas sûr qu'il y ait beaucoup d'igloos dans ce coin du Danemark ) . Néanmoins la bataille pour obtenir les droits pour traduire l'auteur à succès risque d'être rude : outre des conceptions du business de l'édition différentes , nos trois protagonistes n'ont pas l'intention de se faire le moindre cadeau . Qui de Delafeuille , Gorki ou Murnau remportera l'affaire ? le plus malin ou le plus entreprenant ? Qui sait ? Et qui arrêtera cette série de crimes odieux ? C'est élémentaire , se sera sans doute Sherlock Holmes !
Sous les atours d'un récit hybride où l'absurdité et la dérision sont élevés à l'état de l'art , l'auteur prend un malin plaisir à remanier à sa sauce les codes du thriller et du polar . Bluffé par tant d'ingéniosité , par la pertinence de ce pamphlet à peine caché , du business de l'édition où le livre devient un produit de consommation courante complètement déshumanisé . Surproduit .Marketé . Avec un temps d'exposition limité . Quelques livres tentant de surnager par delà la masse de papier . Où l'exemplaire papier tente de survivre malgré les attaques frontales répétées du numérique et de ses alliés GAFA ou autres .
Luc Chomarat est le monsieur risque-tout de la littérature : liberté des (bons) mots en étendard . La règle des trois unités est bien loin . Il est interdit de s'interdir ces situations savoureuses où les personnages deviennent les acteurs d'un livre déjà écrit où leurs possibilités d'action semblent donc limitées . On nage dans un flou perpétuel où la fiction alliée à l'irrationnel sans borne et sans limite, règne sans partage .Sous les pavés de la conformité , la subtilité du langage apparaît alors sans fard à l'amateur éclairé . Bienvenue dans ce monde enchanté où les héros comme Sherlock Holmes ne meurent jamais et où leur talent est toujours aussi aguerri pour débusquer le crime où qu'il soit : dans l'esprit de l'homme ou sous la forme d'un livre .
Un vrai faux-polar qui n'a que l'ambition de nous divertir ( et aussi de nous faire un peu réfléchir quand même ) bien qu'il y soit inclus quelques diaboliques patronymes qui manquent singulièrement de voyelles ...

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paleoliticgirl
  25 juin 2019
Bon, je ne rends que très très rarement des retours uniquement négatifs sur un livre.... c est aujourd hui que ça se passe.
Si l'idée de base était surprenante, un mec qui travaille dans une maison d édition quîpart négocier des droits à Copenhague et qui se découvre héros du livre de l'auteur...., son exploitation est tout bonnement.... comment on dit poliment... attendez je cherche des synonymes à ce que je ne vous écris pas car politiquement incorrect..... bon bah de tte façon vous avez compris.
Honnêtement, les 20 premiers pages, j ai trouvé ca top, un thriller décalé, humoristique, ça me parle. On rencontre Sherlock Holmes, il y a des comiques de situation et de langage comme je les apprécié mais alors après.... wtf qu est ce qui s est passé?
On passe d un début de roman prometteur malgré des maladresses à un bide total.
Pour tout vous dire, à un moment pour faire passer la pilule, j ai essayé de m'imaginer ça comme un scénario de film comique, un humour à la Franck dubosc, grossier, un peu lourdingue ( je l aime bien j avoue ça me fait marrer) avec d ailleurs luîmeme en delafeuille avec Omar sy en guest star à un moment mais même la j ai abandonné parce que ça le faisait pas marrer justement. C est à travers ce livre qunon voit toute la complexité d écrire un livre drôle sans écrire comme on parle ou comme le ferait un comique lors d un show.
Bon la très franchement, certains peuvent le voir comme d une satyre des livres numériques face aux livres papier, d une éloge à la femme en dénonçant les clichés sexistes avec l'apparition bien sur ici, de la Bimbo aux gros seins et Qi d huîtres ( pardon pour les huîtres) ou même d une annonce de la fin des 30 glorieuses de la littérature scandinaves comme tout ce qu8 à un effet de mode mais personnellement, je n y ai vu que quelque chose de mal écrit, avec des répétitions inintéressantes et chiantes, une histoire sans queue ni tête dans laquelle la réalité et la fiction sont tellement liées que plus aucune des deux n en restent crédibles, le tout assaisonné à la sauce terme anglais en veux tu en voila.... On a, à un moment une apologie des marques.... je me serais cru sur TF1 pendant les'pubs.
Bref j ai totalement détesté ce livre alors qu au départ j étais certaines de l adorer et je me voyais déjà dire « à recommander aux lecteurs de scandinaves et à ceux qui les détestent aussi », finalement je vous dirais juste que j ai lu des auto édités bien mieux écrits que ça et surtout ne vous penchez pas dessus. C est une énorme fumisterie.
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Komboloi
  30 janvier 2020
Le polar est une littérature de genre et bien évidemment il y a des codes à respecter. Bien sur les variables d'ajustement sont nombreuses pour éviter de tourner en rond, les auteurs peuvent jouer sur les protagonistes, sur l'ambiance... Pour autant, même quand on aime les polars, il n'est pas toujours facile de trouver quelque chose de réellement original et il faut parfois faire des petites pauses afin d'éviter un petit sentiment de lassitude.
Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un polar aussi original. L'auteur ballade le lecteur à la vitesse d'un grand huit avec une construction particulièrement audacieuse de son roman. Pour l'originalité et pour l'humour très décalé de l'auteur, cela justifie les 4 étoiles à mes yeux.
Toutefois, l'auteur en fait parfois beaucoup et c'est vraiment dommage d'avoir forcé le trait à ce point, un peu plus de finesse et ce roman aurait pu être vraiment parfait car le concept ainsi que certains passages sont particulièrement savoureux ! A la place, on se retrouve parfois avec des situations, burlesques certes, mais qui nous font frôler carrément l’écœurement. Mais bon on va dire que l'auteur est allé à fond jusqu'au bout du concept.
C'est donc une belle découverte puisque l'auteur bouscule les codes et livre un roman très original sortant de l'ordinaire et plutôt drôle dans l'ensemble, je regrette juste ce manque de finesse qui vient ternir l'ensemble et qui finirait presque par lasser sur la fin. 4 étoiles pour le principe !
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critiques presse (1)
Actualitte   04 juillet 2019
Le dernier thriller norvégien est une mise en abyme qui ne manque pas d'humour, Chomerat s'employant à jouer avec les clichés du polar nordique, égratignant les passages obligés du genre, à travers de nombreuses considérations sur la neige, le mobilier design scandinave et l'obsession du tueur pour l'ultra violence.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   25 juin 2019
Il serra la main tendue. L’homme se renversa à nouveau dans son fauteuil, sans cesser de le dévisager.
– Méfiez-vous. Il y a pas mal de tueurs par ici. C’est le climat, ça les rend fous.
– Pardon ?
– L’amok. Vous en avez entendu parler ?
Delafeuille fronça les sourcils.
– Stefan Zweig ?
– Absolument pas. Holmes. Et vous êtes bien Delafeuille.
– Mais oui. Mais… Comment le savez-vous ?
– Les deux personnes qui discutent dans le box, là-bas. Bien malgré moi, j’ai entendu leur conversation, et je dois dire qu’ils manquent de la plus élémentaire discrétion… c’est pourquoi j’ai préféré me déplacer jusqu’ici.
Delafeuille hocha la tête. Holmes eut un imperceptible sourire.
– J’ai cru comprendre que ce monsieur et cette dame se trouvent à Copenhague pour négocier les droits de traduction d’un auteur local. À un moment donné, la femme a dit : « Je crois savoir que Delafeuille est aussi sur le coup. Le vieux grincheux devrait être là aujourd’hui ou demain. » À cause de l’éclairage tamisé, et aussi parce qu’ils semblent assez fascinés par leur propre discours, ils n’ont pas remarqué votre présence. J’ai immédiatement vu, aux regards furtifs que vous jetiez dans leur direction, que vous, par contre, vous les connaissiez bien, et redoutiez visiblement qu’ils viennent vous saluer. Vous vous êtes imperceptiblement déplacé, de façon à ce que cet élégant luminaire leur dissimule votre physionomie. Et vous venez d’arriver à l’hôtel… De là à conclure que vous étiez le « vieux grincheux » aimablement évoqué… Évidemment j’aurais pu vous googliser, mais cela ne m’a pas paru nécessaire. Et puis, c’est moins amusant.
L’éditeur ne put retenir un sourire.
– Belle démonstration. C’est digne de… (Delafeuille fronça les sourcils.) Comment avez-vous dit que vous vous appelez ?
– Holmes. Sherlock Holmes.
– Très drôle.
– Qu’est-ce que ça a de drôle ?
Delafeuille se renversa sur son siège. À son tour de montrer ses capacités de raisonnement.
– Vous ne pouvez pas être Sherlock Holmes, pour trois raisons, et l’une d’elles suffirait. La première : Sherlock Holmes est un personnage de fiction.
– Un personnage de fiction… C’est intéressant.
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Charybde2Charybde2   25 juin 2019
Copenhague – Nouvelle victime de l’Esquimau
Presque distraitement, Delafeuille fit glisser l’information sur sa tablette, puis revint en arrière et cliqua sur le lien. L’article était relativement bref.
Ulla Rzstrmorg, la jeune fille retrouvée en cinq morceaux dans la forêt de Grnd dans la matinée de vendredi, serait elle aussi une victime du tueur en série connu sous le nom d’Esquimau. La police a confirmé que le modus operandi était identique. Ulla Rzstrmorg est la sixième victime de l’Esquimau à ce jour.
Delafeuille soupira, revint sur la liste, fit défiler une série de titres qui l’informaient de façon lapidaire que l’Europe traversait une crise économique sans précédent, la première de cette envergure depuis l’année dernière. Et que le Paris Saint-Germain avait écrasé l’AS Saint-Étienne. Il fut incapable de se souvenir du reste. Depuis qu’elles lui parvenaient sous forme numérique, les nouvelles ne retenaient que difficilement son attention. D’abord, il y en avait trop. Les choses semblaient se télescoper sur son petit écran de voyage. Et de toute façon, il ne voyait pas quoi y faire. En quoi pouvait-il influer sur les décisions de Poutine, l’issue de la guerre en Syrie ou le destin de Coca-Cola ? Pouvait-il même modifier le score en faveur de l’AS Saint-Étienne ? L’âge et la fatigue y étaient peut-être pour quelque chose, mais Delafeuille ne pouvait nier qu’il était de plus en plus désinformé.
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MadameTapiocaMadameTapioca   01 juillet 2019
C'était la première fois que Delafeuille se rendait au Danemark. Il était là pour négocier les droits de traduction du dernier opus d'Olaf Grundozwkzson, le nouveau pape du thriller nordique. Des pavés de huit cent pages qui se vendaient comme des petits pains, dans le monde entier. Grundozwkzson était traduit dans pas moins de vingt-six langues. Pas forcément sa littérature préférée, mais Delafeuille avait vendu sa petite maison, il travaillait à présent pour les éditions Mirage, ce n'était pas à lui de décider si le thriller nordique c'était bien ou pas. Les gens de la compta, quant à eux, trouvaient ça formidable.
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Sabrina1988Sabrina1988   07 octobre 2019
Le livre n'allait pas finir dans le trou sans fond des liseuses, sous les recommandations hébétées d'Amazon, les notules ineptes de lecteurs à la syntaxe floue et à l'orthographe délirante, la prolifération des guides de développement personnel aux titres poétiques qui parlent de pluie, de fleurs. Pour, au terme de cette morne agonie, disparaître définitivement sous la déferlante Netflix, qui achèverait de transformer les quelques lecteurs survivants en cliqueurs.
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Sabrina1988Sabrina1988   07 octobre 2019
- Votre sens de la litote commence à me courir, Holmes.
- Ta gueule, Delafeuille.
- Putain de ta race. Je vais t'arracher les couilles.
- Ne vous laissez pas manœuvrer. Ces dialogues à l'emporte-pièce, de la dernière vulgarité, ne nous ressemblent pas. Il tente de nous priver de nos traits caractéristiques, de nous faire disparaître en tant que personnages crédibles et unifiés.
- J'essaie de me ressaisir mais c'est difficile.
- Tenez bon.
- C'est pas stable. Chaque phrase qui s'amène trimballe un danger potentiel.
- Oui, c'est très passionnant, d'un point de vue littéraire.
- On est presque dans le cadavre exquis.
- Pas mal pour un polar, même nordique.
- Ta gueule, Holmes.
- Tu n'es qu'un fils de pute, Delafeuille. Je vais t'enfoncer le canon d'un .357 dans le cul.
- Fait chier. Non seulement nous perdons de notre crédibilité, mais il essaie de semer la zizanie entre nous.
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Vidéo de Luc Chomarat
Ainsi commence la quatrième de couverture du nouveau thriller de Franck Thilliez, "Luca", qui explore les dérives alarmantes du transhumanisme et du Big Data. Terreur aussi, au coeur de la comédie policière de Chantal Pelletier, "Nos derniers festins", qui imagine, dans un futur proche, une société de drastique prohibition alimentaire. Terreur enfin d'un monde éditorial passé aux mains des marchands dans "Le dernier thriller norvégien", la nouvelle fantaisie noire, aussi drôle que vertigineuse, de Luc Chomarat.
"Luca" de Franck Thilliez, (Fleuve noir) "Nos derniers festins" de Chantal Pelletier, (Série noire, Gallimard) "Le dernier thriller norvégien" de Luc Chomarat (La manufacture de livres)
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