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ISBN : 1096535130
Éditeur : Marest Éditeur (08/11/2018)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Il est impossible de résumer un Chomarat, et celui-ci en particulier. Disons simplement que ce roman narre les aventures d'un livre qui, dès sa naissance, est promis à un destin a priori enviable : celui d'être un petit chef-d'oeuvre de littérature. Mais est-ce suffisant pour exister en 2018 ? Entre crises existentielles et errances, cet ouvrage va tenter de trouver sa place dans un monde en perte de sens.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
MarianneL
  03 décembre 2018
Comme avant lui « Daimler s'en va » de Frédéric Berthet (1988, éditions Gallimard), « Un petit chef d'oeuvre de littérature » est un livre sur lequel il est difficile de gloser, par peur de faner le ton mêlé de fraîcheur et de désenchantement, la légèreté mélancolique et profondément attachante de ce récit.
Sans doute est-ce aussi parce que le livre de Luc Chomarat est un inclassable, un livre qui chemine hors des conventions et des catégories qui brident écrivains et lecteurs. Et d'ailleurs le livre éponyme, personnage central du récit, ne trouve pas tout de suite à être publié, les maisons d'édition lui répondant, les unes après les autres, que le manuscrit n'entre pas dans le cadre de leurs collections.
Après avoir été boudé par les critiques et les bloggeurs, un petit chef-d'oeuvre de littérature est enfin reconnu pour ce qu'il est : un petit chef-d'oeuvre de littérature. Il se vend à la pelle, est traduit et adapté au cinéma par les Américains. La jubilation de Luc Chomarat est palpable à la lecture de ce livre justement inadaptable où le livre et son auteur, son ami Rastignac, ambitieux séducteur, le critique littéraire, le libraire ou le facteur apparaissent comme des silhouettes qui permettent à l'écrivain de se jouer des clichés, et d'inventer un récit délicieux et absurde où objets et personnes physiques ou morales s'entremêlent, où les auteurs se confondent avec leurs livres et la vie avec la littérature.
« Un petit chef d'oeuvre de littérature » saisit l'air du temps, il parle de lui-même sans rien révéler du récit, se considère à la troisième personne ; il brocarde la littérature trop facile, le caractère moutonnier du milieu littéraire et des critiques qui d'abord assassinent le petit chef-d'oeuvre, avant de se rallier à cause lorsque les ventes s'envolent, sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi ; il raille encore le marketing et les stratégies commerciales des éditeurs, le rachat des petits éditeurs par les gros, la folie des médias, la cuistrerie des blogueurs, les titres qui valsent en librairie, la catégorisation absurde des livres, l'absurdité du succès avec laquelle il est aussi difficile de composer et la floraison interminable des lieux communs.
Sous ce portrait critique du monde du livre, le petit chef-d'oeuvre de littérature adore sans sérieux toute une bibliothèque d'auteurs et de livres et compose ainsi une déclaration d'amour à la littérature, à mi-chemin entre la parodie et le terrain de jeu, formant ainsi un pendant littéraire au précédent livre de Luc Chomarat publié chez Marest éditeur, « Les dix meilleurs films de tous les temps ».
Luc Chomarat sera l'invité de la librairie Charybde (129 rue de Charenton, Paris 12ème) le 12 décembre en soirée, ce qui nous fait vraiment très plaisir.
Retrouvez cette note de lecture et et beaucoup d'autres sur le blog Charybde 27 ici :
https://charybde2.wordpress.com/2018/12/03/note-de-lecture-un-petit-chef-doeuvre-de-litterature-luc-chomarat/
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Histoiresdenlire
  17 janvier 2019
C'est un OVNI, dont la superbe couverture m'a tout de suite attirée, ainsi que la quatrième :
Un roman drôle et mélancolique, prétexte à un portrait amoureux du monde du livre. Il est impossible de résumer un Chomarat, et celui-ci en particulier.
Disons simplement que ce roman narre les aventures d'un livre qui, dès sa naissance, est promis à un destin a priori enviable : celui d'être un petit chef-d'oeuvre de littérature.
Mais est-ce suffisant pour exister en 2018 ? Entre crises existentielles et errances, cet ouvrage va tenter de trouver sa place dans un monde en perte de sens.
C'est donc l'histoire d'un livre, et de sa place dans la jungle éditoriale. Je galère à vous le résumer, je ne peux que vous dire que j'ai beaucoup ri car tout le milieu littéraire en prend pour son grade : les critiques, les blogueurs (oui ! ), les éditeurs, le public, … A bien y repenser, il n'y a que le libraire qui est épargné.
Le libraire était un peu las de ces questions cons. Un peu dépressif aussi, avec tous ces gens qui ne lisaient plus, ou qui lisaient des trucs cons, ou qui lisaient sur des écrans tactiles, sans compter ceux qui lisaient des trucs cons sur des écrans tactiles.
Ce livre inclassable est un petit bijou d'humour et d'ironie. En 144 pages qui se lisent trop vite, l'auteur nous conte les aventures de ce petit chef-d'oeuvre, des rayons de la librairie au succès commercial, en passant par le critique littéraire et l'adaptation au cinéma. Se baladant à Paris avec son ami (un certain Rastignac …), le petit chef-d'oeuvre en verra de toutes les couleurs, tutoyant Proust, pestant d'être placé à côté des Amélie Nothomb en librairie, discutant avec les auteurs classiques de ce qu'est la vraie littérature …
C'était un petit chef-d'oeuvre de littérature. Sur l'étagère, malgré son peu de volume, il n'hésitait pas à tutoyer Proust.
– Comment vas-tu ?
– Non mais, dites donc, le rembarrait Proust, qui était un peu à cheval sur les bonnes manières.
Il plaisait beaucoup aux filles. Sur l'étagère, il était très entouré. Eugénie Grandet, La Dame aux Camélias, Madame Bovary et La Comtesse aux pieds nus.
– Mais vous êtes un film !
– Je ne t'ai pas sonné, répondit La Comtesse aux pieds nus.
Elle était un peu susceptible.
Mais globalement, ça se passait bien.
Complètement loufoque, décalé, ce livre n'est ni un roman, ni une nouvelle, ni un essai; c'est simple, il est inclassable. J'ai corné beaucoup de pages et mon article serait plus efficace (et moins fouillis) si je vous recopiais toutes les citations qui m'ont plu, jubilatoires et emplies d'imagination et de drôlerie.
En résumé, « le petit chef-d'oeuvre » nous parle de sa vie de livre, de sa création à sa fin de vie au vide-grenier, du milieu littéraire parisien (impitoyable), du succès, tout en dialoguant avec les auteurs classiques et en nous refilant plein d'autres idées de lecture.
Un délice !
« Un petit chef-d'oeuvre de littérature », Luc Chomarat, Marest éditions, 2018, 144 pages
Lien : https://histoiresdenlire.wor..
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Garoupe
  24 janvier 2019
Un petit chef-d'oeuvre…
En contact via les réseaux sociaux avec l'éditeur, Pierre-Julien Marest, je lui faisais part tout à la fois de mon enthousiasme face à ce petit texte et mon embarras face au di même petit texte dans la mesure où je ne savais pas du tout comment démarrer ce billet. Pragmatique autant que talentueux, celui-ci m'a répondu : « Peut-être pourriez-vous débuter votre en expliquant votre incapacité à débuter cet article… ». J'ai bien ri, mais je ne suis pas beaucoup plus avancé pour autant.
Disons, pour commencer, que Luc Chomorat est un humoriste hors pair. Si, si, il est excessivement drôle. Que ce soit par l'histoire et les situations ou que ce soit par l'écriture faite pour faire a minima sourire le lecteur. Lecteur qui au demeurant, quand il est blogueur, comme votre serviteur, rit, mais jaune, sous les piques illettrées de l'auteur. Lecteur qui au demeurant, quand il est blogueur, comme votre serviteur, rit à gorge déployée sous les piques bravaches lancées aux journalistes littéraires… Lisez et vous comprendrez.
Mettons, ensuite, que Luc Chomorat est un penseur hors pair. Si, si, il est excessivement profond. Que ce soit par sa propre réflexion sur ce qu'est un chef-d'oeuvre, sur qui est digne d'un chef-d'oeuvre, sur la place d'un chef-d'oeuvre dans la société, sur le rôle économico-socialo-politique d'un chef-d'oeuvre, sur les responsabilité d'un chef-d'oeuvre ou que ce soit pour ce que la lecture de son petit chef-d'oeuvre provoque de réflexions chez le lecteur.
Gageons, aussi, que Luc Chomorat est un esthète cultivé hors pair. Si, si, il est excessivement cultivé, plus que le potager de ma grand-mère en tout cas. Que ce soit par les références culturelles qui émaillent le court récit ou que ce soit… bref, quoi que ce soit !
Parions, enfin, que Luc Chomorat est un peintre hors pair. Si, si, il est excessivement talentueux. Que ce soit, tel un peintre pointilliste, pour pointer de sa plume tous les petits travers de l'édition ou que ce soit, tel un peintre de le Renaissance, pour livrer une composition grandiose qui traiterait de tous les thèmes, qui toucherait à quelque chose d'universel.
Il faut voir (lire, certes, merci de me reprendre) comme il se joue du personnage principal de son récit jusqu'à ce qu'on confonde le contenu et le contenant, l'oeuvre et son auteur, le chef-d'oeuvre et son chef-d'orchestre ! Il se plait avec malice à personnifier le livre, à instrumentaliser ou objectiver l'auteur. Les deux se mêlent et s'entremêlent dans un flou on ne peut plus artistique.
Bref, prenez et lisez-en tous, ceci est le corps de la littérature, livré pour vous !
Lien : https://garoupe.wordpress.co..
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critiques presse (3)
LeMonde   12 décembre 2018
Luc Chomarat, à qui l’on doit des récits noirs savamment emberlificotés de mises en abyme et de bizarreries, offre ici un précipité d’humour, de malice et de poésie.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   12 décembre 2018
Le temps file très vite à lire cette aventure en papier, fière de l’être. Un court trajet de train, et la lecture vous secoue doucement, mieux que la machine.
Lire la critique sur le site : Telerama
Actualitte   20 novembre 2018
Nous le lisons comme un recueil d’aphorismes. Certains nous font rire, d’autres nous attendrissent, enfin quelques-uns nous font soupirer, obligés de constater qu’ils enrobent de tristes vérités quant au monde merveilleux de l’édition ! Le fil conducteur, à savoir la vie d’un livre, est presque secondaire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MarianneLMarianneL   03 décembre 2018
Comme il arrive souvent, une partie de sa réputation venait du fait qu’il avait été refusé par presque toutes les maisons d’édition connues.
C’était une partie de sa réputation. Un cinquième environ. Deux autres cinquièmes étaient occupés par le peu d’information qu’on avait sur lui. Une opacité. Leurs doigts glissaient sur la surface lisse du peu d’information.
Le cinquième suivant tenait à ce que Murakami Haruki avait dit à son sujet : « C’est un petit chef-d’œuvre de littérature ». Tout le monde avait suivi. Il l’avait dit en japonais, ce qui ajoutait encore au sérieux de l’assertion.
Le dernier cinquième se baladait, pas vraiment inquiet de trouver sa place. Les mains dans ses poches, comme ça, le genre de cinquième qui se fout de tout.
+ Lire la suite
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MarianneLMarianneL   03 décembre 2018
L’alcool devint à nouveau un refuge. Très littéraire. Il suffit de penser à Malcom Lowry. Il ne se réfugia pas dans les drogues. Les drogues, c’était plus rock’n roll que littéraire. Même si Gérard de Nerval, William Burroughs, Henri Michaux. A tort ou à raison, il associait la littérature à l’alcool. Par ailleurs, il avait vendu sa guitare électrique, une Ibanez de bonne facture, sur Le Bon Coin.
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MarianneLMarianneL   03 décembre 2018
C’était un petit chef-d’œuvre de littérature. Sur l’étagère, malgré son peu de volume, il n’hésitait pas à tutoyer Proust.
– Comment vas-tu ?
– Non mais, dites donc, le rembarrait Proust, qui était un peu à cheval sur les bonnes manières.
Il plaisait beaucoup aux filles. Sur l’étagère, il était très entouré. Eugénie Grandet, La Dame aux Camélias, Madame Bovary et La Comtesse aux pieds nus.
– Mais vous êtes un film !
– Je ne t’ai pas sonné, répondit La Comtesse aux pieds nus.
Elle était un peu susceptible.
Mais globalement, ça se passait bien.
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Videos de Luc Chomarat (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Luc Chomarat
Ainsi commence la quatrième de couverture du nouveau thriller de Franck Thilliez, "Luca", qui explore les dérives alarmantes du transhumanisme et du Big Data. Terreur aussi, au coeur de la comédie policière de Chantal Pelletier, "Nos derniers festins", qui imagine, dans un futur proche, une société de drastique prohibition alimentaire. Terreur enfin d'un monde éditorial passé aux mains des marchands dans "Le dernier thriller norvégien", la nouvelle fantaisie noire, aussi drôle que vertigineuse, de Luc Chomarat.
"Luca" de Franck Thilliez, (Fleuve noir) "Nos derniers festins" de Chantal Pelletier, (Série noire, Gallimard) "Le dernier thriller norvégien" de Luc Chomarat (La manufacture de livres)
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