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EAN : 9782812600913
130 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (06/01/2010)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Autour d’un double portrait d’un père et de son fils, de ses variations et de ses dissonances, Antoine Choplin compose une mélodie sensible. Au moyen d’une écriture délestée du superflu, il frappe juste et bien. Plus qu’un roman social sur la fin d’un certain monde ouvrier, Cour Nord est un roman plein d’émotion retenue pour le désarroi et les mystères de ses personnages. L’usine du Nord où travaillent Léo et son père va fermer. En grève depuis dix-sept jours, les o... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Nadael
  05 septembre 2013
L'histoire que nous raconte Antoine Choplin se déroule dans les années quatre-vingt dans une petite ville du nord de la France. Très tôt, comme chaque matin, deux hommes marchent ensemble bravant la pluie et les rafales du vent, un père et son fils. L'un emprunte ce chemin depuis des dizaines d'années, l'autre depuis quelques semaines seulement. Encore quelques pas avant d'arriver au bus qui les amènera jusqu'aux portes de l'usine. Celle-là même qui va fermer. Désindustrialisation. Angoisse et agitation mêlées sévissent chez les ouvriers, qui se sont naturellement mis en grève. Revendications, clameurs. Depuis des jours, ils font entendre leurs voix, leurs positions, leurs arguments, se battent pour leurs idées... mais c'est l'enlisement.
Le père, qui vient de monter dans le bus, est un syndicaliste de la première heure. Son travail, c'est toute sa vie. Si les autres ouvriers semblent vainement baisser les bras par épuisement, lui veut poursuivre sa lutte. Veuf, cette usine, c'est son quotidien. Son existence est ainsi orchestré, réglé comme du papier à musique. Il va commencer une grève de la faim, c'est décidé.
Le fils, Léo semble bien loin de toute cette manifestation. Cette usine, il y va parce qu'il faut bien manger. Mais, ici ou ailleurs c'est pareil. Lui, sa passion, c'est le jazz. Il vénère Thelonious Monk, le célèbre pianiste. Avec des copains, ils ont monté un quartet et se produisent de temps à autre en concert.
Alors forcément, père et fils ne sont pas sur la même longueur d'onde. Incommunicabilité, incompréhension. Chacun se retranche dans son univers. Malgré l'admiration mutuelle et les sentiments indéniables qu'ils éprouvent l'un pour l'autre, un fossé les sépare. L'un est persuadé que la passion de l'autre est dépourvue d'intérêt, et l'autre pense que l'archarnement de l'un est inutile.
La musique de Thelonious Monk plane tout au long du roman, une musique singulière tour à tour mélodique et dissonante, reflétant bien l'atmosphère que l'auteur a voulu créer. Un mélange de roman social et de roman intime. Idem pour son écriture qu'il a voulu âpre, sèche avec des temps, des silences, des dialogues percutants, et pourtant si poétique.
On entrevoit un dispersement à travers le déclin d'un monde et l'amorce d'un rapprochement entre un père et son fils. Un très beau roman.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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myriampele
  13 octobre 2018
Un Père, un fils, hantés tous deux par le deuil d'une épouse et d'une mère trop tôt disparue. le Père, syndicaliste, au coeur d'un conflit ouvriers/patrons sans espoir et son fils Léopold qui ne rêve que de musique. Comme à son habitude, Antoine Choplin nous fait entrer dans les émotions d'une plume très pudique, avec des mots simples, et le moins possible de ponctuation, parce que tout s'enchaîne . Beaucoup de références aux grands noms du jazz et finalement bien de l'espoir, parce que ces personnages -là sont de belles personnes.
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Warrenbismuth
  11 juillet 2020
Léopold et son père Gildas sont employés dans une usine du nord. Celle-ci va fermer, définitivement. Alors les salariés se mettent en grève. À leur tête Gildas, syndicaliste aguerri. Il mène la préparation des négociations. Rencontre avec le patronat sous une pluie battante alors que les grévistes attendent le renfort de la Fédération Atlantique. Les tractations échouant, Gildas décide d'entamer une grève oui, encore, mais de la faim cette fois-ci, dans l'enceinte même de l'usine. Dans l'équipe des grévistes point la figure tendre et pourtant effacée d'Ahmed, algérien de 50 ans, toujours près à rendre service. Un coeur pur celui-ci.

Parallèlement, Léopold, trompettiste, doit répéter avec son groupe de jazz en vue d'un concert important dans une salle de Lille, programmé pour les jours à venir. Gildas est contre le fait que son fils s'embarque dans une passion musicale, sa femme, la mère de Léopold jouait du piano, elle est morte. La tension est vive entre un père diminué par sa grève de la faim, et son fils semblant surtout préoccupé par la préparation du concert.

C'est alors qu'Ahmed se volatilise et qu'une salariée de l'usine vient de se suicider. Léopold est de plus en plus tiraillé entre la grève, son père, son groupe, l'employée décédée et la disparition d'Ahmed, son ami.

Dans ce bref roman tout en intimité et en positionnement social, l'écriture est profondément orale et poétique, les dialogues sont imbriqués dans la narration, donnant cette homogénéité propre à CHOPLIN. Nous pouvons suivre étape par étape les négociations syndicales, l'attente, l'échec, la décision du père, l'ambivalence du fils, tout ceci sur fond de racisme et de journaux locaux ne s'intéressant au sort de Gildas qu'aux premières heures. Nous croisons des personnages originaux, taiseux, comme ce retraité de l'usine, venant pourtant encore tous les jours y faire une partie d'échecs (encore l'échec !).

À l'un des anciens qui lui demande pourquoi à son avis les plus vieux sont encore dans la lutte, Léopold répond « C'est pour moi et les jeunes comme moi que vous êtes là. Pour qu'on ait du boulot plus tard. Et qu'on se fasse pas toujours presser le citron par les patrons et les actionnaires ».

Ce roman dépeint en quelque sorte la fin d'un monde ouvrier, ballotté entre le besoin de travailler et le poids de la modernité entraînant les licenciements et la faillite. CHOPLIN tient en haleine, de manière épurée où chaque mot sonne et résonne. Il m'avait déjà conquis à plusieurs reprises, notamment dans « Radeau », « le héron de Guernica » ou encore « La nuit tombée », sans oublier cet étonnant recueil de nouvelles « Les gouffres » où l'ambiance savait se faire kafkaïenne. Il récidive avec brio dans ce « Cour nord » sorti en 2009 aux éditions du Rouergue.

Antoine CHOPLIN a reçu le magnifique prix « Loin du Marketing » l'an dernier, en 2019. Il faut dire que son écriture est sensible et nous embarque avec aisance et sans trémolos dans une atmosphère unique où parfois le petit monde rencontre la grande Histoire. Il est à coup sûr lui aussi un grand, a écrit une vingtaine d'ouvrages dans lesquels il sait parfaitement varier les thèmes et les plaisirs. Son oeuvre est ample mais toujours empreinte de cette pudeur intime propre à l'auteur. Vous l'aurez compris : ce serait dommage de passer à côté d'un tel écrivain.
Léopold et son père Gildas sont employés dans une usine du nord. Celle-ci va fermer, définitivement. Alors les salariés se mettent en grève. À leur tête Gildas, syndicaliste aguerri. Il mène la préparation des négociations. Rencontre avec le patronat sous une pluie battante alors que les grévistes attendent le renfort de la Fédération Atlantique. Les tractations échouant, Gildas décide d'entamer une grève oui, encore, mais de la faim cette fois-ci, dans l'enceinte même de l'usine. Dans l'équipe des grévistes point la figure tendre et pourtant effacée d'Ahmed, algérien de 50 ans, toujours près à rendre service. Un coeur pur celui-ci.

Parallèlement, Léopold, trompettiste, doit répéter avec son groupe de jazz en vue d'un concert important dans une salle de Lille, programmé pour les jours à venir. Gildas est contre le fait que son fils s'embarque dans une passion musicale, sa femme, la mère de Léopold jouait du piano, elle est morte. La tension est vive entre un père diminué par sa grève de la faim, et son fils semblant surtout préoccupé par la préparation du concert.

C'est alors qu'Ahmed se volatilise et qu'une salariée de l'usine vient de se suicider. Léopold est de plus en plus tiraillé entre la grève, son père, son groupe, l'employée décédée et la disparition d'Ahmed, son ami.

Dans ce bref roman tout en intimité et en positionnement social, l'écriture est profondément orale et poétique, les dialogues sont imbriqués dans la narration, donnant cette homogénéité propre à CHOPLIN. Nous pouvons suivre étape par étape les négociations syndicales, l'attente, l'échec, la décision du père, l'ambivalence du fils, tout ceci sur fond de racisme et de journaux locaux ne s'intéressant au sort de Gildas qu'aux premières heures. Nous croisons des personnages originaux, taiseux, comme ce retraité de l'usine, venant pourtant encore tous les jours y faire une partie d'échecs (encore l'échec !).

À l'un des anciens qui lui demande pourquoi à son avis les plus vieux sont encore dans la lutte, Léopold répond « C'est pour moi et les jeunes comme moi que vous êtes là. Pour qu'on ait du boulot plus tard. Et qu'on se fasse pas toujours presser le citron par les patrons et les actionnaires ».

Ce roman dépeint en quelque sorte la fin d'un monde ouvrier, ballotté entre le besoin de travailler et le poids de la modernité entraînant les licenciements et la faillite. CHOPLIN tient en haleine, de manière épurée où chaque mot sonne et résonne. Il m'avait déjà conquis à plusieurs reprises, notamment dans « Radeau », « le héron de Guernica » ou encore « La nuit tombée », sans oublier cet étonnant recueil de nouvelles « Les gouffres » où l'ambiance savait se faire kafkaïenne. Il récidive avec brio dans ce « Cour nord » sorti en 2009 aux éditions du Rouergue.

Antoine CHOPLIN a reçu le magnifique prix « Loin du Marketing » l'an dernier, en 2019. Il faut dire que son écriture est sensible et nous embarque avec aisance et sans trémolos dans une atmosphère unique où parfois le petit monde rencontre la grande Histoire. Il est à coup sûr lui aussi un grand, a écrit une vingtaine d'ouvrages dans lesquels il sait parfaitement varier les thèmes et les plaisirs. Son oeuvre est ample mais toujours empreinte de cette pudeur intime propre à l'auteur. Vous l'aurez compris : ce serait dommage de passer à côté d'un tel écrivain.
https://deslivresrances.blogspot.fr/

Lien : https://deslivresrances.blog..
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cathe
  20 septembre 2015
Une petite ville du Nord dans les années quatre-vingt. L'usine est menacée de fermeture. le personnel est en grève depuis déjà plusieurs jours et commence à être moins motivé. Léo participe faiblement à la lutte alors que son père est un des leaders syndicaux. Lui sa vie c'est le jazz et les répétitions avec les copains. Mais son père prend une décision grave, celle de faire une grève de la faim pour essayer de faire plier la direction. Léo esssaie de le soutenir mais entre eux deux cela n'a jamais été facile de communiquer.

Avec ce petit roman Antoine Choplin réussit l'exploit d'évoquer à la fois les luttes ouvrières d'hier (et d'aujourd'hui), la colère des ouvriers menacés de licenciement, leur détermination à se battre puis le découragement qui vient peu à peu. Et aussi les relations délicates entre un père et son fils, la difficulté de dire ses émotions, les malentendus qui s'installent. de manière très sobre, avec peu de moyens, l'auteur installe une atmosphère intime et réussit à nous émouvoir sans en avoir l'air, entre deux solos de jazz...
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BVIALLET
  24 mars 2012
Dans une petite ville du Nord, Léo et son père font partie du personnel d'une usine de roulements à bille menacée de fermeture. Dans l'espoir de faire reculer le patronat, ils participent à une grève très dure et qui s'éternise avant de s'enliser. Léo ne s'implique que fort mollement dans la lutte car son intérêt est ailleurs : il fait partie d'un quartet de jazz spécialisé dans la musique de Thelonius Monk, répète la nuit et donne de petits concerts de ci de là. Les patrons ne voulant pas céder, le père, leader syndical respecté, tente un ultime bras de fer désespéré. Il entame une grève de la faim. Ce va tout changera-t-il la donne ?
Livre à la fois intimiste et social, « Cour Nord » nous fait découvrir de l'intérieur la réalité de luttes sociales d'arrière-garde contre les délocalisations et nous décrit les espoirs et désespoirs des protagonistes par le biais de ces portraits croisés d'un père et d'un fils avec leurs différences, leurs concordances et leurs oppositions générationnelles. Un roman plein d'émotion et d'humanité retenue servi par une écriture simple, un tantinet minimaliste, rendue agréable et vivante par une grande utilisation du langage parlé. Un beau témoignage sur la fin d'un certain monde ouvrier.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
JuinJuin   18 décembre 2013
C'était il y a deux jours, il dit. On est sortis des ateliers et les autres types, ceux de la grève, ils nous ont attendus dehors,comme presque toutes les fois, avec le pied ferme. Toujours les mêmes types comme d'habitude. A nous insulter dessus, nous dire qu'on a pas de couilles. C'était comme tous les jours, sauf que je suis sorti des ateliers un peu après les autres et, comme j'étais pas dans le groupe, ils ont fait le cercle autour de moi, à sept ou huit, mon frère. Et là, ils m'ont insulté dessus, de plus en plus fort, sale boulougne, rentre chez toi, va profiter aileurs et autres trucs que je te dirai pas tellement ça fait honte. Y en avait qui me bousculaient avec les mains, même un aussi il me donnait des coups. Mais le plus dur, c'était les mots, mon frère. J'ai essayé de mettre les mains sur les oreilles pour ne plus les entendre, mais je les entendais quand même. Et alors, au bout d'un moment...
Il s'arrête, sa voix s'est mise à trembler. Il prend une bonne goulée d'air avant de poursuivre.
Tellement j'avais honte que j'ai pissé dans mon froc.
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NadaelNadael   05 septembre 2013
« Les deux fois où je l'ai vue, la mer, ici dans le Nord, fait Ahmed, elle était de la couleur de la boue. C'est pas la même que la nôtre de là-bas, que je me suis dit chaque fois que je l'ai vue. C'est pas possible, mon frère.
T'as raison, Ahmed, c'est pas la même mer que chez toi, au Sud. Mais quand même, elles sont reliées l'une à l'autre. Il y a forcément un endroit où elles mélangent leurs couleurs, et dans ta mer aussi on doit retrouver un peu de boue, à des endroits. »
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Alice_Alice_   24 février 2013
Après un temps, il dit encore :
Tout ça, c’est une question de plis.
Une question de quoi ?
De plis. Ça se joue dans les plis. Quand on y pense, on est fait avec ça, des plis, des centaines de plis.
Il marque une pause avant de reprendre.
Le reste, le tendu, le lisse, c’est moins fort, tu vois, ça manque de caractère, de signes distinctifs. Alors que les plis, ça, c’est une vraie signature du corps, les plis qu’on a, là où ils se trouvent, comment on consent à les ouvrir ou pas. Les odeurs que ça libère. On peut se raconter tout ce qu’on veut, c’est ça qui te fait bander, un pli bien placé là où il faut. Et pas seulement bander, mon vieux. Le pli, ça te rend aussi vachement amoureux.
Après un temps de silence, j’éclate de rire.
T’es complètement maboule, Gasp.
Mais il poursuit, sans se vexer.
Et le sexe des femmes, c’est juste une occurrence très réussie de cette idée de pli.
Et la raie des fesses, je dis.
Une autre réussite, c’est sûr.
On laisse s’écouler un temps en regardant vaguement vers l’aéroport.
Pour résumer, je dis, t’en pinces pour cette Italienne parce qu’elle est pliée comme il faut.
Putain, confirme Gasp.
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maylibelmaylibel   26 septembre 2015
C’est juste que je voudrais savoir qui s’intéresse vraiment à tout ça, il dit […]. Et c’est pas de moi que je parle. Je veux parler de l’usine, de ce qui nous tombe sur le coin de la gueule, de tout ce merdier. Ça, pour demander des nouvelles de ma petite santé, évidemment. Tu parles, je les vois d’ici. Mais pour voir le vrai merdier dans lequel on patauge, alors là y en a pas un.
(p. 67)
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Alice_Alice_   24 février 2013
Ainsi, le lendemain, juste après l'oraison du pasteur, tournant le dos aux trois cyprès, faisant ainsi face aux quelques anciens collègues mineurs et à une douzaine d'hommes et de femmes venus au débotté en amis ou en voisins, sous le regard sévère et vaguement réprobateur de mon père, sous celui plein de bienveillance de la Mamé, j'exécutai tant bien que mal, pour mon grand-père mort, mon air de trompette.
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Videos de Antoine Choplin (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Choplin
Antoine Choplin, Prix Louis Guilloux 2017 Rencontre avec Antoine Choplin, lauréat du Prix Louis Guilloux 2017 pour son livre "Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar" paru aux éditions La Fosse aux Ours.
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