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EAN : 9782357071438
160 pages
Éditeur : La Fosse aux Ours (17/01/2019)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Ernesto est astronome dans le modeste observatoire de Quidico au Chili. Il étudie les nuages de Magellan, une galaxie naine. Il vit seul dans ce territoire mapuche avec son chat, Le Crabe et Walter un vieux télescope peu performant. Lors d'un voyage à Santiago, dans l'espoir de trouver le financement pour une pièce (lame de Schmidt) de son télescope défectueux, Ernesto ne peut s'empêcher de visiter le musée de la Mémoire où une photo de Paulina, sa fiancée disparue ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
berni_29
  25 juillet 2020
Partiellement nuageux, c'est l'histoire d'Ernesto, astronome dans le modeste observatoire de Quidico, au Chili, en plein territoire mapuche. Son univers est partagé entre deux paysages, celui de l'Océan Pacifique le jour, celui des constellations la nuit...
C'est une lumière crue dans un ciel parfaitement bleu qui parfois devient partiellement nuageux, la pluie peut venir alors...
C'est un récit où les paysages agissent comme une sorte de miroir, où regarder le ciel peut emmener à l'intérieur de soi.
Ernesto a pour seul compagnon son chat qu'il appelle "Le Crabe", et Walter, son télescope. Mais ce dernier est vieux, a perdu de sa performance, il est encore possible pour Ernesto d'observer Saturne, la division de Cassini, de Titan, et aussi des mers lunaires, celles du Serpent , du Froid, des Dangers, des Humeurs ou le Marais des Épidémies,- ah ! tant de noms emplis de vertiges et d'enchantements -, mais désormais il lui est impossible d'aller scruter du côté des nuages de Magellan et puis d'une nébuleuse au nom étrange de Tarentule. Il fallait changer cette foutue Lame de Schmidt, une lentille indispensable pour que le vieux télescope retrouve de sa superbe.
Pour cela Ernesto a monté un dossier de demande de subvention et se rend à Santiago du Chili, au bâtiment de la Fondation, pour bien s'assurer de son instruction auprès des services compétents.
Au cours de ce bref séjour à Santiago, les pas d'Ernesto errent du côté du palais de la Moneda, la Plaza de Armas, le parc Quinta Normal, le centre culturel de Matucana et dans son prolongement le célèbre Musée de la Mémoire, dédié aux disparus... Les pensées d'Ernesto vagabondent, les nôtres aussi... Les fantômes de la dictature resurgissent. Nous sommes quelques années après cette sale période, cette tache indélébile dans l'Histoire du pays, le Chili continue de panser ses plaies dont certaines ne se refermeront jamais.
Ernesto se souvient... Paulina, son visage, son rire, le bruit des pas des colombes à bec jaune trottinant sur le toit en tôle de l'immeuble où ils habitaient...
C'est là, devant le mur des photographies des disparus, devant le visage de Paulina, qu'il fait la connaissance d'une jeune femme, Ema...
Les disparus ont des histoires multiples, comme autant de constellations dans le ciel... Toutes pareilles, chacune unique...
J'ai particulièrement aimé ce roman tout en pudeur et poésie, empli d'humanité et de mélancolie.
J'ai aimé les silences d'Ernesto et d'Ema, leurs déambulations dans les rues de Valparaiso, tandis que les échos du passé cognent sans cesse aux portes de leur mémoire.
Ernesto est partagé entre le souvenir de Paulina et la joie spontanée d'Ema dont le sourire se perd parfois au loin. Est-ce désormais un nouveau chemin possible ?
Ce sont deux êtres blessés qui ont tu leur douleur chacun à sa manière, Ernesto par l'observation des étoiles, Ema par la danse.
Chacun voudrait connaître l'histoire de l'autre, mais dans ce dédale où les voix des disparus sont encore présentes, ils ont simplement encore besoin de s'apprivoiser.
Pendant toute la lecture de ce récit, une chanson de Victor Jara, Te recuerdo Amanda, me trottait dans la tête comme ces colombes au bec jaune sur le toit en tôle, Victor Jara, emprisonné et torturé à l'Estadio Chile, assassiné par la junte militaire...
J'ai aimé aussi Diego l'artiste mapuche qui construit des totems et les plante en direction de l'Île des Morts, comme pour conjurer un sort. J'ai aimé son regard bienveillant posé sur Ernesto. En filigrane, nous devinons une culture indienne menacée, quelques phrases sont là pour dénoncer les terres ancestrales enlevées peu à peu aux mapuche...
Ici j'ai aimé retrouver les mots d'Antoine Choplin, merveilleux peintre des grands espaces de l'âme comme de la nature, dans ce récit concis et d'une pure beauté.
Antoine Chopin avec un ton juste et délicat sait dire le temps qui passe, la mélancolie, les blessures anciennes, la fulgurance de la joie, l'immanence de l'instant...
Se perdre dans les étoiles, y noyer un chagrin, une douleur, tenter de guetter le passage d'une comète... La nature est présente, qu'elle vienne par le ciel ou la mer, par le jour ou par la nuit. Elle est presque un personnage à part entière.
Une fois refermé ce petit récit de cent-trente-cinq pages, la puissance évocatrice de l'amour, de l'horreur, des souvenirs, de la résilience... résonne comme un coup au ventre. Totalement lumineux !
« Te recuerdo Amanda
La calle mojada
Corriendo a la fábrica
Donde trabajaba Manuel. »
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Zakuro
  25 juillet 2019
J'ai fait ici la très belle rencontre d'Antoine Choplin et du Chili. Je sors de cette lecture totalement captive et émue par la simplicité et la spontanéité des personnages aux prises avec les fantômes de la dictature de Pinochet. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas lu d'ouvrage se rapportant au Chili depuis les romans d'Isabel Allende avec la Maison aux esprits. J'ai été touchée par la brièveté de ce beau texte qui entrelace la naissance d'une délicate histoire d'amour individuelle avec l'histoire politique du Chili.
C'est un flirt amoureux qui s'invite et s'esquive car il n'ose pas encore se libérer totalement du passé. le musée de la mémoire de Santiago qu'Ernesto et Ema fréquentent tous les deux tient une place importante dans leur histoire personnelle. J'ai aimé suivre leurs pas en même temps qu'ils font connaissance au gré de leurs promenades. Comme Ernesto et Ema j'ai voyagé, j'ai vu et ressenti l'intensité d'une pérégrination qui prend la forme d'un pardon et d'une réconciliation.
Ce texte a la beauté résistante d'une fleur des tropiques sous le climat des culpabilités et de l'inavouable. Il m'a touchée par sa sincérité.
Les moments paisibles dans le cadre presque idyllique de Valparaiso et de la Sebastiana, lieu d'hommage au poète assassiné Pablo Neruda, contrastent avec le climat plus rude du sud-Chili. C'est dans ces montagnes que vit Ernesto avec son ami Diego, paysan Mapuche et sculpteur des totems de l'immense cimetière marin de tous les disparus du Pacifique.
J'ai été totalement conquise par l'écriture lumineuse d'Antoine Choplin cristallisant la fragilité d'un éphémère qui peut s'échapper à tout moment. le texte est poétique, doux et vaporeux mais immensément fort et puissant à l'image des totems de l'Ile aux morts.
Tout simplement un chef d'oeuvre de concision et de beauté.
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visages
  29 mai 2019
Ce roman est l'histoire d'une rencontre entre un astronome, Ernesto,isolé avec son chat et son téléscope à Quidilo au Chili, et Ema, jolie jeune femme à la fossette énigmatique qui vit à Santiago. Leurs regard sse croisent dans un musée devant "le mur des disparus". "Là, je pensais à la mémoire. A ce musée qu'on lui a fait si vite, alors que tellement de gens sont encore vivants pour se souvenir par eux-mêmes." Mais c'est surtout la rencontre de deux coeurs meurtris par la dictature de Pinochet qui a touché de plein fouet deux personnes chères à leur coeur. L'écriture d'Antoine Choplin est toute en poésie quand bien même tout en simplicité. Il joue de la distance, la bonne distance, celle qui est nécessaire à Ema, à Ernesto comme s'il fallait toujours se protéger. C'est une approche étonnante comme si le jeu de la séduction était de trop. Une approche donc très directe et pourtant pudique comme une découverte prudente. La nature très présente, semble tenir la place de tiers indispensable entre eux. La relation sans être froide reste platonique. Roman original qui m'a plu sans être un coup de coeur
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Nuageuse
  28 octobre 2019
Antoine Choplin serait-il un Japonais qui s'ignore ? C'est en tout cas ce que j'ai ressenti en lisant Partiellement Nuageux dont l'écriture est si ciselée, si poétique. Elle effleure le passé tragique sous la dictature de Pinochet : de nombreuses personnes disparues qui continuent de hanter les Chiliens.
C'est le cas pour Ernesto, astronome qui a besoin de subventions pour son travail, et Ema. Ils vont se rencontrer dans le Musée dédié aux disparus de Santiago.
Ils vont apprendre à se connaître en silence dans un premier temps en contemplant la beauté du paysage qui les entoure. Puis, Ernesto sera touché par une déception jusqu'au jour où Ema le retrouvera et pourra enfin se délivrer de son lourd passé qui continue de la ronger.
C'est un roman d'une extrême sensibilité qui nous fait côtoyer tous ces personnages teintés de poésie.
J'en ressors la tête dans étoiles !
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myriampele
  25 avril 2019
Avec beaucoup de pudeur et de poésie, Antoine Choplin nous parle ici de Ernesto, de son chat le Crabe et de son vieux télescope Walter. Ernesto part en voyage à Santiago. Dans le musée de la Mémoire, il rencontre Ema. Des effleurements discrets, des paroles rares et riches, Ernesto et Ema vont s'apprivoiser lentement, en douceur, alors que du passé surgissent les images d'une dictature encore proche. C'est un ouvrage empli de la souffrance d'un peuple, des espoirs que les hommes reconstruisent .
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critiques presse (1)
Culturebox   16 janvier 2019
Un court roman plein d'humanité et de mélancolie mêlée de joie, mettant sur le devant de la scène la puissante beauté de la nature, et la pudeur des sentiments.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
berni_29berni_29   25 juillet 2020
J'ai ouvert mon cahier d'oiseaux. C'était un petit cahier grand format où je dessinais au crayon des oiseaux étranges, nés de mon imagination. Je faisais ça depuis plusieurs années, sans savoir d'où ça me venait. J'y m'étais du soin. On pouvait y voir les oiseaux sous différents angles, posés ou en vol, se nourrissant, avec en plus, des vues détaillées d'une partie de l'anatomie. Les croquis étaient presque toujours accompagnés de petits textes qui le plus souvent n'avaient rien à voir avec l'oiseau lui-même mais qui se mêlaient au dessin. Des textes vaguement poétiques si c'est pas trop crâner de le dire comme ça.
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LegantinoLegantino   28 août 2019
Plus souvent que les mois d’avant, j’avais examiné les trois photographies de Paulina que je possédais. Il m’était apparu que mon regard sur elles se modifiait. Et surtout sur celle des trois que je préférais où Paulina levait un verre de vin, l’œil étincelant et le sourire de côté, plutôt espiègle. Je me rappelais combien cette image m’avait renvoyé toutes ces années à la réalité de notre vie de ce temps-là, jusque dans les détails. Le goût du vin qu’on buvait, le léger voile qui couvrait son rire, les odeurs de la chambre qu’on partageait sur Bellavista. Le bruit des colombes à bec jaune piétinant le toit en tôle de notre immeuble et avec lequel on se réveillait presque tous les matins. Ça oui, en regardant la photo de Paulina au verre de vin, j’avais longtemps retrouvé le bruit des colombes sur le toit. Et maintenant, j’avais beau me coller le nez dessus tous les jours, je voyais bien comme tout cela s’effaçait doucement. Ce n’était pas le souvenir qui s’effaçait, mais plutôt ce qui fait du souvenir un espace qui peut encore se remplir de réalité. Bien sûr que je me rappelais les colombes, mais le cliquetis des colombes marchant sur le toit, ça, j’arrivais plus à l’entendre pour de bon.
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AproposdelivresAproposdelivres   25 février 2020
Depuis le milieu de la matinée, je marchais en boucle autour du Palais de la Moneda.
Je faisais rien d’autre que ça, répéter le même tour, avec application.
J’avançais au plus près des murs, d’un pas tranquille et bien régulier. Le long du parcours, je pouvais sentir sur mon flanc gauche la chaleur renvoyée par la pierre. Parfois même, je laissais traîner la main et je jouais à la toucher avec le gras des doigts. À chaque passage, ralentissais devant la grande porte vernissée par laquelle, moins de quarante ans plus tôt, on avait évacué le corps sans vie d’Allende. Devant l’entrée principale, j’étais obligé de contourner une zone de sécurité occupée par une huitaine d’agents en uniforme. Je rasais les barrières au mieux.
C’était la mi-février, les ombres étaient peau de chagrin, le soleil cognait dur.
Mes pensées vagabondaient et se fichaient dans de drôles d’endroits.
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AproposdelivresAproposdelivres   25 février 2020
À l’abord d’un nouveau tour, une main ferme s’est posée sur mon épaule. C’était l’un des hommes de garde.
J’ai dû présenter des papiers d’identité, indiquer d’où je venais – j’ai parlé de Quidico et de Canete en le prévenant que ce n’était pas la porte à côté – et surtout expliquer ce que je fabriquais autour de la Moneda, à arpenter depuis plus de deux heures, en plein cagnard.
J’ai écarquillé les yeux.
Rien de spécial, j’ai bredouillé. C’est juste comme ça. Faut pas vous tracasser.
Visiblement, la réponse ne suffisait pas à l’homme. Son visage osseux s’était approché, il me surplombait. C’est sûr, fallait se mettre à sa place. J’ai fait au mieux pour le rassurer.
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berni_29berni_29   25 juillet 2020
Durant des mois, j'avais épluchais les archives, les journaux de l'époque.
J'avais fini par la repérer, sur deux photos de presse. Elle se tenait là au milieu d'autres, défilant les bras levés. On n'apercevait qu'à peine son visage et ses cheveux flottants entre les torses de gars plus costauds qu'elle. Sur les deux images, il y avait à ses traits cette joie curieuse, mêlée de gravité.
Il y avait aussi son portrait, accroché au mur des disparus. Un portrait au sourire léger, un peu lointain. À la peau claire.
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Videos de Antoine Choplin (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Choplin
Antoine Choplin, Prix Louis Guilloux 2017 Rencontre avec Antoine Choplin, lauréat du Prix Louis Guilloux 2017 pour son livre "Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar" paru aux éditions La Fosse aux Ours.
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