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EAN : 9782357071193
200 pages
La Fosse aux Ours (05/01/2017)
4.05/5   52 notes
Résumé :
Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar ou comment un jeune cheminot de Trutnov (Tchécoslovaquie) croise sur son chemin Vaclav Havel, comment une amitié se noue entre les deux hommes entre parties d'échecs et bières partagées jusqu'au balcon du Château, place Venceslas, à Prague...Le dernier roman d'Antoine Choplin, inspiré d'une histoire vraie, s'intéresse comme souvent aux humbles et montre comment, parfois, le destin les porte, les fait basculer du côté des jus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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sur 52 notes
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palamede
  23 mars 2017
Valclav Havel, dramaturge et essayiste tchécoslovaque, devient président de la République socialiste tchèque en 1989. Après la révolution de velours, cet opposant actif au pouvoir communiste remplace le président Gustáv Husák. Cette investiture, pour laquelle celui qu'on a souvent appelé le président-philosophe se fait un peu prier, met fin à plus de quarante ans d'oppression.
Antoine Choplin revient sur le parcours de ce personnage atypique et raconte sa rencontre avec un jeune garde-barrière alors que, bien qu'écrivain reconnu, les persécutions du pouvoir le contraignent à travailler dans une brasserie. Une amitié, qui est aussi improbable que sincère, entre un intellectuel et un homme simple (Tomas Kusar, c'est lui) proche de la nature, poétiquement (du pur Choplin) rapportée par l'auteur.
Cette histoire exemplaire, inspirée d'un fait réel, commence et se finit au château de Prague, alors que l'exercice du pouvoir n'a pas séparé les deux amis. Elle montre de Vaclav Havel une volonté indéfectible de résister à l'oppression, mais surtout une belle générosité et une très grande humanité. Voilà, sans aucun doute, un portrait très attachant de celui dont la vie a été qualifiée d'oeuvre d'art par Milan Kundera
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isabelleisapure
  15 mai 2017
Antoine Choplin aime explorer l'histoire du XXe siècle en s'attachant à des personnages simples et humbles dont la petite histoire rejoint la grande.
L'intrigue de son dernier roman suit le parcours de Tomas Kusar , modeste employé des chemins de fer à Trutnov dans la Tchécoslovaquie des années 70.
A l'occasion du bal des cheminots, une troupe venue de Prague tente de donner une représentation théâtrale. C'est là que Tomas rencontre Václav Havel. Cette rencontre va changer sa vie.
Presque tranquillement, Antoine Choplin évoque le processus de ce que l'on appelé la « révolution de velours », jusqu'à la victoire de Vaclav Havel.
Le style est toujours aussi impeccable, sans fioritures inutiles ni dialogues excessifs. Choplin utilise l'ellipse, les flash-back, les phrases courtes. Sa marque de fabrique est de savoir parler des choses graves avec une délicatesse redoutable
Ici, c'est la puissance de l'art théâtral qui est à l'oeuvre, doublée de la solidité d'une amitié qui va permettre à Tomas d'ouvrir sa conscience politique.
Antoine Choplin signe un profond et superbe roman sur la richesse des relations humaines, l'évolution des individus au fil de la vie ainsi que sur l'histoire récente de la Tchécoslovaquie.
Une belle lecture.
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tynn
  11 mars 2017
Il aurait pu naître oiseau, Tomas le garde-barrière, l'homme taiseux, plus tranquille dans ses promenades bucoliques que dans la compagnie des hommes. Rien ne le destinait à cette amitié fraternelle avec un intellectuel de passage, qui l'amènera à réfléchir et s'engager en conscience politique.
Encore une fois, Antoine Choplin montre son talent pour construire des personnages à la marge et des situations insolites qu'il sait raconter avec humanité et douceur. Il offre en filigrane une image de l'ancienne Tchécoslovaquie sous joug communiste et la réalité du quotidien des individus, pris dans une moulinette de suspicion et de dénonciations.
Avec une économie de mots et cette façon minimaliste d'écrire, l'auteur nous tient sous le charme avec cette amitié simple et sincère entre un cheminot et le futur dirigeant du pays. Sur fond de nature reposante et sereine, jouant l'équilibre avec le danger, la clandestinité et l'opposition au régime, il nous laisse voir entre les lignes, comprendre le cheminement d'un homme dans la fidélité donnée, indéfectible.
Comme d'autres écrits tournés vers l'est (direction littéraire que l'auteur affectionne depuis quelques livres), c'est encore ici un petit roman pétri d'humanité, mettant en avant les destins des humbles dans un contexte difficile.
Du Choplin, évidemment!
4/5 étoiles
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nath45
  26 janvier 2017
Tomas Kusar est garde barrière à Trutnov en Tchécoslovaquie, il aime se promener dans la forêt, c'est un homme de la nature, il aime plus particulièrement les arbres dont il photographie les écorces. Sa vie va changer à l'occasion du bal des cheminots une représentation théâtrale par une troupe de Prague, cette simple rencontre suffit à ce changement. Pourquoi ? Tomas croise pour la première fois la route de Václav Havel.
Ce roman retrace la rencontre et l'amitié entre un intellectuel et un ouvrier et permet à Antoine Choplin de nous parler avec beaucoup d'humanité, d'humilité des activités dissidentes, de la lutte pour les libertés, l'engagement pour un monde meilleur et ce que cela peut consentir de sacrifices, de risques, de solidarité…
La beauté de ce roman passe par l'écriture concise, suggestive de l'auteur, par sa manière d'écrire les silences qui en disent plus que les mots, de s'emparer un moment, d'un temps de vie. Un roman tout en finesse, sobriété comme tous les romans de cet auteur.
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Fandol
  06 décembre 2017
Après le héron de Guernica, La nuit tombée, L'impasse et Une forêt d'arbres creux, sans faire de bruit, Antoine Choplin signe un nouveau régal qui se passe encore en Europe de l'est, le héron de Guernica mis à part, en Europe centrale : Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar.
Comme pour La nuit tombée, nous sommes dans ce qui fut la Tchécoslovaquie mais dans les dernières années d'un régime totalitaire qui ne survit que par une pression policière de tous les instants. le Printemps de Prague de 1968, avec Alexandre Dubcek, a échoué après l'invasion des chars russes. Vingt-et-un ans plus tard, dans la foulée de la Perestroïka de Gorbatchev, La révolution de velours triomphe enfin à Prague en portant Václav Havel au pouvoir.
Justement, le premier chapitre marque ce jour tant attendu où Václav Havel apparaît au balcon du Château. Tomas va prendre des photos de ce jour radieux. Il est en compagnie de Jiri, Markéta, Petr et Josk, ses camarades des années noires.
Le retour en arrière nous ramène à Trutnov où Tomas travaille dur comme cheminot, « les mains noires de graisse » après une journée sur ce train « un boulot de chien. » Dans le vestiaire, le jeune Tomas se fait chambrer par Fiala mais tous ne pensent qu'au bal qui va suivre. L'an dernier, Lenka Panenkova, jeune employée à l'économat, avait humilié Tomas devant tout le monde et cela, il ne l'a pas digéré.
Il pleut mais une troupe de théâtre venue de Prague s'installe et Tomas remarque un homme blond, avec une moustache, qui essuie consciencieusement les bancs et recommence après le passage d'une nouvelle averse. Commence alors le mixage réussi entre fiction et réalité car Tomas fait connaissance avec Václav. Séduit par sa simplicité et sa foi en la culture, lui le simple cheminot, il retrouve cet écrivain qui essuie les bancs et se lie avec lui et avec Olga, sa compagne.
Václav travaille à la brasserie de Trutnov mais il est surveillé. En secret, il rencontre Zdenek, un autre ami écrivain et confie à Tomas : « Nous essayons au contraire de nous opposer au mal que ce régime peut nous causer à tous. » Malgré la tension qui monte insensiblement, l'auteur émaille son récit de moments délicieux en forêt, le long de cette voie ferrée et de ces trains qui passionnent Tomas. Les dialogues s'enchaînent naturellement, révélant les sentiments de chacun.
Tomas s'engage de plus en plus aux côtés de Václav et de ses amis mais arrivent les premières arrestations et la prison pour celui qui présidera le pays plus tard. Quelques ellipses font sauter les années. Tomas a perdu son emploi de garde-barrière et vit maintenant à Hradecek, la maison de campagne de Václav, découvre tous les moyens utilisés pour surveiller l'écrivain, recopie ses pièces avec Markéta, subit la perquisition terrible de cinq policiers et fait signer la pétition réclamant simplement la liberté.
Il retrouve enfin Václav dans le Château et lui offre sa lampe de cheminot, scène extraordinairement émouvante, magnifique, car la tyrannie, la dictature et l'état policier ont été vaincus sans violence, par la culture. Václav Havel lui dit alors : « Ici, au Château, vous êtes chez vous. »
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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critiques presse (1)
Actualitte   29 mai 2017
Un roman d’une grande force qui interroge le lecteur sur la capacité de chacun à résister et à agir, aussi modestement soit-il, face à l’inacceptable.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JeannepeJeannepe   17 juin 2017
Et qu’est-ce que tu as trouvé curieux ?

Tomas baisse les yeux.

Le théâtre, il balbutie. Comme il m’est sorti de la tête. C’est ça le plus curieux.

Sorti de la tête ?

Oui. Tu as beau savoir que c’est du théâtre, tu finis quand même par plus y penser. Pendant un moment, je crois bien que j’y ai plus pensé du tout. Et ce que j’ai vu, c’était un petit monde en plus qui se retrouvait au milieu de l’autre, celui dans lequel on est pour de bon, avec le dépôt, la gare, tout le reste. Et à ce moment-là, dans ma tête, ce monde était aussi vrai que l’autre, pour ainsi dire. C’est drôle. Et même si je comprenais pas bien tout ce qui s’y passait, ça change rien, on aurait dit qu’il était vrai quand même.
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livresetbonheurslivresetbonheurs   12 février 2017
T’essaies pas de fermer les yeux, Olga ? il demande.
Elle sourit, un peu gênée.
Je crois que si l’endroit me plaît tellement cette fois, c’est surtout parce qu’on s’y tient tous les trois ensemble. Ce serait plutôt ça, mon paysage à moi de maintenant, une chose habitée et vivante. Alors c’est sûr que les yeux, j’ai pas tellement envie de les fermer. J’aurais plutôt envie de les ouvrir bien grands, histoire de pas rater une miette de nous, ici, sur la colline.
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montmartinmontmartin   17 mars 2017
On avait pas besoin de se raconter nos vies, juste une petite clope qu'on se fume ensemble, rien que ça, c'est vrai que c'étaient des bons moments
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Virginie_VertigoVirginie_Vertigo   23 mai 2017
Si on pouvait réussir à sauvegarder un espace d'expression un peu libre. J'ai la conviction que la culture peut être un levier. Comme un outil de savoir et de plus grande conscience sur le monde.
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FandolFandol   06 décembre 2017
Nous essayons au contraire de nous opposer au mal que ce régime peut nous causer à tous.
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Vidéo de Antoine Choplin
La rentrée littéraire de septembre est, chaque année, un moment clef pour un éditeur. Comme pour une fresque collective, les éditeurs de la maison Buchet/Chastel s'attachent à composer le panorama de leurs sensibilités littéraires. Notre maison aime la diversité des choix, la découverte de nouvelles voix, le travail dans la durée avec des auteurs auxquels elle tient. C'est le pari qui est tenu pour cet automne 2022. En littérature française, Violaine Bérot, Antoine Choplin, Jean-Paul Mari et Léna Paul-Le Garrec s'inscrivent dans des registres différents : la possibilité d'une nouvelle société, les plaisirs et les jours d'un printemps romain, le récit d'une interrogation perpétuelle sur les origines de l'héroïsme et de la violence, et la passion de l'Océan. En littérature étrangère, Nathaniel Ian Miller et, Marieke Lucas Rijneveld depuis le Vermont et la campagne hollandaise, explorent chacun à leur manière notre humanité dans ses élans lumineux comme dans ses recoins les plus sombres. Avec ces six romans, nous reprenons notre route sur les chemins que nous offre la littérature, toujours portés par le plaisir de faire découvrir les mondes inconnus, aux confi ns de la planète comme au coeur de nos imaginaires. Pascale Gautier, Maÿlis de Lajugie et Laurent Laffont
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