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Charles Méla (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253054011
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/1992)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 371 notes)
Résumé :
Le roman du Chevalier de la Charrette, rédigé entre 1177 et 1179 par notre premier grand romancier, draine la légende de Tristan pour opérer la transmutation qui ouvrira bientôt aux grands secrets du Graal. La tour où Lancelot entre en adoration du Précieux Corps de sa Reine enclôt le mystère à partir duquel le roman médiéval prend désormais un nouveau tour. C'est aussi la mise en oeuvre sublime de ce qu'il faut reconnaître comme la plénitude d'un discours amoureux.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  05 février 2014
J'ai beau avoir suivi des études de médiéviste, je n'ai jamais été une grande adepte de la geste médiévale et je ressens peu d'exaltation devant la fin'amor, ce célèbre "amour courtois" véhiculé par les troubadours dans les seigneuries féodales.
A lire le récit du preux "Lancelot" qui s'humiliera par amour jusqu'à monter dans une charrette, ce qui, pour un chevalier, était une véritable infamie, je perçois avec acuité combien ce récit est fait pour être déclamé plutôt que couché sur le papier. C'est un peu comme lorsque je lis une pièce de théâtre, la musique et la joliesse des mots ne parviennent pas à endiguer ma frustration de vouloir voir plutôt que lire. le besoin d'admirer par quel talent l'acteur peut donner vie sur scène à la personnalité d'un protagoniste devient alors l'enjeu capital de l'oeuvre.
Sur le récit à proprement parler, la reine Guenièvre, épouse du roi Arthur, a été enlevée par le chevalier Méléagant et Lancelot, preux parmi les preux de la Table Ronde, est missionné pour la délivrer. Les codes de la fin'amor imposant une série d'épreuves pour atteindre au degré le plus haut et le pur de l'Amour, Lancelot s'y pliera mais une seconde d'hésitation devant l'avilissement lui vaudra les froideurs et le ressentiment de sa Belle, qui s'avère être une véritable "tête à claques" pour nous, lecteurs du XXIème siècle, mais qui agit conformément aux exigences de la geste traditionnelle.
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kllouche
  21 septembre 2013
J'ai lu ce livre dans le cadre d'une sorte d'épopée médiévale dans laquelle je me suis lancée. En effet, je me suis récemment rendue compte que, mis à part Yvain ou le chevalier au lion que j'avais lu en 5ème, ma culture moyenâgeuse était désespérément pauvre. Pourtant ce n'est pas le nombre d'ouvrages venant de cette époque qui fait défaut. Ce serait plutôt la faute à mes préjugés concernant le style d'écriture de ce genre de roman. Néanmoins, je me suis sentie bien bête d'avoir à avouer que je n'avais jamais lu Tristan et Iseult quand on m'en a parlé. Ni une ni deux, je comble mes lacunes!
J'ai commencé cette aventure au pays des preux et nobles chevaliers avec Lancelot ou le chevalier de la charrette. Les fans de Kaamelot version Astier auront sans doute du mal à voir le rapport entre le personnage décrit par Chrétien de Troyes et le chevalier solitaire de la mini série humoristique. En effet, les noms de personnes et de lieux (et très vaguement l'histoire) sont bien les seuls points communs à ces deux histoires.
Le personnage de Lancelot n'est nommé qu'à la moitié du roman. Avant il n'est question que du "chevalier". Et là, vous vous demandez pourquoi "de la charrette"? La réponse est simple. Pour retrouver sa belle enlevée par un roi ennemi, Lancelot n'hésite pas à grimper sur une charrette de l'infamie, qui sert habituellement à transporter voleurs, assassins, escrocs... de fait, sa réputation en est un temps entachée. Mais pour cet amoureux, rien d'autre ne compte que de délivrer son aimée. J'imagine qu'à l'époque, ce simple fait relève de l'héroïsme, mais j'avoue avoir eu du mal à me sentir impressionnée par le comportement de Lancelot. Ah, le roman courtois! de même, dans tous les combats (et il y en a!), je suis restée assez froide à la bravoure du chevalier.
Autre détail qui m'a marquée, contrairement au Guenièvre (aux blanches fesses) et Lancelot de Kaamelot, ni l'un ni l'autre ne peuvent être qualifiés de chaste. C'est bien connu, dans la version "originale", les deux amants consomment leur union. J'en ai été bien surprise puisque je ne m'attendais pas du tout à ce que ce genre de roman ose décrire l'adultère aussi profondément. J'aurai bien aimé que le roi Arthur intervienne dans cette affaire puisqu'il est quasiment absent de tout le roman. On le voit bien trop peu à mon goût. Toujours est-il que la relation entre la reine et le chevalier n'est en rien équivoque, nous menant loin d'un roman de vertu.
Pour finir, ce qui m'a permis d'apprécier ma lecture, ce sont toutes les heureuses coïncidences, rencontres fortuites, incohérences,... qui jalonnent l'histoire. C'est contradictoire, mais j'ai beaucoup ri de voir que malgré tous ses défauts, cette histoire parvienne encore à fasciner. Quand on referme le livre, on se dit: "ok, c'est n'importe quoi, n'empêche que c'est génial". Et le pire, c'est qu'à part vous dire que ça m'a amusée, je suis incapable de vous expliquez pourquoi ça m'a plu!
Même en version modernisé, ce texte est difficile à lire. On décroche sans peine et on perd complètement le fil de l'histoire. Mieux vaut donc ne pas le lire le soir avant de dormir. Néanmoins, une fois qu'on a pris le pli, on arrive à apprécier l'histoire pour ce qu'elle est, et c'est très plaisant.
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brunacecile
  13 décembre 2012
J'ai lu ce livre en terminale, je vous avoue que si on ne m'avait pas obligé à le lire, je ne l'aurais jamais choisi; heureusement qu'il était au programme de cette année là car je garde encore ce livre précieusement. On pourrait avoir peur de cette histoire qui a été écrite au Moyen Age dans un genre littéraire dit désuet, pourtant toute l'histoire est basée sur les sentiments d'un homme pour une femme et qui par amour, va braver son honneur de chevalier et d'homme. On croit souvent à tort que la littérature du Moyen Age est dépassée, est sans intérêt ; cependant elle est plus contemporaine que l'on ne croit. Elle est basée sur la recherche de la profondeurs des personnages et leur rapport aux autres. Par ailleurs cette période a beaucoup influencée les écrivains et les artistes du 19e, elle fascine encore aujourd'hui ne serait que par les thèmes abordés notamment au cinéma.
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soleil
  06 octobre 2014
Cela commençait bien mal à la cour du roi Arthur. le monde à l'envers pour un roi : le voici qui laisse partir son épouse- la belle Guenièvre- afin de délivrer les habitants de son royaume. Compterait-elle moins pour lui que son peuple ? Fort heureusement Keu se comporte en chevalier en accompagnant la reine mais le voilà bien mis à mal et la reine réduite à l'état de sujet (prisonnière) à la cour de Méléagant. Notre roi Arthur n'est guère avancé. Point d'épouse. Point de peuple.

Lancelot, preux chevalier et quelque peu amoureux, propose son aide afin d'aller délivrer la belle. Après moultes étapes franchies avec brio, il arrive enfin au Royaume de Bademagu. Là il vainc Méléagant, fils de Bademagu, mais ne trouve grâce auprès de Guenièvre laquelle semble avoir retourné sa cape depuis l'heureuse issue du combat.
Lancelot parti et fait prisonnier, voici la reine qui visiblement empreinte de sentiments contradictoires se lamente en craignant le pire. Cet amour semble bien tourmenté et torturé puisque Lancelot lui, tente le suicide en pensant que Guenièvre ait pu se laisser mourir de chagrin.

Bademagu va donc réconforter sa prisonnière quant au sort de Lancelot et une fois revenu au royaume, notre brave chevalier approche enfin la reine Guenièvre et ils conviennent d'un rendez-vous à la nuit tombée. Toutes les marques de courtoisie, de distances et de déférences semblent disparaître bien vite lorsqu'il s'agit d'amour puisque les voilà réunis sous le même toit, dans le même lit, dès leurs retrouvailles.
Alors même qu'il aurait pu clore là son récit, voici Chrétien de Troyes qui n'épargne pas d'autre injustice, d'autre emprisonnement, d'autre combat à notre Lancelot qui fort heureusement a gardé toute vaillance pour honorer son titre de chevalier.
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Softymel
  02 janvier 2013
Ah l'amour courtois... comme c'est bizarre... Ainsi donc, le brave Lancelot, meilleur chevalier d'entre tous les chevaliers, se ridiculise au nom de son amour pour la reine. Reine qui, soit dit en passant, trompe allègrement le roi Arthur sans l'ombre d'un remord...
Le personnage de Lancelot dans cette version de l'histoire est particulièrement fade. Il ne vit que pour la reine, pour faire ce qu'elle lui demande, peu importe si cela le ridiculise auprès de tous. Peu importe même qu'il risque sa vie pour un caprice puérile. Pas beaucoup de caractère donc... Et puis surtout, il est quand même particulièrement stupide (cf le traquenard du nain...)
du coup, l'histoire est plutôt fade. Les personnages ne sont pas très construits, le récit reste très superficiel du début à la fin.
Après bien sûr, il faut remettre le livre dans son contexte, soit le moyen-âge, et son "amour courtois". Je ne regrette donc pas d'avoir lu ce livre, pour son intérêt historique :-) Mais au final, je pense que ce roman a assez mal vieilli...
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   28 octobre 2010
Le Chevalier, à pied et sans lance,
S'avance vers la charrette
Et voit sur les limons un nain
Qui, en bon charretier, tenait
Dans sa main une longue baguette.
Et le Chevalier dit au nain:
Nain, fait-il, pour Dieu, dis-moi tout de suite
Si tu as vu par ici
Passer ma dame la reine.
Le nain perfide et de vile extraction
Ne voulut point lui en conter des nouvelles,
Mais se contenta de dire: Si tu veux monter
Sur la charrette que je conduis,
D'ici demain tu pourras savoir
Ce qu'est devenue la reine.
Sur ce, il a maintenu sa marche en avant
Sans attendre l'autre l'espace d'un instant.
Le temps seulement de deux pas
Le Chevalier hésite à y monter.
Quel malheur qu'il ait hésité, qu'il eût honte de monter,
Et qu'il ne sautât sans tarder dans la charrette!
Cela lui causera des souffrances bien pénibles!
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doudou94doudou94   22 février 2015
Ils suivirent le droit chemin jusqu'au déclin du jour et arrivent au pont de l'Épée vers le soir après l'heure de none. Au pied de ce terrible pont, ils sont descendus de leurs chevaux et ils voient l'eau traîtresse, noire et bruyante, violente et lourde, aussi laide et épouvantable que si c'était le fleuve du diable, et si dangereuse et profonde qu'il n'est nulle chose dans le monde entier, si elle tombe, qui ne s'y perde comme dans la mer salée. Et le pont qui la franchit est différent de tous les autres, tel qu'il n'y en aura jamais de pareil. Jamais ne fut, si vous me le demandez, si funeste pont ni mauvaise planche. Fait d'une épée fourbie et blanche était ce pont au-dessus de l'eau glacée, une épée robuste et solide qui avait deux lances de long. De chaque côté, l'épée était fichée dans un grand poteau. Nul ne risquait de tomber parce qu'elle aurait cassé ou plié, car elle était de si bonne facture qu'elle pouvait porter une lourde charge.
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SivojSivoj   03 février 2016
Et celui de la charrette reste plongé dans ses pensées
Tout comme une personne privée de force et de défense
Contre Amour qui le maintient sous sa juridiction ;
Sa méditation est d'une intensité telle
Qu'il perd le sens de lui−même ;
Il ne sait pas s'il existe ou s'il n'existe pas,
Il ne se rappelle pas son nom,
Il ne sait pas s'il est armé ou non,
Il ne sait pas où il va, ni d'où il vient ;
Il ne se souvient de rien,
Hormis d'une seule chose, et, à cause d'elle,
Il a mis les autres choses en oubli ;
Il pense tant à cette seule chose
Qu'il n'entend, ne voit ni ne comprend rien.
____________________________________________________________

Et cil de la charrete panse
Con cil qui force ne desfanse
N'a vers Amors qui le justise ;
Et ses pansers est de tel guise
Que lui meïsmes en oblie,
Ne set s'il est, ou s'il n'est mie,
Ne ne li manbre de son non,
Ne set s'il est armez ou non,
Ne set ou va, ne set don vient ;
De rien nule ne li sovient
Fors d'une seule, et por celi
A mis les autres en obli ;
A cele seule panse tant
Qu'il n'ot, ne voit, ne rien n'antant.

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AndartaAndarta   07 octobre 2012
Et le pont jeté en travers ne ressemblait à aucun autre, on n’en vit, on n’en verra jamais de tel. Il n’y eut jamais, si vous voulez la vérité, de si funeste pont, de si funeste planche. Une épée fourbie, brillante de blancheur, servait de pont au-dessus de l’eau froide. Mais l’épée était solide et rigide, et elle avait la longueur de deux lances. Il y avait de part et d’autre un grand billot où elle était soigneusement fixée. N’allez pas craindre une chute parce qu’elle romprait ou fléchirait, on l’avait si bien travaillée qu’elle était capable de supporter un grand poids.
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GrapheusGrapheus   27 août 2016
la est Lanceloz arivez;
et si tost com il fu venuz,
quant il fu de sa robe nuz,
en une haute et bêle couche
la pucele soëf le couche.
Puis le baigne, puis le conroie
si très bien que je n'an porroie
5 la mitié deviser ne dire.
Soëf le menoie et atire
si com ele feïst son père :
tôt le renovele et repère,
tôt le remue, tôt le change.
Or n'est mie moins biax d'un ange,
n'est mes roigneus n'esgeunez,
mes forz et biax ; si s'est levez.

A peine furent-ils arrivés que la demoiselle déshabilla Lancelot et le fit douillettement coucher dans un grand lit somptueusement garni.
Puis elle le baigna et lui prodigua tant de soins que je ne saurais même en énumérer la moitié. Elle le massa et lui pétrit les chairs avec douceur comme elle l'aurait fait à son propre père ; elle lui fit retrouver son état antérieur, sa force, sa vigueur, sa beauté; elle le transforma à tel point qu'une grâce angélique se répandit sur ses traits. Il n'est plus maintenant l'être affamé et rongé par la gale qu'il était ; il a retrouvé toute sa force et sa beauté. Maintenant il peut se lever de son lit.
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Videos de Chrétien de Troyes (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Chrétien de Troyes
"Chrétien de Troyes", une émission de radio diffusée sur France Culture, en 1998, dans la série "Une vie, une œuvre", avec la participation de Philippe Walter, Roger Dragonetti, Charles Méla, Michel Zink, Mireille Demaule.
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