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EAN : 9782070426546
304 pages
Éditeur : Gallimard (24/06/2010)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 560 notes)
Résumé :
Dans les sombres forêts du monde arthurien, un chevalier égaré est en quête du Graal. C'est le jeune Perceval. Cet adolescent un peu naïf et insouciant a en effet décidé un jour de quitter sa mère pour se lancer dans les aventures de la chevalerie. Adoubé par le Roi Arthur, ses pas le mènent rapidement vers le château du Roi Pêcheur, où au cours d'un repas, il assiste à un bien étrange spectacle. Des jeunes gens silencieux passent et repassent devant lui, tenant en ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  22 février 2015
La lecture du Conte du Graal demande au lecteur de réaliser une initiation similaire à celle que devra suivre l'un de ses protagonistes, le célèbre Perceval, au cours de ses aventures.

Alors que Perceval découvre avec étonnement le monde de la chevalerie, ses apparats clinquants, ses rituels fascinants et son prestige, le lecteur découvre les règles de narration d'une littérature qui semble à la fois dépouillée –lorsqu'on la compare aux investigations intérieures des productions plus récentes-, mais aussi étrangement peuplée de figures qui ne veulent pas se laisser saisir entièrement.

Plus tard, lorsque Perceval s'initie aux règles de la courtoisie et comprend l'importance du renoncement à ses instincts primaires, le lecteur commence à comprendre les sinuosités d'une aventure beaucoup moins linéaire que prévu. Puisqu'on se réfère toujours à ce que l'on connaît, les histoires plus récentes n'ont rien à envier à la richesse dramatique des étapes parcourues par ce personnage qui apprend vite de ses aventures et se métamorphose au fil des pages.

Perceval trouvera sa pleine maturité s'il parvient à l'existence spirituelle que lui révèle l'Ermite, mais il ne suffit pas d'une indication ni d'un signe envoyé de l'au-delà pour accomplir sa destinée. D'ailleurs, Perceval ne s'était-il pas déjà vu tendre une perche divine en assistant au spectacle de la cérémonie du Graal dans le château du Roi Pêcheur ? Mais il n'avait pas osé demander au roi à quoi servait ce Graal car les bonnes manières qu'on venait de lui enseigner lui avaient recommandé la prudence et la modération dans les paroles. Perceval n'était pas assez mûr pour distinguer le terrestre du céleste –peut-être même n'envisageait-il même pas encore la possibilité de matérialisation sur terre de signes révélant la présence d'un plan d'existence supérieure. Et pendant ce temps-là, la lecture déborde les dimensions des pages de toutes les histoires, légendes, mythes et fantasmes implicitement portés par les aventures vécues par Perceval.

Cependant, si Perceval occupe le devant de la scène, il ne faudrait pas oublier pour autant de citer le chevalier Gauvain qui se présente en cours d'histoire comme compagnon d'armes suivant son destin propre, engagé lui aussi dans la quête d'aventures, complémentaire de Perceval qu'il compense par sa courtoisie innée et par ses tentations plus sophistiquées. le Conte du Graal évoque leurs progressions parallèles qui se recoupent souvent et qui se répondent aussi dans l'éloignement lorsque les enchantements des forêts, des châteaux et des rivières traversés constituent les étapes décisives d'une évolution qui se décline sur les modes principaux de la chevalerie, de la courtoisie et de la spiritualité.

Chrétien de Troyes se pose comme romancier à cette époque charnière où le texte produit n'est pas encore la manifestation de la singularité d'un écrivain mais où se dégagent déjà quelques nouveautés d'expression qui influenceront le reste de la production écrite. Il semble ainsi vouloir engager ponctuellement un dialogue intime avec son lecteur mais sans le manifester explicitement. le vague, la teinte du demi-mot, le goût pour ce qui est seulement suggéré et laissé au libre décryptage d'un signe se fondent pour créer une ambiance de merveilleux diffus d'où surgissent parfois, plus magistrales, quelques merveilles explicites qui s'imposent comme des interrogations émotionnelles. Elles ne laissent pas indifférents et inquiètent très souvent. Elles font littéralement vibrer et impliquent le lecteur dans la résolution d'une énigme qui devrait le rassurer, le faire rire ou l'enfoncer dans une terreur encore plus sombre.

Avec le Conte du Graal, on flotte dans un entre-deux mondes étrange, grave ou enfantin, drôle ou sinistre. C'est une expérience de lecture déroutante qui s'achève abruptement pour mieux se poursuivre peut-être sur les traces du mystérieux Graal…

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Winter-
  23 août 2017
Ce livre m'a permis de découvrir Chrétien de Troyes qui est considéré comme le fondateur de la littérature arthurienne française. Toutefois, je reste mitigée sur cette lecture. Perceval a été élevé par sa mère loin de tout, il ne connaît rien au monde extérieur. Un beau jour, le jeune homme décide de partir à la découverte, tout en laissant sa mère terriblement malade et inquiète. A la cour du roi Arthur, il va découvrir l'amour et les vertus chevaleresques qui vont tout d'un coup le bouleverser. Ma déception a été énorme lorsque j'ai découvert que la Quête du Graal n'était que très peu abordée. J'ai bien aimé suivre le parcours initiatique de Perceval dans le monde de la chevalerie. Néanmoins, je me suis ennuyée une bonne partie du roman à cause d'un manque considérable d'actions et de suspense. L'écriture n'est pas très compliquée, elle est facilement abordable pour des jeunes collégiens. Les 70 dernières pages de mon édition m'ont paru extrêmement longues, j'avais la forte impression de n'aboutir à rien. Il n'y a pas de rebondissements extraordinaires, certains passages étaient intéressants comme les débuts de Perceval en tant que chevalier et les premiers émois amoureux. L'auteur s'éloigne du personnage principal que j'appréciais énormément pour s'intéresser à Gauvain et j'ai été déçue par cet ajout qui a causé une coupure dans l'intrigue principale. Je vous laisse vous faire votre propre avis sur ce roman court et inachevé !
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candlemas
  19 octobre 2016
Le conte du Graal est autant le roman de Perceval que celui de sire Gauvain. J'ai eu grand plaisir à le lire, ainsi que les autres romans de Chrétien de Troyes, malgré la frustration liée au fait qu'il est inachevé. Dans ce roman, on assiste la naissance d'un héros au sens des trouvères du XIIème siècle. Point de grandes batailles ou de sorts spectaculaires dans ces romans du moyen-âge ; le merveilleux n'intervient qu'au moment clé ; le héros triomphe souvent de ses adversaires d'un seul coup d'épée, au terme d'une joute oratoire dithyrambique. On est loin de la chanson de Roland du 11ème siècle et des romans de medieval fantasy modernes. On y trouve d'abord un magnifique témoignage historique de l'esprit du temps et des premiers romans françois. On y trouve aussi des personnages qui ont marqué l'imaginaire collectif. Dans celui-ci, j'ai aimé la jeunesse et la maladresse -pleine d'humour-du jeune Perceval apprenti chevalier, son caractère entier et, contrastant avec la force tranquille de sire Gauvain. L'expression est peine de poésie. On ne s'ennuie pas, car l'histoire est prenante et pleine de trouvailles... la scène chez le roi Pêcheur, pleine de symboles, est marquante... les trouvères étaient bel et bien les dignes successeurs des Aèdes antiques... on se transporte aisément à la cour de Marie de France, séduits par la finesse de ces contes, sensés adoucir les moeurs, en réalité restés fort rudes- de l'époque... au service de la foi, des règles de chevalerie... et d'un plus grand respect des femmes.
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dbacquet
  24 mai 2016
Perceval est un jeune homme à la fois brave et naïf. Sa mère l'a élevé dans une forêt, dans un esprit de piété, loin des codes et des excès d'une chevalerie qui ont déjà amputé sa famille. Mais ce sera en vain, car Perceval, impressionné par la prestance de quelques chevaliers qui passaient par là, décide de partir et de rejoindre la cour du roi Arthur où il conquerra par la force ses premières armes. Il lui arrivera alors mille aventures, qui semblent parfois plus fantastiques que réelles, dont cette rencontre avec le roi pêcheur qui l'invite à son château dans lequel il aperçoit une lance qui saigne et un vase mystérieux : le Graal. En Parallèle le roman de Chrétien de Troyes s'intéresse aux aventures d'un autre chevalier, Gauvain, le neveu du roi Arthur, mais restera inachevé, suscitant ainsi de nombreuses continuations et, après tant de siècles, son aura semble intact.
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LydiaB
  28 octobre 2010
Le Conte du Graal est le titre donné par Chrétien. On pourra toutefois le trouver sous le nom de Perceval ou de Perceval le Gallois.
Écrit au XII° siècle, ce cinquième roman restera inachevé puisque son auteur mourra avant de pouvoir le finir.
L'oeuvre est dédiée à Philippe, comte de Flandres, qui a vécu entre 1143 et 1191.
Le Conte du Graal a été conservé dans quinze manuscrits et a été publié cinq fois.
Le texte a posé problème. Ceci tient essentiellement au nombre de copies conservées, qui illustrent clairement le jeu des croisements, emprunts, contaminations ou échanges, sans parler des réfections ou des retouches plus ou moins arbitraires des moines copistes.
Chrétien n'avait pu écrire "que" 9234 octosyllabes. La suite des aventures de Perceval et de Gauvain est écrite par trois autres auteurs: Wauchier de Denain, Gerbert de Montreuil et Manessier sous la forme de 4 continuations totalisant plus de soixante-dix mille vers, d'une adaptation en vers, le Roman de l'histoire du Graal, attribuée à Robert de Boron (vers 1200) et d'une prose anonyme, Perlesvaus ( vers 1215). Par ailleurs, l'oeuvre de Chrétien s'intègre au cycle arthurien en prose connu sous le nom de Vulgate arthurienne (vers 1215-1235).
Le conte du Graal a fortement influencé la littérature médiévale. le Parzival de Wolfram von Eschenbach est une des plus grandes oeuvres de l'Allemagne médiévale. Un autre personnage est le Gallois Peredur, fils d'Evrawc, héros d'un des trois romans gallois, les Y tair rhamant, associés aux Mabinogion (Ces trois romans sont: Peredur ab Evrawc, Gereint ac Enid, et Owein ).
Sur le plan musical, Wagner, en 1882, présentera son Parsifal, inspiré par Chrétien de Troyes et Wolfram von Eschenbach.

Lien : http://promenades-culture.fo..
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Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
LabyrinthiquesLabyrinthiques   08 avril 2012
L’oie avait été atteinte au cou et elle per­dit trois gouttes de sang qui se répan­dirent sur la neige blanche, telle une cou­leur natu­relle.
Elle n’avait pas été bles­sée au point de res­ter à terre et de lais­ser à Per­ce­val le temps d’arriver jusqu’à elle.
Elle avait donc repris son vol et Per­ce­val ne vit que la neige fou­lée, là où l’oie s’était abat­tue, et le sang qui appa­rais­sait encore.
Il prit appui sur sa lance et contem­pla la res­sem­blance qu’il y décou­vrait : le sang uni à la neige lui rap­pelle le teint frais du visage de son amie, et, tout à cette pen­sée, il s’en oublie lui-même.
Sur son visage, pense-t-il, le rouge se détache sur le blanc exac­te­ment comme le font les gouttes de sang sur le blanc de la neige.
Plongé dans sa contem­pla­tion, il croit vrai­ment voir, tant il y prend plai­sir, les fraîches cou­leurs du visage de son amie qui est si belle.
Per­ce­val passa tout le petit matin à rêver sur ces gouttes de sang, jusqu’au moment où sor­tirent des tentes des écuyers qui, en le voyant ainsi perdu dans sa rêve­rie, crurent qu’il som­meillait.
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colimassoncolimasson   17 octobre 2015
Les jeunes gens porteurs des candélabres
Etaient d’une grande beauté.
Sur chaque candélabre brûlaient dix chandelles pour le moins.
D’un graal tenu à deux mains
Etait porteuse une demoiselle,
Qui s’avançait avec les jeunes gens,
Belle, gracieuse, élégamment parée.
[…]
Le jeune homme les vit passer
Et il n’osa pas demander
Qui l’on servait de ce graal,
Car il avait toujours au cœur
La parole du sage gentilhomme.
J’ai bien peur que le mal ne soit fait,
Car j’ai entendu dire
Qu’on peut aussi bien trop se taire
Que trop parler à l’occasion.
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candlemascandlemas   19 octobre 2016
Tout beau, monseigneur, tout beau ! Calmez vous, vous arrivez comme si vous aviez perdu la tête. Il ne faut pas tant vous presser au risque de rompre l'amble. Bien fou d'ailleurs qui se travaille pour rien !
- Soyez bénie de dieu, jeune fille ! mais dites moi, ma belle amie, à quoi songiez vous, quand vous m'avez si vite rappelé à la mesure, sans trop savoir pourquoi ?
- Si, je le sais, chevalier, sur ma parole, car je lisais dans vos pensées.
- Et quoi donc ? fit-il.
- Vous n'avez qu'une envie, c'est de me prendre et me porter là en bas sur le col de votre cheval.
- Vous avez dit vrai, ma demoiselle !
- Je le savais bien, fait-elle. Malheur à qui a eu cette pensée ! Garde toi bien de jamais penser me prendre sur ton cheval ! Je ne suis pas de ces bretonnes lègères dont les chevaliers s'amusent et qu'ils emportent sur leurs chevaux, quand ils partent faire leurs actes de chevalerie ! Moi, en tous cas, tu ne m'emporteras pas ! Et pourtant, si tu l'osais, tu pourrais m'emmener avec toi. Si tu voulais seulement te donner la peine d'entrer dans ce jardin m'en ramener mon palefroi, j'irais avec toi le temps qu'il faudra pour qu'il t'arrive en ma compagnie malheur et tourment, deuil, honte et infortune.
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colimassoncolimasson   22 novembre 2015
Sur ces tréteaux les valets ont posé la nappe. Que dirai-je de cette nappe ? Jamais légat ni cardinal ni pape ne mangea sur une nappe plus blanche ! Le premier plat est une hanche de cerf, bien poivrée et cuite dans sa graisse. Boivent vin clair et vin râpé servi dedans des coupes d’or. C’est sur un tailloir en argent que le valet tranche la hanche et en dispose chaque pièce sur un large gâteau. [...] On lui sert à profusion viandes et vins les plus choisis, les plus plaisants qui sont d’ordinaire sur la table des rois, des comtes, des empereurs. Quand le repas fut terminé, le prudhomme retint son hôte à veiller pendant que les valets apprêtaient les lits et les fruits. On leur offrit dates, figues et noix-muscades, grenades, girofles, électuaire pour terminer, et encore pâte au gingembre d’Alexandrie et gelée d’aromates. Ils burent ensuite de plusieurs breuvages : vin au piment sans miel ni poivre, bon vin de mûre et clair sirop. Le Gallois s’émerveille de tant de bonnes choses qu’il n’avait jamais goûtées.
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colimassoncolimasson   11 octobre 2015
Tandis qu’ils parlaient de choses et d’autres,
Un jeune noble sortit d’une chambre,
Porteur d’une lance blanche
Qu’il tenait empoignée par le milieu.
Il passa par l’endroit entre le feu
Et le lit où ils étaient assis,
Et tous ceux qui étaient là voyaient
La lance blanche et l’éclat blanc de son fer.
Il sortait une goutte de sang
Du fer, à la pointe de la lance,
Et jusqu’à la main du jeune homme
Coulait cette goutte vermeille.
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Videos de Chrétien de Troyes (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Chrétien de Troyes
[RARE] Chrétien de TROYES – Une Vie, une Œuvre : vers 1130-1190 (France Culture, 1998) Émission "Une Vie, une Œuvre », par Michel Cazenave, diffusée le 16 juillet 1998 sur France Culture. Invités : Philippe Walter de l'Université de Grenoble, responsable de l'édition des oeuvres de Chrétien de Troyes dans "La Pléiade" ; Roger Dragonetti médiéviste, auteur de "La vie de la lettre au Moyen Age" (Le Seuil) ; Charles Méla, doyen de l'Université de Genève ; Michel Zink, du Collège de France ; Mireille Demaule, médiéviste.
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