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Critique de Syl


Syl
  14 avril 2013
Angleterre, durant la première guerre mondiale,

Le capitaine Arthur Hastings, âgé de trente ans, blessé, est rapatrié de France pour une permission. Lors de son séjour dans une maison de repos, il rencontre un vieil ami John Cavendish qui lui propose de venir passer sa convalescence dans sa résidence à Styles, dans le comté d'Essex. Hastings accepte cette invitation avec joie, car il conserve de très bons souvenirs de cette région et de la famille Cavendish, qu'il connaît depuis sa jeunesse.
Avant leur arrivée à Styles Court, John dresse un portrait des personnages qui habitent désormais la demeure…

Sa mère Emily, qui est en fait sa belle-mère, soixante-dix ans, seule héritiaire-gestionnaire des biens familiaux et propriétaire de la maison Styles. Une femme autoritaire et généreuse.
Alfred Inglethorpe, le nouveau mari d'Emily et son ancien secrétaire, de vingt ans son cadet. Un homme obscur, secret, qui se cache derrière une barbe. Tous le considèrent comme opportuniste et obséquieux avec Emily. Il paraît fourbe et dissimulateur.
Lawrence Cavendish, le frère de John, ancien étudiant en médecine, un jeune homme fragile et poète qui souhaiterait se lancer dans une carrière littéraire, mais sans grand talent.
Evie Howard, la gouvernante et dame de compagnie d'Emily, est une jeune femme brave et travailleuse. « Pas particulièrement jeune ni jolie, mais un coeur d'or. » Elle a aussi un lien de parenté avec Alfred Inglethorpe, mais ne le clame pas car entre eux, l'antipathie est forte.
Et sa femme, Mary Cavendish, une belle femme au tempérament affirmé.
Hasting fera aussi la connaissance de Cynthia Murdoch, une infirmière de la Croix-Rouge, qui loge depuis près de deux ans à Styles. Fille d'une ancienne camarade de pensionnat d'Emily, elle s'est retrouvée dans la nécessité après le décès de sa mère. Emily, dans sa mansuétude, « l'a prise sous son aile ».

L'accueil fait à Hastings est chaleureux et la maison est hospitalière. le capitaine, séduit par les deux femmes, Cynthia et Mary, est bien plus à son aise que dans la maison de santé impersonnelle et piteuse où il effectuait son rétablissement. Toutefois, il arrive à pressentir une ambiance un peu nébuleuse, voire mauvaise. Des mots mordants et rogues fusent derrière les portes. Emily paraît courroucée et se dispute avec ses beaux-fils qui sont souvent désargentés. Même Evie ne trouve pas grâce à ses yeux et sur un instant de colère, l'indispensable « femme à tout faire », fait sa valise et claque la porte, laissant à Hasting le soin de veiller sur sa patronne bien aimée.
Survient un autre personnage, le docteur Bauerstein ami de Mary. Grand expert en toxicologie, il se repose au village suite à une dépression.

Dans les rues de Tadminster, le village le plus proche, Hasting croise à sa grande surprise, Hercule Poirot. Cet homme est un illustre détective qu'il avait rencontré en Belgique. Leur enthousiasme est tel qu'ils manifestent leur plaisir dans une fervente embrassade en plein milieu de la rue.
« - Mon bon ami Hastings ! Mais oui, c'est bien mon bon ami Hastings !
– Poirot !
… Poirot était un homme au physique extraordinaire. Malgré son petit mètre soixante-deux, il était l'image même de la dignité. Son crâne affectait une forme ovoïde, et il tenait toujours la tête légèrement penchée de côté. Sa moustache, cirée, lui conférait un air martial. le soin qu'il apportait à sa tenue était presque incroyable, et je suis enclin à penser qu'il aurait souffert davantage d'un grain de poussière sur ses vêtements que d'une blessure par balle… Il avait été en son temps, l'un des plus fameux inspecteurs de la police belge. Doué d'un flair prodigieux, il s'était en effet illustré en élucidant les cas les plus mystérieux de son époque. »
Poirot a fui son pays à cause de la guerre et se fait héberger par Emily, avec d'autres compatriotes, dans une petite maison du village.

Le décor est planté, vient « la nuit de la tragédie ».

En pleine nuit, Hastings est réveillé par Lawrence. Dans la chambre d'Emily, un son rauque de suffocation se fait entendre et la porte de la chambre est close de l'intérieur. Tous, à présent éveillés, se rejoignent pour défoncer la deuxième porte qui sépare la chambre d'Emily de celle de Cynthia. Emily a un malaise et est prise de convulsions. Dans un moment de lucidité, elle parvient à ânonner quelques mots rassurants pour aussitôt, dans un cri sourd, trépasser en un dernière spasme.

Poirot est appelé. C'est une mort par empoisonnement causée par la strychnine.
Les méninges de Poirot vont oeuvrées… Hastings prendra notes… L'inspecteur-chef Japp, aussi ! Les suspects vont défiler jusqu'à la scène finale de l'inculpation.

Ce livre est un petit plaisir. Une gourmandise que l'on savoure avec délicatesse, en s'essuyant les commissures des lèvres avec un petit carré de baptiste blanche.
Dès les premières pages, nous nous attendons à la mort d'un des personnages. J'ai passé scrupuleusement les caractères des protagonistes au fil de ma « soupçonnite » aiguë. La femme, belle, qui semble infidèle, la gouvernante, vieille fille, dévouée et peu loquace, le mari, profiteur-arriviste, les fils déshérités et ruinés, un médecin un peu bizarre et une jeune femme, aimable et gentille, peut-être trop ! Jusqu'à la petite bonne.
J'ai trouvé des intrigues et des indices dans chaque acte, chaque parole… la façon de verser le thé, d'aborder une conversation, de bouger un bibelot, de préparer une médecine…
J'aime ce petit homme maniéré, ses mimiques, ses agacements, son humanité qu'il dissimule sous des airs suffisants.
Je connaissais les enquêtes d'Hercule Poirot à travers la série télévisée, mais j'ai beaucoup aimé lire les mots d'Agatha Christie. Elle rend les scènes si vraies, que j'ai été transportée dans ce petit village de campagne désuet, dès les débuts racontés par Hastings.
Pour la conclusion, mes conjectures étaient bonnes au commencement, fausses au milieu de l'enquête, et complétement azimutées à la fin. Pour l'instant, je suis une mauvaise détective, mais je vais persévérer et prendre à mon tour, des notes de mon mentor.


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