AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Janine Lévy (Traducteur)
ISBN : 2253182206
Éditeur : Le Livre de Poche (14/11/2001)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 358 notes)
Résumé :
Edité avant 1999 sous le titre "La Fête du potiron"

Le 31 octobre, les sorcières s'envolent sur leur manche à balai : c'est Halloween, la fête du potiron.
A cette occasion, Mrs Drake a organisé une soirée pour les "plus de onze ans." Les enfants participent aux préparatifs, sous l’œil nonchalant de Mrs Oliver, qui croque son éternelle pomme. "Savez-vous que j'ai eu l'occasion d'assister à un vrai meurtre ? "se vante Joyce, une fillette à la lan... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
Souri7
  13 juin 2019
🎃🍏Halloween avec Hercule Poirot c'est inviter la mort à se repaitre !🍏🎃

Mrs Drake et d'autres bénévoles organisent la fête d'Halloween pour les enfants de la bourgade. de nombreuses activités sont prévues, les préparatifs en cours, les bénévoles occupés. Ariadne Oliver étant également présente, l'une des enfants, Joyce Reynolds dit avoir assisté à un meurtre quelques années auparavant. Personne ne la croit et pire, se moque de son imagination débordante. Malheureusement, le soir même, Joyce est retrouvée dans la bibliothèque, la tête plongée dans la bassine servant au jeu de la pèche à la pomme...
Ariadne Oliver ébranlée et sous le choc, fait appel à son cher et moustachu ami, Hercule Poirot pour découvrir le coupable...

Cette nouvelle enquête d'Hercule Poirot est l'une des mieux ficelées. Un crime commis dans le présent ayant plusieurs ramifications dans le passé. Bref, au final c'est passionnant et addictif. Agatha Christie reprend dans ses pistes des thématiques récurrentes dans les romans policiers comme l'héritage, la falsification de document, la jalousie... La seule différence c'est qu'elle nous les propose toute comme possible explication à la mort de Joyce Reynolds. le casse-tête élaboré est compliqué, mais digne de l'esprit de notre détective.

Cependant, l'intrigue d'un roman ne fait pas tout. Ce roman d'Agatha Christie met en lumière un des points faibles de ses livres. le manque de psychologie des personnages voire leur froideur clinique face au drame. Ainsi, le chapitre 7 en est l'exemple type : Hercule Poirot interroge la famille de la victime. C'est affligeant de voir que la mort d'une enfant de 13 ans ne choque pas plus que cela la soeur et le frère. Elle n'est pas encore enterrée que la soeur aînée révise tranquillement ses examens dans sa chambre... et le frère construit une maquette dans le jardin. Les propos tenus par les enfants sont sidérants comme si la petite Joyce était responsable de sa propre mort. Pour le côté humain, on repassera !🙄

Pour conclure, le crime d'Halloween ou le jeu du Potiron est un véritable casse-tête policier Christien. À vous d'en démêler les fils ! 😆😜
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1058
Gwen21
  05 mai 2017
"La fête du potiron" est un roman policier assez déstabilisant pour qui connaît bien l'oeuvre de la Reine du Crime. le ton est y différent d'autres opus et le lecteur peut avoir l'impression que l'auteur lui vole ses repères. Toutefois, personnellement, cela ne m'a pas empêché de prendre bien du plaisir avec cette histoire particulièrement sordide puisqu'elle touche à l'assassinat d'une enfant dans un contexte festif, celui d'Halloween.
Halloween est certes une fête un peu à part de par son caractère païen et effrayant, ses grosses citrouilles grimaçantes, ses farces pour apeurer et son ambiance automnale. Il paraît que la vérité sort de la bouche des enfants et c'est sans aucun doute ce qu'a craint le meurtrier de Joyce, 13 ans, en l'entendant se vanter d'avoir assisté à un homicide. Vérité ou flagornerie, ces paroles seront ses dernières...
Publié en 1969, "La fête du potiron" (réédité il y a une vingtaine d'année sous le titre "Le crime d'Halloween") met en scène Hercule Poirot, assisté de sa jeune amie Ariadne Oliver. Bien que vieillissant, nul doute que notre enquêteur préféré ne trouve la clef du mystère !

Challenge Petit Bac 2016 - 2017
Challenge Agatha Christie
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
Under_the_Moon
  08 novembre 2012
Comme dans la vie, on peut tous considérer qu'il y a des "caps" dans la carrière d'un lecteur. J'en ai franchi une nouvelle : en lisant mon premier Agatha Christie !
Bien sûr, pas besoin de présenter "The Queen of Crime" !
Dans le Crime d'Halloween (plus simplement intitulé "Hallowe'en Party" dans la langue de Shakespeare), une femme qui écrit des romans policiers (tiens donc!) se rend à une fête d'Halloween où une adolescente est retrouvée noyée dans une bassine qui servait au jeux "bob-for-apples", très populaire à Halloween.
Verdict : j'ai beaucoup aimé l'ambiance très British du roman. L'essence des milieux bourgeois, dont l'auteur faisait partie, est très bien décripté. La mise en scène, et les dialogues rendent le récit très vivant, du coup je n'ai pas été gênée par le fait que ce n'est que dans les 40 dernières pages que le récit s'accélère et que l'énigme est enfin résolue.
En un mot, j'ai trouvé cette écriture très divertissante !
Même si j'avoue m'être un peu perdue dans les liens qu'entretenaient les personnages. Je pense que pour le prochain je prendrai des notes pour ne pas m'embrouiller l'esprit !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
Syl
  14 octobre 2013
Woodleigh Common, le 31 octobre,
La célèbre romancière Ariadne Oliver, spécialiste dans les histoires policières, passe quelques jours chez son amie Mrs. Butler, dans le village de Woodleigh Common.
Au soir d'Halloween, qui solennise aussi le passage des enfants du primaire au secondaire, elle aide Mrs. Drake à décorer les lieux de la fête ; guirlandes, bouquets, citrouilles, bougies, balais, miroirs, paniers de pommes rouges… Une belle effervescence règne dans la demeure. Enfants comme adultes installent les réjouissances et investissent toutes les pièces, couloirs et grenier.
Impressionnée par Ariadne Oliver, Joyce, une jeune fille de treize ans, se rapproche d'elle et engage la conversation. Elle se targue alors devant tout le monde d'avoir assisté à un meurtre, quelques années auparavant. Elle devait être bien jeunette ! La confidence est surprenante mais elle n'est pas prise au sérieux car Joyce a la fâcheuse manie de travestir la réalité et de s'imposer. La révélation se noie aussitôt dans les préparatifs des jeux.
Le soir même, les animations se passent sans incident, dans la bonne humeur, et c'est lors du départ des invités qu'on s'inquiète de la disparition de l'adolescente.
Londres, peu de temps après,
Hercule Poirot s'ennuie, la retraite le navre. Il attend son amie Ariadne Oliver, une femme charmante, bien que trop "fantaisiste" à son goût.
Lorsqu'elle arrive, elle est bouleversée. Un drame vient de se produire et elle réclame l'assistance du détective.
On a retrouvé Joyce morte dans la bibliothèque. La tête plongée dans une bassine d'eau, la bouche entravée d'une pomme.
Le jeu consistant à prendre une pomme dans l'eau avec les dents a été funeste, et tout porte à penser que c'est un crime et non un accident.
Hercule écoute Ariadne raconter l'évènement et songe déjà à Woodleigh Common. Un ancien ami y réside, le commissaire Spence.
"Hercule Poirot jeta un coup d'oeil par-dessus le portillon d'entrée de la Crête du Pin, ravissante maisonnette moderne. Il était légèrement hors d'haleine. Cette charmante maison avait été bien nommée, perchée qu'elle était au sommet d'une colline plantée de quelques pins épars. Un homme de bonne taille et d'un âge certain poussait une brouette, dans une allée de son petit jardin bien entretenu, un énorme arrosoir en fer galvanisé.
Au lieu des quelques mèches de cheveux blancs qu'il aurait dû avoir sur les tempes, la chevelure du commissaire Spence était devenue d'un gris uniforme. Et il avait pris du ventre. Il s'arrêta de secouer son arrosoir et regarda le visiteur planté à sa porte. Hercule Poirot ne bougeait pas.
- Dieu me pardonne ! s'exclama le commissaire Spence. Ce n'est pas possible, et pourtant si. Oui, c'est bien lui. Hercule Poirot, aussi vrai que j'existe.
- Tien, tiens ! sourit Poirot. Vous m'avez reconnu. Cela fait plaisir.
- Pourvu que vos moustaches ne cessent jamais de pousser !"
Sur les lieux du crime…
Il est agréable de se rappeler les jours anciens et les relations communes. La nostalgie est alors heureuse ! Au commissaire Spence, Hercule avoue se teindre les cheveux et s'imposer une tournure toujours aussi amidonnée… sa coquetterie ne faillit pas ! mais sa venue est à l'origine d'une triste affaire, elle n'a rien de plaisant.
Hercule sait qu'un policier à la retraite est toujours un policier, et il espère que le commissaire Spence lui apportera les éléments susceptibles de commencer son enquête. Sur ce il ne se trompe point. Spence l'informe.
Si Joyce est morte assassinée, ça veut dire qu'elle n'avait pas menti, qu'un meurtre a bien eu lieu et que le coupable vit dans ce charmant bourg. Des noms tirés de la liste des personnes présentes durant la journée d'Halloween se mêlent à d'autres qui se reportent à des histoires du passé. Morts, disparitions, héritages spoliés, amours contrariés, sont les soubassements de ce mystère.
Ce roman a été édité en 1969, sous le titre "La fête du potiron". Il est dans les dernières enquêtes d'Hercule Poirot et nous lisons un détective toujours aussi brillant, mais fatigué. Affublé de ses chaussures vernissées et d'un style vestimentaire suranné, très apprêté, il m'a semblé vieilli. Sa condescendance est moins soulignée et son humour teinté d'ironie n'a plus autant de mordant. Nous sommes dans une ère moderne où l'on commence à parler des premiers ordinateurs… "- Vous savez à quoi vous me faites penser ? lança Mme Oliver. A un ordinateur. Vous vous programmez vous-même. C'est bien comme ça que ça s'appelle ? Vous ingurgitez toutes sortes de données tout au long de la journée et vous attendez de voir ce qui va en sortir ensuite."
Ariadne Oliver a rencontré Hercule Poirot dans "Cartes sur table". Agatha Christie aurait fait d'elle un auto-portrait, avec plus de fantaisie. C'était une belle façon d'entrer dans la fiction et d'approcher son héros !
L'histoire est tout aussi captivante que les précédentes et son dénouement confirme mon idée : je ne serais jamais une bonne enquêtrice. J'ai soupçonné tout le monde sauf les bonnes personnes.
Les victimes, car Joyce ne sera pas la seule, inspirent peu de sympathie. Pourtant, elles sont bien jeunes ; leurs âges à elles deux totalisant à peine vingt-trois ans. La duplicité, la vantardise, la cupidité, l'impudence, sont des défauts que l'on rencontre à tout âge. A cela s'ajoute un tempérament fantasque et obsessionnel d'un autre personnage tout aussi immature. Cela en est dérangeant et donne à cette lecture une certaine amertume.
Les coupables sont machiavéliques et offrent des prestations théâtrales presque risibles si le ridicule n'était pas tant funeste.
Les décors sont ceux d'une Angleterre qui se modernise, un automne pluvieux et boueux, un village de carte postale et une nature belle qui se laisse dompter par des rêves.
Quel bon moment de lecture ! Monsieur Poirot, vos petites cellules grises pétillent d'intelligence et gardent tout leur éclat.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Darkcook
  02 novembre 2013
Un Agatha assez différent... Pour une fois, j'ai préféré l'adaptation avec David Suchet. Cela dit, le roman possède ses qualités qui lui sont propres, et quelques défauts.
D'abord, un Poirot atypique car situé en 1969, avant-dernier Poirot écrit par Agatha (suivi par Une mémoire d'éléphant en 72... Poirot quitte la scène ayant en réalité été écrit en 1940)... On est donc dans la même ambiance anglaise mondaine qu'on chérit tant, mais la sagesse shakespearienne d'Agatha, de Poirot et du reste de la galerie s'est muée. Elle se teinte désormais d'une nostalgie perpétuelle pour des temps plus simples, moins fous, en réalité, les années 1920-30, l'âge d'or de la vie de Poirot, période auréolée d'insouciance. Dans le Crime d'Halloween, le constat de la décadence post-seconde guerre mondiale est plus que jamais présent, et le monde tel qu'il est devenu, surtout avec l'évolution des moeurs dans les années 60, dépasse ces personnages, avatars d'Agatha, qui gardent tout de même leur éternelle sagesse, quoiqu'amers. On sent plus que jamais le côté conservateur, voire ici réactionnaire, d'Agatha Christie, pas dans le mauvais sens j'entends, car ses questionnements sur la jeunesse de 1969 sont emplis de cet éternel bon sens. C'est un roman mélancolique, qui regrette, à raison, les décennies précédentes, et regarde d'un oeil triste les changements qui s'effectuent...
L'ambiance automnale est parfaitement appropriée, et les passages de promenade (enfin, d'investigation!) dans le somptueux jardin de Michael Garfield nous transportent... Clairement, le ton est plus sombre qu'à l'accoutumée.
Car l'horreur est bien là, suggérée par le titre, c'est d'infanticide qu'il s'agit cette fois, crime impensable dans l'espiègle et léger whodunit d'origine!! Et les tueurs en série complètement dingues sont régulièrement évoqués par les personnages, là encore, signe de la fin définitive d'une ère où tout était rationnel, rassurant, où les repères étaient là, pour désormais des lendemains où la peur et le cauchemar règnent.
Un Poirot particulier en somme, et je le redis, j'ai préféré l'épisode télévisé, dépourvu de ce discours, qui reste ancré trente années avant, et bénéficie d'une ambiance halloweenesque géniale, d'acteurs au poil, et d'un magnifique jardin!! Après, ce passéïsme m'a quand même plu, il était légitime, émouvant, avec toujours cette intelligence et ce recul absolu qui distinguent notre chère Agatha...
Si elle nous fait plaisir avec des références à Lady Macbeth, Narcisse, Agamemnon, Iphigénie, et si beaucoup de passages et de formules sont d'une réussite incontestable, je trouve tout de même qu'on la sent sur le déclin. Mais encore une fois, un Agatha bon, c'est un très bon livre!!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122
Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
Souri7Souri7   12 juin 2019
Organiser une soirée enfantine exige bien souvent plus de préparation qu’une soirée pour adultes, car si pour les jeunes il faut sans cesse trouver des idées amusantes et nouvelles, on satisfait toujours ses hôtes en présentant une bonne table et un bar bien garni. Cela coûte sans doute plus cher, mais vous vous évitez beaucoup de travail.
Commenter  J’apprécie          480
Souri7Souri7   13 juin 2019
[...] tout événement présent a un passé. Un passé qui fait encore partie du présent, mais qui existait déjà hier ou le mois, l’année précédente.
Commenter  J’apprécie          350
AlixoneAlixone   31 octobre 2015
- [Spence] […] En gros, voyez-vous, Poirot, je dirais qu'aujourd'hui les filles épousent beaucoup plus souvent des fripouilles que de mon temps.

Hercule Poirot réfléchissait, tirant sur ses moustaches.

- [Poirot] Oui, sans doute. Je crains cependant fort que les filles n'aient de tous temps été attirées par les fripouilles, comme vous les appelez. Seulement il y avait autrefois des garde-fous.

- C'est juste. On veillait sur elles. Les mères s'occupaient de leur progéniture. Les tantes et les oncles aussi. Les frères et sœurs plus jeunes étaient au courant de ce qui se passait. Les pères n'hésitaient pas à chasser de leur maison les jeunes gens indésirables. Il arrivait, bien sûr, que les filles se sauvent avec un de ces vauriens. Aujourd'hui, ce n'est même plus nécessaire. Les mère ne savent plus avec qui sortent leurs filles, on ne dit pas aux pères avec qui leurs filles sont sorties, les frères savent avec qui la fille est sortie mais ils se disent "tant pis pour elle". Si les parents refusent leur consentement, le couple se présente devant un magistrat et s'arrange pour obtenir l'autorisation de se marier, et quand le jeune homme, dont tout le monde sait que c'est un vaurien, prouve à tout le monde, y compris à sa femme, qu'il est effectivement un vaurien, les jeux sont faits. Mais l'amour sera toujours l'amour, et la fille refuse d'admettre que son Henry a des manières révoltantes, des tendances criminelles et tout ce qui s'ensuit. Elle mentira pour lui, jurera pour lui que le noir est blanc, jurera tout ce qu'on voudra.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
genougenou   15 août 2015
Mrs. Ariadne Olivier avait offert d’accompagner son amie Judith Butler, chez laquelle elle passait quelques jours, pour préparer une fête enfantine qui devait se dérouler dans la soirée.
Pour l’heure, la salle où aurait lieu la réception était envahie par un essaim de femmes affairées qui allaient et venaient portant des chaises, des petites tables, des vases fleuris et des potirons jaunes qu’elles plaçaient dans des coins soigneusement choisis où ils seraient en évidence.
On s’apprêtait à fêter la veille de la Toussaint et l’âge des invités variait entre dix et dix sept ans.
Mrs. Olivier se détacha du groupe en effervescence et s’adossa à une cloison laissée libre pour contempler un potiron énorme dont elle ne savait que faire. Rejetant une mèche grise sur son front proéminent, elle s’exclama:
— La dernière fois que j’ai vu de pareils fruits c’est l’année dernière aux États-Unis. Il y en avait partout. Je dois d’ailleurs avouer que je n’ai jamais su discerner la différence entre un potiron et une courge. Quelqu’un pourrait-il m’éclairer là-dessus ?
— Je vous demande pardon, ma chère, l’interrompit Mrs. Butler en buttant contre son amie.
Mrs. Oliver s’effaça.
— C’est de ma faute. Au lieu de me rendre utile, je gêne tout le monde. Cependant, elle reprit imperturbable : Oui, je dois dire que j’en garde un souvenir inoubliable. Chaque maison et chaque magasin exposaient ces cucurbitacées accrochées au plafond ou vidées et éclairées de l’intérieur. C’est très impressionnant. Cependant, là-bas, ce n’est pas pour la Toussaint que l’on décore de cette façon les rues et les maisons mais pour le jour d’action de grâce qui tombe à la fin novembre, je crois. Les travailleuses heurtant Mrs. Oliver au passage, étaient trop occupées pour écouter son babillage.
L’assistance se composait surtout de mères auxquelles s’étaient jointes une ou deux vieilles filles obligeantes. Les garçons de seize à dix sept ans se rendaient utiles en grimpant aux échelles ou sur des chaises pour suspendre les décorations, les potirons et les boules de verre aux couleurs gaies. Les jeunes filles se tenaient à l’écart et riaient sottement.
Mrs. Oliver se laissa tomber sur un sofa et reprit son monologue.
— Voyons, qu’est-ce qui vient après la fête des Morts ?
Personne ne lui répondit. Mrs. Drake, une belle femme d’entre deux âges qui offrait la soirée, déclara :
— J’ai décidé d’appeler cette réception qui, en fait, commémore la veille de la Toussaint, la soirée des « Plus de onze ans » car elle doit surtout réunir les enfants qui, cette année, terminent leurs études aux « Elms » pour partir vers d’autres collèges.
Ajustant son pince-nez, Miss Whittaker, professeur aux « Elms », collège local, crut bon de relever :
— Ce n’est pas tout à fait exact, Rowena. Rappelez-vous, nous avons supprimé les « Plus de onze ans » depuis quelque temps.
À ce moment, Mrs. Oliver se redressa et promena son regard alentour.
— Que puis-je faire pour me rendre utile ? Quelles jolies pommes, vous avez là !
s’exclama-t-elle en fixant avec envie une coupe pleine de fruits rouges que l’on apportait. — Elles ne sont pas très bonnes, avoua Rowena Drake, mais elles donneront une note gaie à la soirée. Je les réserve pour le jeu qui consiste à les pêcher avec les dents dans un seau rempli d’eau. Elles sont tendres et les joueurs n’auront pas de mal à les mordre. Voulez-vous les porter dans la bibliothèque, Béatrice ? Le tapis y est usé et ne craindra pas les flaques qui ne manqueront pas de se répandre autour du récipient. Vous vous en chargez, Joyce ? Merci.
Joyce, une fillette robuste d’une dizaine d’années, prit la coupe...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
DarkcookDarkcook   27 octobre 2013
-... En gros, voyez-vous, Poirot, je dirais qu'aujourd'hui les filles épousent beaucoup plus souvent des fripouilles que de mon temps.
Hercule Poirot réfléchissait, tirant sur ses moustaches.
- Oui, sans doute. Je crains cependant fort que les filles n'aient de tout temps été attirées par les fripouilles, comme vous les appelez. Seulement il y avait autrefois des garde-fous.
- C'est juste. On veillait sur elles. Les mères s'occupaient de leur progéniture. Les tantes et les oncles aussi. Les frères et soeurs plus jeunes étaient au courant de ce qui se passait. Les pères n'hésitaient pas à chasser de leur maison les jeunes gens indésirables. Il arrivait, bien sûr, que les filles se sauvent avec un de ces vauriens. Aujourd'hui, ce n'est même plus nécessaire. Les mères ne savent plus avec qui sortent leurs filles, on ne dit pas aux pères avec qui leurs filles sont sorties, les frères savent avec qui la fille est sortie mais ils se disent "tant pis pour elle". Si les parents refusent leur consentement, le couple se présente devant un magistrat et s'arrange pour obtenir l'autorisation de se marier, et quand le jeune homme, dont tout le monde sait que c'est un vaurien, prouve à tout le monde, y compris à sa femme, qu'il est effectivement un vaurien, les jeux sont faits. Mais l'amour sera toujours l'amour, et la fille refuse d'admettre que son Henry a des manières révoltantes, des tendances criminelles et tout ce qui s'ensuit. Elle mentira pour lui, jurera pour lui que le noir est blanc, jurera tout ce qu'on voudra. Oui, c'est bien difficile. Difficile pour nous, j'entends. Enfin, ça ne mène à rien de dire que tout allait mieux avant. C'est peut-être une idée que nous nous faisons.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Agatha Christie (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Agatha Christie
Trois romans comme autant de variations sur les codes du polar. Ancien officier du renseignement israélien, Dov Alfon joue, avec un humour ravageur, des grammaires de l'espionnage et du thriller, entre Paris, Tel Aviv, Jérusalem et Macao. L'Américain William Gay, figure majeure de la littérature du Sud, interprète à sa manière les standards du hard boiled et de la country, sur les traces de Ross McDonald. Quant au Français Olivier Norek, il revisite pied au plancher l'enquête à l'ancienne, dans un village de l'Aveyron, façon Agatha Christie sous amphets.
"Unité 8200" de Dov Alfon (Liana Lévi) "Stoneburner" de William Gay (Gallimard) "Surface" de Olivier Norek (Michel Lafon)
+ Lire la suite
autres livres classés : halloweenVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Agatha Christie

Quel surnom donne-t-on à Agatha Christie ?

La Dame du Crime
La Reine du Meurtre
La Dame de l'Intrigue
La Reine du Crime

10 questions
1191 lecteurs ont répondu
Thème : Agatha ChristieCréer un quiz sur ce livre