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Janine Lévy (Traducteur)
EAN : 9782702478684
222 pages
Éditeur : Le Masque (15/10/1997)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 250 notes)
Résumé :
L'assassin a frappé Mrs McGinty à la tête. Avec un hachoir. Puis il a fouillé la chambre et volé les trente livres que la vieille dame cachait sous une lame du parquet. C'est écoeurant ! Comment l'illustrissime Hercule Poirot va-t-il occuper ses loisirs si les meurtres deviennent à ce point sordides ? Pas question de manger de ce pain-là. Et pourtant... Si la police avait fait fausse route dès le début ? Si les petites cellules grises de Poirot pouvaient éviter la c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Souri7
  14 mars 2019
⚙️Une nouvelle affaire pour notre incroyable moustachu, je veux bien évidemment parler d'Hercule Poirot.🧠

Hercule Poirot après un repas rentre chez lui et ne peut s'empêcher de repenser à son ami Hastings, à leur aventure. Cette mélancolie lui pèse quand tout à coup, le superintendant Spence (croisé notamment dans le flux et le Reflux) lui rend inopinément visite afin de lui parler d'une enquête menée et des inquiétudes quant à la véritable culpabilité du suspect, James Bentley qui doit être pendu prochainement. Pour Hercule Poirot, c'est exactement ce qu'il lui fallait. Ses petites cellules grises ayant besoin d'un défi digne d'elles.
Hercule Poirot se rend à Broadhinny, village où la victime, Mrs McGiny a été assassinée et débute son enquête... au péril de sa vie et de son estomac.

Mrs Mac Ginty est morte est un roman policier d'Agatha Christie qui mêle une enquête policière sympathique et de nombreuses touches d'humour. 😙
Côté enquête, une nouvelle approche pour Agatha Christie qui nous offre non pas une enquête vierge, mais déjà réalisée, jugée et sur le point d'être achevée par la mort du coupable désigné. Ici, Hercule Poirot doit reprendre toute l'affaire depuis le début en ayant comme épée de Damoclès le temps s'étant écoulé entre les faits, la mort imminente du suspect et le comportement lunatique, voire effacé de ce dernier. Au final, le tout est passionnant avec une enquête plongeant dans le passé avec quatre faits divers macabres donc, quatre mobiles. le rythme est bon avec des rebondissements aux moments où l'action commence à faiblir.

En ce qui concerne les personnages, vous en avez à ne plus savoir qu'en faire. En effet, en plus de notre Hercule Poirot, celui-ci est secondé par Ariadne Oliver (déjà rencontré dans de nombreuses aventures), auteure de romans policiers ; d'un suspect "mou" , d'un couple de logeurs (Les Summerhayes) "désorganisés", de femmes secrètement amoureuses de notre suspect, de vamp ... Tout cela dans un si petit village !

Enfin, comme dit précédemment, l'humour est énormément présent dans cette aventure. le côté sérieux, organisé d'Hercule Poirot est ici mis à mal, donnant des scènes sympathiques. Ainsi, notre fin limier habitué aux grands hôtels au service de chambre se voit contraint de loger chez les Summerhayes, un couple aux antipodes des manières de vivre d'Hercule Poirot. Entre des repas fades, une propreté douteuse, le côté "tête en l'air" de Mme Summerhayes... Hercule Poirot a bien du souci. 😙

Pour conclure, a lire si ce n'est déjà fait ... ou à relire sans modération !!!!👍
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Biblioroz
  15 septembre 2020
Hercule Poirot est un fin gourmet, il soigne amoureusement son palais et son estomac en leur offrant un excellent dîner dans un petit restaurant français. Mais, repu, comment meubler les intervalles entre chaque repas lorsqu'on est à la retraite ?
Heureusement que le superintendant Spence, fort de ses principes rigides, a besoin de la drôle de vision du détective pour innocenter un certain Bentley qui doit finir sur la potence. Accusé du meurtre odieux de sa logeuse Mrs McGinty, tout l'accable, mais Spence est persuadé d'une grave erreur de jugement, tout simplement parce que ce jeune ne fait pas d'esbroufe. C'est plutôt mince pour le disculper !
C'est ainsi que notre cher Poirot, prisant confort, ordre et bonne table, atterrit dans une lamentable pension de famille où le désordre et la cuisine sont indescriptibles. Il souffre affreusement sur les canapés inconfortables où trônent des bassines de légumes, dort dans un lit épouvantable et se bat contre les courants d'air.
Pauvre Poirot, il faut parfois se sacrifier pour ne pas sombrer dans l'ennui ! Et en plus, ce Bentley qu'il doit sauver de la pendaison lui tape sur les nerfs avec son attitude morne et apathique.
Bon, et l'enquête dans tout ça ? Eh bien elle est plutôt complexe. Quatre pistes nous sont proposées, puisant leurs sources (d'ailleurs souvent inexactes) dans le passé, via des journaux à sensation. Agatha sème une grande confusion, peut-être un peu trop dense, qui donne des noeuds au cerveau rien que pour resituer chaque nom et chaque piste.
En revanche, j'ai grandement apprécié toutes les touches d'humour, elles foisonnent. Un trognon de pomme atterrissant sur Poirot met en scène Mrs Oliver, laquelle s'énerve contre une adaptation théâtrale d'un de ses polars, à l'image d'Agatha Christie qui ne supportait pas non plus que l'on remanie honteusement ses écrits pour les adapter à la scène. Spence se retient d'étrangler cet exaspérant petit Belge alors qu'il est allé le tirer de sa retraite et Poirot se désole de n'être pas plus connu dans ce minuscule petit bourg de Broadhinny.
Et je ne vous surprendrai pas en vous confiant que le grand, l'unique Hercule Poirot a encore été à la hauteur pour sauver un antipathique innocent. Il pousse même le zèle à vouloir son bonheur, mais ça, c'est une autre histoire !
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babel95
  01 juin 2015
Hercule Poirot trompe son ennui en satisfaisant son penchant pour les délectables nourritures terrestres Alors que débute le roman le célèbre détective se résigne à regagner tristement son appartement après avoir dégusté les escargots du restaurant "Chez Grand-mère"… Son ami Hastings son compagnon et son « faire-valoir» lui manque Une visite inattendue va brusquement lui redonner énergie et goût de vivre…
Le Superintendant Spence une vieille connaissance d'Hercule Poirot est insatisfait Il a arrêté James Bentley l'homme coupable de l'assassinat de Mrs McGinty à Broadhinny Cette femme de ménage d'un certain âge a été frappée à la nuque par un instrument très lourd Les preuves accablent son pensionnaire James Bentley jeune homme au bout du rouleau qui pense-t-on l'aurait tuée pour lui dérober ses économies le coupable sera bientôt exécuté Mais Spence doute…Une idée l'obsède James Bentley n'a pas commis le meurtre et c'est un innocent qui va être pendu… C'est pourquoi il demande à Hercule Poirot de reprendre l'enquête d'analyser les faits à sa manière « vous avez une drôle de façon de voir les choses si vous voulez bien me pardonner l'expression Et c'est peut-être de cette façon-là qu'il faut les voir » explique-t-il Hercule Poirot accepte la proposition et le voilà parti à Broadhinny
Bien sûr il est impensable qu'Hercule Poirot se rende dans le petit village sous une identité d'emprunt… "Je suis Hercule Poirot le grand l'unique Hercule Poirot » affirme-t-il à Spence médusé J'irai « en qualité de moi-même » Aussitôt dit aussitôt fait Hercule Poirot s'installe dans le village Il fait la connaissance de l'entourage de Mrs McGinty des personnes chez qui elle faisait le ménage Il écoute les commérages pose des questions… Peu à peu les langues se délient et Hercule Poirot se fait une idée plus juste de la personnalité de Mrs McGinty Selon lui Mrs McGinty a été tuée parce qu'elle avait découvert le secret d'une personne de son entourage… Mais lequel ?
Et qui a souhaité la faire taire ? Aucune hypothèse ne peut être écartée
Bien sûr comme on peut s'y attendre au terme d'une enquête minutieuse Hercule Poirot découvrira l'assassin de Mrs McGinty et le Superintendant Spence pourra jouir sans remords d'une retraite bien méritée
Mrs McGinty est morte est un roman policier qui réjouira tous les amateurs Ils retrouvent avec plaisir un Hercule Poirot cabotin qui a retrouvé toute sa forme et poursuit son enquête jusqu'au bout analysant avec la rigueur qu'on lui connaît les différentes pistes rendues complexes à souhait
Broadhinny village anglais typique se remet tout juste des privations et de la vie difficile des années de guerre Les principaux personnages sont mis en scène avec beaucoup de justesse l'humour n'est jamais absent Mrs McGinty est morte nous donne la nostalgie d'une certaine Angleterre des années cinquante
Comme toujours Agatha Christie prend ses lecteurs par la main et se plaît à les perdre dans un dédale d'intrigues liées au passé… Et bien sûr tout fonctionne nous nous demandons qui à Broadhinny a eu intérêt à brouiller les pistes…
Je n'aimerais pas terminer cette critique sans vous signaler que la traduction du texte a été totalement révisée par la traductrice Jeanine Lévy et que la version qui vient d'être publiée en 2015 par les Editions du Masque est selon moi d'une très grande qualité C'est vraiment rendre justice à Agatha Christie que de reprendre les textes de ses romans policiers et de les publier dans un français de qualité qui les met en valeur
Le texte anglais initial est particulièrement bien transposé en français Les difficultés quelles soient liées au langage bien particulier d'Hercule Poirot à l'humour anglais ou à la culture anglaise sont bien rendues (dans les "citations" j'ai reproduit un exemple d'un extrait une cacophonie de métaphores employées par Hercule Poirotqui n'avait pas du tout été traduit dans une version précédente du roman en français et qui l'est dans la nouvelle version)
Belle initiative des Editions du Masque qui ont revu également les couvertures des romans d'Agatha Christie dessins stylisés noirs sur fond jaune
Vous disposez maintenant de toutes les pistes pour redécouvrir un des classiques de la littérature policière anglaise

(veuillez excuser la ponctuation défectueuse du texte, j'ai un problème que je tente de régler depuis hier...)


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sevm57
  15 avril 2020
Hercule Poirot est appelé à l'aide par le superintendant Spence. James Bentley va être exécuté pour le meurtre de sa logeuse Mrs McGinty, mais le policier, qui a pourtant mené l'enquête, a un doute sur sa culpabilité.
Hercule Poirot s'installe donc à Little Meadows, une pension de famille tenue (plus ou moins bien...) par les Summerhayes, pour enquêter sur le meurtre parmi les habitants de Broadhinny, et en particulier parmi les employeurs de la victime qui était femme de ménage, et avait visiblement découvert un secret de famille.
L'originalité de ce roman est que le meurtrier présumé, que Poirot s'efforce d'innocenter, n'est pas du tout sympathique.
L'autre originalité est son titre, qui montre bien l'ambiance du roman et la réaction des habitants face au meurtre d'une femme de ménage sans histoires (quelques mois après, certains ont même oublié son nom).
Ce roman ne figure pas parmi les plus connus de la reine du crime, mais il vaut le coup d'être lu car la galerie de personnages est très réussie, de même que l'intrigue qui est particulièrement bien ficelée.
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Phoenicia
  23 août 2020
Une enquête d'Hercule Poirot un peu singulière.
Un superintendant vient trouver Poirot. Une vieille femme de ménage a été assassinée, quelques unes de ses économies volées. L'enquête a été menée et tout porte à croire qu'il s'agit de son locataire sans le sou et en retard dans ses loyers. En deux-deux, il est jugé coupable et condamné à être pendu. Sauf que voilà : il n'a pas assez d'esbrouffe! Aussi Papa Poirot doit venir à la rescousse et enquêter dans le village.
Une enquête bien singulière. D'un le prétendu coupable-innocent est bien antipathique. de deux la victime semble être Mme Tout-le-monde d'un milieu modeste. Ce qui fait que l'enquête piétine. Agatha Christie nous le fait sentir. Même, peut-être un peu trop.
Bien sûr, Poirot finit par flairer quelque chose et là c'est tout l'inverse. Les soupçons pleuvent. Les coupables potentiels sont légions. On a dû mal à suivre, on s'embrouille. Impossible de vraiment suspecter quelqu'un tant il y a de possibilités (rusée Mrs Christie! ). la fin est donc surprenante à sa manière. Pour le coup, j'ai préféré l'épilogue à la scène classique des révélations...
Agatha Christie nous régale cependant avec sa plume un peu cynique et sarcastique, ses personnages stéréotypés qui ne manquent pas de nous faire sourire.
Une bonne enquête même si pas dans ses meilleures.
Challenge Trivial Reading VII
Challenge Agatha Christie
Challenge Cluedo littéraire IV
Challenge Mauvais Genres 2020
Challenge Séries 2020
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Souri7Souri7   14 mars 2019
— Peut-être serait-il bon, dit-il, que je me présente un peu plus complètement. Je suis Hercule Poirot.
Cette révélation ne produisit pas sur Mrs Summerhayes l’effet escompté.
— Un très joli nom, dit-elle avec un sourire aimable. Un nom grec, n’est-ce pas ?
— Comme vous le savez sans doute, poursuivit Poirot, je suis détective.
Se rengorgeant, il ajouta :
— Je suis même, selon toute probabilité, le plus grand détective du monde entier.
Mrs Summerhayes éclata de rire.
— Je vois, monsieur Poirot, que vous aimez la plaisanterie. Et, en qualité de détective, qu’est-ce que vous cherchez ? Des empreintes digitales ? Des traces de pas ?
— Je cherche, répondit Poirot, l’assassin de Mrs Mac Ginty et il ne s’agit pas d’une plaisanterie.
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Souri7Souri7   12 mars 2019
[...] mon cher Spence, il y a une chose qu’il faut bien vous mettre dans la tête ! C’est que, si Mrs Mac Ginty est une pauvre femme de ménage fort banale, son meurtrier, lui, doit être extraordinaire. Ça tombe sous le sens ! Dans cette affaire ce n’est pas la victime qui est intéressante, c’est l’assassin. Dans la plupart des crimes, il en va autrement. Celui qu’il faut interroger, celui qui parle, c’est le mort. Quand on sait comment il a vécu, qui il aimait et qui il haïssait, il n’est pas loin de livrer le nom de son meurtrier. Ici, c’est le contraire ! Qui a tué Mrs Mac Ginty ? Pourquoi l’a-t-on tuée ? Ce n’est pas en étudiant la vie de Mrs Mac Ginty que nous l’apprendrons, c’est la personnalité même de l’assassin qui nous mettra sur la voie. [...]
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genougenou   15 août 2015
Hercule Poirot sortit du restaurant de la Vieille Grand-mère et se retrouva dans Soho. Il releva le col de son pardessus par prudence plus que par nécessité, car la nuit n’était pas froide. « Mais, disait-il volontiers, à mon âge on ne prend pas de risques ! »
Il était très satisfait. Les escargots de la Vieille Grand-mère s’étaient révélés de tout premier ordre. Une trouvaille, ce petit restaurant qui ne payait pas de mine. Poirot se passa la langue sur les lèvres et promena délicatement son mouchoir sur ses exubérantes moustaches. Il avait fort bien dîné. Et maintenant ? Un taxi passa, qui ralentit, tentateur. Poirot hésita une seconde, mais ne lui fit pas signe. Pourquoi prendre une voiture ? Il arriverait toujours assez tôt chez lui pour se coucher.
L’ennui, murmura-t-il, c’est qu’on ne peut faire que trois repas par jour.
Jamais, en effet, il ne put s’habituer au thé de cinq heures. « Si on le prend, expliquait-il, on ne dispose plus des sucs gastriques indispensables quand approche le dîner, lequel, ne l’oublions pas, est le repas capital de la journée.»
Il ne tenait pas non plus à la tasse de café qui coupe la matinée. Non. Pour lui n’existaient que le petit déjeuner, chocolat et croissants, le repas de midi, qui ne devait jamais être reporté au-delà d’une heure de l’après-midi, et le dîner, qui était la grande affaire de la journée.
Hercule Poirot prit toujours très au sérieux les choses de la table. En son vieil âge, manger devint, en plus du plaisir physique, une distraction intellectuelle. Il consacrait une partie de ses loisirs à la recherche de nouveaux « relais de gueule ». C’est ainsi qu’il découvrit le restaurant de la Vieille Grand-mère et le classa parmi les temples gastronomiques dignes de sa fréquentation. Malheureusement, il fallait occuper la soirée ! Hercule Poirot poussa un soupir. « Dommage, songea-t-il, que mon vieil Hastings ne soit pas avec moi ! »
Avec complaisance, il pensa à Hastings. « Le premier ami que j’ai eu dans ce pays… et celui qui m’est resté le plus cher ! Il me faisait piquer des colères terribles, c’est entendu, mais est-ce que ça compte ? Sûrement pas. Je ne me souviens que du reste. Mes dons le stupéfiaient. Il m’admirait, bouche bée, sans rien comprendre et je m’amusais à le lancer sur de fausses pistes, sans jamais rien dire qui ne fût rigoureusement vrai, pour le seul plaisir de jouir de son ahurissement quand il finissait par découvrir une vérité que je connaissais, moi, depuis le début. Ce vieil ami !… J’aime étonner. C’est une faiblesse, je le sais, mais je l’ai toujours eue. Hastings ne s’est jamais rendu compte qu’elle était nécessaire, qu’un homme qui possède autant de talent que j’en ai doit avoir pour lui-même une certaine admiration, qui n’est possible que si elle est partagée par un tiers. Je ne peux tout de même pas rester assis dans mon fauteuil du matin au soir à me répéter que je suis un type épatant ! Il faut que j’aie quelqu’un à côté de moi pour me le confirmer. Un yes-man, comme on dit à Hollywood. »
Poirot s’engagea dans Shaftesbury Avenue. Allait-il traverser la chaussée pour passer la soirée dans un cinéma de Leicester Square ? Il secoua la tête. Les films le décevaient trop souvent. Des intrigues trop lâches, des histoires qui se développaient contrairement à toute logique, et aussi une photographie qui, louée par d’aucuns, lui paraissait inacceptable puisqu’elle interprétait la réalité au lieu de la reproduire.
Là comme ailleurs, sous prétexte d’art, on ignorait ce qu’il aimait par-dessus tout : l’ordre et la méthode. De plus, à l’écran, la violence et la brutalité étaient à la mode. En sa qualité d’ancien officier de police, Poirot avait horreur de l’une et de l’autre. Il les avait vues de près en sa jeunesse. Il les trouvait bêtes et monotones. «La vérité, se dit-il en prenant le chemin de son domicile, c’est que je ne suis plus à la page. De plus, comme les autres hommes, et bien que je leur sois supérieur, je suis un esclave. Mon métier m’a marqué, moi aussi. Quand les gens ne travaillent plus, ils ne savent comment utiliser leurs loisirs. Le financier en retraite se met au golf, le petit commerçant retiré cultive des fleurs, moi, je mange. Seulement, j’y reviens, on ne peut se mettre à table que trois fois par jour et il faut meubler les intervalles !»
Il jeta un coup d’œil sur l’affichette d’un marchand de journaux, « L’affaire Mac Ginty. Le verdict. »
La chose ne l’intéressait pas. Il se souvenait...
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babel95babel95   31 mai 2015
- Il conviendrait peut-être, madame, que je me présente à vous un peu mieux.
Je suis Hercule Poirot.
Cette révélation laissa Mme Summerhayes de marbre.
- Quel joli nom, dit-elle aimablement. C'est grec, n'est-ce-pas ?
- Tel que vous me voyez, et comme vous le savez peut-être, je suis détective, dit Poirot. Sans doute le plus célèbre détective du monde, ajouta-t-il en se rengorgeant.
Amusée, Mme Summerhayes éclata de rire :
- Ce que je vois surtout, c'est que vous êtes un fameux farceur, monsieur Poirot. Qu'est-ce que vous détectez ? La cendre de cigarette et les empreintes ?
- J'enquête sur l'assassinat de Mme McGinty, répliqua Poirot. Et je ne fais pas de farces.
- Ouille ! fit Mme Summerhayes. Je me suis coupée.
Elle lâcha son couteau, leva son doigt et l'examina.
Puis elle fixa les yeux sur Poirot.
- Dites moi, vous parlez sérieusement ? Je veux dire, c'est de l'histoire ancienne, tout ça. On a arrêté ce malheureux demeuré qui logeait là-bas. On l'a jugé. On l'a condamné. Et il a probablement déjà été pendu à l'heure qu'il est.
Non, madame, il n'a pas encore été pendu. Et l'affaire McGinty est loin d'être de l'histoire ancienne. Permettez-moi de vous rappeler le vers d'une de vos poètes : "un problème n'est jamais réglé tant qu'il n'est pas convenablement réglé".
-Oh ! s'émut Mme Summerhayes, quittant Poirot des yeux pour regarder la bassine qu'elle avait sur les genoux, je saigne sur les haricots. Ce qui n'est pas tellement indiqué, vu qu'ils sont pour midi. Quoique ça n'a pas beaucoup d'importance : ils vont aller dans l'eau bouillante. Les choses qui ont bouillé ne peuvent jamais faire de mal, n'est-ce-pas ? Même les conserves ?
- J'allais justement vous prévenir, décréta fermement Poirot, que je ne serai pas là pour le déjeuner.
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BibliorozBiblioroz   12 septembre 2020
— Grenadine ? Crème de menthe ? Bénédictine ? Crème de cacao ?
Georges entra sur ces entrefaites avec une bouteille de whisky et un siphon sur un plateau.
— À moins que Monsieur ne préfère une bière ? murmura-t-il au visiteur.
Le bon gros visage rougeaud du superintendant Spence s’illumina :
— Et comment !
Poirot s’émerveilla une fois de plus des vertus de Georges. Lui-même ne savait pas qu’il y avait de la bière dans la maison, et l’eût-il su qu’il ne serait jamais allé imaginer qu’on puisse préférer l’amertume de cet improbable breuvage à l’exquise douceur d’une liqueur raffinée.
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Pour terminer en beauté cette troisième saison dans les coulisses du genre, Nicolas Perge, auteur-réalisateur, immense fan de polars à l'âme de collectionneur, partage avec nous sa passion pour la Reine du crime et nous dévoile ses coups de cœur, pêchés comme des trésors dans le fonds des éditions du Masque. Du Agatha Christie, bien sûr, mais également de pures pépites méconnues de la littérature noire, écrites par Catherine Arley, Celia Fremlin ou encore Kyril Bonfiglioli. De quoi alimenter vos longues soirées d'hiver au coin du feu... Bonne écoute ! 🎧
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