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EAN : 9782731611861
60 pages
Éditeur : Les Humanoïdes associés (21/07/2007)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 94 notes)
Résumé :
Une ville de rêve, où les enfants sont rois, les femmes libres, les hommes égaux, heureux et sans souci. Où l'on vérifie une nouvelle fois que l'utopie comme l'enfer ont ceci de commun qu'ils sont tous deux pavés d'excellentes intentions.

C'est la crise dans cette ville minière du Nord. Le vieux patron est mort et les syndicats ne savent pas qui est cette nouvelle héritière en chaise roulante.

Pourtant le pari de cette femme dépasse l'i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
jamiK
  18 juin 2018
Mon premier Bilal, à moins que ça ne soit le vaisseau de Pierre, mais toujours est-il que je l'ai acheté au moment de sa sortie, et il m'a fortement marqué, c'était l'époque de l'avènement de ma conscience politique. J'aimais ce côté utopique, cette façon différente de voir les choses, idéaliste, anti-capitaliste, mais j'étais un peu baba cool en ce temps là.
Maintenant, avec le recul, quelques points un peu trop forcés me sautent aux yeux, l'ouvrier qui ne peut vivre sans son joug, le curé ouvertement complice de l'exploitation des pauvres par les riches, le majordome méprisant pour les classes sociales inférieures... c”est présenté de façon caricaturale, mais cela n'est pas très important. Ce que je trouve formidable, c'est la manière de Christin et Bilal pour parvenir à créer une ambiance énigmatique, futuriste, fantastique. le dessin mêle le réalisme social, celui des cités désoeuvrées du nord de la France, avec un délire surréaliste, d'où semble surgir l'Art Nouveau catalan de Gaudi. le trait de Bilal en est encore à la colorisation post ancrage, les hachures marquent les ombres, les couleurs jouent sur le côté chaleureux, doré de l'utopie et les gris de la région sinistrée. Je me demande d'ailleurs si je ne préférais pas le Bilal de cette époque, plus cru, plus dur, moins évanescent.
Le thème, ce n'est pas tant l'utopie que la capacité à la désirer, à en tirer un quelconque bonheur.
L'histoire démarre par un rêve, et c'est la réalisation d'un rêve qui nous est racontée dans ce récit, mais la fin est pessimiste, un rêve réalisé n'est alors plus un rêve. J'ai aimé la structure de l'histoire, du suspense, du drame social et du drôle de happy end. Cette lecture nous laisse comme un début de réflexion, de questionnement. du haut de mes 14 ans, j'ai vraiment été marqué par cette bande dessinée., et c'est un bonheur de la relire pour la enième fois... Et je crois encore aux rêves, j'ai bien le droit, non !
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gill
  22 février 2016
Que sait-on de l'homme qui, aux cotés de Madeleine, traverse "la ville qui n'existait pas" ?
Les autorités ignorent toujours son identité réelle.
Elles l'ont "classé" 5022/B faute de mieux !
Cet homme est une légende, une légende en chair et en os.
Malheureusement, il n'existe que quelques photos de lui, le plus souvent mauvaises.
Sous le nom de Guesdin, il a certainement fréquenté le quartier latin dans les années soixante ...
Sous le nom de Guidoni, on l'a rencontré à l'Ecole Normale Supérieure, gravitant autour de groupuscules gauchistes ...
On le retrouve à Cuba, peut-être sous le nom de Baltinski ...
Puis avec le Che dans un maquis ...
Une affection aux yeux lui fait jouer les aveugles mendiants en Amérique Centrale ...
Un français se serait trouvé ensuite parmi les panthères noires du ghetto de Watts ? ...
Deux individus, Pierre Christin et Enki Bilal, prétendent, dans le journal mensuel "Pilote", avoir évoqué trois de ses hypothétiques aventures :
- "la croisière des oubliés" en 1975, "le vaisseau de pierre" en 1976 et "la ville qui n'existait pas" en 1977 -
"La ville qui n'existait pas" est le dernier volet de ces trois "histoires fantastiques".
C'est un récit splendide et pathétique, sombre, contestataire et pessimiste.
Quelque part dans le Nord, Madeleine Hannard, à la mort de son père, hérite de son empire industriel vacillant.
Mais elle semble plus s'intéresser au sort des ouvriers qu'aux préoccupations des autres actionnaires.
Et, aidée de celui que la police nomme 5022/B, elle projette de mettre en place un étrange projet ...
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alouett
  07 janvier 2013
Début des années 80 dans les Flandres. Une petite ville ouvrière vit une crise sans précédent. Les ouvriers manifestent contre le plan de restructuration de l'usine. La grève qu'ils ont engagée semble s'enliser et les syndicats restent prudents sur les garanties qu'ils pourront obtenir.
Paulo est un enfant d'une dizaine d'années. Il observe les événements sans en maitriser les tenants et les aboutissants. Ce qu'il voit sur le quotidien, c'est que les jours sans solde de son père obligent sa mère à travailler au noir pour assurer un minimum de rentrées d'argent.
C'est alors qu'on apprend la nouvelle du décès du PDG de l'usine. Compte-tenu de la mentalité des directeurs des différents pôles, l'entreprise familiale risque bien de péricliter. Mais le testament du vieux Hannard prévoit que ce soit sa petite fille qui reprenne les rennes de la société. Cette dernière est bien décidée à apporter quelques réformes…
-
Dernier récit de la trilogie des Légendes d'aujourd'hui, il a été publié en 1977. L'album dispose d'un scénario impeccable, les principaux protagonistes font progressivement leur apparition et au tiers de l'album environ, le lecteur a une vision complète de la situation. A l'instar des deux autres albums de la série (La croisière des oubliés et le vaisseau de pierre), on évolue de nouveau dans l'huis-clos d'une petite bourgade rurale. Cependant, la trame fantastique n'est pas la même que les deux opus précédents ; nous sommes plutôt en présence d'une uchronie qui se construit autour d'éléments réalistes (ville ouvrière, scission entre le prolétariat et la classe dirigeante, chômage) et des concepts visionnaires. Pierre Christin réutilise des personnages déjà présents dans les deux premiers tomes. Ainsi, l'un d'eux pourrait bien être 50/22B que nous avons vu dans La croisière des oubliés et qui pourrait également être le jeune étranger qui s'était installé dans le village breton du Vaisseau de pierre. Je ne suis pas sûre d'avoir déjà fait ce lien par le passé et je n'aurai pas fait cette passerelle aussi facilement sans un échange que j'ai eu avec Lunch suite à sa chronique sur La croisière des oubliés. Quoiqu'il en soit, cet ouvrage offre un scénario très bien ficelé qui tient le lecteur de bout en bout.
Côté graphisme, les dessins d'Enki Bilal sont ici beaucoup plus maîtrisés que dans les précédents tomes. le dessin gagne en précision, il s'est affiné. L'ambiance graphique n'écoeure plus, on sent que le trait est moins gras ce qui offre beaucoup plus de fluidité aux visuels (mouvements, expressions…).
Des trois histoires des Légendes d'aujourd'hui, La ville qui n'existait pas m'avait toujours laissé un bon souvenir. Cette lecture ne fait que confirmer ce ressenti, un très bon album que je vous invite à découvrir.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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saphoo
  10 mars 2016
Très belle BD très beau graphisme avec des couleurs harmonieuses.
L'histoire est intéressante, elle démarre sur le rêve d'un gamin et s'achève à l'inverse : il vit son rêve mais il rêve de sa condition d'avant.
Dans une ville du Nord de la France, gravement touchée par la crise du textile et industrielle, c'est la grève générale. le fondateur décède, sa petite-fille reprend le flambeau. Mais attention, elle ne veut pas continuer comme son grand-père. Elle modifie tout au tout, allant jusqu'à construire une ville sous une "cloche". Tout semble parfait dans le meilleur des mondes. Mais l'utopie tant attendue, est-elle si parfaite pour un être humain. Plus d'ambition, plus de bataille, plus de désir, ni d'envie, de rêves farfelus, l'ennui gagne la population. le gamin finit par s'enfuir pour retrouver son père qui n'avait pas adhérer à cette ville qui n'existait pas...
Dommage, car cette femme a tout fait pour redonner de l'espoir à la classe ouvrière, fini le dur travail mal payé, fini les galères pour boucler les fins de mois. Une belle initiative mais qui ne suffit pas sans doute à vivre heureux.

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Fab72
  13 juillet 2014
Avec ses habitants exploités et menacés de perdre leurs emplois, le quotidien à Jadencourt ne respire pas la joie de vivre. Dans cette région du nord économiquement sinistrée, constamment balayée par la pluie, la mère de Paulo travaille pour Fildor une entreprise de prêt-à-porter et le père du gamin aux fonderies Hannard occupées par les grévistes. Paulo et ses camarades de classe sont humiliés par leur instituteur qui les menace de finir O.S. comme leurs parents, des fainéants. le vieux Hannard qui a construit sa richesse sur le dos de générations de travailleurs meurt subitement. Sa petite-fille, seule héritière, décide d'expier les péchés de sa famille. En utilisant les vices des actionnaires intéressés uniquement par l'argent et non par le sort de la population, elle va réaliser un projet fou : la construction d'une ville idéale. Avec la participation des habitants de Jadencourt, la cité sort de terre au bout d'un an. Une ancienne cimenterie familiale a laissé place à une ville sous cloche coupée du monde extérieur, loin de la crasse, de la bêtise humaine et du temps. Mais n'est-ce pas en réalité une prison dorée où tout n'est qu'ennui ? Comme dit le père de Paulo à son fils : « On ne peut pas se foutre entre parenthèses du monde mon gars ». Voilà pourquoi il n'a pas rejoint Paulo et sa femme dans « La ville qui n'existait pas ». Les départs de certains habitants semblent lui donner raison. La liberté offerte sur un plateau, sans efforts n'est-elle pas vouée à l'échec ?

Comme toutes les utopies, cette histoire sur fond de lutte des classes est belle. le rêve devenant réalité puis désillusion montre l'incapacité des hommes à vivre heureux. Cependant, j'ai regretté les positions radicales, peu nuancées présentes dans l'album (le discours antibourgeois entendu mille fois, les grévistes assimilés à de la racaille…).
Bien que différents de ses oeuvres plus récentes, les dessins de Bilal sont réussis. Détaillés et réalistes, ils collent parfaitement à l'histoire racontée ici.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
jovidalensjovidalens   20 septembre 2013
- Avoir trimé toute sa vie pour s'élever au-dessus de sa condition et voir ces crétins récolter du tout cuit, quand même, ça me chagrine...
- Ah mon pauvre Lucien...Moi aussi ça me chagrine...La religion sans l'effort, qu'est-ce qu'il va en rester ?
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gillgill   22 février 2016
Dépêchons-nous les feignants !
Vous voulez tous finir O.S. comme vos pères ou quoi ?
En rang par deux ! ...
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