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ISBN : 2266107224
Éditeur : Pocket (02/05/2001)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 22 notes)
Résumé :
"Je fus une petite fille privilégiée, parce que mon père avait été prisonnier. Et aussi curieux que cela paraisse, c'est ce qui me sauva la vie."

"Bergen-Belsen, j'en reviens, cinquante ans que j'attendais ce moment-là ! Lorsque j'ai franchi la grille, quelque chose m'a arrêté tout net : les oiseaux... ça chantait partout... On me demande s'il n'y avait pas d'oiseaux dans les camps. Je ne sais pas. Peut-être qu'il y en avait, mais on ne le voyait, on... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
cafeine65
  02 janvier 2016
Une petite fille privilégiée (Francine Christophe) aux éditions Pocket
C'est le deuxième livre relatant les conditions d'un enfant dans les camps de concentration que je lis le premier étant le monument hongrois d'Imre Kertész : Un être sans destin dont je parlerai dans une autre critique.
Francine est née en 1933, elle a à peine 6 ans lorsque le conflit débute. Elle écrira ce livre en 1967 soit à l'âge de 34 ans. Pour cela elle va utiliser ses notes d'enfant qu'elle consigne dès l'âge de 12 ans. Elle ressent déjà malgré son jeune âge le besoin de témoigner. Elle choisira lors de l'écriture de ce livre un style narratif brut de décoffrage, sans littérature comme elle se plait à l'écrire.
On peut distinguer 3 époques de taille inégales dans ce livre, l'avant camp où les contours du récit sont peu détaillés cela s'explique par son jeune âge, cette époque où elle relate des jours assez insouciants, mais aussi la capture de son père par l'armée adverse.
Ensuite la période des camps. Elle sera trimballée de camps en camps. Tout commence à Poitiers, ensuite à Drancy, suivi du camp de Pithiviers, ensuite le camp de Beaune-la-Rolande (près de Montargis) pour ensuite partir à Bergen-Belsen.
Tous ces voyages sont décrits avec de plus en plus de précision sur l'horreur qu'elle a vécu comme des millions de déportés. Une longue partie est aussi consacrée à la vie ou plutôt à sa non vie dans le camp. Cependant pendant toute cette durée, elle se sentira privilégié car le statut de son père, prisonnier de guerre lui octroi quelques « faveurs ».
Prisonnière avec sa mère dans les camps, elle va décrire sa vie sous forme d'image. Jamais on ne tombe dans le pathos. le style est enlevé toujours au présent. Cette accumulation d'image reflète la vision d'une jeune enfant dans les camps. On est pris aux tripes, on a envie de pleurer.
« On dit que la nuit, ils doivent se dévêtir, poser leurs rayés au centre de la baraque et dormir tout nus. Comme ça, on ne perd pas de temps à déshabiller les morts le matin. Les réveillés doivent enfiler le premier pantalon qu'ils ramassent devant eux. Et quand on sait à quel point la dysenterie ne se retient pas »
Le récit montre cette jeune enfant avec une certaine lucidité pour son âge.
« Mon coeur bat fort, mon coeur fat terriblement fort, parce qu'il sait qu'il va s'arrêter. Toc, mon horloge de douze ans, on va lui bloquer son balancier »
La troisième partie de ce livre relate la libération avec tout son contexte de difficultés à affronter la vie courante, le retour à la vie normale. On voit que la jeune fille a grandi, ses remarques sont plus poussées, ses réflexions plus étayées.
« Quelques déportés meurent de joie »
… « Ils mangent pendant les guerres, eux. Et ils boivent quelquefois à cent mètres d'où l'on brûle des hommes. Ils doivent bien entendre les cris, non ? » …
Non je ne suis plus de votre monde, je suis d'un monde à part, je suis du monde des camps »
On termine ce livre avec une note positive inscrite dans l'avenir, son avenir.
« Ecoutez vieux gardiens de camp qui vivez encore !
Ecoutez, je l'ai ma Victoire ; j'ai des enfants, et des petits enfants »
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chadik
  02 juin 2019
J'avais vu un témoignage de l'autrice dans une série de portrait de femmes, réalisé par Yann Arthus Bertrand. Parmi les histoires celle de Francine Christophe m'avait marqué, j'avais noté le nom de son livre autobiographique, le hasard des boutiques d'occasion ont fait le reste.
Ce récit est à la fois très dur mais facile à lire, son style est fluide et brute, le récit suit une chronologie précise. Nous découvrons l'horreur de l'occupation, de la déportation, des camps puis enfin de la libération, par les yeux d'une enfant; ce qui ajoute encore un peu plus à l'horreur.
C'est un témoignage rare, détaillé, terrible, mais nécessaire.
Plus les années passe et plus le récit est détaillé, nous avons l'impression de voir grandir Francine, les souvenirs deviennent plus net, ses capacités de raisonnement se développent au fil des pages.
Ce témoignage détaillé, illustré de très nombreuses anecdotes nous fait prendre pleinement conscience de l'horreur du nazisme, de la xénophobie, du racisme, de l'antisémitisme.. Bien plus qu'un récit de guerre, il s'agit également d'un message de paix et de tolérance.
Un livre important, à mettre entre toutes les mains.
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profdoc_hashtag
  01 mai 2017
Ecrits fragmentaires, écrits simplement, mais percutants et efficaces par une femme qui bien que rescapée des camps, compose encore avec. Elle reprend son regard d'enfant, qui ne savait pas au départ qu'elle était juive, pour décrire l'Occupation et la collaboration, la résistance, puis son histoire familiale (père prisonnier de guerre) et personnelle : sa mère et elle seront arrêtées, prisonnières dans différents camps français dont Drancy puis déportées en Allemagne au camp de Bergen-Belsen, connaissant ainsi la cruauté sans nom, la faim, la peur des chiens, le froid...
Francine Christophe se dit privilégiée car l'Allemagne avait signé la Convention de Genève et son père était prisonnier de guerre. Sa mère et elle aussi, ce qui lui a permis de survivre. Peut-être aussi parce que sa mère et elle ont survécu et son père les a retrouvé.
(Dans la réalité, elle et sa mère ont bien failli mourir de nombreuses fois et survivre aux camps aussi longtemps n'est pas ce qu'il y a de plus "privilégié".)
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agnesrobert
  10 juillet 2014
J'ai eu la chance de rencontrer Francine Christophe a deux reprises dans le cadre de mon travail, il y a de cela une dizaine d'années. Cette dame très digne savait transmettre son histoire aux jeunes, racontant simplement les faits, si je puis dire, leur faisant prendre conscience de la barbarie nazie et de l'horreur du racisme beaucoup mieux qu'un simple cours d'histoire.
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pascalp52
  25 mars 2015
Un livre marqué par la "jeunesse" de l'auteur. Des détails crus, durs mais narré par la fausse insouciance de la jjeunesse.
Cet ouvrage est à lire car il nous montre l'existence d'une enfant de 6 ans, qui grandit dans un milieu où aucun cadeaux n'existent pour les enfants. Sa situation particulière de fille de soldat prisonnier fait qu'elle nous montre sa vie jusqu'à ses 12 ans et même si l'on pourrait dire qu'elle et sa mère ont eu de la chance, celle ci est toute relative.
Malgré quelques éléments, ce livre n'est pas un livre d'Histoire en tant que tel,mais un beau livre d'histoire qui mérite notre attention.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
st79310st79310   02 juin 2013
Je sors de la barque avec Rose-Marie et son fils Michel, et de l'autre côté du barbelé, juste là, quatre morts tout nus, allongés par terre, le crâne appuyé contre le mur, attendant leur transfert au four.

Rose-Marie a un drôle de réflexe. Elle attrape Michel et le retourne. Moi, je les regarde, étonnée. Bah, il a trois ans, Michel. Il faut bien qu'il s'habitue.
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Lea1309Lea1309   10 septembre 2016
Ah! Cette étoile, Maman, comme je voudrais pouvoir l'arracher. Je ne veux pas qu'on m'observe comme ça. Je veux m'en aller. Pourquoi de fusils ? Je ne suis pas un animal.
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Lea1309Lea1309   10 septembre 2016
Les troupeaux d'enfants juifs dans les camps ça n'a plus d'âme.
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Lea1309Lea1309   10 septembre 2016
Milles mots contradictoires circulent chaque jour.
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Lea1309Lea1309   10 septembre 2016
Je voudrais rentrer en toi, Maman.
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Video de Francine Christophe (1) Voir plusAjouter une vidéo

Antoine Sabbagh : Lettres de Drancy
Dans un café de la place Edmond Rostand à Paris, Olivier BARROT présente le livre "Lettres de Drancy", préfacé par Denis PESCHANSKI et édité par Tallandier. Des lettres de Juifs internés au camp de Drancy au cours de la Seconde Guerre mondiale, réunies et présentées par Antoine SABBAGH. Francine CHRISTOPHE, internée en 1942 à l'âge de 9 ans au camp de Drancy, puis déportée avec sa...
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie générale et généalogique (557)
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