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EAN : 9782266107228
224 pages
Éditeur : Pocket (02/05/2001)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 30 notes)
Résumé :
"Je fus une petite fille privilégiée, parce que mon père avait été prisonnier. Et aussi curieux que cela paraisse, c'est ce qui me sauva la vie."

"Bergen-Belsen, j'en reviens, cinquante ans que j'attendais ce moment-là ! Lorsque j'ai franchi la grille, quelque chose m'a arrêté tout net : les oiseaux... ça chantait partout... On me demande s'il n'y avait pas d'oiseaux dans les camps. Je ne sais pas. Peut-être qu'il y en avait, mais on ne le voyait, on... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
cafeine65
  02 janvier 2016
Une petite fille privilégiée (Francine Christophe) aux éditions Pocket
C'est le deuxième livre relatant les conditions d'un enfant dans les camps de concentration que je lis le premier étant le monument hongrois d'Imre Kertész : Un être sans destin dont je parlerai dans une autre critique.
Francine est née en 1933, elle a à peine 6 ans lorsque le conflit débute. Elle écrira ce livre en 1967 soit à l'âge de 34 ans. Pour cela elle va utiliser ses notes d'enfant qu'elle consigne dès l'âge de 12 ans. Elle ressent déjà malgré son jeune âge le besoin de témoigner. Elle choisira lors de l'écriture de ce livre un style narratif brut de décoffrage, sans littérature comme elle se plait à l'écrire.
On peut distinguer 3 époques de taille inégales dans ce livre, l'avant camp où les contours du récit sont peu détaillés cela s'explique par son jeune âge, cette époque où elle relate des jours assez insouciants, mais aussi la capture de son père par l'armée adverse.
Ensuite la période des camps. Elle sera trimballée de camps en camps. Tout commence à Poitiers, ensuite à Drancy, suivi du camp de Pithiviers, ensuite le camp de Beaune-la-Rolande (près de Montargis) pour ensuite partir à Bergen-Belsen.
Tous ces voyages sont décrits avec de plus en plus de précision sur l'horreur qu'elle a vécu comme des millions de déportés. Une longue partie est aussi consacrée à la vie ou plutôt à sa non vie dans le camp. Cependant pendant toute cette durée, elle se sentira privilégié car le statut de son père, prisonnier de guerre lui octroi quelques « faveurs ».
Prisonnière avec sa mère dans les camps, elle va décrire sa vie sous forme d'image. Jamais on ne tombe dans le pathos. le style est enlevé toujours au présent. Cette accumulation d'image reflète la vision d'une jeune enfant dans les camps. On est pris aux tripes, on a envie de pleurer.
« On dit que la nuit, ils doivent se dévêtir, poser leurs rayés au centre de la baraque et dormir tout nus. Comme ça, on ne perd pas de temps à déshabiller les morts le matin. Les réveillés doivent enfiler le premier pantalon qu'ils ramassent devant eux. Et quand on sait à quel point la dysenterie ne se retient pas »
Le récit montre cette jeune enfant avec une certaine lucidité pour son âge.
« Mon coeur bat fort, mon coeur fat terriblement fort, parce qu'il sait qu'il va s'arrêter. Toc, mon horloge de douze ans, on va lui bloquer son balancier »
La troisième partie de ce livre relate la libération avec tout son contexte de difficultés à affronter la vie courante, le retour à la vie normale. On voit que la jeune fille a grandi, ses remarques sont plus poussées, ses réflexions plus étayées.
« Quelques déportés meurent de joie »
… « Ils mangent pendant les guerres, eux. Et ils boivent quelquefois à cent mètres d'où l'on brûle des hommes. Ils doivent bien entendre les cris, non ? » …
Non je ne suis plus de votre monde, je suis d'un monde à part, je suis du monde des camps »
On termine ce livre avec une note positive inscrite dans l'avenir, son avenir.
« Ecoutez vieux gardiens de camp qui vivez encore !
Ecoutez, je l'ai ma Victoire ; j'ai des enfants, et des petits enfants »
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Sokleine
  25 février 2021
Je viens d'entendre par hasard à la radio une interview de Francine Christophe venue présenter son nouvel ouvrage "Un enfant des camps" et tout d'un coup je me souviens avoir lu il y a quelques années un de ses premiers livres, « Une petite fille privilégiée » qui m'avait beaucoup touchée.
Les camps d'internement et de concentration dans le regard d'une enfant âgée de 8 à 11 ans, dont les parents sont d'origine juive mais non pratiquants. C'est un témoignage poignant écrit dans un style simple et fluide, mais totalement brut sans pathos ni analyse puisque la narratrice, cette petite fille, ne comprend pas ce qui se passe autour d'elle. Brutalement elle est arrêtée avec sa maman en gare De La Rochefoucauld alors que, munies de faux papiers, elles tentaient de fuir en zone libre.
Le titre pourrait sembler ironique, pourtant il ne l'est pas foncièrement. C'est parce que son père était prisonnier de guerre (il était lieutenant dans l'armée française) et grâce à la Convention de Genève qui doit assurer une certaine protection, que Francine a eu le « privilège » de ne n'a pas avoir été séparée de sa mère ni déportée au camp d'extermination d'Auschwitz. Toutefois de juillet 1942 à avril 1945 elle a d'abord été transférée à la prison d'Angoulême puis successivement dans les camps de Pithiviers, Beaune-la-Rolande, Drancy, Bergen-Belsen… 36 mois de détention auxquels elle survivra mais à quel prix. Elle découvre, dans l'incompréhension, la vie en détention, les conditions précaires, les souffrances, la saleté, le froid, la faim, les maladies… Elle assistera à l'arrivée massive d'autres enfants juifs et à leur transfert dans les camps de la mort.
Francine Christophe, dans ses interventions, explique souvent qu'elle a eu « une petite enfance très heureuse, pas d'enfance et une adolescence difficile ». de retour en France, elle essaiera d'expliquer à ses camarades de classe ce qu'elle a vécu pendant ces trois années, mais elles ne l'écouteront pas et la prendront même pour une folle. Elle s'enfermera dans le mutisme. Ce n'est qu'en 1967, devant tant d'incompréhensions et la montée des négationnistes qu'elle sentira le besoin absolu de témoigner et d'écrire cet ouvrage bouleversant pour que l'on n'oublie jamais.
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chadik
  02 juin 2019
J'avais vu un témoignage de l'autrice dans une série de portrait de femmes, réalisé par Yann Arthus Bertrand. Parmi les histoires celle de Francine Christophe m'avait marqué, j'avais noté le nom de son livre autobiographique, le hasard des boutiques d'occasion ont fait le reste.
Ce récit est à la fois très dur mais facile à lire, son style est fluide et brute, le récit suit une chronologie précise. Nous découvrons l'horreur de l'occupation, de la déportation, des camps puis enfin de la libération, par les yeux d'une enfant; ce qui ajoute encore un peu plus à l'horreur.
C'est un témoignage rare, détaillé, terrible, mais nécessaire.
Plus les années passe et plus le récit est détaillé, nous avons l'impression de voir grandir Francine, les souvenirs deviennent plus net, ses capacités de raisonnement se développent au fil des pages.
Ce témoignage détaillé, illustré de très nombreuses anecdotes nous fait prendre pleinement conscience de l'horreur du nazisme, de la xénophobie, du racisme, de l'antisémitisme.. Bien plus qu'un récit de guerre, il s'agit également d'un message de paix et de tolérance.
Un livre important, à mettre entre toutes les mains.
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agnesrobert
  10 juillet 2014
J'ai eu la chance de rencontrer Francine Christophe a deux reprises dans le cadre de mon travail, il y a de cela une dizaine d'années. Cette dame très digne savait transmettre son histoire aux jeunes, racontant simplement les faits, si je puis dire, leur faisant prendre conscience de la barbarie nazie et de l'horreur du racisme beaucoup mieux qu'un simple cours d'histoire.
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pascalp52
  25 mars 2015
Un livre marqué par la "jeunesse" de l'auteur. Des détails crus, durs mais narré par la fausse insouciance de la jjeunesse.
Cet ouvrage est à lire car il nous montre l'existence d'une enfant de 6 ans, qui grandit dans un milieu où aucun cadeaux n'existent pour les enfants. Sa situation particulière de fille de soldat prisonnier fait qu'elle nous montre sa vie jusqu'à ses 12 ans et même si l'on pourrait dire qu'elle et sa mère ont eu de la chance, celle ci est toute relative.
Malgré quelques éléments, ce livre n'est pas un livre d'Histoire en tant que tel,mais un beau livre d'histoire qui mérite notre attention.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
st79310st79310   02 juin 2013
Je sors de la barque avec Rose-Marie et son fils Michel, et de l'autre côté du barbelé, juste là, quatre morts tout nus, allongés par terre, le crâne appuyé contre le mur, attendant leur transfert au four.

Rose-Marie a un drôle de réflexe. Elle attrape Michel et le retourne. Moi, je les regarde, étonnée. Bah, il a trois ans, Michel. Il faut bien qu'il s'habitue.
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Lea1309Lea1309   10 septembre 2016
Ah! Cette étoile, Maman, comme je voudrais pouvoir l'arracher. Je ne veux pas qu'on m'observe comme ça. Je veux m'en aller. Pourquoi de fusils ? Je ne suis pas un animal.
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Lea1309Lea1309   10 septembre 2016
Les troupeaux d'enfants juifs dans les camps ça n'a plus d'âme.
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Lea1309Lea1309   10 septembre 2016
Je voudrais rentrer en toi, Maman.
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Lea1309Lea1309   10 septembre 2016
Milles mots contradictoires circulent chaque jour.
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Videos de Francine Christophe (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Francine Christophe
L'Enfant des camps, de France Christophe avec Pierre Marlière. Disponible en librairie. https://bit.ly/2OgQ5JN Arrêtée en Juillet 1942 avec sa mère sur la ligne de démarcation, Francine Christophe est encore une enfant. Elle a presque neuf ans, l'âge des jours heureux quand elle est rattrapée par la folie nazie. Interrogée par la Gestapo, enfermée de prison en prison, ballotée de camp en camp, en France d'abord, elle est déportée en mai 1944 au camp de concentration de Bergen-Belsen. A son retour, quand elle essaye d'expliquer à ses camarades de classe ce que la guerre lui a fait, celles-ci la regardent, gentiment, mais tournent l'index sur la tempe, l'air de dire : elle est folle. La jeune Francine ne parle plus du cauchemar qui a duré trois ans. Aujourd'hui, les mots refont surface. Francine Christophe raconte ce qu'elle vu et connu. Les coups, le froid, la faim. Les familles qu'on sépare. Les enfants qu'on entasse dans des wagons à bestiaux. La maladie et la mort. Les travées boueuses où les cadavres pourrissent. La cruauté. Mais aussi l'amour, celui d'une mère et de sa fille, indéfectible, qui résiste à la guerre. Et des miracles, comme ce bébé qui voit le jour dans l'enfer de Bergen-Belsen et survit grâce à l'entraide et la fraternité des femmes. Pour que tous nous sachions et n'oublions pas ce que fut la Shoah.
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